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Tibet : péril, exil et asile

Posté par cercletibetverite le 23 mars 2015

http://bondyblog.liberation.fr/201503230001/tibet-peril-exil-asile/#.VQ-qdeFBRfA

Tibet : péril, exil et asile

AMBIANCE lundi 23 mars 2015

Par Louis Gohin

Tibet : péril, exil et asile dans Tibet IMG_20141101_154808-640x320

À Conflans-Sainte-Honorine (78), des dizaines d’exilés politiques tibétains subsistent grâce aux habitants et aux associations. Mais la levée de la trêve hivernale approche : accueillis provisoirement par des structures publiques, ils recherchent dans l’urgence une solution d’hébergement pour les prochains mois. 

«Nous savons bien qu’en dormant ici, il y a le risque de se noyer. Nous sommes suspendus au-dessus de l’eau.» Conflans-fin-d’Oise, confluent inattendu. En novembre dernier, des tentes étaient encore encore perchées sur les balcons d’une passerelle pour piétons enjambant la Seine. D’autres, plantées sur la rive, étaient occupées par un groupe de femmes. Et à quelques mètres, un campement masculin était installé sur le béton, sous la nationale 184, juste au-dessus de la bretelle.

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Depuis quatre ans, des exilés politiques d’origine tibétaine sont accueillis par l’association catholique “La Pierre Blanche”, installée sur la péniche “Je Sers” à Conflans-Sainte-Honorine (78). Les quelques membres actifs, en lien avec des habitants et avec d’autres associations, suppléent tant bien que mal aux besoins élémentaires de ces réfugiés.

« Nous arrivons ici et nous sommes secourus, dit un homme arrivé depuis quelques mois. J’ai un toit, de la nourriture et des vêtements. Et nous avons une visibilité vis-à-vis des autres associations, qui nous aident pour tous les autres besoins. Nous pouvons nous exprimer, nous former et aller de l’avant ». Ancien berger, il risquait la mort chez lui parce qu’il acceptait de donner du lait à des fugitifs dans les montagnes.

Plusieurs exilés m’expliquent qu’ils sont venus parce que la France a la réputation de respecter les Droits de l’Homme. Une femme, qui a dû abandonner ses six enfants pour fuir, explique que les Tibétains viennent en France parce qu’ils espèrent pouvoir y vivre tranquillement, pratiquer leur langue et leur religion sans être inquiétés (voire abattus). Ils sont en nombre relativement faible, comparés à d’autres populations de demandeurs d’asile. À Conflans, ils sont une soixantaine, et une trentaine ont été accueillis à Andrésy (95).

« Nous sommes vraiment reconnaissants envers le gouvernement français», entend-on à plusieurs reprises. «En fait, ils mettent sur le compte de l’État jusqu’à l’aide qu’ils reçoivent des associations », explique une médiatrice bénévole. «Et en réalité, s’ils semblent enthousiastes, c’est parce que culturellement les Tibétains ne se plaignent pas.» La situation reste en effet très précaire. Tous n’ont pas trouvé d’hébergement. Cet automne encore, le froid, la vermine, la pollution sonore de la route, l’isolement de groupes de femmes alors vécu comme une insécurité extrême, annonçaient un hiver particulièrement éprouvant.

«Ne restez pas sous le pont»

«Les forces de police sont venues deux ou trois fois, raconte un homme. Ils nous ont dit “Ne restez pas sous le pont”. Dans ce cas c’est très difficile, où devons-nous aller ?» La mobilisation de solidarité a finalement porté ses fruits : les Tibétains ont pu se réfugier avant les grands froids dans une salle mise à disposition par la mairie, ou bien chez l’habitant. Les femmes ont pour la plupart été accueillies par l’hôpital des Mureaux.

Malgré ces solutions de court terme, beaucoup peinent à se loger. Un homme, arrivé il y a un an et demi, dort de temps en temps dans le logement Adoma d’un compatriote. Mais lui, n’a pas encore le sien. « C’est très difficile et ça prend beaucoup de temps. » Et lorsqu’il n’était pas accueilli, il partageait le pont avec ceux qui n’avaient pas sa chance. Comme eux, il arrivait parfois à se loger grâce au numéro 115. Lorsqu’il y avait de la place. IMG_20141101_114655

Encore faut-il franchir la barrière de la langue pour prendre son téléphone, acquis grâce aux aides sociales. Certains parlent anglais ; beaucoup essayent d’apprendre le français sur la péniche ou avec l’aide de Maisons de quartiers, comme à Sartrouville (78). Le RER n’est pas loin. «Je viens du Tibet, et toi, de quelle zone Navigo ?»

À l’heure actuelle, le printemps approche et la trêve hivernale touche à sa fin. Les associations s’activent dans l’urgence pour trouver une solution. Le petit mouvement d’opinion accompagnant la manifestation de solidarité pour le Tibet du 14 mars dernier peut aussi aider la mobilisation de Conflans. La nécessité est pressante, de trouver des hébergements sur le long terme. « Le 115 va réduire la voilure, s’inquiète le directeur de l’association “La Pierre Blanche”. Les hébergements d’urgence vont fermer au début du mois d’avril.»

Il y a deux ans, une initiative collective a été lancée : des habitants ont hébergé des réfugiés quelques semaines. Et la plupart ont accepté de prolonger l’expérience sur plusieurs mois. «Des liens forts se sont créés », raconte la membre d’une autre association. «L’expérience a été reconduite les années suivantes.»

Mais le mouvement demande à être amplifié. Les tentes s’alignent encore sous le pont une bonne partie de l’année et de nouveaux exilés continuent d’arriver. Les rapports avec les immigrés tibétains se passent au mieux, selon cette bénévole. Ils sont d’autant plus appréciés que la discrétion est profondément ancrée dans leur culture. «Ils ne posent pas de problème. Il n’y a pas eu d’événements ennuyeux, de n’importe quel type, impliquant des Tibétains».

«Ils sont capables de vivre à plusieurs sans créer de heurts.» Plusieurs s’impliquent même dans les associations (contribution à la cuisine, à l’entretien des lieux), sans parler de ceux qui ont trouvé du travail. «Ils sont capables de s’impliquer dans une vie collective. Les réfugiés ont vraiment besoin d’un hébergement. » À bon entendeur, salut.

 

 

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Des initiatives existent également pour permettre aux exilés de se procurer du travail. Un membre de l’association « La Pierre Blanche » lance ainsi un appel aux entreprises qui accepteraient de former des Tibétains dans les domaines de la vente, de l’accueil et des services à la personne. Un lycée des Yvelines les recevra en apprentissage dès la rentrée 2015, s’ils trouvent un employeur potentiel.

La plupart des exilés, confrontés à des problèmes de survie (hygiène, alimentation, hébergement, langue, travail), semblent moins immédiatement préoccupés au quotidien par l’asile politique. Or, c’est à titre de réfugiés qu’ils peuvent obtenir un permis de séjour. Et pour certains, l’obtention est longue et incertaine. La précarité est d’autant plus pesante lorsque la menace d’une expulsion se précise au fil des mois.

Aujourd’hui, sur le pont de la péniche, un homme et une femme attendent. Depuis sept mois.

Je me revois un jour de novembre traverser la passerelle sur la Seine. De l’autre côté, des exilés vont et viennent sur le quai. On s’affaire à l’entrée de la péniche. On fait entrer des caisses d’objets et de vivres, on échange avec des habitants venus prêter assistance. À l’intérieur, une salle haute de plafond où l’on prépare des tables pour le déjeuner. Je suis présenté à un homme qui accepte de m’accompagner avec sa femme. Comme tous les autres, ils ont traversé des milliers de kilomètres au péril de leur vie. Dans chaque regard fuyant se reflète la tragédie d’une odyssée sans retour.

Au fond de la péniche, une chapelle que nous traversons. Tout au bout, nous entrons dans la sacristie, servant aussi de bureau. Là, se règle la charité faite aux naufragés de la terre, tout au fond de cette coque de fer flottant au confluent de la misère et de l’espoir. Dans ce recueillement commence le récit des horribles malheurs d’un couple en exil.

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Avant même que commence l’échange, la femme fond en pleurs. Elle est pâle, tousse souvent et souffre des côtes. Le mari prend la parole. Lui, opposant politique, a fui la Chine à pied. Il rencontre sa femme au Népal. Ils parviennent jusqu’en Hongrie avec l’aide d’un passeur. « Capturés par la police », leurs empreintes digitales sont «prélevées de force». « Obligés » à entamer une démarche d’asile, ils ne reçoivent pourtant aucun document. La police hongroise refuse de leur restituer les pièces du dossier prouvant leur identité, apportées du Tibet.

Le récit du mari est ponctué par les pleurs de sa femme. Dans l’intimité de la petite cabine, les murs de bois amortissent le son feutré de leur voix. Il évoque les douloureux attouchements qu’elle a subis. Comment, battue, elle eut une côté cassée. Comment elle fit une fausse couche le premier soir. Sans assistance médicale.

Il dit que la visite à un médecin accordée à sa femme le lendemain, qu’il n’a pu accompagner, n’a produit aucune amélioration de santé. Que les quatre jours passés en camp d’accueil ont aggravé ses problèmes respiratoires. Il décrit les conditions d’internement comme sales, surpeuplées et indignes. Il explique qu’il est finalement parvenu à s’échapper avec sa femme et à se réfugier en France, où elle a pu être prise en charge à l’hôpital grâce aux associations. Ils sont d’anciens agriculteurs, et ils aimeraient travailler. Or, contrairement à beaucoup de leurs semblables, ils n’ont toujours pas réussi à obtenir l’asile, ni une autorisation provisoire de séjour. Puisqu’ils n’ont même pas pu entamer leur procédure. À cause, précisément, de leur passage en Hongrie.

Droit d’asile

La législation française, reprenant un règlement européen dit «procédure de Dublin III», prévoit quel État européen doit prendre en charge chaque demande d’asile. Il s’agit, en principe, du premier pays de l’Union par lequel passent les exilés. Le couple n’a pas pu solliciter l’asile à leur arrivée en France parce qu’une demande avait déjà été enregistrée auparavant, en Hongrie.

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Puis, les autorités ont décidé de les renvoyer en Hongrie (arrêté de la préfecture). Sans l’aide juridique et logistique des bénévoles, ils y seraient peut-être déjà. Aidés par deux avocates françaises et par l’association «La Pierre blanche», l’homme et la femme ont déposé un recours devant le tribunal administratif assorti d’un référé (demande en urgence) contre cette décision. Le référé n’a pas été rejeté. Le juge a sursis à statuer : on doit attendre que le tribunal administratif examine le dossier.

En effet, il est théoriquement impossible, même dans le cadre de l’application du règlement de Dublin III, de renvoyer les gens dans un autre pays européen s’ils risquent d’y être traités de manière inhumaine. C’est ce que le Conseil d’État a clairement dit dans un arrêt de 2013, dans un cas similaire : « compte tenu des conditions dans lesquelles le requérant avait été traité au cours de son incarcération en Hongrie, (…) le refus d’admettre le requérant au séjour en France au titre de l’asile devait être regardé comme portant une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de solliciter le statut de réfugié. »

Il faut espérer que le tribunal administratif, statuant au fond, fera application de cette jurisprudence, et que le couple admis sur le territoire pourra présenter une demande d’asile. Ce qui ne signifie pas que l’Office français des réfugiés et apatrides (OFPRA) l’acceptera. Ni qu’en cas de rejet par l’OFPRA, la Commission nationale du Droit d’asile (CNDA) fera mieux. Car chacune de ces épreuves est très aléatoire.

Ce couple a eu la chance d’être accompagné dans ses démarches. Mais beaucoup de demandeurs se trouvent démunis pour toutes sortes de raisons face au système administratif, et en premier lieu à la barrière de la langue. Ce qui est la faute des autorités, car elles ne fournissent pas aux demandeurs d’asile le concours d’un interprète, pour préparer leur dossier et dialoguer avec un avocat.

S’agissant de la «procédure Dublin», les autorités doivent faire en sorte que les demandeurs d’asile aient bien les moyens de comprendre ce qui se dit et ce qui se fait à leur propos, et de savoir comment sont utilisées les informations qui les concernent. Ce qui implique, entre autres, de mettre à leur disposition un traducteur approprié. Concernant notre couple, c’est un ami tibétain qui les a accompagnés dans leurs démarches. En d’autres termes, non seulement les procédures sont trop compliquées, mais leur mise en application ne respecte pas, en pratique, le droit à l’information.

«Il faut faire connaître à la communauté européenne le fait que beaucoup de réfugiés sont très mal accueillis», dit un religieux. Le problème est que le règlement Dublin a pour origine une initiative de l’Union européenne. Il est heureux que, dans son rapport pour le Conseil de l’Europe, Niels Muiznieks ait préconisé de «ne pas procéder à l’adoption ou à la mise en œuvre de mesures législatives ou autres visant à accélérer encore plus les procédures d’asile avant la résolution des problèmes structurels des instances nationales d’asile». Le Conseil de l’Europe précise : «Le durcissement et la complexification des règles en matière d’asile et d’immigration posent de sérieuses questions de compatibilité avec les engagements internationaux de la France» (lire directement le rapport).

Le temps a passé depuis l’automne, et l’homme et la femme attendent encore, taraudés par la peur de retrouver leurs geôliers. La Seine coule toujours avec la même lenteur sous leurs yeux. Ils savent que cette eau va se mêler aux larmes et au sang que déversent d’autres fleuves dans les abysses de l’histoire, bien loin, de l’autre côté de la terre.

Louis Gohin

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«Aujourd’hui, le Tibet ressemble à une zone de guerre»

Posté par cercletibetverite le 14 mars 2015

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20150314-aujourd%E2%80%99hui-tibet-ressemble-zone-guerre-dalai-lama-lobsang-sangay/
Chine Tibet Dalaï Lama Inde Religion
Publié le 14-03-2015 Modifié le 14-03-2015 à 00:59

«Aujourd’hui, le Tibet ressemble à une zone de guerre»

media Lobsang Sangay, le Premier ministre du gouvernement tibétain en exil, lors d’une interview à Dharamsala, dans le nord de l’Inde, en novembre 2011. REUTERS/Mukesh Gupta/Files

Une marche européenne pour le Tibet est organisée ce samedi 14 mars à Paris. Les supporters de la cause tibétaine se sont donné rendez-vous à 10h30 sur le parvis du Trocadéro près de la Tour Eiffel pour « défendre les libertés au Tibet ». Entretien avec le Premier ministre tibétain en exil, Lobsang Sangay, qui participe à la marche.

RFI : Vous participez à la marche européenne pour le Tibet ce samedi. Quel message êtes-vous venu porter en France ?

Lobsang Sangay : Je suis venu ici pour participer à cette manifestation européenne pour le Tibet et pour défendre la liberté du peuple tibétain. C’est à Paris que le mot liberté a pris tout son sens avec la Révolution française. Il y aura d’ailleurs une déclaration de Paris suite à la marche. On rappelle à cette occasion que le Tibet est occupé depuis 56 ans. On célèbre les 80 ans de Sa Sainteté le Dalaï Lama. Enfin, nous sommes à Paris pour appeler les Français et les peuples de l’Union européenne à se lever pour les droits de l’homme, la démocratie et la liberté.

Cette manifestation doit rassembler toutes les personnes « sensibles » à la question tibétaine, dit le communiqué de presse. Vous semblez pourtant très seuls. Etes-vous soutenus par les dirigeants européens et notamment français ?

J’ai rencontré des parlementaires au Sénat et à l’Assemblée nationale. J’ai aussi des rendez-vous avec des maires et des groupes de soutiens, ici, à Paris. Nos amis en France sont aussi connus pour porter les couleurs du Tibet dans des centaines de villes en France. Ce sont des soutiens très actifs. C’était la même chose d’ailleurs quand je me suis rendu à Bruxelles. J’ai rencontré des parlementaires y compris au sein de la commission européenne, simplement certains tenaient à être discrets, donc je ne peux pas mentionner leurs noms. Je dirais de manière générale que beaucoup de dirigeants européens se sentent concernés par la cause tibétaine, mais peu osent l’affirmer en public.

Voilà une réponse politiquement très correcte, mais en réalité à chaque fois que le Dalaï Lama se déplace en Europe, il est accueilli avec beaucoup de frilosité.

C’est vrai, mais il faut dire aussi que nous n’approchons pas directement les leaders compte tenu du caractère sensible de notre cause et de la pression des autorités chinoises sur ces mêmes leaders. Le pouvoir et l’influence chinoise demeurent très forts. C’est pour cela que parfois la terre des libertés n’est pas forcément synonyme d’un engagement pour les libertés.

C’est l’anniversaire du Dalaï Lama, 80 ans cette année. Comment va-t-il ?

Je le vois régulièrement effectivement. J’étais encore avec lui il y a trois jours. Il est en très bonne santé, c’est un homme robuste. C’est aussi un Prix Nobel de la paix, un messager de la paix. Quelqu’un qui privilégie l’harmonie entre les religions. Il a une vision rassembleuse, très tolérante du bouddhisme. Nous avons de la chance d’avoir un leader aussi populaire en raison de ses idées.

Le Dalaï Lama est en pleine forme. Se pose néanmoins la question de sa succession. Vous êtes arrivé dans les studios de RFI non pas en lévitant, mais en ascenseur comme tout le monde, et vous vous définissez vous-même comme un acteur politique. Quel rôle entendez-vous jouer dans cette succession ?

C’est le Dalaï Lama qui lui-même a voulu séparer ce qui appartient au domaine spirituel de ce qui appartient au domaine de l’Etat. Donc il est notre leader spirituel et moi je suis son successeur politique. Mais nous aurons de toute façon un successeur spirituel au Dalaï Lama.

Le Dalaï Lama a pourtant affirmé qu’il ne souhaitait pas forcement avoir de successeur. Pékin via l’éditorial du quotidien Global Times parle d’une « double trahison » à la fois sur le plan religieux et politique. Que répondez-vous à ces accusations ?

D’abord qu’elles ne sont pas nouvelles. Régulièrement le Parti communiste chinois (PCC) accuse le Dalaï Lama de trahir sa religion, ce qui est cocasse de la part d’un parti qui considère que la religion est un poison. Ce que dit Sa Sainteté n’est pas nouveau non plus. Comme le Dalaï Lama l’a répété au cours de plusieurs interviews, il se peut qu’il soit le dernier Dalaï Lama. C’est un message qu’il répète depuis les années 60. C’est d’abord un moine, et un moine fait le vœu de renoncer à ce monde, donc il ne souhaite pas s’y réincarner.

Cela dit, il ajoute toujours une phrase. Il explique que c’est au peuple tibétain de décider. Et on constate qu’à chaque fois qu’un Dalaï Lama disparaît, le peuple souhaite qu’il revienne. Je peux donc aujourd’hui affirmer de façon catégorique, au nom de peuple tibétain, qu’un 15e Dalaï Lama reviendra. C’est une certitude, mais sa réincarnation se fera de la manière suivante. La réincarnation doit permettre de poursuivre la mission du Dalaï Lama précédent. Autrement dit, si le Dalaï Lama meurt en exil, le suivant sera réincarné en exil pour prolonger l’action du prédécesseur.

Le gouvernement chinois dit avoir l’autorité pour sélectionner le prochain Dalaï Lama, mais ce n’est pas lui qui peut décider. C’est d’abord une question spirituelle. Le parti communiste qualifie le Dalaï Lama de diable, alors pourquoi vouloir la réincarnation d’un diable ? Ça n’a pas de sens. Le peuple tibétain aura donc un nouveau Dalaï Lama qui naitra là où son prédécesseur a quitté ce monde.

Pour bien comprendre, le prochain Dalaï Lama devra naître à Dharamsala, en Inde, et non en territoire chinois ?

Si nous trouvons une solution à la question tibétaine, si le Dalaï Lama peut rentrer au Tibet, alors son successeur naitra sur les plateaux tibétains. Si en revanche l’actuel Dalaï Lama devait mourir à Dharamsala en exil, alors son successeur reviendrait en exil. Sa Sainteté le Dalaï Lama a toujours voulu visiter notamment le mont Wutai, une montagne sacrée pour les bouddhistes située dans la province du Shanxi. Donc, quand il a pu visiter la Chine en 1954, il a souhaité se rendre sur le mont Wutai. Cela lui a été refusé. Pour l’instant, il n’y a aucune espèce d’invitation formelle ou informelle qui serait envoyée par la Chine. Le Dalaï Lama souhaite se rendre au Tibet, mais il ne peut pas.

Vous avez récemment comparé, dans une interview à l’Agence France-Presse (AFP), la Chine à la Corée du Nord. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Au Tibet aujourd’hui, toute la population reçoit une carte d’identité avec une puce de dernière génération avec toutes les données biométriques imaginables. Où que vous alliez, vous devez présenter vos papiers, donc tout le monde est suivit. A cela s’ajoutent les caméras de surveillance qui sont partout, elles aussi. Ce maillage très serré rappelle celui de la Corée du Nord, de l’Allemagne de l’Est, des pays où vous êtes constamment observés électroniquement et physiquement. Les Tibétains eux-mêmes le disent, il y a une chanson au Tibet qui dit : ‘Nos cartes d’identité c’est comme notre ombre, on ne peut pas bouger sans elle’. Même les touristes chinois l’affirment : aujourd’hui le Tibet ressemble à une zone de guerre. Quand vous voyez des snipers sur les toits, des baraques de l’armée près des principaux monastères et des temples et des policiers en civils qui vous suivent partout… la peur est ressentie par les touristes chinois, vous pouvez donc imaginer ce que ressent la population tibétaine.

Quelle est votre vision de l’avenir pour le Tibet, sachant les pressions exercées par Pékin et le peu de soutien que vous recevez à l’étranger ?

Ce qui frappe dans un premier temps, c’est la répression accrue, les souffrances. L’exploitation des ressources, qui font penser à la situation traversée par de nombreux pays en Afrique. Quand la Chine a envahi le Tibet, elle nous a promis de l’argent, elle nous a promis le développement. Les Chinois ont construit des routes, mais plus tard nous avons vu que ces routes étaient empruntées par des tanks de l’armée pour exploiter nos ressources naturelles au profit de la Chine. Nous ne sommes pas les premiers bénéficiaires de cette situation, la Chine est la première bénéficiaire et cela au nom du développement comme il a été dit autrefois aux pays d’Afrique. J’ai pas mal d’amis africains, et à chaque fois ils me demandent : qu’est-ce que tu penses de la Chine ? Et que penses-tu des investissements chinois en Afrique ? Moi je leur dis toujours de rester prudents. Donc à court terme, on voit bien que la répression se poursuit, mais à long terme, je suis sûr à 100 % que la justice triomphera, que la liberté triomphera au Tibet.

Arrêtons-nous un instant sur la résistance tibétaine. Etes-vous soutenu par l’Inde ?

C’est ce que répètent les autorités chinoises qui veulent ranimer un esprit de guerre froide. Ce qui est vrai, c’est qu’une majorité des Tibétains vivent en Inde, l’administration tibétaine en exil est basée en Inde, donc dans ce sens New Delhi et le peuple indien ont beaucoup soutenu les Tibétains. Il est vrai aussi que dans les années 50, certains Tibétains ont pu être entraînés et parachutés par la CIA. C’est une époque qui coïncide avec la guerre de Corée et cette coopération s’est terminée au début des années 70. Aujourd’hui la résistance tibétaine intérieure comme à l’extérieure est supportée par les Tibétains eux-mêmes.

Vous venez vous-même d’une famille de résistants qui ont participé à ces actions armées.

Mon père était l’un des leaders de la guérilla dans les années 50 et les années 60. Et mon oncle a aussi été entraîné puis parachuté sur le Tibet par la CIA et il n’est jamais revenu. Donc c’était l’esprit de la résistance de l’époque, ils voulaient se battre contre l’envahisseur chinois. Mon père était en charge du ravitaillement en nourriture et en munition, il a été blessé puis évacué en Inde où il est resté jusqu’à sa mort en 2004.

Vous évoquez ces actes de résistance, et aujourd’hui vous prônez une action uniquement politique.

Au moment de l’invasion du Tibet, c’était extrêmement brutal et les gens devaient se défendre. Ils ont fait du mieux qu’ils ont pu, même s’ils étaient largement surpassés en nombre par l’Armée populaire de libération (APL). Il s’en est suivi la défaite et l’occupation. Et objectivement aujourd’hui, compte tenu de la réalité du monde géopolitique et de la population tibétaine qui avoisine les 6 millions de personnes, nous avons choisi l’option de la non-violence et tentons de trouver une solution gagnant-gagnant avec le gouvernement chinois.

Vous venez du mouvement de la jeunesse tibétaine. Que disent les jeunes Tibétains justement ? Certains rejettent le discours de non-violence du Dalaï Lama.

La jeune génération est parfois frustrée par la «  voie du milieu » suggérée par le Dalaï Lama qui est de parvenir à une authentique autonomie régionale au sein de la Chine pour les Tibétains. En même temps, une grande majorité des Tibétains aspirent à la non-violence. Il y a toujours des jeunes qui auront un autre discours sur les réseaux sociaux, mais encore une fois la majorité des Tibétains, y compris les organisations de la jeunesse tibétaine, défendent cette approche.

Nous aimerions d’ailleurs pouvoir servir de modèle à de nombreux groupes marginalisés dans le monde. Dans cette ère marquée par le retour des extrémismes, je pense notamment à « Je suis Charlie » à Paris, la violence domine les actualités. Et je pense que c’est un mauvais message qu’on envoie aux populations marginalisées, si nous parlions d’avantage du mouvement tibétain, la non-violence pourrait devenir un modèle à suivre.

Vous n’avez jamais mis les pieds au Tibet, le Dalaï Lama est lui-même persona non grata au Tibet depuis 60 ans, et pourtant quiconque se rend dans ces régions tibétaines  peut constater que la ferveur pour le leader spirituel en exil n’a pas disparu. Comment l’expliquer ?

Je n’ai jamais été au Tibet, parce que les autorités chinoises me l’interdisent. C’est la même chose pour Sa Sainteté le Dalaï Lama, ce qui crée de la frustration d’ailleurs. Tous les Tibétains veulent le voir, même pour une ou deux secondes. Le rencontrer est la chose la plus importante pour des millions de Tibétains. Le gouvernement chinois continue de s’y opposer, ce qui explique la fidélité de la population. La foi est une question d’art et d’esprit. Le pouvoir chinois peut employer la force ou l’argent qu’il veut, cela ne changera rien. Il peut diffuser la propagande qu’il veut, le Dalaï Lama restera la figure vénérée du peuple tibétain. La foi est beaucoup plus forte que la politique.

Vous avez un physique d’acteur, vous avez mené vos études à l’université de Harvard, et au final vous avez épousé une cause perdue ou en tout cas une cause très difficile. Pourquoi ce choix ?

Actuellement, personne encore ne m’a proposé de jouer dans un film (rire). Je suis effectivement diplômé du titre de docteur de la faculté de droit de Harvard, mais je suis avant tout un Tibétain. Vous pouvez avoir un nom, des diplômes, vous pouvez être célèbre, avoir de l’argent, tout cela ne donne pas un sens à votre vie. On a l’habitude de dire que même les chiens, les chats vivent leur vie. Vous naissez et vous mourez, c’est-ce qu’on dit quand on est bouddhiste. Donc ce qui compte, c’est ce que vous faites entre ces deux états. Je pourrais donc effectivement avoir une meilleure carrière peut-être, mais rien ne vaut un engagement volontaire pour une cause juste, et la défense des droits humains de 6 millions de Tibétains. Le peu de contribution que je peux offrir à la lutte de mon peuple me permettra de quitter ce monde de manière la plus sereine possible.

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Des scientifiques américains accusent la Chine d’exterminer l’animal qui a inspiré Pikachu

Posté par cercletibetverite le 5 janvier 2015

http://www.francetvinfo.fr/monde/ameriques/des-scientifiques-americains-accusent-la-chine-d-exterminer-l-animal-qui-a-inspire-pikachu_788119.html

Des scientifiques américains accusent la Chine d’exterminer l’animal qui a inspiré Pikachu

Selon les chercheurs de l’Arizona State University, Pekin a classé le pika dans les espèces nuisibles. 

Un pika &agrave; 4 800 m d'altitude au Tibet, le 24 juillet 2007.&nbsp;
Un pika à 4 800 m d’altitude au Tibet, le 24 juillet 2007.  (ALAIN DRAGESCO-JOFFÉ / BIOSPHOTO / AFP)
Des scientifiques américains accusent la Chine d'exterminer l'animal qui a inspiré Pikachu dans Chine francetv.infoPar Francetv infoMis à jour le 04/01/2015 | 22:26 , publié le 04/01/2015 | 20:50

Sauvons Pikachu. Des scientifiques américains accusent les autorités chinoises de chercher à exterminer, non pas le héros des Pokémons, mais le pika, la petite souris qui a inspiré le personnage, rapporte, dimanche 4 janvier, The Independent(en anglais).

L’animal est classé parmi les espèces nuisibles par Pékin, qui organise des programmes pour l’éradiquer depuis 1958. En 2006, du phosphate de zinc a été répandu sur près de 360 000 km2 dans la province de Qinghai, au nord-ouest de la République populaire. « Une nouvelle phase d’empoisonnement, prévue sur 110 000 km2 aurait été mise en œuvre en fin d’année 2014 pour un coût estimé à 35 millions de dollars » (soit 29,1 millions d’euros), ajoute le quotidien britannique.

 

Des dizaines de perosnnes d&eacute;guiis&eacute;es en Pikachu &agrave; Tokyo (Japon), le 14 ao&ucirc;t 2014.
Des dizaines de perosnnes déguiisées en Pikachu à Tokyo (Japon), le 14 août 2014. (YOSHIKAZU TSUNO / AFP)

 

Dans leur étude (en anglais), les chercheurs listent les apports des pikas à l’écosystème local. Selon eux, le pika ne cause pas de dégradation lui-même, mais choisit des milieux dégradés comme habitat. Ensuite, Maxwell Wilson et Andrew Smith affirment que la présence de la souris améliore l’infiltration de l’eau dans la terre et limite ainsi les risques d’inondation, notamment lors de la mousson. Enfin, les scientifiques qualifient le pika d’espèce-clef puisqu’elle sert de nourriture aux carnivores de l’écosystème local, eux-mêmes utiles à l’homme.

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Une semaine dans la vie des étudiants hongkongais qui font la «révolution des parapluies»

Posté par cercletibetverite le 1 décembre 2014

http://www.slate.fr/story/95295/hong-kong

Une semaine dans la vie des étudiants hongkongais qui font la «révolution des parapluies»

Frédéric Martel

Monde

01.12.2014 – 19 h 25mis à jour le 01.12.2014 à 19 h 27

Des manifestants pro-démocratie, le 1er décembre à Hong Kong. REUTERS/Tyrone SiuDes manifestants pro-démocratie, le 1er décembre à Hong Kong. REUTERS/Tyrone Siu

Depuis deux mois, ils sont des milliers à défier le régime communiste chinois. Ils ont installé des campements illégaux dans la ville, multiplient les sit-ins, les occupations, et réclament la démocratie. Surprenante révolte, inédite depuis Tiananmen. Pour Slate, Frédéric Martel a suivi ces étudiants sur les barricades de Hong Kong. Récit en deux parties.

Hong Kong

«On vient chercher un matelas», explique un étudiant, accompagné d’un petit groupe de jeunes. Ils ont tous entre 18 et 20 ans. Et attendent patiemment devant une tente baptisée, sur un petit écriteau en chinois, «Wuzi Zhan» et, en anglais, «Supply Station». Leung, qui a lui aussi 18 ans, s’occupe de ce poste de ravitaillement. Il porte un tee-shirt noir avec pour tout motif, un parapluie jaune –le symbole de la «Umbrella Revolution» de Hong Kong.

«Ici, je suis responsable de toutes les demandes des étudiants: nourriture, bouteilles d’eau potable, médicaments, etc. On donne aussi des masques chirurgicaux ou des lunettes de plongée pour se protéger des gaz lacrymogènes et des casques de chantier pour parer aux coups de matraques», me dit-il en cantonais (traduit par Greg, un autre étudiant hongkongais).

Veillée d’armes, lundi dernier (le 24 novembre). Nous sommes sur Nathan Road, un axe nord-sud de grande circulation dans la partie continentale de Hong Kong. Les étudiants ont installé leur campement en plein milieu des six voies rapides de l’avenue, bloquant entièrement la circulation. Ils sont quelques centaines à dormir là, dans des dizaines de tentes, depuis près de deux mois. C’est l’un des trois sites d’occupations de la révolution en marche.

La bataille de Mong Kok

Leung est installé ici «depuis 58 jours», me précise-t-il. Et cette nuit qui commence n’est pas tout à fait comme les autres. La police vient d’annoncer qu’elle allait démanteler mardi matin ce camp dit de Mong Kok (le nom de la station de métro tout proche), suivant ainsi une décision de justice ayant ordonné, après les plaintes de compagnies de taxi et de mini-bus, la fin de l’occupation sur Nathan Road.

Alors, on s’organise. Un poste d’observation a été installé sur le toit d’une des sorties de la station du métro Mong Kok où l’état-major du campement s’est replié. Ce n’est pas labataille d’Azincourt, mais ces étudiants, qui étaient à peine enfant lors de la rétrocession de Hong Kong à la Chine par les Britanniques en 1997, se sentent dans la peau d’Henri V!

C’est leur première veillée d’armes; la première fois qu’ils manifestent; la première fois qu’ils ont érigé des barricades; la première fois qu’ils doivent défendre «leur» rue; la première fois qu’ils vont affronter au petit matin des milliers de policiers.

Du haut de leur toit de fortune, les leaders étudiants du camp de Mong Kok vont pouvoir observer la bataille. Poste de garde stratégique à une quinzaine de mètres du sol. Une échelle en bambou permet de s’y hisser. Et une tente a même été montée là-haut, car on va dormir sur place. Et c’est pourquoi il faut un matelas.

Leung regarde ses stocks, très dégarnis, mais déniche, au fond de sa «supply station», entre des dizaines de sacs de couchage, des piles de couverture et des cartons de bouteilles d’eau, un matelas. On apporte un chariot pour le transporter. Mais il faut l’attacher avec des cordes: on trouve illico de la ficelle dans les réserves de la «supply station». Et voici le groupe d’étudiant qui repart à travers le campement de Mong Kok pour mener le matelas jusqu’au quartier général étudiant.

Nous marchons près de 200 mètres. Arrivé à destination, les étudiants hissent péniblement, en s’y mettant à cinq ou six, le matelas sur le toit de la station de métro. Et on repart vers la «supply station» pour rapporter le chariot.

Je demande à Leung les raisons de son engagement. Il a l’air étonné par ma question tant la réponse lui paraît évidente.

«Je me bats pour la démocratie à Hong Kong et pour notre futur. C’est tout.»

Chow, un autre étudiant de 18 ans, qui est affecté lui aussi à la «supply station», entre dans la conversation:

«Je suis ici pour mon futur, pour notre liberté. Je veux pouvoir choisir qui sera le chef de l’exécutif à Hong Kong. On nous a promis le suffrage universel et maintenant on veut nous l’enlever. Ce mouvement s’inscrit dans le court terme, mais on doit changer les choses sur le long terme.»

 

Dans la journée, Chow étudie à l’université; chaque soir il rejoint le camp de Mong Kok. Il avoue que ses parents ne partagent pas ses idées et qu’«ils ne sont pas OK», mais cela ne l’a pas dissuadé de s’engager. Il fait partie de la Hong Kong Federation of Student, l’une des principales forces derrière l’occupation de Mong Kok.

Je demande à Leung ce qu’il compte faire si la police arrive. «I’ll run» (je me mettrai à courir) me répond-il.

«Mais ils ne peuvent pas gagner. On reviendra après pour reprendre Nathan Road. On ne doit perdre Mong Kok sous aucun prétexte.»

Un mouvement non-violent

Mardi, dès 9 heures du matin, la police intervient pour mettre fin à une partie de l’occupation de Mong Kok, à l’angle de Nathan Road et de Argyle Street.

Le lendemain, mercredi, à la même heure, une deuxième intervention est lancée avec 6.000 policiers pour «nettoyer» le campement principal sur Nathan Road.

J’observe les forces de l’ordre avancer, méthodiquement. La stratégie est impeccable: toutes les rues adjacentes ont été préventivement bloquées; les occupants peuvent sortir, mais personne ne peut re-rentrer dans le campement. Des centaines d’hommes, avec des dizaines de bennes et de pelleteuses, nettoient la rue. Les étudiants persistent dans leur stratégie de non-violence, mais la police utilise des gaz lacrymogènes paralysants et des grenades de gaz poivré contre les récalcitrants (une enquête du South China Morning Post, publiée le 27 novembre, a montré que le gaz utilisé avait une concentration anormale en produits paralysants).

En moins de deux heures, les barricades de Nathan Road et les centaines de tentes se sont volatilisées. Cent-soixante neuf étudiants et activistes sont arrêtés et la police met ainsi fin à presque deux mois d’occupation dans ce quartier.

Mais la bataille de Mong Kok n’est pas passé inaperçue: elle s’est déroulée, plutôt pacifiquement, sous l’œil de centaines de journalistes et de milliers de caméras, d’appareils photos et de smartphones brandis par les étudiants pour scruter la moindre dérive policière. Non-violent certes, mais pas naïfs non plus!

Soudain, dans une grande confusion, au milieu de Nathan Road, j’aperçois enlevé par une petite grue, qui commence à s’élever dans le ciel avant de finir dans un camion poubelle… un matelas. Je ne peux pas en être certain, mais j’ai l’impression que c’est le matelas de la «supply station».

 

 

 

Joshua Wong symbole d’un mouvement disparate

Le mercredi soir, la déception est visible sur les visages des étudiants du campement d’Admiralty, le principal «street camp» resté en place et installé, lui, sur l’île de Hong Kong, au milieu d’un carrefour de plusieurs ponts autoroutiers.

Alex Chow, le secrétaire général de la Hong Kong Federation of Students, monte sur scène sous un tonnerre d’applaudissements. Il a 24 ans. Il commente les évènements du jour et tente de remonter le moral des troupes, très déçues par la perte du camp de Mong Kok. Il évoque aussi les nombreuses arrestations, illégales selon lui. Surtout que parmi les étudiants arrêtés par la police entre mardi matin et mercredi soir, figurent les noms de Lester Shum, le n°2 de la Hong Kong Federation of Students, et de Joshua Wong.

Reportage du South China Morning Post

Wong, dont les images de l’arrestation musclée, font ce soir là le tour du monde (il a été libéré dès jeudi) est le symbole de la «Révolution des parapluies». A 18 ans, il a fait la une de Time, est nommé comme «personne de l’année» de ce même magazine (à égalité avec Jack Ma d’Alibaba et Xi Jinping le président chinois), et est en train de devenir une icône pour les jeunes révoltés de toute l’Asie.

Qui est cet adolescent? Issu d’une famille chrétienne, plutôt conservatrice, et qui appartient à la classe moyenne, Joshua Wong est né quelques mois seulement avant la rétrocession de Hong Kong à la Chine; il n’a pas connu le colonialisme britannique, ni son pays sous le drapeau de l’Union Jack. Il appartient à la première génération de Hongkongais qui ont grandi dans une ville officiellement chinoise. Mais très tôt, il s’est mobilisé pour défendre les spécificités de son île. Quand le gouvernement officiel, pressé par Pékin, a voulu reprendre en main les programmes scolaires, en bannir les figures dissidentes et réécrire l’histoire de la place Tiananmen, celui qui n’était encore que lycéen s’est mobilisé. Joshua Wong a alors 14 ans. Avec un ami, il fonde l’association Scholarism pour dénoncer cette propagande dans les manuels éducatifs. Des manifestations suivent et leur action paye: le gouvernement recule.

Une semaine dans la vie des étudiants hongkongais qui font la «révolution des parapluies» dans Hong Kong joshua-wong-carre

 

 

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En 2014, Wong se retrouve donc tout naturellement au cœur de la mobilisation pour défendre la démocratie hongkongaise quand Pékin veut changer les règles pluralistes, et le collège électoral, qui ont été promis. Il fait partie des collectifs qui lancent l’occupation de Hong Kong et, le 28 septembre, il est arrêté, alors qu’il est encore mineur (il est né le 13 octobre 1996).

Faute grave du pouvoir. Il devient une icône globale et sa détention hautement symbolique est un électrochoc pour les Hongkongais. Ils descendent dans les rues par dizaines de milliers.

«J’ai été détenu le 28 septembre pour avoir participé à une opération de désobéissance civile, organisée par les étudiants en face du siège du gouvernement. J’ai été emprisonné pendant 46 heures et complètement coupé du monde extérieur. Quand j’ai été libéré, j’ai été profondément touché de voir des milliers de personnes dans les rues, mobilisées pour la démocratie. A ce moment-là, j’ai su que Hong Kong avait changé pour toujours», raconte-t-il dans une tribune qu’il a publiée en octobre dans le New York Times.

Avocat de la désobéissance civile, Joshua Wong insiste toujours sur la nature non-violente du mouvement. Ses références restent néanmoins chinoises, il ne se sent «guère concerné», dit-il, par Martin Luther King ni par Mandela, car ce n’est ni son époque, ni son pays: il préfère s’inspirer de Liu Xiaobo, le prix Nobel de la paix chinois, ou de l’artiste Ai Weiwei –ses modèles.

Au moins, à Hong Kong, ne connaît-il pas le même sort que ces dissidents. C’est la justice qui a ordonné sa libération, et la presse hongkongaise qui a médiatisé son arrestation: des preuves, s’il en est, que le système judiciaire est encore assez impartial à Hong Kong, que l’Etat de droit prévaut et que la liberté de la presse reste large.

Mais jusqu’à quand, compte tenu de la reprise en main rapide par Pékin? C’est l’un des enjeux de la révolution en cours.

Les barricades d’Admiralty tiennent toujours

L’association de Joshua Wong, Scholarism, et la Hong Kong Federation of Students sont les deux forces principales derrière le «Umbrella Movement». Mais le spectre des organisations engagées dans la rue est bien plus vaste.

Occupy Central With Love & Peace, à l’esprit plus anti-capitaliste, a été à l’origine des campements, tandis que des organisations démocrates plus radicales, comme la League of Social Democrats et le mouvement Civic Passion (les leaders de ces deux organisations ont été également arrêtés jeudi) sont très actives. Chaque groupe possède son «booth» sur le campement d’Admiralty: une tente qui sert de quartier général, de point de ralliement et de bureau de presse. Ce dimanche soir, une immense Assemblée générale était organisée à 18h, ouverte à tous. Comme les barricades d’Admiralty tiennent toujours, la foule était au rendez-vous et les leaders des différentes composantes du mouvement se sont exprimés.

hong-kong-640-REUTERS dans Hong KongUn manifestant pro-démocratie , le 1er décembre 2014 à Hong Kong. REUTERS/Bobby Yip

Parmi les organisations encore présentes sur le campement, on remarque aussi les drapeaux de plusieurs partis politiques: le Labour Party, le Democratic Party et le Civic Party. Mais ces forces politiques officielles, qui soutiennent le mouvement, se font plutôt discrètes. Leurs leaders n’ont pas pris la parole dimanche soir. De même, l’un des principaux syndicats pro-démocratie, la Hong Kong Confederation of Trade Unions, se contente de soutenir le mouvement en sous-main.

«La plupart des partis politiques pan-démocrates ont été marginalisés par le mouvement. Ils sont très affaiblis», constate Edmund Cheng, un jeune universitaire hongkongais. Avec une équipe de chercheurs, il a mené une enquête par questionnaire auprès de 1.800 occupants des trois campements de Admiralty, Mong Kok et, le plus petit, celui de Causeway Bay. Ses résultats l’ont étonné:

«Le mouvement est composé principalement de jeunes avec une éducation de niveau universitaire pour 56% d’entre eux, m’explique Cheng. Ce n’est pas vraiment une surprise. Par contre, deux résultats nous ont davantage étonnés. D’abord, entre 15% et 20% de ces jeunes n’ont jamais participé à une manifestation de leur vie, ce qui est très surprenant dans une ville où on est très habitué à protester. Ensuite, 80% de ces occupants ne se considèrent pas chinois, mais hongkongais.»

Les causes profondes de la «Umbrella Revolution» apparaissent ainsi plus complexes à analyser qu’une simple suite d’Occupy Wall Street d’une part, ou un mouvement démocratique anti-Pékin et une réplique tropicale de Tiananmen, d’autre part.

C’est une révolution qui n’a pas de centre et pas d’unité politique. Le déclic fut, et reste, l’aspiration démocratique. C’est parce que Pékin a proposé un nouveau mode de scrutin électoral fin août, avec veto du Parti communiste chinois sur les candidats potentiels à la tête de l’exécutif, dans la perspective des élections de 2017, que les Hongkongais sont descendus par dizaines de milliers dans les rues munis de parapluies jaunes (plus de 100.000 personnes le 1er octobre, pour un pays de seulement 7,2 millions habitants).

D’innombrables slogans témoignent de cette préoccupation démocratique: «We Love Democracy», «Hong Kong Democracy Now», «Let People Have a Say», «Defend Democratic Values», «Say NO to Censured Election», «Freedom is not Free» ou encore cet explicite: «Communist Party is so Evil!». La cible principale du mouvement reste Leung Chun-ying, le chef de l’exécutif hongkongais, considéré par les étudiants comme une marionnette de Pékin (il a été élu par 689 voix émanant d’un comité pro-communiste, d’où son surnom ironique de «689»).

Par certains aspects, les occupations de Hong Kong s’inscrivent également dans les revendications anti-globalisations et anti-capitalistes, dans la lignée des mouvements de la Puerta del Sol à Madrid ou Occupy Wall Street à New York.

On observe aussi sur le campement de nombreuses expérimentations environnementales (des jardins de légumes organiques ont été plantés) et des revendications identitaires spécifiques comme celles des féministes. Les Rainbow flags, symbole du mouvement gay, flottent aussi sur une petite dizaine de tentes.

En outre, les revendications sociales sont omniprésentes, qu’elles soient liées au prix des transports, aux coûts de la scolarité, à la cherté des loyers ou au chômage. Les étudiants aspirent à «une nouvelle version de Hong Kong», selon Edmund Cheng:

«C’est un mouvement anti-establishment qui rejette le seul modèle du bien-être par le PNB et se soucie du développement durable et de l’environnement.»

Toutefois, la dimension altermondialiste semble plus marginale qu’on ne l’a dit. «Les occupants ne sont pas principalement anti-mondialistes, ni anti-capitalistes. Ils sont d’abord pro-Hong Kong», affirme Edmund Cheng. Si les manifestants dénoncent l’oligarchie des tycoons qui dominent l’économie hongkongaise, ils semblent surtout préoccupés par leur île –et ses nouveaux territoires.

Un mouvement nationaliste et «localiste»

On ne peut expliquer le succès des occupations de Hong Kong et la bienveillance que les Hongkongais lui ont accordé (le soutien diminue dans les sondages toutefois) si on écarte la dimension profondément nationaliste du mouvement.

«We are Hong Kong people», «Love HK», «HK Keep Going», «We are HK people», «I love HK», «Salute to Brave HKers», «Please let the world know how much we love a free HK!» sont quelques-uns des slogans que j’ai vus sur les campements d’Admiralty, Mong Kok et Causeway Bay cette semaine. Et parmi les thèmes qui ont émergé, le nationalisme est récurrent, confirmant que ce mouvement n’est pas seulement de gauche altermondialiste mais aussi de droite et d’identité nationale.

Qu’on en juge à travers les slogans et revendications suivantes, présentes à Admiralty sous de nombreuses formes: le refus de l’immigration chinoise de masse; la peur de l’invasion des touristes en mandarin; la critique raciale à l’égard des «mainlanders» (comprenez les Chinois de Chine continentale); la sauvegarde du patrimoine colonial; ou encore la défense de la langue cantonaise (que les Hongkongais et les Chinois du Sud sont presque les seuls à parler) et des caractères chinois complexes (qu’ils partagent avec Taïwan).

«C’est une révolution qui a lieu en cantonais», constate Sebastian Veg. Ce chercheur français analyse le mouvement comme «l’émergence ou la réinvention d’une identité hongkongaise» et note que la dimension de «nationalisme culturel» est décisive dans le mouvement. Il résume:

«C’est un mouvement local qui vise à défendre Hong Kong et sa culture.»

Parmi les organisations derrière la «Umbrella Revolution», il faut ainsi accorder une place essentielle à une composante baptisée ici les «localists». Parfois appelés aussi les «Natifs» ou les «Hongkongais First», ces «locaux» veulent préserver la singularité de Hong Kong et refusent qu’elle devienne une ville chinoise ordinaire. Ce «localisme» est très hostile au «nationalisme» de Pékin et réclame, sinon l’indépendance, du moins une forme d’autonomie ou de singularité.

C’est d’ailleurs sur ce «haut degré d’autonomie» que porte le débat: il a été promis aux Hongkongais par les Britanniques lors de la rétrocession de 1997, mais il n’a jamais été clairement défini par Pékin. Deng Xiaoping, à la manœuvre avec Margaret Thatcher, a inventé la formule géniale: «un pays, deux systèmes». Mais les décisions autoritaires du Parti communiste chinois, le 31 août dernier, pour limiter l’autonomie de Hong Kong ont fait l’effet, ici, d’une douche froide. C’est ce point qui reste le principal déclencheur de la «Umbrella Revolution». Et sur certaines tentes d’Admiralty, j’ai encore vu flotter, ce dimanche, deux ou trois drapeaux coloniaux hongkongais et même, bien visible, quoique dans un angle, un peu l’écart, sur une des rues du campement: l’Union Jack.

Cette nostalgie anachronique est aussi un aveu d’échec. Pour une part, le mouvement politique démocrate actuel est soutenu par des leaders politiques anti-colonialistes sincères qui ont lutté contre la domination britannique: avant 1997, ils ont milité pour «le retour en Chine dans la démocratie», selon la formule –au demeurant extravagante, si l’on y songe– de l’époque. Ils croyaient que la Chine leur donnerait plus d’autonomie que les Anglais. Aujourd’hui, ils déchantent. Du coup, ils se rebellent contre ce qu’ils considèrent comme un néo-colonialisme.

Ce regain nationaliste hongkongais explique, pour une part, que l’establishment local composé de riches familles, de tycoons prospères, d’agents immobiliers millionnaires, souvent pris pour cible par les manifestants, soit resté relativement discret dans ses critiques à l’égard de l’occupation. Ils ont peur, eux aussi, du «capitalisme rouge» de Pékin. S’ils ne partagent guère les revendications étudiantes, ils ont bien l’intention de s’en servir pour maintenir leurs prérogatives sur l’île.

Un nouveau Tiananmen?

Pour certains observateurs étrangers, la bataille qui se joue actuellement à Hong Kong serait décisive pour l’avenir démocratique de la Chine (et, par ricochet, pour le futur de Taïwan).

Les étudiants mèneraient à Hong Kong un combat par procuration au nom de la démocratie chinoise et de tous ses dissidents. Microscopique, certes, à l’échelle de la Chine, cette bataille serait hautement symbolique. «Ce n’est pas le cas», corrige Zeng Jinyan, une blogueuse et chercheuse chinoise, qui fut mariée avec le dissident chinois Hu Jia (prix Sakharov 2008).

«Les revendications des étudiants sont très spécifiques à Hong Kong. Il est clair que c’est une situation très différente d’avec la Chine. Ce sont des manifestations très localisées, très spécifiques. C’est aussi l’émergence de l’identité hongkongaise», insiste-t-elle, tout en se disant proche intellectuellement du mouvement.

D’autres activistes, comme Chongguo Cai, un étudiant de la place Tiananmen en 1989, aujourd’hui exilé à Hong Kong, sont plus nuancés. Il insiste, lorsque je l’interroge au siège du China Labor Bulletin, où il travaille, sur l’aspiration démocratique chinoise galvanisée par la révolte actuelle des Hongkongais, qui lui rappellent sa propre jeunesse.

«On a échoué à Tiananmen parce qu’on n’était pas bien organisé. On manifestait, mais on ne négociait pas», dit-il en espérant que les étudiants de Hong Kong sauront «passer de la contestation pure à une opposition politique constructive». Comme d’autres, il souligne que la révolte de Hong Kong est très bien suivie depuis la Chine où, par des logiciels de contournement, les personnes les plus politisées sont informées heure après heure sur Internet. Toutefois, il insiste lui aussi sur les revendications premières du mouvement, le respect de l’état de droit à Hong Kong et des promesses faites au moment de la rétrocession, et non pas sur l’envie d’en découdre avec Pékin. «La défense de l’état de droit est un thème très consensuel à Hong Kong; la défense de la démocratie l’est beaucoup moins», souligne Sebastian Veg. «L’indépendance n’est pas une revendication possible et elle est d’ailleurs peu revendiquée par la population de Hong Kong. En revanche, le maintien de l’état de droit, la présomption d’innocence, l’indépendance de la justice : ces sujets sont très fédérateurs ici», confirme Chongguo Cai. Sur une banderole dans le campement de Causeway Bay ce dimanche, j’ai pu lire:

«Le haut degré d’autonomie de Hong Kong, l’indépendance de la justice et la liberté d’expression sont sérieusement menacés aujourd’hui. C’est notre devoir de protéger avec fermeté ces valeurs clés que nous chérissons.»

La bataille d’Admiralty commence

Vendredi matin, Joshua Wong, tout juste libéré de garde à vue, a demandé via Twitter aux étudiants qui ont été délogés du campement de Mong Kok, de rejoindre celui d’Admiralty, au cœur de Hong Kong. Et de ne pas «se rendre». Selon les statistiques postées sur Internet chaque jour (Umbrella Movement Tents Population Census Statistics), il y aurait actuellement 2.257 tentes sur le campement d’Admiralty.

Dimanche soir, à l’Assemblée générale du mouvement, sur «Umbrella Plaza», au cœur d’Admiralty, une foule s’est réunie –preuve que le mouvement est encore vivace.

Vers 18h, les leaders étudiants ont pris la parole pour annoncer une action imminente, encore secrète. Deux à trois milles étudiants, portants des casques de chantier jaunes, des lunettes de plongée et des masques chirurgicaux attendaient sagement de passer à l’action. Des dizaines d’étudiants-infirmiers, médecins, et secouristes, étaient prêts à soigner les blessés. Les postes de ravitaillement avaient accumulés des casques et des masques pour les activistes postés en premier ligne.

A 21h, le porte-parole des organisateurs a rendu public l’objectif dans un tonnerre d’applaudissements: encercler le siège du gouvernement et bloquer l’autoroute Lung Wo Road.

Relayé immédiatement sur les réseaux sociaux, le message a été reçu 5 sur 5 par la foule qui s’est précipité vers les bâtiments cibles.

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Témoignage d’un ancien détenu de la prison de Deyang, Sichuan

Posté par cercletibetverite le 30 novembre 2014

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Témoignage d’un ancien détenu de la prison de Deyang, Sichuan

vendredi 28 novembre 2014 par Monique Dorizon , Rédaction

Des détenus tibétains d’une prison tristement célèbre de la province du Sichuan se voient régulièrement refuser les visites de leur famille apportant de la nourriture et des vêtements. Ils souffrent des températures hivernales et des coups donnés par les gardes, selon un ancien prisonnier emprisonné pendant cinq ans pour avoir protesté contre la domination chinoise.

Sorti en 2013 en mauvaise santé de la prison de Deyang [1] au Sichuan, l’ancien prisonnier vit maintenant sous surveillance policière à son domicile du Comté de Kardzé [2], rapporte-t-il au service tibétain de Radio Free Asia sous condition d’anonymat.

« On me jeta dans une prison chinoise pour cinq ans pour avoir participé en 2008 à des manifestations pacifiques contre la politique de la Chine dans les régions tibétaines« , dit l’homme, ajoutant qu’il a été brièvement détenu dans un centre de détention à Kardzé, puis dans une prison du Comté de Dartsédo [3], au Sichuan.
« Beaucoup d’autres Tibétains ont été détenus là où je suis allé. J’ai vu de nombreuses nonnes et prisonnières tibétaines dans ces lieux, aussi« , ajoute-t-il.

Environ 18 nonnes arrêtées lors de manifestations religieuses dans la région étaient détenues à Dartsédo pendant qu’il y était, ajoutant qu’il pouvait encore maintenant citer la quasi-totalité de leurs noms, plus de six ans après.
« Elles ont ensuite été transférées vers une prison pour femmes dans le Sichuan« , a-t-il dit.

À Deyang même, situé à environ deux heures de route de Chengdu, capitale provinciale du Sichuan, le travail quotidien des prisonniers commençait à 6h30 ; les détenus, pour la plupart des moines, exécutaient des travaux de soudure et de confection de vêtements. Bien que les prisonniers soient nourris trois fois par jour, la qualité de la nourriture était mauvaise, avec des repas composés essentiellement de légumes nature et de riz.
« Pendant l’hiver, nous avons souffert du froid, et les membres des familles des prisonniers tibétains qui venaient à la prison, apportant vêtements et nourriture, ne pouvaient pas rendre visite aux prisonniers ou transmettre ces choses« .

Une fois, un groupe de six gardes l’a attaqué et battu, blessant une de ses mains et un pied.
« A cause de ce passage à tabac, mes mouvements sont maintenant réduits, et mon état de santé général a été si affecté par mon passage en prison que je ne peux même pas me débarrasser d’un simple rhume« , dit-il.

Un autre ancien prisonnier de Deyang a confirmé ce récit des conditions de vie dans cette prison.
« Il vient de la même prison que celle où je purgeais ma propre peine, et tout ce qu’il dit est vrai« , dit l’homme, parlant également sous couvert d’anonymat.
« Je voudrais le rencontrer, mais pour l’instant nous ne sommes en relation que via les réseaux sociaux« . « Il est toujours surveillé par des agents de sécurité« .

Source : Radio Free Asia, 14 novembre 2014.

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Les Nations Unies dénoncent la malnutrition, le chômage, la discrimination au Tibet

Posté par cercletibetverite le 26 novembre 2014

http://www.tibet-info.net/www/Les-Nations-Unies-denoncent-la.html#.VHYUctKG-E7

Les Nations Unies dénoncent la malnutrition, le chômage, la discrimination au Tibet

mercredi 26 novembre 2014 par Monique Dorizon , Rédaction

Une analyse du Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations Unies  [1] (CESCR) conteste les affirmations du gouvernement chinois sur la malnutrition infantile, le chômage, la discrimination ethnique, l’expulsion massive des nomades de leurs terres et les « restrictions sévères » à la liberté des Tibétains à maintenir leurs langue, culture et religion.

Tous les cinq ans le Comité examine tous les pays, en regardant la façon dont ils assurent la qualité de vie pour ceux qui y vivent.
Ses conclusions pour la Chine présentent un tableau inquiétant des Tibétains appauvris ne profitant pas du « miracle économique » de la Chine et qui se voient systématiquement refuser le droit de vivre en Tibétain.
« Les observations finales » du Comité précisent que la zone la plus sujette à la malnutrition des enfants en Chine est le Tibet. Il expose également ses inquiétudes sur le lien entre le chômage tibétain et l’immigration massive de Chinois han.
Le rapport du Comité souligne également des problèmes tels que la dégradation de l’environnement et la corruption, présents partout sous le régime de Pékin, y compris au Tibet.

Extraits de l’analyse du CESCR

 

17 – Le Comité demeure préoccupé par les informations faisant état d’un taux de chômage élevé parmi les membres de minorités ethniques, et en particulier les Tibétains, les Ouïghours et les Mongols, en partie à cause de l’immigration de Chinois han dans les zones peuplées par des minorités. 
Conformément à ses précédentes recommandations, le Comité prie instamment l’État partie de renforcer son système de collecte de données sur le chômage afin de faciliter l’évaluation de la situation des minorités ethniques. Il lui recommande de renforcer ses programmes et d’adopter des stratégies efficaces pour réduire le taux de chômage, en prêtant une attention particulière aux minorités et aux régions dans lesquelles le chômage est le plus élevé.29 – Le Comité est préoccupé par l’insécurité alimentaire qui prévaut dans certaines zones rurales pauvres, et en particulier celles qui sont situées dans les régions montagneuses de l’ouest, ainsi que par la persistance de la malnutrition infantile, principalement dans les zones rurales et dans la « Région Autonome du Tibet« . Malgré les efforts déployés par l’État partie pour améliorer la surveillance de la salubrité des aliments, notamment avec l’adoption de la loi relative à la sécurité sanitaire des denrées alimentaires, le Comité demeure préoccupé par les insuffisances de la mise en œuvre de cette loi. 
Le Comité engage l’État partie à intensifier ses efforts en vue de protéger le droit à une alimentation suffisante. Il lui recommande de s’employer davantage à résoudre efficacement le problème de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition infantile dans les zones rurales pauvres, et en particulier ceux qui sont situés dans les zones montagneuses de l’ouest et dans la « Région Autonome du Tibet« . 
Il l’invite à prendre toutes les mesures voulues pour mettre en œuvre efficacement la loi relative à la sécurité sanitaire des denrées alimentaires, à redoubler d’efforts s’agissant de surveiller la salubrité des aliments et à veiller à ce que la production, le traitement, la distribution, la commercialisation et la consommation des produits alimentaires se fassent dans de bonnes conditions d’hygiène. Le Comité appelle l’attention de l’État partie sur son Observation générale no 12 (1999) relative au droit à une nourriture suffisante et sur les recommandations du Rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation.36 – Le Comité constate avec préoccupation que les minorités ethniques se heurtent encore à de graves restrictions à l’exercice de leur droit de participer à la vie culturelle, notamment le droit d’utiliser ou d’enseigner leur langue, leur histoire et leur culture ainsi que celui de pratiquer leur religion librement. En dépit des mesures que l’État partie a prises, le Comité est préoccupé par les restrictions imposées aux Tibétains et aux Ouïghours, s’agissant en particulier de l’enseignement en langues tibétaine et ouïghour. 
Le Comité recommande à l’État partie de prendre toutes les mesures nécessaires pour veiller à ce que les minorités, notamment les Tibétains, les Ouïghours et les habitants de la Mongolie intérieure, jouissent sans restriction de leur droit d’exercer pleinement de leur identité culturelle, de participer à la vie culturelle, et d’utiliser et de pratiquer leur langue et leur culture. Le Comité recommande également à l’État partie de prendre les mesures voulues pour protéger la diversité culturelle et mieux faire connaître le patrimoine culturel des minorités ethniques, religieuses et linguistiques.

A la suite de ce rapport, le gouvernement chinois a publié sa propre analyse de son dossier des droits de l’homme, affirmant que la Chine a « sauvegardé efficacement le droit à la vie et à la santé, à la liberté personnelle, la dignité personnelle et d’autres droits de la personne de ses citoyens« .

Sources : Free Tibet, 29 mai 2014 et Observations finales concernant le deuxième rapport périodique de la Chine, y compris Hong Kong (Chine) et Macao (Chine) des Nations Unies [1], 13 juin 2014.

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Sans orge, pas de conquête du Tibet

Posté par cercletibetverite le 24 novembre 2014

Sciences > Nature & environnement > Sans orge, pas de conquête du Tibet

http://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/20141124.OBS5970/sans-orge-pas-de-conquete-du-tibet.html

Sans orge, pas de conquête du Tibet

Joël Ignasse

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Publié le 24-11-2014 à 16h07

L’arrivée des céréales du monde occidental a permis à l’homme de s’installer de façon permanent au-dessus de 3000 mètres sur le plateau tibétain.

A plus de 3000 mètres d'altitude le plateau tibétain est lieu hostile à l'homme qu'il a pu coloniser grâce à la culture de l'orge et du blé. Dongju ZhangA plus de 3000 mètres d’altitude le plateau tibétain est lieu hostile à l’homme qu’il a pu coloniser grâce à la culture de l’orge et du blé. Dongju Zhang

Une colonisation par étape

Les premières traces d’installation temporaire dans le plateau tibétain remontent à plus de 20.000 ans mais ce n’est que bien plus récemment que les hommes ont pu occuper durablement cette terre hostile. Cette conquête s’est faite en deux étapes : il y a 5200 ans, des humains se sont installés en-dessous de 2500 mètres et ont commencé à cultiver du millet le long du fleuve Huang He, le fleuve Jaune, et de ses affluents.

MIGRATION. Pour franchir la barrière des 3000 mètres d’altitude, il aura fallu près de 2000 années supplémentaires. C’est ce que révèle une étude menée par des chercheurs l’université de Lanzhou, en Chine, en collaboration avec des scientifiques de plusieurs autres universités.

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Récipients utilisés pour le stockage des graines dans les premières cultures tibétaines. Dongju Zhang. 

Des analyses menées sur des ossements d’animaux, des restes de plantes et l’étude de 53 sites au nord-est du plateau tibétain permet d’estimer la date d’installation à plus de 3000 mètres d’altitude des premiers migrants : c’était il y a environ 3600 ans.

À partir de cette époque, les chercheurs ont retrouvé des traces humaines durables jusqu’à 4600 mètres d’altitude. Dans ces campements, l’étude des reste de nourriture montre que le millet a cédé la place à l’orge et au blé, des céréales importées du monde occidental et qui résistent mieux au froid.

Un monde plus froid

Dans leur étude, publiée par la revue Science, les chercheurs notent aussi que cette migration vers les sommets s’est produite à un moment où lemonde devenait de plus en plus froid. Ils pensent que les premiers colons ont gagné le plateau tibétain en quête de gibier et ont pu y demeurer grâce à l’arrivée de ces nouvelles céréales.

Des adaptations physiologiques ont également permis aux humains de survivre dans une atmosphère où la quantité d’oxygène est nettement inférieure. Il y a 40% d’oxygène en moins dans l’air qu’au niveau de la mer environ.

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Chine. Les procès de deux militants de premier plan révèlent l’hypocrisie des autorités vis-à-vis de l’état de droit

Posté par cercletibetverite le 20 novembre 2014

http://www.amnesty.fr/Presse/Communiques-de-presse/Chine-Les-proces-de-deux-militants-de-premier-plan-revelent-hypocrisie-des-autorites-vis-vis-de-etat-13324

Chine. Les procès de deux militants de premier plan révèlent l’hypocrisie des autorités vis-à-vis de l’état de droit

Les procès de deux militants de premier plan, vendredi 21 novembre, feront apparaître au grand jour la duplicité des autorités chinoises vis-à-vis de l’état de droit.

Les procès de deux militants de premier plan, vendredi 21 novembre, feront apparaître au grand jour la duplicité des autorités chinoises vis-à-vis de l’état de droit, a déclaré Amnesty International.

Gao Yu, 70 ans, journaliste très respectée, est accusée d’avoir divulgué des secrets d’État et encourt la détention à perpétuité si elle est déclarée coupable à l’issue de son procès, qui se déroule à huis clos à Pékin.

Dans le cadre d’une autre affaire, de l’autre côté du pays, dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, Ilham Tohti, universitaire ouïghour de 45 ans, attend le résultat de l’appel de sa condamnation à la détention à perpétuité pour « séparatisme », prononcée le 23 septembre. Ces deux affaires sont marquées par de graves défaillances juridiques, notamment le recours à la torture et les mauvais traitements.

« Si Gao Yu et Ilham Tohti étaient jugés dans le cadre d’audiences réellement équitables, les accusations portées à leur encontre seraient rejetées comme traduisant une persécution politique flagrante, a déclaré William Nee, chercheur sur la Chine à Amnesty International.

« Le président Xi Jinping prône l’importance de l’état de droit, mais ce n’est qu’une simple façade lorsqu’il s’agit d’affaires considérées comme politiquement «  sensibles  ». Force est de constater que les autorités appliquent l’état de droit selon leur bon vouloir. »

D’après les médias, Gao Yu est accusée d’avoir communiqué un texte idéologique du Parti communiste, connu sous le nom de « Document n° 9 » aux éditeurs d’un site d’information étranger. Les informations contenues dans ce document ne relèvent en rien du secret d’État. La liberté de la presse et les « valeurs universelles », telles que la liberté, la démocratie et les droits humains, y font l’objet d’attaques vigoureuses.

Au mois de mai, la chaîne CCTV (télévision d’État) a diffusé les « aveux » de Gao Yu. Cependant, d’après ses avocats, ces « aveux » ont été obtenus illégalement, car elle se sentait menacée et faisait l’objet d’une intense pression psychologique. En outre, elle ignorait qu’ils seraient diffusés à la télévision.

« Gao Yu est la dernière victime de la législation chinoise sur les secrets d’État, arbitraire et formulée en termes vagues, dont les autorités se servent pour cibler des militants. Ses «  aveux  » télévisés ne prouvent rien, mais compromettent sérieusement ses chances de bénéficier d’un nouveau procès », a déclaré William Nee.

Le recours à la torture et à des moyens de contrainte pour obtenir des « aveux » est prohibé aux termes du droit chinois, comme du droit international, et ces témoignages ne doivent pas être retenus à titre de preuve lors d’un procès. Pourtant, dans les faits, ce principe est rarement appliqué.

Il y a peu, le Parti communiste chinois a consacré une réunion annuelle majeure à l’état de droit. Les dirigeants se sont engagés à mettre en œuvre des garanties afin que les « aveux » obtenus sous la torture ne puissent plus être retenus à titre de preuve devant les tribunaux. La Cour populaire suprême a pris des mesures visant à élaborer des réglementations sur cette question.

« Il semble que les autorités chinoises partent dans deux directions en même temps : elles mettent l’accent sur l’importance de l’état de droit, tout en encourageant les tribunaux à fermer les yeux sur les affaires «  sensibles  » », a déclaré William Nee.

L’appel d’Ilham Tohti
Les autorités refusent de permettre à la famille d’Ilham Tohti d’assister à son procès en appel. D’après ses avocats, avant son procès en première instance qui s’est déroulé en septembre, Ilham Tohti a été privé de nourriture pendant 10 jours et ses pieds ont été entravés pendant plus de 20 jours durant sa détention.

La plupart des éléments de preuve à charge présentés contre Ilham Tohti lors de ce procès émanaient de déclarations faites par sept de ses anciens étudiants, arrêtés en même temps que lui en janvier 2014. Ils font l’objet des mêmes accusations de « séparatisme ».

Il y a de fortes raisons de croire que ces étudiants ouïghours, qui sont maintenus en détention, ont fait ces déclarations sous la contrainte et qu’ils se voient encore infliger les mêmes actes de torture et mauvais traitements qu’Ilham Tohti a subis.

« Le traitement réservé à Ilham Tohti dévoile une nouvelle fois l’hypocrisie des autorités chinoises lorsqu’il s’agit de l’état de droit. Ilham Tohti est un prisonnier d’opinion, il doit être libéré immédiatement et sans condition », a déclaré William Nee.

20 novembre 2014

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Hong Kong libère son « rêve démocratique »

Posté par cercletibetverite le 18 novembre 2014

http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Hong-Kong-libere-son-reve-democratique-2014-11-18-1265819

Hong Kong libère son « rêve démocratique »

Le « Street Art » sous toutes ses formes s’épanouit dans les rues occupées de la capitale financière asiatique, et révèle une créativité sans limites. Inattendue.

18/11/14 – 08 H 47

Au coeur du quartier politique d’ Admiralty, le « Lennon Wall », un immense mur tapissé de millie...

Au coeur du quartier politique d’ Admiralty, le « Lennon Wall », un immense mur tapissé de milliers de post-it multicolores où chacun peut exprimer ses désirs et ses rêves pour le futur de Hong Kong.

/Dorian Malovic

Hong Kong libère son « rêve démocratique » dans Hong Kong fleche_gris_precSuivant

Comment évoquer les vagues d’émotion qui submergent Hong Kong depuis près de deux mois ? Comment traduire en mots l’intensité de ce mouvement de « désobéissance civile » si singulier dans l’histoire de ce petit territoire de sept millions d’habitants ?

Enfin, comment décrire les états d’âme qui secouent les cœurs de ces milliers de jeunes qui protestent pour une démocratie complète, plantant leur tente dans trois sites symboliques de cette ancienne colonie britannique retournée à la Chine populaire en 1997 ?

Ce qui se vit à Hong Kong depuis plusieurs semaines, et qui risque de s’achever sans véritable victoire politique, a eu une traduction « Hong Kong style » unique, que les Hong­kon­gais eux-mêmes n’auraient jamais imaginé possible.

2 500 TENTES RONDES EN FORME D’IGLOOS

Imaginez seulement près de 2 500 tentes rondes en forme d’igloos, multicolores, posées sur le macadam de voies express et d’avenues d’ordinaire embouteillées qui sinuent entre les gratte-ciel de verre et d’acier, de centre commerciaux ou d’immeubles un peu décrépis datant des années 1970 !

> Revoir  : Hong Kong, un statut particulier depuis 1842

Élaboré depuis des mois, le mouvement « Occupy Central with love and peace » (« Occupez le centre avec amour et paix ») s’est implanté sur trois sites hautement symboliques de la cité financière asiatique.

D’abord sur l’île de Hong Kong : des centaines de tentes y encerclent le quartier d’Admiralty, où siège le gouvernement de la Région administrative spéciale (RAS) de Hong Kong en Chine, qui jouxte le Parlement local dont l’entrée est également bloquée.

« CONSCIENTISER » LA SOCIÉTÉ DE CONSOMMATION HONGKONGAISE

Ironie, la caserne qui abrite une garnison de l’Armée populaire de libération (APL) depuis le 1er juillet 1997, date de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, a une vue plongeante sur cette occupation.

« Nous voulons nous faire entendre par les gouvernements de Hong Kong et de Pékin »,explique simplement Benny Tai, professeur de droit à l’université de Hong Kong et un des leaders du mouvement « Occupy central », assis sur une estrade où se déroulent tous les jours les interventions officielles des différents leaders du mouvement.

> Relire  : Les grandes figures de la contestation à Hong Kong

À deux stations de métro vers l’est, toujours sur l’île, un petit segment de route d’à peine 200 mètres est bloqué par un petit essaim de tentes, au cœur de Causeway Bay, temple du shopping de Hong Kong. Il s’agit de « conscientiser » la société de consommation hongkongaise, réputée matérialiste et supposée non politisée.

UN « RÊVE DÉMOCRATIQUE » POUR TOUS.

Enfin, sur la péninsule continentale, le quartier de Mongkok (qui signifie le « Carrefour de la prospérité ») accueille des centaines d’autres tentes sur près d’un kilomètre, bloquant un des lieux à la plus grande densité de population au monde.

Le décor ainsi planté, des milliers d’acteurs, bien au-delà des seuls étudiants, vivent nuit et jour dans ce qui est peu à peu devenu un ensemble de petits villages. Des communautés se sont formées et soudées autour d’un « rêve démocratique » pour tous.

Des lieux de vie, d’échange, de partage, de dialogue. « Je n’ai jamais autant parlé avec d’autres gens que depuis que je vis ici », s’étonne Carmen KeiKei, 26 ans, éducatrice « installée » à Mongkok depuis le début du mouvement. « Je viens tous les soirs à Admiralty écouter les discours et les classes de démocratie », témoigne Eva, collégienne dans une école catholique, pour qui « la démocratie est essentielle dans une société ».

 « TOUT EST GRATUIT »

Chaque matin à Mongkok, Zoé Lee, 35 ans, se réveille et sort de sa tente pour rejoindre la grande tente bleue, l’« épicerie ». « On vient s’approvisionner en eau, biscuits, bonbons, nourriture, généreusement offerts par des gens, épiciers, parents d’étudiants et même restaurants du quartier… Tout est gratuit », s’exclame la jeune femme, qui n’en revient pas, dans la cité de l’argent.

> Chronologie  : Histoire du mouvement pour la démocratie à Hong Kong

Plus loin, elle lit les dernières nouvelles affichées sur un abribus, les vitrines d’une banque ou les murs d’une bouche de métro. Les pages des journaux y ont été collées au petit matin par le« groupe responsable média » du mouvement.

Déjà connectée à tous les réseaux sociaux sur son portable, Zoé constate que sa batterie va bientôt rendre l’âme. Elle se rend à la tente « recharge d’énergie » où un petit groupe de filles et de garçons avale une soupe de riz tout en gérant des dizaines de portables assoiffés d’électricité. « Un peu plus loin, on a un petit groupe électrogène », raconte Joyce Ma, étudiante en physique-chimie à l’université de Hong Kong.

HONG KONG INVENTE SON MODE DE PROTESTATION

« Ici on peut tout recharger et même réparer, dit-elle sur un ton très professionnel : portables, Android, tablettes, ordinateurs… et si on ne trouve pas une pièce, on contacte notre réseau ”électronique” et on nous livre dans l’heure, gratuitement. » Logistique parfaite. Efficacité assurée. Bénévolat garanti. Et les filles sont en première ligne. Une autre révolution.

« Ici, on est autonomes, on peut tenir un siège de plusieurs mois », s’extasie Zoé, qui se soucie de savoir ce que le monde extérieur pense de leur mouvement, de leur action, de leur façon de faire.

Sans tradition historique révolutionnaire, sans conflits sociaux violents ni mouvements politiques extrêmes, Hong Kong invente son mode de protestation. Pacifique et non-violent. Sincère et spontané. Presque naïf.

On pourrait se croire au milieu d’une kermesse lorsqu’on voit les différentes activités proposées aux « occupants » ou « visiteurs » : « Découpage, collage, ateliers de peinture, travaux manuels… » Il faut y voir une grande lucidité et une immense modestie.

WOODSTOCK À LA MODE NUMÉRIQUE

Tout semble si calme et policé, jusqu’aux slogans ou mots d’ordre inscrits sur les façades d’immeubles ou de ponts traversant les avenues occupées. « Peace and love », « Occupy central » est comparable à Woodstock dans les années 1960 aux États-Unis mais à la mode numérique et sans drogue ni libération sexuelle.

Faisant preuve d’une immense créativité artistique, à commencer par le symbole du « parapluie jaune » qui incarne la protestation et qui a d’abord protégé de la pluie puis des gaz lacrymogènes et des sprays au poivre à partir du 28 septembre, jour funeste où la police a chargé les manifestants.

À partir de ce jour, l’imagination n’a plus eu de limites : parapluies autocollants, images historiques détournées, tableaux mondialement célèbres de Munch, Léonard de Vinci, Michel-Ange, Van Gogh…

MUSÉE VIVANT, MÊLANT LE « STREET ART » ET « URBAN ART »

Cette ville de Hong Kong, estampillée « sans culture », s’est progressivement métamorphosée en véritable musée vivant, mêlant le « street art » et même l’« urban art » grandeur nature dont certains groupes d’intellectuels veulent préserver les œuvres en mémoire de cette page « historique » de l’histoire post-coloniale.

Pour Tracy, 40 ans, impliquée depuis le début, « le dragon pékinois nous écrase de sa puissance mais nous savons que nous avons déjà remporté une victoire en ayant pu nous exprimer ouvertement et librement sur nos revendications démocratiques. Nous savons maintenant que nous sommes capables de relancer un autre mouvement, d’une autre nature, à tout moment… tant que nous serons libres ! »

———————

TROIS MOUVEMENTS POUR UNE DÉSOBÉISSANCE CIVILE

Le mouvement démocratique à Hong Kong est incarné par trois grands mouvements :

« Occupy Central with love and peace », créé en janvier 2013, a été fondé dans le but de faire face aux obstacles politiques créés par Pékin dans la perspective des élections du prochain chef de l’exécutif à Hong Kong en 2017. Benny Tai, 50 ans, avocat et professeur de droit à l’université, en est le porte-parole et le dirigeant.

La Fédération des étudiants de Hong Kong, syndicat des étudiants, est le mouvement qui organise et planifie toute la stratégie des étudiants impliqués dans les rues de Hong Kong. Très organisée, active sur tous les réseaux sociaux, elle a pour leader Alex Chow, qui a fait forte impression lors du débat télévisé avec des membres du gouvernement le mois dernier.

« Scholarism », mouvement des lycéens fondé en 2012 par le jeune Joshua Wong, alors âgé de 15 ans, s’était mobilisé à l’époque contre la volonté de Pékin d’imposer des cours de « patriotisme » dans toutes les écoles de Hong Kong. Cette mobilisation, entre autres, avait fait reculer le gouvernement.

 

 

Dorian Malovic

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Tibet – Les nourritures spirituelles

Posté par cercletibetverite le 17 novembre 2014

Tibet – Les nourritures spirituelles

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Ajoutée le 17 nov. 2014

Voyage à Lhassa, où rites religieux et spiritualité rythment le quotidien de nombreux Tibétains.
Chef-lieu de la province autonome du Tibet, Lhassa est le principal lieu saint des Tibétains. Des milliers de pèlerins s’y rendent pour accomplir de singuliers rituels comme la cérémonie d’enterrement « à ciel ouvert « , un rite ancestral au cours duquel le corps du défunt est offert aux vautours. Une ferveur religieuse qui pousse des groupes de nonnes à s’allonger tous les trois pas à même la route lors de leur cheminement vers Lhassa. Principale raison de cette dévotion : la foi dans la réincarnation et dans la possibilité de combattre la souffrance humaine par la prière.

(CHINE, 2011, 52mn) ARTE F

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