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L’aéroport de Toulouse vendu aux Chinois : en Grèce, un précédent inquiétant

Posté par cercletibetverite le 8 décembre 2014

http://blogs.rue89.nouvelobs.com/chez-noel-mamere/2014/12/08/laeroport-de-toulouse-vendu-aux-chinois-en-grece-un-precedent-inquietant-233895

L’aéroport de Toulouse vendu aux Chinois : en Grèce, un précédent inquiétant

 

Noël Mamère
Député de Gironde
Publié le 08/12/2014 à 16h38
L’aéroport de Toulouse vendu aux Chinois : en Grèce, un précédent inquiétant dans Chine toulouse-chine-grece-port2
Le port du Pirée à Athènes, en mai 2004 (CHAMUSSY/SIPA)

La vente par la France de 49,9% des parts de l’aéroport de Toulouse au consortium chinois Symbiose, pour 308 millions d’euros, soulève de nombreuses questions. Après la fusion du groupe chinois Dongfeng avec PSA il y a quelques mois, le rachat d’actifs au Club Med ou à GDF-Suez, cette vente hors-norme d’une infrastructure stratégique liée à Airbus peut inquiéter.

Même si ces investissements sont peu de choses à comparer avec ceux réalisés par la Chine dans les pays de l’Europe du Nord ou en Grande-Bretagne, le symbole est fort. Disons le tout net, nous ne nous plaçons pas du point de vue nationaliste, nous ne sommes ni antichinois ni antiaméricains, mais, comme Européens convaincus, nous regardons les faits.

Au Pirée, des salariés précarisés

Un précèdent justifie ce questionnement légitime. Le Pirée, le port de marchandises d’Athènes, un des plus grands de la Méditerranée, est racheté en 2008 par un groupe public chinois Cosco. Pour 3,3 milliards d’euros, ce groupe obtient l’autorisation d’exploiter l’embarcadère numéro deux pour les 35 prochaines années, s’engageant en échange à investir 564 millions d’euros dans la modernisation des équipements portuaires, la construction d’un troisième embarcadère et le quasi triplement de ses capacités de gestion des marchandises.

Profitant de la crise et de la politique indécente de la Troïka, forts d’une croissance économique inégalée et de la surévaluation du yuan, les Chinois disposent avec Le Pirée d’une tête de pont en Europe et rivalisent ainsi avec Rotterdam.

Or, que voyons-nous quelques années après ? Les conditions de travail ont précarisé les salariés portuaires comme jamais. Les syndicats ont disparu.

Personne ne sait ce qui s’y passe. La presse grecque et internationale n’est pas la bienvenue et la compagnie Cosco communique très peu sur ses activités ou ses projets de développement. Ils emploient des immigrés clandestins sans papiers, sans assurance, et personne ne les contrôle. Ils travaillent les dimanches, fêtes et jours fériés et ne respectent plus le droit du travail grec. Pour la première fois en Europe, c’est la loi chinoise qui s’impose.

La nouvelle route de la soie passe en Europe

L’aéroport de Toulouse n’est que la continuation de cette stratégie. La Chine s’offre à peu de frais une occasion de renforcer sa présence en Europe après avoir investi à bas prix dans d’autres secteurs clés. Car, à la différence d’autres pays occidentaux ou émergents, la Chine a une stratégie coordonnée au plus haut niveau politique. Dans un premier temps, elle consiste à mettre en place un réseau de ports, de centres logistiques et de voies ferrées pour distribuer ses produits, accélérer les échanges commerciaux entre l’Orient et l’Occident et profiter d’infrastructures hautement rentables sur le continent.

Cette nouvelle route de la soie passait hier par l’Afrique – la Chinafrique est devenue une réalité presque aussi redoutable que la Françafrique –, elle se transporte aujourd’hui en Europe pour y vendre ses produits et capter les nôtres.

L’acquisition de l’aéroport de Toulouse, qui pourrait être suivie de ceux de Nice et de Lyon, s’inscrit comme une nouvelle étape d’un expansionnisme pacifique. Nous ne pouvons faire l’impasse de l’analyse de ce phénomène en raison de ses implications géopolitiques et économiques :

  • le basculement du monde du Nord vers le Sud, se confirme. Comme l’Inde ou le Brésil, la Chine, deuxième puissance économique mondiale, qui pourrait devenir la première aux alentours de 2030, ne fait que prendre la place qui lui revient. Elle procède avec des objectifs précis : garder la maîtrise de son approvisionnement en ressources alimentaires, énergétiques et en matières premières. En voulant se prémunir à long terme des crises et des pénuries futures, elle impose de fait son propre modèle économique au reste du monde. Et l’économique, on le sait, n’est jamais très loin de la politique ;
  • la Chine est le premier bailleur de fonds de la planète. On peut comprendre que, dans ces conditions, l’Europe lui déroule le tapis rouge. Si elle rachète les dettes des pays comme la Grèce, le Portugal ou l’Espagne, c’est parce qu’elle a besoin à tout prix d’une Europe solvable. L’Union européenne est son premier client, elle y exporte plus de 20% de sa production. Elle a donc besoin d’une Europe en bonne santé. Mais, avec le temps, cette bienveillance se transformera en pression de plus en plus forte au fur et à mesure de la montée en puissance politique et militaire de la Chine ;
  • les entreprises chinoises, comme la plupart de leurs dirigeants, demeurent liées au pouvoir politique. La nature du régime chinois, autoritaire et corrompu, ne peut pas ne pas rejaillir sur les pratiques de ses entreprises. Même si les règles et les normes en vigueur sont contraignantes, le rapport de force économique fait que, comme au Pirée, elles risquent d’être bousculées, accélérant la dérèglementation sociale et environnementale en Europe. Enfin, chacun sait que l’espionnage économique est un des atouts importants du régime chinois, notamment dans le domaine de la haute technologie. Etre ouvert au monde n’est pas nécessairement être naïf.

L’inconsistance politique de l’Europe

La morale de cette histoire n’est pas que les Chinois sont de méchants impérialistes, mais que l’Europe est une fois de plus politiquement inconsistante. Aux Etats-Unis, il existe un Comité chargé des investissements étrangers (CFIUS). Pourquoi pas une haute-autorité chargée d’examiner les investissements étrangers en Europe ?

Pour une fois, au lieu de privilégier les logiques de concurrence contre les services publics au niveau interne, on mettrait en avant l’intérêt des peuples et la souveraineté européenne. Mais l’Europe, paralysée par ses divisions le peut-elle ? Le veut-elle ? C’est une autre histoire.

Publié dans Chine, Europe, France | Pas de Commentaire »

 

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