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Une chanson accusée d’endoctriner les écoliers à Hong Kong

Posté par cercletibetverite le 16 mars 2015

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20150316.OBS4729/une-chanson-accusee-d-endoctriner-les-ecoliers-a-hong-kong.html

Une chanson accusée d’endoctriner les écoliers à Hong Kong

Publié le 16-03-2015 à 18h47

VIDEO. Les paroles pro-chinoises, répétées à l’envi, inquiètent les parents hongkongais, qui y voient du lavage de cerveau.

Vidéo chanson clip Chine Hong Kong (Capture d'écran) Vidéo chanson clip Chine Hong Kong (Capture d’écran)
La Chine, la Chine est ma mère
La Chine, la Chine est ma maison
La Chine, la Chine devient plus forte
La Chine, la Chine, je l’aime »

La chanson dure plus de trois minutes. Les mêmes paroles sont répétées en boucle, chantées par des voix stridentes, sur des images de dessin animé mettant en scène des enfants qui chantent ou des symboles du patrimoine chinois.

« La Chine est ma maison », diffusée deux fois aux enfants d’une école catholique, inquiète de nombreux parents à Hong Kong. Certains parents y voient en effet une tentative de lavage de cerveau de leurs enfants, rapporte le site d’information « Global Voices », dans un contexte particulièrement tendu entre Hong Kong et le reste du pays.

 

Quatre phrases répétées en boucle

La ville est en effet considérée comme une région administrative spéciale en Chine et bénéficie à ce titre d’une plus grande indépendance que la Chine continentale. Toutefois, comme en témoigne la gestion des manifestations du mouvement Occupy Central qui exigeait plus de démocratie, Pékin n’hésite pas à exercer des pressions politiques fortes pour éviter que Hong Kong ne s’écarte de la ligne politique nationale.

Arguant que les images de la chanson correspondent au thème d’un prêche sur la « piété » et la « culture », le directeur de l’école a admis, selon « Global Voices », avoir montré la vidéo à deux reprises en un mois. Mais, selon lui, il ne connaissait pas les paroles de la chanson et il n’aurait pas forcé les enfants à chanter. Avec seulement quatre phrases, répétées à l’envi, l’argument ne suffit pas à convaincre les parents d’élèves…

 

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Cette polémique rappelle le combat de parents d’élèves contre les plans du gouvernement de Hong Kong, en 2012, qui visaient à rendre obligatoire « l’éducation patriotique » dans le cursus des écoles élémentaires. En d’autres termes, la promotion de la Chine, dès le plus jeune âge.

R.F.

 

 

 

 

 

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Pendant le nouvel an chinois, les «moutons» hongkongais se rebiffent

Posté par cercletibetverite le 20 février 2015

http://www.liberation.fr/monde/2015/02/20/pendant-le-nouvel-an-chinois-les-moutons-hongkongais-se-rebiffent_1206580

Pendant le nouvel an chinois, les «moutons» hongkongais se rebiffent

Kim FALIGOT 20 février 2015 à 16:02
Un militant prodémocratie, vendredi, devant le consulat britannique, à Hongkong.

Un militant prodémocratie, vendredi, devant le consulat britannique, à Hongkong. (Photo Philippe Lopez. AFP)
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Les militants prodémocratie continuent de s’opposer à la mainmise de Pékin deux mois après la fin de la «révolution des parapluies».

L’impopulaire chef de gouvernement de Hongkong proche de Pékin, Leung Chun-ying, a accueilli l’année du mouton, qui a débuté jeudi, en appelant les citoyens à être à l’image de ce signe zodiacal, c’est-à-dire «doux et gentils», après une année caractérisée par les conflits. Le leader argue que le «doux et gentil» mouton «vit en paix avec ses pairs». L’ironie du sort veut que, lors de la «révolution des parapluies» menée par des milliers de militants prodémocratie de septembre à décembre, Leung Chun-ying s’était vu surnommer «le Loup».

Si les autorités chinoises appellent Hongkong à rétablir «l’harmonie» de la société, les habitants, eux, ont une conception bien différente de ce mot. Bien que l’ancienne colonie britannique a été rattachée à la Chine en 1997, elle conserve un régime administratif spécifique, résumé par la formule «un pays, deux systèmes». Hongkong est plus autonome que les territoires continentaux de la République populaire de Chine, mais Pékin continue de s’ingérer dans ses affaires. La Chine s’est ainsi opposée cet automne à l’instauration d’un suffrage universel direct, indépendant de son emprise, ce qui a provoqué les manifestations que les autorités hongkongaises ont combattues à l’aide de gaz lacrymogènes.

«Je n’oublierai jamais qu’ils ont utilisé cette arme sur nous», a déclaré à la presse M. Ng, un militant frustré qui, avec d’autres, a profité jeudi de la célébration du nouvel an chinois place Victoria pour exprimer sa révolte. Il est aussi l’un des inventeurs d’un briquet à l’allure de bonbonne de gaz lacrymogène portant l’inscription «ça ne te fera pas pleurer, ça t’éclairera», que nombre de manifestants brandissaient jeudi. Car la bonne résolution de l’année n’est pas de se plier à la consigne du mouton, mais bien d’y résister. On pouvait également voir reproduite dans la manif la célèbre phrase de John Lennon «You may say I am a dreamer, but I am not the only one» («Vous pouvez dire que je suis un rêveur, mais je ne suis pas le seul»), slogan fréquemment repris cet automne pendant la révolution. Laquelle a laissé à Wong Yeung-tat, leader du groupe protestataire Civic Passion, un sentiment d’échec : «Nous n’avons rien gagné. Nous ne sommes pas assez agressifs.»

Néanmoins, le week-end dernier, de violents heurts ont eu lieu dans un centre commercial de la ville. Des résidents de plus en plus exaspérés par l’attitude chinoise s’en sont pris à des quidams continentaux, simplement venus faire leur shopping. Chaque année, des dizaines de millions de Chinois profitent du système détaxé de Hongkong, la plupart du temps sur une journée, pour acheter des produits et les revendre à profit dans leur ville d’origine. Durant cette période de nouvelle année, comparable économiquement à Noël en Occident, les visiteurs continentaux sont donc particulièrement nombreux. Un Hongkongais, excédé par leur présence, a même exhibé un drapeau de l’ère coloniale.

Face à ce mécontentement, les Chinois font la sourde oreille : «C’est fou, je ne comprends pas pourquoi ils sont si violents. J’étais juste venu acheter des cadeaux pour le Nouvel An lunaire. Je suppose que je devrai dépenser moins d’argent ici à l’avenir», s’étonne un Chinois de Hangzhou (près de Shanghai), interrogé par le South China Morning Post.

Kim FALIGOT

 

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Manifestations et arrestations à Hong Kong

Posté par cercletibetverite le 25 décembre 2014

http://www.europe1.fr/international/manifestations-et-arrestations-a-hong-kong-2327475

Manifestations et arrestations à Hong Kong

Publié à 09h50, le 25 décembre 2014, Modifié à 09h50, le 25 décembre 2014

Manifestations et arrestations à Hong Kong

Videos
© REUTERS
europe 1

Par Johann Duriez-Mise avec AFP

NOËL AU BÂTON – Des centaines de manifestants prodémocratie une dizaine d’arrestations ont émaillé le réveillon de Noël.

Le réveillon de Noël à Hong Kong a été émaillé d’échauffourées entre des centaines de manifestants prodémocratie et la police qui a annoncé jeudi avoir procédé à une dizaine d’arrestations. Les policiers ont fait usage de sprays au poivre et de bâtons pour disperser les manifestants.

>> LIRE AUSSI – Des milliers de billets s’envolent dans les rues de Kong Kong

Deux policiers blessés, douze arrestations. Dix hommes et deux femmes âgés de 13 à 43 ans ont été arrêtés pour violences sur représentant de l’ordre, résistance à un représentant de l’ordre et troubles à l’ordre public notamment. Les chaînes de télévision ont diffusé des images de ces heurts où l’on voit des manifestants, dont l’un saigne de la tête, plaqués au sol. Deux policiers ont été blessés, selon la police. La confrontation a duré jusqu’aux petites heures de jeudi.

Des parapluies jaunes contre le gaz au poivre. Des heurts particulièrement violents avaient mis aux prises à Mongkok manifestants prodémocratie et policiers entre la fin septembre et la fin novembre. D’autres protestataires s’étaient réunis dans le quartier de Causeway Bay, autre gros point de blocage évacué la semaine dernière, en brandissant des parapluies jaunes, accessoire utilisé pour se protéger des projections de gaz au poivre devenu l’emblème de leur mouvement.

« Le mouvement n’a jamais pris fin dans nos coeurs ». « Notre voeu de Noël est le suffrage universel », ont-ils scandé. Une centaine de personnes ont également défilé dans le quartier du gouvernement aux cris de « Le peuple représente l’espoir » et « Le Parti communiste chinois (PCC) ne nous représente pas ». « Je suis certain d’une chose: le mouvement n’a jamais pris fin dans nos coeurs », a déclaré Cheung Wai-man, 25 ans, fondateur d’une société de commerce en ligne.

Il s’agit des premiers incidents depuis l’évacuation des barricades et des villages de tentes érigés par le mouvement Occupy Central et les fédérations d’étudiants en plusieurs endroits de l’ancienne colonie britannique rétrocédée à la Chine en 1997. Dans un communiqué, la police a accusé les manifestants d’avoir « provoqué le chaos et bloqué des routes » dans le quartier commerçant de Mongkok.

Un suffrage universel contesté. À partir du 28 septembre, les manifestants ont occupé plusieurs sites de la ville dont le quartier du gouvernement pour demander des élections libres en 2017. La Chine a accepté le principe du suffrage universel pour l’élection du prochain chef de l’exécutif en 2017 mais exige que les candidats reçoivent l’aval d’un comité loyaliste ce qui garantit, aux yeux des manifestants, l’élection d’un vassal de Pékin. Hong Kong bénéficie comme Macao d’une large autonomie et il y règne une liberté d’opinion et d’expression inconnue en Chine populaire.

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Hong Kong :LA VIEILLE GARDE RENONCE, LA JEUNESSE CONTINUE LE COMBAT

Posté par cercletibetverite le 2 décembre 2014

http://www.parismatch.com/Actu/International/La-vieille-garde-renonce-la-jeunesse-continue-le-combat-Hong-Kong-revolution-661550
LA RÉVOLUTION DES PARAPLUIES À HONG KONG

LA VIEILLE GARDE RENONCE, LA JEUNESSE CONTINUE LE COMBAT

La vieille garde renonce, la jeunesse continue le combat

Joshua Wong, le nouveau visage de la révolution à Hong Kong.© Bobby Yip / Reuters
Le 02 décembre 2014 | Mise à jour le 02 décembre 2014
A V-B AVEC AFP

Il y a plus de deux mois commençait une véritable occupation de plusieurs quartiers de Hong Kong. Aucun résultat concret n’a été obtenu. Alors que les trois initiateurs du mouvement souhaitent à présent mettre un terme à l’action, les leaders étudiants entament une grève de la faim.

Une nouvelle phase débute à Hong Kong.Benny Tai, Chan Kin-man et Chu Yiu-ming, les trois initiateurs de la campagne d’occupation à Hong Kong, fondateurs d’Occupy Central, un mouvement de désobéissance civile créé début 2013, ont annoncé mardi qu’ils allaient symboliquement se rendre à la police et demandé aux manifestants de se disperser. Dans un même temps, le ton se durcit du côté des étudiants. Leurs leaders Joshua Wong et deux étudiantes, devenus le fer de lance du mouvement pro-démocratie, ont entamé une grève de la faim pour faire avancer leur cause. Après plus de deux mois d’occupation de plusieurs quartiers de Hong Kong, le mouvement n’a obtenu aucun résultat concret. Commence ainsi cette nouvelle phase, divisée en deux clans: ceux qui veulent radicaliser l’action et ceux qui souhaitent passer à autre chose.

«Nous appelons tous les trois les étudiants à battre en retraite, à s’enraciner profondément dans la communauté et transformer la nature du mouvement», a lancé Benny Tai. La police est devenue «incontrôlable», il est temps que les manifestants quittent ces «lieux dangereux». Il a également expliqué que les trois fondateurs d’Occupy allaient se rendre à la police mercredi. «La reddition n’est pas un signe de lâcheté. Se rendre, ce n’est pas échouer, c’est la dénonciation silencieuse d’un gouvernement sans cœur», a-t-il lancé. Aucun mandat d’amener n’existe à leur encontre mais le gouvernement local comme les autorités chinoises n’ont cessé de répéter que le mouvement était illégal.

LES ÉTUDIANTS PRENNENT LES COMMANDES

Cette annonce survient au lendemain de heurts entre policiers et manifestants, parmi les plus graves depuis que les protestataires sont descendus par dizaines de milliers dans les rues le 28 septembre pour réclamer l’instauration d’un véritable suffrage universel. Depuis, le nombre de manifestants s’est considérablement réduit. Deux sites sont encore occupés et gravement perturbés économiquement à Hong Kong. Celui de Mongkok a été évacué avec violence par les autorités la semaine dernière.

Avant que le courant ne meure, avant que la « révolution des parapluies » ne s’éteigne, les étudiants ont décidé de prendre les commandes. Joshua Wong, 18 ans, et deux autres étudiantes ont entamé une grève de la faim lundi soir. Objectif ? Obtenir gain de cause et se faire entendre d’un gouvernement resté sourd pour le moment à leurs appels. De leur côté, les gens d’Occupy et les députés pro-démocratie «font pression sur les étudiants depuis le début pour qu’ils observent une retraite stratégique» tandis que «l’opinion publique devient hostile à la poursuite de l’occupation», note-t-il.

Certains refusent de s’en aller sans bruit. Des manifestants masqués ont fracassé la porte du Conseil législatif, des centaines de personnes ont tenté de forcer les cordons de la police et même d’encercler le siège du pouvoir lundi. L’analyste Ma Ngok juge qu’«il y a des pressions pour que le mouvement se radicalise». Il va au moins se poursuivre. Pékin a approuvé le principe «une voix, un vote» pour la prochaine élection du chef de l’exécutif en 2017, mais a réservé à un comité de grands électeurs majoritairement favorables au Parti communiste chinois le soin de présélectionner les candidats, conditions inacceptables pour le camp pro-démocratie.

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Une semaine dans la vie des étudiants hongkongais qui font la «révolution des parapluies»

Posté par cercletibetverite le 1 décembre 2014

http://www.slate.fr/story/95295/hong-kong

Une semaine dans la vie des étudiants hongkongais qui font la «révolution des parapluies»

Frédéric Martel

Monde

01.12.2014 – 19 h 25mis à jour le 01.12.2014 à 19 h 27

Des manifestants pro-démocratie, le 1er décembre à Hong Kong. REUTERS/Tyrone SiuDes manifestants pro-démocratie, le 1er décembre à Hong Kong. REUTERS/Tyrone Siu

Depuis deux mois, ils sont des milliers à défier le régime communiste chinois. Ils ont installé des campements illégaux dans la ville, multiplient les sit-ins, les occupations, et réclament la démocratie. Surprenante révolte, inédite depuis Tiananmen. Pour Slate, Frédéric Martel a suivi ces étudiants sur les barricades de Hong Kong. Récit en deux parties.

Hong Kong

«On vient chercher un matelas», explique un étudiant, accompagné d’un petit groupe de jeunes. Ils ont tous entre 18 et 20 ans. Et attendent patiemment devant une tente baptisée, sur un petit écriteau en chinois, «Wuzi Zhan» et, en anglais, «Supply Station». Leung, qui a lui aussi 18 ans, s’occupe de ce poste de ravitaillement. Il porte un tee-shirt noir avec pour tout motif, un parapluie jaune –le symbole de la «Umbrella Revolution» de Hong Kong.

«Ici, je suis responsable de toutes les demandes des étudiants: nourriture, bouteilles d’eau potable, médicaments, etc. On donne aussi des masques chirurgicaux ou des lunettes de plongée pour se protéger des gaz lacrymogènes et des casques de chantier pour parer aux coups de matraques», me dit-il en cantonais (traduit par Greg, un autre étudiant hongkongais).

Veillée d’armes, lundi dernier (le 24 novembre). Nous sommes sur Nathan Road, un axe nord-sud de grande circulation dans la partie continentale de Hong Kong. Les étudiants ont installé leur campement en plein milieu des six voies rapides de l’avenue, bloquant entièrement la circulation. Ils sont quelques centaines à dormir là, dans des dizaines de tentes, depuis près de deux mois. C’est l’un des trois sites d’occupations de la révolution en marche.

La bataille de Mong Kok

Leung est installé ici «depuis 58 jours», me précise-t-il. Et cette nuit qui commence n’est pas tout à fait comme les autres. La police vient d’annoncer qu’elle allait démanteler mardi matin ce camp dit de Mong Kok (le nom de la station de métro tout proche), suivant ainsi une décision de justice ayant ordonné, après les plaintes de compagnies de taxi et de mini-bus, la fin de l’occupation sur Nathan Road.

Alors, on s’organise. Un poste d’observation a été installé sur le toit d’une des sorties de la station du métro Mong Kok où l’état-major du campement s’est replié. Ce n’est pas labataille d’Azincourt, mais ces étudiants, qui étaient à peine enfant lors de la rétrocession de Hong Kong à la Chine par les Britanniques en 1997, se sentent dans la peau d’Henri V!

C’est leur première veillée d’armes; la première fois qu’ils manifestent; la première fois qu’ils ont érigé des barricades; la première fois qu’ils doivent défendre «leur» rue; la première fois qu’ils vont affronter au petit matin des milliers de policiers.

Du haut de leur toit de fortune, les leaders étudiants du camp de Mong Kok vont pouvoir observer la bataille. Poste de garde stratégique à une quinzaine de mètres du sol. Une échelle en bambou permet de s’y hisser. Et une tente a même été montée là-haut, car on va dormir sur place. Et c’est pourquoi il faut un matelas.

Leung regarde ses stocks, très dégarnis, mais déniche, au fond de sa «supply station», entre des dizaines de sacs de couchage, des piles de couverture et des cartons de bouteilles d’eau, un matelas. On apporte un chariot pour le transporter. Mais il faut l’attacher avec des cordes: on trouve illico de la ficelle dans les réserves de la «supply station». Et voici le groupe d’étudiant qui repart à travers le campement de Mong Kok pour mener le matelas jusqu’au quartier général étudiant.

Nous marchons près de 200 mètres. Arrivé à destination, les étudiants hissent péniblement, en s’y mettant à cinq ou six, le matelas sur le toit de la station de métro. Et on repart vers la «supply station» pour rapporter le chariot.

Je demande à Leung les raisons de son engagement. Il a l’air étonné par ma question tant la réponse lui paraît évidente.

«Je me bats pour la démocratie à Hong Kong et pour notre futur. C’est tout.»

Chow, un autre étudiant de 18 ans, qui est affecté lui aussi à la «supply station», entre dans la conversation:

«Je suis ici pour mon futur, pour notre liberté. Je veux pouvoir choisir qui sera le chef de l’exécutif à Hong Kong. On nous a promis le suffrage universel et maintenant on veut nous l’enlever. Ce mouvement s’inscrit dans le court terme, mais on doit changer les choses sur le long terme.»

 

Dans la journée, Chow étudie à l’université; chaque soir il rejoint le camp de Mong Kok. Il avoue que ses parents ne partagent pas ses idées et qu’«ils ne sont pas OK», mais cela ne l’a pas dissuadé de s’engager. Il fait partie de la Hong Kong Federation of Student, l’une des principales forces derrière l’occupation de Mong Kok.

Je demande à Leung ce qu’il compte faire si la police arrive. «I’ll run» (je me mettrai à courir) me répond-il.

«Mais ils ne peuvent pas gagner. On reviendra après pour reprendre Nathan Road. On ne doit perdre Mong Kok sous aucun prétexte.»

Un mouvement non-violent

Mardi, dès 9 heures du matin, la police intervient pour mettre fin à une partie de l’occupation de Mong Kok, à l’angle de Nathan Road et de Argyle Street.

Le lendemain, mercredi, à la même heure, une deuxième intervention est lancée avec 6.000 policiers pour «nettoyer» le campement principal sur Nathan Road.

J’observe les forces de l’ordre avancer, méthodiquement. La stratégie est impeccable: toutes les rues adjacentes ont été préventivement bloquées; les occupants peuvent sortir, mais personne ne peut re-rentrer dans le campement. Des centaines d’hommes, avec des dizaines de bennes et de pelleteuses, nettoient la rue. Les étudiants persistent dans leur stratégie de non-violence, mais la police utilise des gaz lacrymogènes paralysants et des grenades de gaz poivré contre les récalcitrants (une enquête du South China Morning Post, publiée le 27 novembre, a montré que le gaz utilisé avait une concentration anormale en produits paralysants).

En moins de deux heures, les barricades de Nathan Road et les centaines de tentes se sont volatilisées. Cent-soixante neuf étudiants et activistes sont arrêtés et la police met ainsi fin à presque deux mois d’occupation dans ce quartier.

Mais la bataille de Mong Kok n’est pas passé inaperçue: elle s’est déroulée, plutôt pacifiquement, sous l’œil de centaines de journalistes et de milliers de caméras, d’appareils photos et de smartphones brandis par les étudiants pour scruter la moindre dérive policière. Non-violent certes, mais pas naïfs non plus!

Soudain, dans une grande confusion, au milieu de Nathan Road, j’aperçois enlevé par une petite grue, qui commence à s’élever dans le ciel avant de finir dans un camion poubelle… un matelas. Je ne peux pas en être certain, mais j’ai l’impression que c’est le matelas de la «supply station».

 

 

 

Joshua Wong symbole d’un mouvement disparate

Le mercredi soir, la déception est visible sur les visages des étudiants du campement d’Admiralty, le principal «street camp» resté en place et installé, lui, sur l’île de Hong Kong, au milieu d’un carrefour de plusieurs ponts autoroutiers.

Alex Chow, le secrétaire général de la Hong Kong Federation of Students, monte sur scène sous un tonnerre d’applaudissements. Il a 24 ans. Il commente les évènements du jour et tente de remonter le moral des troupes, très déçues par la perte du camp de Mong Kok. Il évoque aussi les nombreuses arrestations, illégales selon lui. Surtout que parmi les étudiants arrêtés par la police entre mardi matin et mercredi soir, figurent les noms de Lester Shum, le n°2 de la Hong Kong Federation of Students, et de Joshua Wong.

Reportage du South China Morning Post

Wong, dont les images de l’arrestation musclée, font ce soir là le tour du monde (il a été libéré dès jeudi) est le symbole de la «Révolution des parapluies». A 18 ans, il a fait la une de Time, est nommé comme «personne de l’année» de ce même magazine (à égalité avec Jack Ma d’Alibaba et Xi Jinping le président chinois), et est en train de devenir une icône pour les jeunes révoltés de toute l’Asie.

Qui est cet adolescent? Issu d’une famille chrétienne, plutôt conservatrice, et qui appartient à la classe moyenne, Joshua Wong est né quelques mois seulement avant la rétrocession de Hong Kong à la Chine; il n’a pas connu le colonialisme britannique, ni son pays sous le drapeau de l’Union Jack. Il appartient à la première génération de Hongkongais qui ont grandi dans une ville officiellement chinoise. Mais très tôt, il s’est mobilisé pour défendre les spécificités de son île. Quand le gouvernement officiel, pressé par Pékin, a voulu reprendre en main les programmes scolaires, en bannir les figures dissidentes et réécrire l’histoire de la place Tiananmen, celui qui n’était encore que lycéen s’est mobilisé. Joshua Wong a alors 14 ans. Avec un ami, il fonde l’association Scholarism pour dénoncer cette propagande dans les manuels éducatifs. Des manifestations suivent et leur action paye: le gouvernement recule.

Une semaine dans la vie des étudiants hongkongais qui font la «révolution des parapluies» dans Hong Kong joshua-wong-carre

 

 

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En 2014, Wong se retrouve donc tout naturellement au cœur de la mobilisation pour défendre la démocratie hongkongaise quand Pékin veut changer les règles pluralistes, et le collège électoral, qui ont été promis. Il fait partie des collectifs qui lancent l’occupation de Hong Kong et, le 28 septembre, il est arrêté, alors qu’il est encore mineur (il est né le 13 octobre 1996).

Faute grave du pouvoir. Il devient une icône globale et sa détention hautement symbolique est un électrochoc pour les Hongkongais. Ils descendent dans les rues par dizaines de milliers.

«J’ai été détenu le 28 septembre pour avoir participé à une opération de désobéissance civile, organisée par les étudiants en face du siège du gouvernement. J’ai été emprisonné pendant 46 heures et complètement coupé du monde extérieur. Quand j’ai été libéré, j’ai été profondément touché de voir des milliers de personnes dans les rues, mobilisées pour la démocratie. A ce moment-là, j’ai su que Hong Kong avait changé pour toujours», raconte-t-il dans une tribune qu’il a publiée en octobre dans le New York Times.

Avocat de la désobéissance civile, Joshua Wong insiste toujours sur la nature non-violente du mouvement. Ses références restent néanmoins chinoises, il ne se sent «guère concerné», dit-il, par Martin Luther King ni par Mandela, car ce n’est ni son époque, ni son pays: il préfère s’inspirer de Liu Xiaobo, le prix Nobel de la paix chinois, ou de l’artiste Ai Weiwei –ses modèles.

Au moins, à Hong Kong, ne connaît-il pas le même sort que ces dissidents. C’est la justice qui a ordonné sa libération, et la presse hongkongaise qui a médiatisé son arrestation: des preuves, s’il en est, que le système judiciaire est encore assez impartial à Hong Kong, que l’Etat de droit prévaut et que la liberté de la presse reste large.

Mais jusqu’à quand, compte tenu de la reprise en main rapide par Pékin? C’est l’un des enjeux de la révolution en cours.

Les barricades d’Admiralty tiennent toujours

L’association de Joshua Wong, Scholarism, et la Hong Kong Federation of Students sont les deux forces principales derrière le «Umbrella Movement». Mais le spectre des organisations engagées dans la rue est bien plus vaste.

Occupy Central With Love & Peace, à l’esprit plus anti-capitaliste, a été à l’origine des campements, tandis que des organisations démocrates plus radicales, comme la League of Social Democrats et le mouvement Civic Passion (les leaders de ces deux organisations ont été également arrêtés jeudi) sont très actives. Chaque groupe possède son «booth» sur le campement d’Admiralty: une tente qui sert de quartier général, de point de ralliement et de bureau de presse. Ce dimanche soir, une immense Assemblée générale était organisée à 18h, ouverte à tous. Comme les barricades d’Admiralty tiennent toujours, la foule était au rendez-vous et les leaders des différentes composantes du mouvement se sont exprimés.

hong-kong-640-REUTERS dans Hong KongUn manifestant pro-démocratie , le 1er décembre 2014 à Hong Kong. REUTERS/Bobby Yip

Parmi les organisations encore présentes sur le campement, on remarque aussi les drapeaux de plusieurs partis politiques: le Labour Party, le Democratic Party et le Civic Party. Mais ces forces politiques officielles, qui soutiennent le mouvement, se font plutôt discrètes. Leurs leaders n’ont pas pris la parole dimanche soir. De même, l’un des principaux syndicats pro-démocratie, la Hong Kong Confederation of Trade Unions, se contente de soutenir le mouvement en sous-main.

«La plupart des partis politiques pan-démocrates ont été marginalisés par le mouvement. Ils sont très affaiblis», constate Edmund Cheng, un jeune universitaire hongkongais. Avec une équipe de chercheurs, il a mené une enquête par questionnaire auprès de 1.800 occupants des trois campements de Admiralty, Mong Kok et, le plus petit, celui de Causeway Bay. Ses résultats l’ont étonné:

«Le mouvement est composé principalement de jeunes avec une éducation de niveau universitaire pour 56% d’entre eux, m’explique Cheng. Ce n’est pas vraiment une surprise. Par contre, deux résultats nous ont davantage étonnés. D’abord, entre 15% et 20% de ces jeunes n’ont jamais participé à une manifestation de leur vie, ce qui est très surprenant dans une ville où on est très habitué à protester. Ensuite, 80% de ces occupants ne se considèrent pas chinois, mais hongkongais.»

Les causes profondes de la «Umbrella Revolution» apparaissent ainsi plus complexes à analyser qu’une simple suite d’Occupy Wall Street d’une part, ou un mouvement démocratique anti-Pékin et une réplique tropicale de Tiananmen, d’autre part.

C’est une révolution qui n’a pas de centre et pas d’unité politique. Le déclic fut, et reste, l’aspiration démocratique. C’est parce que Pékin a proposé un nouveau mode de scrutin électoral fin août, avec veto du Parti communiste chinois sur les candidats potentiels à la tête de l’exécutif, dans la perspective des élections de 2017, que les Hongkongais sont descendus par dizaines de milliers dans les rues munis de parapluies jaunes (plus de 100.000 personnes le 1er octobre, pour un pays de seulement 7,2 millions habitants).

D’innombrables slogans témoignent de cette préoccupation démocratique: «We Love Democracy», «Hong Kong Democracy Now», «Let People Have a Say», «Defend Democratic Values», «Say NO to Censured Election», «Freedom is not Free» ou encore cet explicite: «Communist Party is so Evil!». La cible principale du mouvement reste Leung Chun-ying, le chef de l’exécutif hongkongais, considéré par les étudiants comme une marionnette de Pékin (il a été élu par 689 voix émanant d’un comité pro-communiste, d’où son surnom ironique de «689»).

Par certains aspects, les occupations de Hong Kong s’inscrivent également dans les revendications anti-globalisations et anti-capitalistes, dans la lignée des mouvements de la Puerta del Sol à Madrid ou Occupy Wall Street à New York.

On observe aussi sur le campement de nombreuses expérimentations environnementales (des jardins de légumes organiques ont été plantés) et des revendications identitaires spécifiques comme celles des féministes. Les Rainbow flags, symbole du mouvement gay, flottent aussi sur une petite dizaine de tentes.

En outre, les revendications sociales sont omniprésentes, qu’elles soient liées au prix des transports, aux coûts de la scolarité, à la cherté des loyers ou au chômage. Les étudiants aspirent à «une nouvelle version de Hong Kong», selon Edmund Cheng:

«C’est un mouvement anti-establishment qui rejette le seul modèle du bien-être par le PNB et se soucie du développement durable et de l’environnement.»

Toutefois, la dimension altermondialiste semble plus marginale qu’on ne l’a dit. «Les occupants ne sont pas principalement anti-mondialistes, ni anti-capitalistes. Ils sont d’abord pro-Hong Kong», affirme Edmund Cheng. Si les manifestants dénoncent l’oligarchie des tycoons qui dominent l’économie hongkongaise, ils semblent surtout préoccupés par leur île –et ses nouveaux territoires.

Un mouvement nationaliste et «localiste»

On ne peut expliquer le succès des occupations de Hong Kong et la bienveillance que les Hongkongais lui ont accordé (le soutien diminue dans les sondages toutefois) si on écarte la dimension profondément nationaliste du mouvement.

«We are Hong Kong people», «Love HK», «HK Keep Going», «We are HK people», «I love HK», «Salute to Brave HKers», «Please let the world know how much we love a free HK!» sont quelques-uns des slogans que j’ai vus sur les campements d’Admiralty, Mong Kok et Causeway Bay cette semaine. Et parmi les thèmes qui ont émergé, le nationalisme est récurrent, confirmant que ce mouvement n’est pas seulement de gauche altermondialiste mais aussi de droite et d’identité nationale.

Qu’on en juge à travers les slogans et revendications suivantes, présentes à Admiralty sous de nombreuses formes: le refus de l’immigration chinoise de masse; la peur de l’invasion des touristes en mandarin; la critique raciale à l’égard des «mainlanders» (comprenez les Chinois de Chine continentale); la sauvegarde du patrimoine colonial; ou encore la défense de la langue cantonaise (que les Hongkongais et les Chinois du Sud sont presque les seuls à parler) et des caractères chinois complexes (qu’ils partagent avec Taïwan).

«C’est une révolution qui a lieu en cantonais», constate Sebastian Veg. Ce chercheur français analyse le mouvement comme «l’émergence ou la réinvention d’une identité hongkongaise» et note que la dimension de «nationalisme culturel» est décisive dans le mouvement. Il résume:

«C’est un mouvement local qui vise à défendre Hong Kong et sa culture.»

Parmi les organisations derrière la «Umbrella Revolution», il faut ainsi accorder une place essentielle à une composante baptisée ici les «localists». Parfois appelés aussi les «Natifs» ou les «Hongkongais First», ces «locaux» veulent préserver la singularité de Hong Kong et refusent qu’elle devienne une ville chinoise ordinaire. Ce «localisme» est très hostile au «nationalisme» de Pékin et réclame, sinon l’indépendance, du moins une forme d’autonomie ou de singularité.

C’est d’ailleurs sur ce «haut degré d’autonomie» que porte le débat: il a été promis aux Hongkongais par les Britanniques lors de la rétrocession de 1997, mais il n’a jamais été clairement défini par Pékin. Deng Xiaoping, à la manœuvre avec Margaret Thatcher, a inventé la formule géniale: «un pays, deux systèmes». Mais les décisions autoritaires du Parti communiste chinois, le 31 août dernier, pour limiter l’autonomie de Hong Kong ont fait l’effet, ici, d’une douche froide. C’est ce point qui reste le principal déclencheur de la «Umbrella Revolution». Et sur certaines tentes d’Admiralty, j’ai encore vu flotter, ce dimanche, deux ou trois drapeaux coloniaux hongkongais et même, bien visible, quoique dans un angle, un peu l’écart, sur une des rues du campement: l’Union Jack.

Cette nostalgie anachronique est aussi un aveu d’échec. Pour une part, le mouvement politique démocrate actuel est soutenu par des leaders politiques anti-colonialistes sincères qui ont lutté contre la domination britannique: avant 1997, ils ont milité pour «le retour en Chine dans la démocratie», selon la formule –au demeurant extravagante, si l’on y songe– de l’époque. Ils croyaient que la Chine leur donnerait plus d’autonomie que les Anglais. Aujourd’hui, ils déchantent. Du coup, ils se rebellent contre ce qu’ils considèrent comme un néo-colonialisme.

Ce regain nationaliste hongkongais explique, pour une part, que l’establishment local composé de riches familles, de tycoons prospères, d’agents immobiliers millionnaires, souvent pris pour cible par les manifestants, soit resté relativement discret dans ses critiques à l’égard de l’occupation. Ils ont peur, eux aussi, du «capitalisme rouge» de Pékin. S’ils ne partagent guère les revendications étudiantes, ils ont bien l’intention de s’en servir pour maintenir leurs prérogatives sur l’île.

Un nouveau Tiananmen?

Pour certains observateurs étrangers, la bataille qui se joue actuellement à Hong Kong serait décisive pour l’avenir démocratique de la Chine (et, par ricochet, pour le futur de Taïwan).

Les étudiants mèneraient à Hong Kong un combat par procuration au nom de la démocratie chinoise et de tous ses dissidents. Microscopique, certes, à l’échelle de la Chine, cette bataille serait hautement symbolique. «Ce n’est pas le cas», corrige Zeng Jinyan, une blogueuse et chercheuse chinoise, qui fut mariée avec le dissident chinois Hu Jia (prix Sakharov 2008).

«Les revendications des étudiants sont très spécifiques à Hong Kong. Il est clair que c’est une situation très différente d’avec la Chine. Ce sont des manifestations très localisées, très spécifiques. C’est aussi l’émergence de l’identité hongkongaise», insiste-t-elle, tout en se disant proche intellectuellement du mouvement.

D’autres activistes, comme Chongguo Cai, un étudiant de la place Tiananmen en 1989, aujourd’hui exilé à Hong Kong, sont plus nuancés. Il insiste, lorsque je l’interroge au siège du China Labor Bulletin, où il travaille, sur l’aspiration démocratique chinoise galvanisée par la révolte actuelle des Hongkongais, qui lui rappellent sa propre jeunesse.

«On a échoué à Tiananmen parce qu’on n’était pas bien organisé. On manifestait, mais on ne négociait pas», dit-il en espérant que les étudiants de Hong Kong sauront «passer de la contestation pure à une opposition politique constructive». Comme d’autres, il souligne que la révolte de Hong Kong est très bien suivie depuis la Chine où, par des logiciels de contournement, les personnes les plus politisées sont informées heure après heure sur Internet. Toutefois, il insiste lui aussi sur les revendications premières du mouvement, le respect de l’état de droit à Hong Kong et des promesses faites au moment de la rétrocession, et non pas sur l’envie d’en découdre avec Pékin. «La défense de l’état de droit est un thème très consensuel à Hong Kong; la défense de la démocratie l’est beaucoup moins», souligne Sebastian Veg. «L’indépendance n’est pas une revendication possible et elle est d’ailleurs peu revendiquée par la population de Hong Kong. En revanche, le maintien de l’état de droit, la présomption d’innocence, l’indépendance de la justice : ces sujets sont très fédérateurs ici», confirme Chongguo Cai. Sur une banderole dans le campement de Causeway Bay ce dimanche, j’ai pu lire:

«Le haut degré d’autonomie de Hong Kong, l’indépendance de la justice et la liberté d’expression sont sérieusement menacés aujourd’hui. C’est notre devoir de protéger avec fermeté ces valeurs clés que nous chérissons.»

La bataille d’Admiralty commence

Vendredi matin, Joshua Wong, tout juste libéré de garde à vue, a demandé via Twitter aux étudiants qui ont été délogés du campement de Mong Kok, de rejoindre celui d’Admiralty, au cœur de Hong Kong. Et de ne pas «se rendre». Selon les statistiques postées sur Internet chaque jour (Umbrella Movement Tents Population Census Statistics), il y aurait actuellement 2.257 tentes sur le campement d’Admiralty.

Dimanche soir, à l’Assemblée générale du mouvement, sur «Umbrella Plaza», au cœur d’Admiralty, une foule s’est réunie –preuve que le mouvement est encore vivace.

Vers 18h, les leaders étudiants ont pris la parole pour annoncer une action imminente, encore secrète. Deux à trois milles étudiants, portants des casques de chantier jaunes, des lunettes de plongée et des masques chirurgicaux attendaient sagement de passer à l’action. Des dizaines d’étudiants-infirmiers, médecins, et secouristes, étaient prêts à soigner les blessés. Les postes de ravitaillement avaient accumulés des casques et des masques pour les activistes postés en premier ligne.

A 21h, le porte-parole des organisateurs a rendu public l’objectif dans un tonnerre d’applaudissements: encercler le siège du gouvernement et bloquer l’autoroute Lung Wo Road.

Relayé immédiatement sur les réseaux sociaux, le message a été reçu 5 sur 5 par la foule qui s’est précipité vers les bâtiments cibles.

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HONG KONG • Quand les évacuations deviennent des interpellations

Posté par cercletibetverite le 26 novembre 2014

  • http://www.courrierinternational.com/une/2014/11/26/quand-les-evacuations-deviennent-des-interpellations
  • 26 NOVEMBRE 2014
  • HONG KONG • Quand les évacuations deviennent des interpellations dans Hong Kong 2611-Une-Hong-Kong

HONG KONG • Quand les évacuations deviennent des interpellations

 

L’évacuation des manifestants en faveur du scrutin universel à Hong Kong, qui campaient dans le quartier de Mongkok depuis la fin du mois de septembre, s’est transformée en vague d’arrestations, rapporte Ming Pao.

L’opération, qui a commencé avec le débarrassage des tentes et des barrières en début d’après-midi le 26 novembre, s’est poursuivie avec la réouverture de la circulation sur la Nathan Road, axe majeur de la péninsule de Kowloon.

Tandis que des manifestants prodémocratie s’opposaient à l’opération, les centaines de policiers mobilisés ont dispersé ce rassemblement, qualifié d’ »illégal », en faisant usage de leurs gaz lacrymogènes et de leurs matraques. Au moins 80 personnes ont été interpellées, dont les leaders étudiants Joshua Wong, Raphael Wong et Shum Wong. Des événements que le quotidien hongkongais relate dans une vidéo publiée sur son site.

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Pékin en passe de gagner la partie à Hongkong

Posté par cercletibetverite le 20 novembre 2014

http://www.lefigaro.fr/international/2014/11/20/01003-20141120ARTFIG00295-pekin-en-passe-de-gagner-la-partie-a-hongkong.php

Pékin en passe de gagner la partie à Hongkong

Les militants pro-démocratie dans le quartier d'Admiralty à Hongkong, jeudi.
 

Le mouvement prodémocratie Occupy Central semble sur le point de s’éteindre, faute de popularité, et ce, sans que la Chine n’ait eu besoin d’intervenir directement.

Pékin semble sur le point de ramasser la mise au jeu du pourrissement à Hongkong. Le mouvement des prodémocrates, qui ont investi les rues depuis le 28 septembre pour réclamer de véritables élections libres en 2017 dans l’ancienne colonie britannique, rétrocédée à laChine en 1997, a perdu le soutien des Hongkongais. À force de s’essouffler, il paraît en passe de s’éteindre, sans que la République populaire n’ait eu besoin de se salir les mains en intervenant directement.

Près de 83 % des Hongkongais souhaitent la fin des protestations menées par le mouvement Occupy Central, selon un sondage de l’Université de Hongkong publié jeudi. Seuls 28 % d’entre eux soutiennent encore le mouvement et 68 % jugent que le gouvernement devrait évacuer de force les derniers lieux occupés par les manifestants. Mercredi, le professeur de sociologie Chan Kin-man, cofondateur du mouvement Occupy Central, avait appelé les manifestants à lever leurs barricades pour tenter de regagner le cœur des Hongkongais sur le long terme.

L’image des protestataires avait été un peu plus abîmée encore, mercredi à l’aube, lors d’un assaut sur le Parlement. Un petit groupe de manifestants a réussi à s’introduire dans le bâtiment, entraînant une intervention de la police pour sécuriser les lieux. Une centaine de membres de forces de l’ordre, équipés de casques, de boucliers et de matraques, ont à un moment été déployés à l’extérieur du Parlement.

Quatre personnes, âgées de 18 à 24 ans, ont été arrêtées tandis que trois agents de sécurité ont été admis à l’hôpital après avoir été blessés, précise la police dans un communiqué. La situation s’est ensuite calmée, avec seulement une poignée de policiers montant la garde. Joshua Wong, le jeune leader emblématique du «mouvement des parapluies», a condamné l’attaque contre le Conseil législatif, la jugeant «inappropriée»… Mais le mal était fait. Les images de ce dérapage où l’on voit de jeunes manifestants défonçant une porte en verre du bâtiment à coups de parpaings sont dévastatrices.

Mardi, des huissiers ont fait démanteler des barricades, en exécution d’une première décision de justice visant à réduire l’étendue des sites occupés par les manifestants prodémocratie, dans l’indifférence générale. La dizaine de protestataires présents n’a opposé aucune résistance, alors que des ouvriers s’employaient à démonter les barricades installées autour de la Citic Tower, un gratte-ciel situé à la limite du principal site d’occupation, à Admiralty, près du siège du pouvoir.

Les manifestants, qui réclament l’instauration d’un suffrage universel véritable, sont descendus dans les rues par dizaines de milliers depuis le 28 septembre. Leur nombre s’est considérablement réduit depuis, mais ils occupent toujours trois sites dans l’ancienne colonie britannique, perturbant sérieusement les transports publics et l’activité économique. Différents propriétaires ou transporteurs ont obtenu des tribunaux des ordonnances de dispersion dans certains lieux occupés à Admiralty et Mong Kok, dans la partie continentale de Hongkong.

Le mouvement prodémocratie dénonce les procédures électorales fixées cet été par la Chine pour le prochain scrutin, en 2017. Pékin a approuvé le principe «une voix, un vote», mais réservé à un comité de grands électeurs, majoritairement favorable au Parti communiste chinois (PCC), le soin de présélectionner les candidats, conditions jugées inacceptables par les manifestants. Jeudi, Joshua Wong a appelé à la poursuite du mouvement malgré la lassitude des Hongkongais… en attendant de trouver une «forme alternative» de lutte pour tenter d’arracher à la Chine des droits démocratiques.

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Hong Kong libère son « rêve démocratique »

Posté par cercletibetverite le 18 novembre 2014

http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Hong-Kong-libere-son-reve-democratique-2014-11-18-1265819

Hong Kong libère son « rêve démocratique »

Le « Street Art » sous toutes ses formes s’épanouit dans les rues occupées de la capitale financière asiatique, et révèle une créativité sans limites. Inattendue.

18/11/14 – 08 H 47

Au coeur du quartier politique d’ Admiralty, le « Lennon Wall », un immense mur tapissé de millie...

Au coeur du quartier politique d’ Admiralty, le « Lennon Wall », un immense mur tapissé de milliers de post-it multicolores où chacun peut exprimer ses désirs et ses rêves pour le futur de Hong Kong.

/Dorian Malovic

Hong Kong libère son « rêve démocratique » dans Hong Kong fleche_gris_precSuivant

Comment évoquer les vagues d’émotion qui submergent Hong Kong depuis près de deux mois ? Comment traduire en mots l’intensité de ce mouvement de « désobéissance civile » si singulier dans l’histoire de ce petit territoire de sept millions d’habitants ?

Enfin, comment décrire les états d’âme qui secouent les cœurs de ces milliers de jeunes qui protestent pour une démocratie complète, plantant leur tente dans trois sites symboliques de cette ancienne colonie britannique retournée à la Chine populaire en 1997 ?

Ce qui se vit à Hong Kong depuis plusieurs semaines, et qui risque de s’achever sans véritable victoire politique, a eu une traduction « Hong Kong style » unique, que les Hong­kon­gais eux-mêmes n’auraient jamais imaginé possible.

2 500 TENTES RONDES EN FORME D’IGLOOS

Imaginez seulement près de 2 500 tentes rondes en forme d’igloos, multicolores, posées sur le macadam de voies express et d’avenues d’ordinaire embouteillées qui sinuent entre les gratte-ciel de verre et d’acier, de centre commerciaux ou d’immeubles un peu décrépis datant des années 1970 !

> Revoir  : Hong Kong, un statut particulier depuis 1842

Élaboré depuis des mois, le mouvement « Occupy Central with love and peace » (« Occupez le centre avec amour et paix ») s’est implanté sur trois sites hautement symboliques de la cité financière asiatique.

D’abord sur l’île de Hong Kong : des centaines de tentes y encerclent le quartier d’Admiralty, où siège le gouvernement de la Région administrative spéciale (RAS) de Hong Kong en Chine, qui jouxte le Parlement local dont l’entrée est également bloquée.

« CONSCIENTISER » LA SOCIÉTÉ DE CONSOMMATION HONGKONGAISE

Ironie, la caserne qui abrite une garnison de l’Armée populaire de libération (APL) depuis le 1er juillet 1997, date de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, a une vue plongeante sur cette occupation.

« Nous voulons nous faire entendre par les gouvernements de Hong Kong et de Pékin »,explique simplement Benny Tai, professeur de droit à l’université de Hong Kong et un des leaders du mouvement « Occupy central », assis sur une estrade où se déroulent tous les jours les interventions officielles des différents leaders du mouvement.

> Relire  : Les grandes figures de la contestation à Hong Kong

À deux stations de métro vers l’est, toujours sur l’île, un petit segment de route d’à peine 200 mètres est bloqué par un petit essaim de tentes, au cœur de Causeway Bay, temple du shopping de Hong Kong. Il s’agit de « conscientiser » la société de consommation hongkongaise, réputée matérialiste et supposée non politisée.

UN « RÊVE DÉMOCRATIQUE » POUR TOUS.

Enfin, sur la péninsule continentale, le quartier de Mongkok (qui signifie le « Carrefour de la prospérité ») accueille des centaines d’autres tentes sur près d’un kilomètre, bloquant un des lieux à la plus grande densité de population au monde.

Le décor ainsi planté, des milliers d’acteurs, bien au-delà des seuls étudiants, vivent nuit et jour dans ce qui est peu à peu devenu un ensemble de petits villages. Des communautés se sont formées et soudées autour d’un « rêve démocratique » pour tous.

Des lieux de vie, d’échange, de partage, de dialogue. « Je n’ai jamais autant parlé avec d’autres gens que depuis que je vis ici », s’étonne Carmen KeiKei, 26 ans, éducatrice « installée » à Mongkok depuis le début du mouvement. « Je viens tous les soirs à Admiralty écouter les discours et les classes de démocratie », témoigne Eva, collégienne dans une école catholique, pour qui « la démocratie est essentielle dans une société ».

 « TOUT EST GRATUIT »

Chaque matin à Mongkok, Zoé Lee, 35 ans, se réveille et sort de sa tente pour rejoindre la grande tente bleue, l’« épicerie ». « On vient s’approvisionner en eau, biscuits, bonbons, nourriture, généreusement offerts par des gens, épiciers, parents d’étudiants et même restaurants du quartier… Tout est gratuit », s’exclame la jeune femme, qui n’en revient pas, dans la cité de l’argent.

> Chronologie  : Histoire du mouvement pour la démocratie à Hong Kong

Plus loin, elle lit les dernières nouvelles affichées sur un abribus, les vitrines d’une banque ou les murs d’une bouche de métro. Les pages des journaux y ont été collées au petit matin par le« groupe responsable média » du mouvement.

Déjà connectée à tous les réseaux sociaux sur son portable, Zoé constate que sa batterie va bientôt rendre l’âme. Elle se rend à la tente « recharge d’énergie » où un petit groupe de filles et de garçons avale une soupe de riz tout en gérant des dizaines de portables assoiffés d’électricité. « Un peu plus loin, on a un petit groupe électrogène », raconte Joyce Ma, étudiante en physique-chimie à l’université de Hong Kong.

HONG KONG INVENTE SON MODE DE PROTESTATION

« Ici on peut tout recharger et même réparer, dit-elle sur un ton très professionnel : portables, Android, tablettes, ordinateurs… et si on ne trouve pas une pièce, on contacte notre réseau ”électronique” et on nous livre dans l’heure, gratuitement. » Logistique parfaite. Efficacité assurée. Bénévolat garanti. Et les filles sont en première ligne. Une autre révolution.

« Ici, on est autonomes, on peut tenir un siège de plusieurs mois », s’extasie Zoé, qui se soucie de savoir ce que le monde extérieur pense de leur mouvement, de leur action, de leur façon de faire.

Sans tradition historique révolutionnaire, sans conflits sociaux violents ni mouvements politiques extrêmes, Hong Kong invente son mode de protestation. Pacifique et non-violent. Sincère et spontané. Presque naïf.

On pourrait se croire au milieu d’une kermesse lorsqu’on voit les différentes activités proposées aux « occupants » ou « visiteurs » : « Découpage, collage, ateliers de peinture, travaux manuels… » Il faut y voir une grande lucidité et une immense modestie.

WOODSTOCK À LA MODE NUMÉRIQUE

Tout semble si calme et policé, jusqu’aux slogans ou mots d’ordre inscrits sur les façades d’immeubles ou de ponts traversant les avenues occupées. « Peace and love », « Occupy central » est comparable à Woodstock dans les années 1960 aux États-Unis mais à la mode numérique et sans drogue ni libération sexuelle.

Faisant preuve d’une immense créativité artistique, à commencer par le symbole du « parapluie jaune » qui incarne la protestation et qui a d’abord protégé de la pluie puis des gaz lacrymogènes et des sprays au poivre à partir du 28 septembre, jour funeste où la police a chargé les manifestants.

À partir de ce jour, l’imagination n’a plus eu de limites : parapluies autocollants, images historiques détournées, tableaux mondialement célèbres de Munch, Léonard de Vinci, Michel-Ange, Van Gogh…

MUSÉE VIVANT, MÊLANT LE « STREET ART » ET « URBAN ART »

Cette ville de Hong Kong, estampillée « sans culture », s’est progressivement métamorphosée en véritable musée vivant, mêlant le « street art » et même l’« urban art » grandeur nature dont certains groupes d’intellectuels veulent préserver les œuvres en mémoire de cette page « historique » de l’histoire post-coloniale.

Pour Tracy, 40 ans, impliquée depuis le début, « le dragon pékinois nous écrase de sa puissance mais nous savons que nous avons déjà remporté une victoire en ayant pu nous exprimer ouvertement et librement sur nos revendications démocratiques. Nous savons maintenant que nous sommes capables de relancer un autre mouvement, d’une autre nature, à tout moment… tant que nous serons libres ! »

———————

TROIS MOUVEMENTS POUR UNE DÉSOBÉISSANCE CIVILE

Le mouvement démocratique à Hong Kong est incarné par trois grands mouvements :

« Occupy Central with love and peace », créé en janvier 2013, a été fondé dans le but de faire face aux obstacles politiques créés par Pékin dans la perspective des élections du prochain chef de l’exécutif à Hong Kong en 2017. Benny Tai, 50 ans, avocat et professeur de droit à l’université, en est le porte-parole et le dirigeant.

La Fédération des étudiants de Hong Kong, syndicat des étudiants, est le mouvement qui organise et planifie toute la stratégie des étudiants impliqués dans les rues de Hong Kong. Très organisée, active sur tous les réseaux sociaux, elle a pour leader Alex Chow, qui a fait forte impression lors du débat télévisé avec des membres du gouvernement le mois dernier.

« Scholarism », mouvement des lycéens fondé en 2012 par le jeune Joshua Wong, alors âgé de 15 ans, s’était mobilisé à l’époque contre la volonté de Pékin d’imposer des cours de « patriotisme » dans toutes les écoles de Hong Kong. Cette mobilisation, entre autres, avait fait reculer le gouvernement.

 

 

Dorian Malovic

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« Faire des enfants à Hong Kong, c’est impossible ! »

Posté par cercletibetverite le 13 novembre 2014

http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Faire-des-enfants-a-Hong-Kong-c-est-impossible-!-2014-11-13-1263576

« Faire des enfants à Hong Kong, c’est impossible ! »

Prix de l’immobilierqui flambent, salaires qui stagnent… la jeune génération hongkongaise ne peut plus fonder de famille.Le ressentiment à l’égard des Chinois continentaux qui « envahissent » Hong Kong nourrit aussi la colère des manifestants, au-delà des revendications démocratiques.

 13/11/14 – 15 H 00
Une jeune maman et son bébé dans le quartier de la finance. Hong Kong a un des taux de natalité l...

Susan Lim/EyePress News

Une jeune maman et son bébé dans le quartier de la finance. Hong Kong a un des taux de natalité les plus bas du monde.

« C’est ma maison depuis plus d’un mois », sourit Zoé Lee en montrant sa tente bleue plantée à quelques mètres des barricades du quartier de Mongkok. Il est deux heures du matin en cette nuit de fin octobre. Il fait frais. « La nuit sera calme ». Petites lunettes noires, une petite frange de cheveux noirs sur le front, Zoé paraît avoir à peine 20 ans et on pourrait la prendre pour une étudiante.

« Oh non, j’ai 35 ans et je suis assistante de direction dans une société immobilière » rougit-elle. Solidaire de la désobéissance civile depuis septembre, elle « travaille le jour, et vient ici le soir et les week-ends ». Les rumeurs d’actions policières pour dégager le blocus sont persistantes.« On ne sait pas comment tout ça va se terminer, mais on aura envoyé un message clair au gouvernement », se rassure Zoé.

Pour la jeune génération de Zoé Lee, le suffrage universel, la démocratie ou la liberté d’expression doivent être défendus, mais derrière cet engagement politique s’exprime également un profond malaise social. « Je suis là aussi avec mes amis pour défendre un niveau de vie qui s’effondre », s’énerve-t-elle en montrant le petit groupe solidaire d’une dizaine d’autres jeunes qui s’est créé.

PROFONDES INÉGALITÉS

« On vient de faire connaissance et on partage ce sentiment de profondes inégalités aujourd’hui entre les plus riches et les plus pauvres. On parle entre nous comme jamais auparavant » s’étonne-t-elle, consciente de l’égoïsme et du matérialisme qui dominait la société de Hong Kong.

« C’est incroyable ce qui se passe, on sent une solidarité et surtout un profond malaise. On ne peut plus vivre aussi bien que nos parents, tout est devenu trop cher ». Ses voisins, un jeune couple, acquiescent. Lui a 27 ans et se trouvait en première ligne le 28 septembre lorsque la police a chargé. Il s’en est remis. Sa copine, 28 ans, représentante en prothèses dentaires, est toujours « traumatisée ».

Assis dans le sous-sol d’un Mac-Donald ouvert 24/24 près des barricades, le jeune couple pose clairement la réalité : « Nous sommes ensemble depuis plus de quatre ans, mais nous vivons chacun chez nos parents ! Et pourtant nous travaillons tous les deux, mais nous n’avons pas les moyens de payer un loyer et encore moins d’acheter un appartement. Inaccessibles pour nous car nos parents ne sont pas riches ».

LES LOYERS EXPLOSENT

Il a fait des demandes de en entrant à l’université il y a des années, « mais aujourd’hui nous gagnons trop pour obtenir un HLM…».

Cette petite classe moyenne ne peut suivre l’augmentation des prix de l’immobilier, ce qui a des conséquences sociales dévastatrices pour ceux qui rêvent de fonder une famille. Une voisine, Tracy Lau, 40 ans, qui a un copain mais n’est pas mariée, se désole. « Le gouvernement ne nous écoute pas, les loyers explosent, les jeunes couples vivent séparément chacun chez leurs parents, même mariés certains ne peuvent vivre ensemble… car leurs parents ne peuvent même pas les loger ».

Alors lorsqu’on leur pose la question d’avoir un bébé, Tracy comme Zoé lèvent les bras au ciel, horrifiées : « Même pas en rêve, c’est impossible, Hong Kong n’arrivera même pas à renouveler sa population et nous serons tous envahis par les Chinois continentaux qui prennent déjà nos places dans les universités, écoles, hôpitaux, crèches et logements ! » On sent à la fois une colère sourde et un fatalisme désolant dans leur voix.

À 35 ans et 40 ans, on lit dans leurs yeux l’urgence de faire quelque chose mais aussi l’impasse dans laquelle elles se trouvent. Hong Kong a un des taux de natalité les plus bas au monde. En dépit d’une situation qu’elle qualifie « d’insoluble », Zoé garde le sourire et rêve de rencontrer un gentil garçon. « Peut-être sur les barricades deMongkok… »

…….

LA NATALITÉ À HONG KONG

La natalité à Hong Kong est pratiquement la plus faible du monde,avec un taux de descendance finale (nombre moyen d’enfants par femme) de 1,03 selon les Nations-Unies. Il est plus bas encore à Macao (0,94), et reste très faible en Corée du Sud (1,23), à Singapour (1,26), et au Japon (1,34).

Dans le monde, le taux moyen de descendance finale s’élève à 2,53. Il est de 2 en France, de 1,3 en Allemagne, et de 1,58 dans l’Union Européenne.

Dorian Malovic

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Les dirigeants de l’APEC doivent inviter la Chine à libérer ceux qui soutiennent les manifestations de Hong Kong

Posté par cercletibetverite le 7 novembre 2014

http://www.amnesty.fr/Presse/Communiques-de-presse/Les-dirigeants-de-APEC-doivent-inviter-la-Chine-liberer-ceux-qui-soutiennent-les-manifestations-de-H-13150

Les dirigeants de l’APEC doivent inviter la Chine à libérer ceux qui soutiennent les manifestations de Hong Kong

Les dirigeants du monde qui se réunissent à Pékin lundi 10 novembre dans le cadre du sommet de la Coopération économique des pays d’Asie-Pacifique (APEC) doivent inviter leurs homologues chinois à libérer les nombreux militants détenus en Chine continentale pour avoir pacifiquement soutenu les manifestations pro-démocratie à Hong Kong.

Les dirigeants du monde qui se réunissent à Pékin lundi 10 novembre dans le cadre du sommet de la Coopération économique des pays d’Asie-Pacifique (APEC) doivent inviter leurs homologues chinois à libérer les nombreux militants détenus en Chine continentale pour avoir pacifiquement soutenu les manifestations pro-démocratie à Hong Kong, a déclaré Amnesty International.

Au moins 76 personnes sont toujours derrière les barreaux en Chine continentale pour avoir soutenu les appels en faveur d’un véritable suffrage universel à Hong Kong, d’après les dernières informations qu’a pu vérifier Amnesty International.

« Les dirigeants de l’APEC ne doivent plus se taire au sujet de la répression qui cible les militants chinois exprimant leur soutien aux manifestants pro-démocratie à Hong Kong. Les convenances politiques ne doivent pas prendre le pas sur une action de principe, a déclaré Roseann Rife, directrice des recherches sur l’Asie de l’Est à Amnesty International.

« Ils doivent saisir cette occasion de s’exprimer et d’exhorter le président Xi Jinping à garantir que toutes les personnes enfermées uniquement pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression et de réunion pacifique soient libérées immédiatement et sans condition. »

Le mois dernier, la police chinoise a procédé à des arrestations en lien avec les manifestations pro-démocratie, notamment à Pékin, à Jiangsu, et à Guangzhou et Shenzhen, villes du sud de la Chine proches de Hong Kong.

Ces personnes ont été placées en détention pour avoir posté des photos sur Internet accompagnées de messages de soutien, s’être rasées la tête en signe de solidarité ou pour avoir prévu de se rendre à Hong Kong pour rejoindre le mouvement. Beaucoup d’autres ont été « invitées à prendre le thé », c’est-à-dire convoquées par les autorités pour être interrogées.

Les censeurs de l’État chinois ont tenté d’interdire les photos et d’empêcher toute mention positive sur Internet des manifestations en faveur de la démocratie, tout en obligeant les journaux et les chaînes télévisées à n’évoquer que les récits et les commentaires approuvés par l’État. Le site Internet de la BBC et la plateforme de partage de photos Instagram sont interdits depuis le mois dernier.

À l’approche du sommet de l’APEC, les autorités ont empêché plusieurs militants de Chine continentale de se rendre à Pékin. Des militants de la capitale ont également été contraints de quitter la ville, notamment les militants bien connus Hu Shigen et Xiang Li.

« La dernière vague d’arrestations s’inscrit dans le cadre d’une attaque concertée contre les libertés fondamentales, depuis l’entrée en fonction du président Xi Jinping. Elle tourne en dérision les récentes déclarations du président, qui a affirmé que l’état de droit et les droits humains seraient pleinement respectés en Chine d’ici 2020 », a déclaré Roseann Rife.

L’attaque contre la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association au cours de l’année passée s’est notamment traduite par la condamnation à des peines comprises entre deux et six ans et demi de prison de personnes liées au Mouvement des nouveaux citoyens, un réseau informel de militants des droits humains.

Plus de 60 militants ont été arrêtés de manière arbitraire ou placés en résidence surveillée à l’approche du 4 juin, qui marquait le 25e anniversaire de la répression des manifestations pro-démocratie de la place Tiananmen en 1989. La police a également forcé plusieurs personnes à gagner d’autres villes de Chine.

Parallèlement, les dirigeants étudiants à Hong Kong ont déclaré qu’ils prévoyaient de se rendre à Pékin durant le sommet de l’APEC, dans le but de rencontrer de hauts représentants chinois et de faire entendre leurs revendications en faveur d’une réforme électorale. Des centaines de manifestants pro-démocratie occupent toujours des quartiers du centre-ville de Hong Kong dans le cadre du mouvement de protestation qui a débuté le 26 septembre.

Notes aux rédacteurs
Liste des personnes détenues :
Voici la liste des militants et des citoyens chinois dont Amnesty International sait qu’ils ont été arrêtés en Chine continentale en lien avec les manifestations de Hong Kong : http://www.amnesty.org/en/news/chinese-activists-detained-supporting-hon….

Au total, 93 personnes ont été arrêtées depuis le début des manifestations à Hong Kong. Au 6 novembre 2014, 76 personnes étaient toujours derrière les barreaux.

07 novembre 2014

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