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L’Inde refuse toujours de regarder en face la violence faite aux femmes

Posté par cercletibetverite le 10 avril 2015

http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/03/12/l-inde-refuse-toujours-de-regarder-en-face-la-violence-faite-aux-femmes_4592300_3232.html

L’Inde refuse toujours de regarder en face la violence faite aux femmes

Le Monde.fr | 12.03.2015 à 11h17 • Mis à jour le 12.03.2015 à 15h06

 image: http://s2.lemde.fr/image/2015/03/12/534×0/4592298_6_39fa_des-femmes-defilent-a-calcutta-pour-denoncer_401e14bed1b1a542c4c5de40ea9d79b0.jpg
Des femmes défilent à Calcutta pour dénoncer un viol, en janvier 2014
Des femmes défilent à Calcutta pour dénoncer un viol, en janvier 2014 AP

Par Radha Kapoor-Sharma

 

A l’approche de la journée internationale de la femme, quand la BBC a entamé sa campagne publicitaire autour du documentaire « India’s Daughter » (Fille de l’Inde), Leslee Udwin, son auteure britannique, a sans doute espéré que l’attention des médias allait se concentrer sur son film ne serait-ce qu’un petit moment. Avant même d’avoir été visionné, le film a rapidement fait la une des journaux. Heureux présage pour la réalisatrice, pourrait-on penser, mais en vérité, la seule annonce du film a créé la polémique.

Les réactions les plus absurdes se sont multipliées autour de ce court-métrage sur le viol collectif, d’une sauvagerie inouïe, d’une étudiante de 23 ans dans un bus, à New Delhi, en décembre 2012. Celle-ci a succombé à ses blessures une dizaine de jours plus tard. L’affaire avait déclenché un raz-de-marée de protestations dans la capitale indienne. Émue et inspirée par cette levée en masse spontanée du peuple indien, Udwin a décidé d’en faire un film dont l’objectif est de mettre en lumière la violence sexuelle contre la femme.

Seulement, le film contient un entretien accordé par l’un des violeurs, Mukesh Singh, depuis la prison où il est enfermé. Il y déclare que la jeune fille est largement responsable du viol comme de sa propre mort car elle n’avait rien à faire dehors le soir avec son ami, et ose ajouter qu’elle n’aurait pas dû résister à ses agresseurs. Quelques phrases extraites de son entretien et utilisées à des fins promotionnelles par les producteurs du documentaire ont suffi à attirer les foudres.

LA RÉALITÉ COMPTE MOINS QUE LES APPARENCES

A commencer par le gouvernement indien qui a discerné dans ce film « un complot international » visant à ternir l’image du pays. Peu importe le fait qu’une femme indienne soit violée toutes les vingt minutes, que 300 plaintes de viols aient été déposées depuis le début de l’année dans la seule ville de Delhi ou que l’Inde soit classée au quatrième rang des pays les plus dangereux pour les femmes. La réalité compte moins que les apparences. Et la porte-parole du BJP, le parti hindouiste qui détient la majorité au parlement, n’hésite pas à déclarer qu’un tel documentaire « aurait certainement un effet négatif sur le tourisme ». Voilà donc un gouvernement qui semble plus soucieux de défendre l’image du pays que ses femmes. Aussi, sous prétexte que les propos tenus par le détenu dans le documentaire, pourraient créer une atmosphère « de peur et de tension », le gouvernement a procédé à l’interdiction de sa diffusion.

Pour beaucoup d’Indiens, la déception est grande. Mais que penser quand certaines féministes, estiment qu’en offrant une tribune au violeur, le film court le risque de faire taire les voix qui s’élèvent contre les violences faites aux femmes et de saper les progrès accomplis ?

D’autres féministes y voient les signes « d’un sauveur blanc ». Eh oui, sachez que si certains Occidentaux portent toujours le fardeau de l’homme blanc, il en reste parmi nous, en Inde, qui ont toujours du mal à se débarrasser de leurs habits d’anciens colonisés. Mais quelle idée !
Il en est d’autres qui interprètent l’insistance du film sur l’extrême pauvreté des violeurs comme un message implicite selon lequel les agresseurs sexuels sont toujours originaires de milieux défavorisés. Or, si le documentaire montre les taudis dont sont issus les violeurs, c’est pour éclairer ce cas précis, sans prétendre y déceler le profil de tous les violeurs. D’autres féministes encore persistent à croire – à tort – que puisque Leslee Udwin laisse s’exprimer la parole archaïque sexiste du violeur, elle semble suggérer que tout viol est réductible à cette seule mentalité.

Quoi qu’il en soit, le fait est que des militantes des droits des femmes, parmi les plus respectées de l’Inde, ont ajouté leurs voix à celle du gouvernement en réclamant qu’il ne soit pas diffusé, invoquant des arguments légaux sans fondement aucun. Quelle que soit leur intention, ces féministes ont conféré une légitimité à l’interdiction gouvernementale.
Au XXIe siècle, où certains paient très cher, au prix de leur vie parfois, la liberté d’expression, il est bien dommage que le gouvernement indien impose la censure et tente d’étouffer les voix qui s’élèvent contre les violences faites aux femmes. À l’heure qu’il est, « India’s Daughter », documentaire que tout Indien aurait dû voir, reste interdit en Inde et n’est plus disponible en ligne. Au point où on en est arrivés, si le film avait aidé à empêcher ne serait-ce qu’un seul viol en Inde, il aurait rempli sa mission.

 

Radha Kapoor-Sharma est journaliste indépendante et chroniqueuse pour le quotidien The Indian Express.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/03/12/l-inde-refuse-toujours-de-regarder-en-face-la-violence-faite-aux-femmes_4592300_3232.html#KaC54zKIOdI1gxPY.99

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Le rapprochement entre l’Inde et la Chine, «c’est comme gravir une montagne»

Posté par cercletibetverite le 7 avril 2015

http://geopolis.francetvinfo.fr/le-rapprochement-entre-linde-et-la-chine-cest-comme-gravir-une-montagne-57629

Le rapprochement entre l’Inde et la Chine, «c’est comme gravir une montagne»

Par Miriam Palisson | Publié le 07/04/2015 à 09H44

Rencontre sino-indienne sur question frontalière à New Dehli
Le conseiller d’Etat Yang Jiechi (à gauche) et le conseiller à la sécurité nationale indienne Ajit Doval, le 23 mars à New Dehli, lors de la 18e Rencontre des représentants spéciaux pour la question frontalière sino-indienne. © REUTERS/Stringer

La Chine et l’Inde, ces puissances rivales des BRICS, viennent une nouvelle fois de promettre des efforts pour réchauffer leurs relations. Voilà plus d’un demi-siècle que les deux géants asiatiques se regardent en chiens de faïence par-dessus l’Himalaya. Différend frontalier jamais réglé et rivalités économiques aiguisées contredisent une volonté politique de rapprochement affirmée.

Le 24 mars 2015, après deux jours de rencontre à New Dehli, la capitale indienne, les ministres des Affaires étrangères chinois et indien ont communiqué leur résolution commune de «favoriser le maintien de la paix dans les zones frontalières» et de renforcer leur coopération mutuelle, afin de permettre le règlement de cette question ancienne.

«Les différends frontaliers entre la Chine et l’Inde ont été hérités de l’Histoire», a précisé Wang Yi, le ministre chinois des Affaires étrangères, ajoutant que grâce à plusieurs années d’efforts, des progrès ont été obtenus. «C’est comme gravir une montagne. C’est pénible, parce que nous marchons sur un chemin qui monte», a-t-il ajouté.«Des différends frontaliers hérités de l’Histoire»
L’Inde et la Chine n’ont jamais pu se mettre d’accord sur le statut de deux territoires himalayens, l’Arunachal Pradesh et l’Askaï Chin ; le premier, à l’est, est revendiqué par l’Inde comme faisant partie du Cachemire (la Chine, elle, parle du Tibet du Sud), le second, à l’ouest, est considéré par la Chine comme un morceau du Xinjiang. Les deux pays ne parlent pas de frontière mais de «ligne de contrôle actuelle» (LAC) ou «ligne de contrôle effectif» (LCE), dont le tracé n’est pas figé. Les incidents y sont fréquents.

Une patrouille indienne dans l'Arunachal PradeshDes soldats indiens en patrouille à la frontière chinoise, dans l’Arunachal Pradesh, le 31 octobre 2003.
© REUTERS/Utpal Baruah

Ce différend frontalier mais surtout territorial remonte à la naissance de l’Inde indépendante, en 1947 : le pays considère l’Aksaï Chin et l’Arunachal Pradesh comme hérités de l’empire britannique des Indes. Un tracé «colonial», celui de la «ligne Mac-Mahon», remis en cause par la révolution chinoise en 1949. Selon la Chine, ces deux territoires sont des extensions de ses régions du Tibet et du Xinjiang. Après la défaite «humiliante» de l’Inde à l’issue de la guerre sino-indienne de 1962, qui a repoussé la ligne Mac-Mahon en sa faveur, les relations bilatérales ont été totalement gelées pour une bonne vingtaine d’années.

Les relations sino-indiennes, «un chemin qui monte»
Un processus de normalisation a fini par s’amorcer dans les années 80. La décennie suivante apporte une certaine amélioration, avec une progression des échanges commerciaux entre les deux grandes puissances. Dans les années 2000, certains ont même pu avoir, comme le ministre indien Jairam Ramesh, la vision d’une «Chindia», un partenariat stratégique qui redessinerait la géopolitique mondiale, mais la relation de rivalité a été la plus forte.

Economiquement, cette relation est déséquilibrée à l’avantage de la Chine. Même la domination démographique indienne qui se profile à l’horizon 2030 n’est plus un atout. Le commerce bilatéral a explosé, mais c’est au détriment de l’Inde. En 2012, son déficit commercial se creusait à 29 milliards de dollars (22 milliards d’euros) à l’égard de la Chine (15% de son déficit global). «La Chine «atelier du monde» exporte plus que l’Inde «bureau du monde(…) La crispation autour de cette asymétrie commerciale croissante ajoute au malaise général en Inde à l’égard du puissant voisin d’outre-Himalaya», résumait Frédéric Bobin dans Le Monde.

Un triangle stratégique Chine-Etats-Unis-Inde
Depuis 1962, tandis que l’Inde se rapprochait de l’URSS, puissance antagoniste à la Chine, puis, après la chute de l’URSS, du Japon pour une coopération stratégique, Pékin a choisi de privilégier un rapprochement avec le Pakistan, ennemi historique de Dehli, via une coopération militaire – en 2012, l’armée pakistanaise était équipée à 60% d’armes chinoises – et nucléaire.

Depuis 2005, l’Inde, elle, tente de se rapprocher des Etats-Unis. En 2008, Delhi et Washington ont conclu un pacte sur le nucléaire civil qui a beaucoup irrité Pékin. Pour contrarier ce partenariat et diminuer l’influence américaine sur New Delhi, la Chine a compris qu’il lui fallait séduire les Indiens.

Un serpent de mer… ou plutôt de montagne
Et dans ce contexte de rapprochement entamé en 2003, les incidents frontaliers avec intrusions de l’APL chinoise (suspectée d’agir pour son propre compte) se poursuivent, régulièrement suivis d’entrevues de Premiers ministres, groupes de travail et déclarations de bonne volonté. Une «année de l’amitié» entre les deux puissances a même été décrétée en 2006.

Démonstration d'amitié sino-indienne 15 août 2004
Une poignée de mains sino-indienne dans l’Arunachal Preadesh pour célébrer l’anniversaire de l’indépendance de l’Inde, le 15 août 2004. © REUTERS/STR JS/SM

Malgré quatorze cycles de négociations et plusieurs séries d’accords, le problème frontalier n’est toujours pas réglé. La plus récente incursion de l’APL, en avril 2013, dans le Ladakh indien, avait ainsi été suivie d’un sommet «pour la paix et la tranquillité», et d’un appel du Premier ministre chinois à une «poignée de mains au-dessus de l’Himalaya»

Ce 24 mars 2015, la porte-parole du ministre des Affaires étrangères a déclaré lors d’une conférence de presse que «le développement des relations sino-indiennes touche au bien-être des peuples des deux pays ainsi qu’à la paix et au développement dans la région et dans le monde». Pour travailler à ce rapprochement, le président chinois Xi Jinping a effectué une visite historique en Inde en septembre 2014. Le Premier ministre indien Narendra Modi est, lui, attendu à Pékin en mai. Il y sera «chaleureusement accueilli par le gouvernement et le peuple chinois», a promis Wang Yi.

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La stérilisation des femmes, une contraception « made in India »

Posté par cercletibetverite le 10 mars 2015

http://www.lepoint.fr/monde/la-sterilisation-des-femmes-une-contraception-made-in-india-10-03-2015-1911640_24.php

La stérilisation des femmes, une contraception « made in India »

Le Point – Publié le 10/03/2015 à 12:08

L’Inde continue d’encourager la stérilisation. Avec son lot de drames et des femmes qui ne savent pas toujours que l’opération est irréversible.

Au Rajasthan, un tiers des candidates à la stérilisation ignorent que l'opération est irréversible.

Au Rajasthan, un tiers des candidates à la stérilisation ignorent que l’opération est irréversible. © Celestino Arce / NurPhoto
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De notre correspondante à New Delhi,

Dépassant aujourd’hui 1,25 milliard d’habitants, l’Inde deviendra le pays le plus peuplé au monde vers 2028. Entre 2001 et 2011, la population indienne a augmenté de 17,6 %. Pour contrôler la natalité, les autorités continuent à encourager une méthode efficace : la stérilisation. Peu pratiquées, les vasectomies pour les hommes se heurtent aux mentalités patriarcales. Mais 65 % des femmes, moins enclines à protester, ont recours à la stérilisation pour contrôler leur fécondité. En 2013-2014, le gouvernement a facilité 4 millions de procédures. L’intervention consiste en une ligature des trompes utérines par laparoscopie. En théorie, les femmes sont libres de leur choix et la procédure est sans risque. Dans la réalité, les faits dressent un sombre tableau.

De récentes tragédies ont remis en lumière une dérive : la mise en danger de la santé des villageoises pauvres. Pas plus tard que la semaine dernière, un docteur a stérilisé 27 femmes en 60 minutes à Chandauli, dans l’Uttar Pradesh. Du travail à la chaîne, expéditif et bâclé. Le 8 novembre, 13 villageoises sont mortes dans un camp de stérilisation dans le Chhattisgarh, opérées par un même chirurgien, R. K. Gupta. L’affaire a suscité un tollé. Les conditions sanitaires ont été mises en cause ainsi que les médicaments prescrits. « Ces femmes sont traitées comme du bétail, dénonce l’avocat Colin Gonsalves, directeur de l’ONG Human Rights Law Network. En phase postopératoire, elles sont parfois laissées à même le sol, dans le sang et la saleté. » En 2012, cette ONG avait déjà lancé une alerte sur le cas de 53 femmes stérilisées dans une école du Bihar, sans électricité ni eau, et à l’aide de lampes torches. « La stérilisation doit être volontaire et réalisée dans la dignité », rappelle Colin Gonsalves. Volontaire ? C’est là toute l’ambiguïté des politiques de régulation des naissances. Car la stérilisation est imposée à des villageoises illettrées. Au Rajasthan, un tiers des candidates ignorent que l’opération est irréversible.

Attitude « anti-pauvres »

Tout a commencé en 1951, lors d’un recensement qui comptabilisait 356 millions d’âmes. « Comment l’Inde pourra-t-elle nourrir tous ces gens ? » s’est demandé le démographe R. A. Gopalaswami en calculant l’accroissement de la population. Sa solution : « Stériliser les personnes ayant trois enfants ou plus. » L’année suivante, l’Inde lançait le premier planning familial avec des quotas à respecter. Mais le traumatisme a été atteint quand Sanjay Gandhi, fils de la Premier ministre Indira Gandhi, a supervisé les camps de stérilisation en masse. En 1976-1977, les policiers sont allés jusqu’à encercler des villages pour conduire de force les hommes sur les camps d’opération, conduisant à un total de 8,3 millions de stérilisations en deux ans.

Face aux protestations, les autorités se sont ensuite efforcées de garantir l’aspect volontaire, refusant d’imiter la stratégie du voisin chinois pour limiter les naissances. Depuis 1996, les quotas sont remplacés par une « approche non ciblée » des autorités locales. Certes, le taux de natalité est passé en quelques décennies de 5,7 enfants par femme à 2,7. Mais persiste l’idée que la croissance démographique, forte dans les campagnes, est responsable des « retards » économiques du pays. Les autorités ont rédigé, dès les années 90, des programmes contraceptifs porteurs d’une attitude « anti-pauvres » poussant à stériliser les villageois. Selon le Dr Das du Center for Health and Social Justice (CHSJ), « tout le débat sur la démographie est basé sur cette perception ». Rien d’étonnant, du coup, à ce que les records de stérilisations touchent les aborigènes. Dans ces couches où le taux de mortalité infantile est important, la stérilisation peut être lourde de conséquences pour les familles.

L’approche actuelle, formulée en 2012, interdit la course aux chiffres et s’engage à proposer des moyens contraceptifs variés. « Les gens sont libres de faire ce qu’ils souhaitent », affirme S. K. Sikdar, à la tête de ce programme. L’approche officielle est sensible, balisée par des règles strictes. Mais les abus persistent. Quand le docteur Gupta, impliqué dans l’affaire des décès du Chhattisgarh, est interrogé par une chaîne télévisée, il répond : « Ce n’est pas ma faute, le gouvernement m’a mis sous pression pour atteindre des objectifs. »

Machines à laver et DVD donnés en cadeaux

« Et les auxiliaires de santé sont poussés à recruter des candidates à la stérilisation », explique Colin Gonsalves. Une enquête de l’ONG Human Rights Watch (HRW) révèle que la tentation est grande pour ces 830 000 agents locaux de convaincre les femmes en leur livrant des renseignements incomplets. D’après Aruna Kashyap, chercheuse à HRW, « ceux qui échouent à atteindre les objectifs fixés risquent de perdre leur travail ». L’avocate Leena Uppal, du CHSJ, a ainsi alerté sur le fait que la stérilisation chez des femmes en couches donnant naissance à un deuxième fils est imposée. Ces femmes ont un potentiel réceptif, car elles ont déjà accompli leur « devoir », dans une société qui privilégie les garçons. Leena Uppal dénonce la duplicité du gouvernement qui projette l’image d’une action centrée sur le choix : « La vérité est que dans le nord rural de l’Inde les services de santé continuent à ne fournir qu’une forme de contraception : la stérilisation. »

Les mesures incitatives incluent des rétributions de 10 à 20 euros par candidate. En 2011, le Madhya Pradesh a offert des machines à laver et des lecteurs DVD. Il y a aussi des mesures « punitives », les parents de plus de deux enfants se voyant interdire l’accès à des subventions sociales. « Mais la norme de deux enfants par famille est illégale », souligne Colin Gonsalves.

Pour les spécialistes, le taux élevé de natalité ne sera pas combattu en misant sur les stérilisations. Il faudrait privilégier la lutte contre la mortalité infantile et contre les mentalités qui poussent à la sélection prénatale ou aux mariages d’adolescents. C’est aussi le système de la santé qui est à réinventer, et le Premier ministre Narendra Modi a promis de s’y atteler. L’enjeu est de bâtir une société où la sécurité d’une famille ne passerait plus par le nombre d’enfants, mais par un système de retraite et des services publics fiables.

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Inde : au Ladakh, le mystère des derniers Aryens

Posté par cercletibetverite le 21 septembre 2014

Inde : au Ladakh, le mystère des derniers Aryens

Le Point – Publié le 21/09/2014 à 12:13

Isolée dans une vallée du Ladakh, source de légendes et de fantasmes, la « tribu perdue » des Drokpas est unique et cultive sa différence. Reportage.

Les traits des Drokpas diffèrent de ceux des autres habitants de la vallée. Malgré les recherches entreprises, nul ne sait vraiment d'où ils viennent.

Les traits des Drokpas diffèrent de ceux des autres habitants de la vallée. Malgré les recherches entreprises, nul ne sait vraiment d’où ils viennent. © Vanessa Dougnac
De notre envoyée spéciale au Ladakh,

« Je suis une descendante des soldats d’Alexandre le Grand« , lance Nima Amu, 30 ans. Sur un vieux réchaud, elle est en train de préparer le thé, dans un petit village himalayen accroché au flanc de la montagne, aux confins du Ladakh. Elle s’interrompt un instant, sa cuillère en suspens. Femme ronde à la peau blanche et aux cheveux châtain clair, ses yeux bleu-vert brillent d’une lueur d’amusement. « Ici, au village de Dha, nous sommes tous des Aryens, précise-t-elle. Il y a six autres villages aryens aux alentours, mais certains sont en territoire pakistanais. » Satisfaite, Nima repart à ses fourneaux.

 ©  Google Maps

 

 

Nima est un étrange trésor d’anthropologie. Elle appartient à la tribu des Drokpas, terme local dont l’orthographe connaît d’infinies variantes. Cette minorité de près de 4 000 membres a été préservée au cours des siècles par son isolement, son autarcie culturelle et ses mariages limités au clan. Les origines des Drokpas imbriquent imaginaire, hypothèses et réalité. Néanmoins, ces villageois ont acquis la renommée d’être de « purs » descendants des « Aryens ». « Leur apparence physique a appuyé la théorie aryenne, devenue populaire dans la région », souligne M. Tashi Morup, journaliste local. Leurs traits proches du type caucasien sont loin des visages mongoloïdes d’origine tibétaine des bouddhistes du Ladakh. Les Drokpas sont « différents ». Leur allure des grands jours, lors des festivals, est aux yeux des novices un spectacle unique. Avec leurs coiffes piquées de bouquets et cintrées de physalis, cette fleur orange qui semble taillée dans un papier délicat, ils incarnent un autre âge. Couverts de lourds colliers et d’ornements tribaux, ils se drapent dans une majestueuse cape blanche en peau de chèvre retournée.

 

Parvenir au village de Dha n’est pas si aisé. À plus de 150 km de Leh, la capitale du Ladakh, il faut un permis pour atteindre Dah et Hanu, les deux hameaux drokpas autorisés depuis peu aux étrangers. Accessible par un long sentier, Dha est niché sur la falaise qui surplombe la rivière de l’Indus, dans des gorges profondes. Cette région stratégique de Kargil est hautement militarisée : elle flirte avec la ligne de cessez-le-feu qui fait office de frontière entre l’Inde et le Pakistan. En 1999, les deux armées se sont livré une guerre éclair dans cette zone. « C’est un berger de notre village qui a vu l’incursion des soldats pakistanais en territoire indien, raconte Lundhup Dorjey, un sympathique habitant de Dha. Le berger est allé donner l’alerte à l’armée indienne. Et la guerre de Kargil a commencé ».

Surgissant telle une oasis, la végétation de Dha tranche avec l’univers lunaire et minéral du Ladakh, où les routes s’aventurent par les plus hauts cols au monde, à plus de 5 300 m d’altitude. À l’orée du village s’épanouissent des champs de tomates et de millet, et des arbres fruitiers enlacés de hautes vignes. Les Dropkas consomment ce qu’ils produisent et les femmes s’activent à la récolte, alors que les abricots mûrs tapissent le sol. « On doit se dépêcher de les ramasser!  » sourit une vieille femme. La beauté chaude et luxuriante de Dha, en cette fin d’été, cache la dureté hivernale et la pauvreté économique, plus sévère encore que celle de leurs voisins musulmans du Baltistan. « À Dah, nous sommes 38 familles, c’est-à-dire 230 personnes », explique Lundhup Dorjey. Les 38 habitations sont de solides bâtisses de pierres aux intérieurs sombres et aux portes minuscules. S’ils suivent le bouddhisme de la région, les Drokpas ont préservé leurs croyances animistes, leur folklore et leurs festivals. Polygamie et polyandrie sont pratiquées, bien que bannies par le gouvernement, et il n’est pas rare de trouver deux frères mariés à la même femme, ou inversement. »C’est pour préserver nos terres qui sont limitées, commente le villageois Sonam Dorje. On ne pourrait pas les diviser entre frères. »

 ©  VD

 

Différentes hypothèses étayent l’origine de la tribu. Les Drokpas descendraient du groupe indo-aryen des Dardes, venus de Gilgit et du Baltistan, au Pakistan. La plupart de ces tribus se sont converties à l’islam au XIVe siècle. Mais les Drokpas auraient migré dans la vallée dès le VIIe siècle. Ils parlent une forme archaïque de la langue shina, qui a des affinités avec le sanskrit. C’est sur ces bases que les colons britanniques ont glissé au XIXe siècle vers l’idée de leur appartenance à une « race aryenne pure », selon Mona Bhan, anthropologue à l’Université DePauw aux États-Unis. Une autre théorie voit les Drokpas en descendants des soldats d’Alexandre le Grand qui, sur leur retour vers la Grèce après leur défaite en Inde, se seraient égarés ou échappés de leur armée, en 326 av. J.-C.

Des chercheurs ont voulu percer le mystère. En 2005, un projet d’anthropologie génétique est lancé par la National Geographic Society : le Genographic project. Il s’agit de saisir des échantillons ADN des peuples indigènes, afin de comprendre les migrations de l’histoire. Les Drokpas y participent. Mais les résultats sont décevants. Il n’y aurait pas assez d’informations recensées pour comprendre leur histoire. Néanmoins, l’analyse assure que les Drokpas sont une minorité très « ancienne » et « isolée ». « En fait, on ne sait pas d’où ils viennent », résume le journaliste Tashi Morup.

Néanmoins, l’idée de « pureté » aryenne a fait son chemin. Et le Ladakh ne s’étant ouvert au tourisme qu’en 1974, la communauté des Drokpas a été peu étudiée et ouvre la voie à l’imaginaire. Les visiteurs curieux ont commencé à poindre. Aujourd’hui, touristes, journalistes et chercheurs font parfois le détour. Leurs regards chargés d’intérêt ont modifié la perception que les Drokpas ont d’eux-mêmes. Soudain, les habitants revendiquent avec fierté leurs origines aryennes, alors qu’ils ne resplendissaient pas dans la hiérarchie sociale du Ladakh.

 ©  VD
 ©  VD

 

Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, l’aryanité des Drokpas n’a pas échappé, des milliers de kilomètres plus loin, à certains néonazis. Auteur de Ladakh, The Hermit Kingdom, le Major H.P.S. Ahluwalia raconte que, dès la fin des années 1970, il entend parler de femmes allemandes venues recueillir la « semence » des Drokpas pour enfanter et perpétuer le fantasme de la race aryenne. En 2007, le réalisateur Sanjeev Sivan tourne le documentaire Achtung Baby : in Search of Purity pour essayer d’en savoir plus. Il trouve le cas de Tsewang Lhundup, 32 ans, un Drokpa marié du village de Darchik. Ce dernier lui raconte son expérience : « Trois Allemandes sont venues un jour au village. Depuis, nous sommes amis. Elles étaient à la recherche de la semence aryenne, et j’ai désormais des enfants en Allemagne.  » En échange de ses services, Tsewang Lhundup a reçu de l’argent. Le réalisateur parvient ensuite à trouver à Leh une Allemande qui lui avoue son effarant projet : « Je suis ici pour avoir un bébé, dit celle-ci. Les Aryens sont une race pure et rare. Mon grand-père a donné sa vie pour cette race, et un enfant aryen serait un cadeau à sa mémoire. » En 2011, un journaliste du magazine Open retrouve le géniteur : Tsewang Lhundup, devenu un respectable lhaba (shaman) se serait montré mal à l’aise, mais n’aurait pas nié les faits.

Interrogés sur le sujet, les Drokpas de Dha deviennent très évasifs. « Il y a huit Allemandes qui sont déjà venues au village, concède néanmoins Lundhup Dorjeu. Mais ces histoires sont des cas isolés du passé. » L’embarras des Drokpas vient-il du tabou lié à l’aveu de relations sexuelles hors mariage et hors communauté ? Toujours est-il que l’histoire des étrangères en quête d’une « semence pure » s’est répandue comme une légende secrète dans la vallée.

Le visiteur retiendra plus volontiers la noblesse séculaire des Drokpas, leur allure surgie d’un autre âge, et le miracle de leur survie culturelle. Le visiteur le sait, et les chercheurs l’annoncent à l’unisson, cette réalité se consumera bientôt, emportée par la modernité et sa vélocité. Demain, les Drokpas disparaîtront.

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Inde: libération d’une militante des droits de l’homme

Posté par cercletibetverite le 20 août 2014

IndeDroits de l’homme
Publié le 20-08-2014 Modifié le 20-08-2014 à 05:11

Inde: libération d’une militante des droits de l’homme

par RFI
http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20140820-inde-liberation-une-militante-droits-homme/
mediaCelle que l’on surnomme la Dame de fer du Manipur, Irom Sharmila, le 28 mai 2014.AFP PHOTO/ Chandan KHANNA /FILES

La justice indienne a ordonné mardi la libération d’Irom Sharmila. Cette activiste de 42 ans avait entamé une grève de la faim il y a 14 ans pour protester contre une loi draconienne qui donne les pleins pouvoirs à l’armée indienne dans sa région natale du Manipur, dans le nord-ouest du pays. C’est une victoire pour celle qui symbolise la lutte contre cette loi d’état d’urgence très controversée.

Avec notre correspondant à New Delhi, Antoine Guinard

Ce jugement est historique pour les libertés publiques au Manipur, même si la libération d’Irom Sharmila n’est pas encore effective. Un tribunal de l’État a entendu la requête de son avocat, mardi, et a jugé que Irom Sharmila n’était pas coupable de tentative de suicide, un acte passible d’un an d’emprisonnement en Inde. Ce jugement n’a pas encore été pris en compte par le gouvernement et la police de l’État.

Celle que l’on surnomme la Dame de fer du Manipur avait entamé sa grève de la faim quelques jours après le massacre de dix civils par l’armée indienne, en novembre 2000. Elle avait ensuite été rapidement arrêtée, puis transférée de sa prison à un hôpital d’Imphal, la capitale régionale, où elle était depuis nourrie de force par voie nasale.

Une victoire

Irom Sharmila était libérée chaque année après avoir « purgé sa peine », mais aussitôt réincarcérée lorsqu’elle refusait de mettre fin à son jeûne. Le jugement de mardi signifie qu’elle ne pourra désormais plus être nourrie de force.

C’est une victoire importante pour tous ceux qui la soutiennent dans son combat pour abolir L’AFSPA [loi sur les pouvoirs spéciaux de l'armée]. Cette loi d’état d’urgence, en vigueur au Manipur depuis 1980, mais aussi au Cachemire, garantit l’immunité aux soldats postés dans ces régions en proie à l’indépendantisme. Ses détracteurs dénoncent depuis des années les atrocités commises par l’armée sous sa protection. Mais pour l’instant, aucun changement à l’horizon. En juin dernier, le nouveau ministre de la Défense a déclaré que l’AFSPA resterait en place tant que la paix n’est pas rétablie.

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13/ -Ile de la Réunion – Du Tibet à l’Inde, l’exil pour exister

Posté par cercletibetverite le 24 mai 2014

13/

Photos d’Anne-Line Siegler à la médiathèque

Ile de la Réunion – « Du Tibet à l’Inde : l’exil pour exister »

Clicanoo.re – Le Journal de l’île de la Réunion - 23 mai 2014 - 

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 Une belle expo à voir jusqu’au 28 mai (photos S.L-Y).
 
 

EXPO A SAINTE-MARIE

Anne-Line Siegler, gagnante du Prix Célimène en mars 2012, expose ses photos à la médiathèque de Sainte-Marie. Une première pour la jeune femme de 34 ans, qui vit à la Réunion depuis l’âge de 10 ans. Après un bac littéraire, elle a entrepris en Métropole des études de lettres modernes et d’ethnologie avant de revenir dans l’île, clôturer son cursus universitaire par un DESS en communication. C’est en 2005 qu’elle s’expatrie en Asie pour un parcours professionnel de près de cinq ans.

« Du Tibet à l’Inde : l’exil pour exister » est sa première expo. « Je ne suis pas une photographe professionnelle et la photo est pour moi un médium, un moyen de faire passer un message, comme l’écriture. J’aime la puissance évocatrice de l’image, les possibilités qu’elle présente. La photo est pour moi un langage avec ses codes et ses décodages. J’aime l’idée du symbolisme, de la suggestion, de l’implicite que permettent l’image et ses multiples interprétations ; en littérature aussi, on peut recourir à l’image pour montrer, suggérer plutôt que d’affirmer ; ces deux démarches ne me paraissent pas si éloignées. La photographie me permet de partager un regard, un engagement que les mots échouent parfois à traduire. Ma démarche dans ce travail sur les Tibétains de l’exil a été celle du reportage et je me suis obligée à la plus grande objectivité, laquelle est relative, puisque le choix d’un thème, de son traitement, est déjà une prise de position. La démarche photo journalistique m’inspire particulièrement, même si je ne la pratique pas« , explique-t-elle.

Son travail photographique, elle l’a réalisé en juin 2013 dans le Nord de l’Inde, à Dharamsala, une petite ville perchée sur les contreforts de l’Himalaya. C’est là où s’est réfugié le dalaï-lama, suivi par des millions de Tibétains.

Rencontre ce samedi avec le public

Dans ce projet sur les Tibétains réfugiés en Inde, elle a montré plusieurs aspects de leur quotidien. « Le fait d’être derrière l’objectif m’a aidé à la prise de distance dans des situations parfois émotionnellement compliquées. L’une des difficultés majeures a été de ne pas exposer certaines personnes, des réfugiés politiques par exemple, et de leur assurer l’anonymat. Les répercussions sur eux, s’ils rentrent un jour au Tibet, ou sur leurs familles restées là-bas, peuvent être conséquentes« , fait remarquer Anne-Line Siegler.

Dans ce travail, elle a aussi voulu montrer une autre facette de l’Inde que l’on connaît moins : l’Inde bouddhiste et l’Inde terre d’accueil de réfugiés afghans, sri-lankais, bengladais etc. Une belle expo à voir jusqu’au 28 mai.

La photographe sera présente ce samedi 24 mai à la médiathèque de 14h à 16h pour s’entretenir avec le public.

J.P-B

  Expo photos
   Photos : Anne Line Siegler,

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