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Tashi Rabten, ancien prisonnier, s’exprime sur son passé et sa foi en la poésie

Posté par cercletibetverite le 25 avril 2015

 

    http://www.tibet-info.net/www/Tashi-Rabten-ancien-prisonnier-s.html#.VTu0mTqJgdU

  Tashi Rabten, ancien prisonnier, s’exprime sur son passé et sa foi en la poésie

vendredi 24 avril 2015 par Monique Dorizon , Rédaction

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Tashi Rabten
© T.C.H.R.D.

Tashi Rabten est un écrivain tibétain, poète et rédacteur en chef de la Province tibétaine de l’Amdo, aujourd’hui Province du Sichuan. Il a été libéré en mars 2014 [1] après avoir purgé une peine de quatre ans à la prison de Mianyang [2], dans le Sichuan.  Il était étudiant à l’Université du Nord-Ouest pour les nationalités et a édité le journal en langue tibétaine « Shar Dungri » aujourd’hui interdit. Il a également publié Trag-yig (« Lettres de sang« ), compilation de ses poèmes, notes et écrits sur la situation au Tibet après les manifestations de 2008 [3]. Dans une conversation récente qui circule sur divers sites de réseaux sociaux, Tashi Rabten parle de ses expériences en tant qu’étudiant universitaire et prisonnier politique, et de sa nouvelle foi en la puissance de la poésie.  Voici une traduction de l’interview parue initialement en tibétain sur son blog :

Moyens de subsistance : « Je n’ai aucun ennemi. Je suis ma propre volonté« .

- Mon nom est Tashi Rabten. Theurang est mon nom de plume. Je suis de Dzoege [4]. Qualifiez-moi comme une personne qui a refusé de faire partie du rêve chinois. Il n’y a aucune connexion entre le rêve chinois et moi. Je ne veux pas faire partie d’un gouvernement ou d’une organisation. J’aime la liberté. À l’heure actuelle, je dirige un ja khang (salon de thé) à Ngaba [5]. Il offre une variété de thés tibétains et chinois.  Je crois que l’on doit avoir des moyens de subsistance indépendants. Je suis sûr que les gens à l’intérieur et l’extérieur du pays m’observent. Donc, je ne veux pas entendre dire : « Regardez Theurang. Il ne peut même pas se nourrir« . Aux critiques cyniques, je veux envoyer ce message : « Bien que Theurang ne possède pas de bol de fer, il ne va pas mourir de faim. Il veut avoir une vie indépendante« .

Vous étiez un prisonnier politique du Tibet. Quels sont vos points de vue au sujet des prisonniers politiques ? – « Prisonnier politique » est un terme très connoté. Pour être honnête, je ne comprends pas la politique. J’ai été emprisonné pour avoir composé des œuvres littéraires. En d’autres termes, j’ai été criminalisé pour avoir exprimé mon point de vue. Même lors de mon procès, j’ai dit au juge que les écrivains tibétains devraient avoir un espace ouvert pour s’exprimer. Je maintiens ce point de vue. Que ce soit dans le Tibet ou ailleurs, si quelqu’un me dit d’abandonner ma plume, je n’accepterai jamais cela. Je pourrais tolérer quoi que ce soit, mais je ne pense pas que je puisse tolérer que l’on me demande de couper les liens avec la littérature tibétaine.

Parlez-nous un peu de votre expérience en prison ? Il a été dit que vous lisiez beaucoup de livres. – Oui, j’étais capable de lire de nombreux livres en prison. Appelez-le « Tourner l’adversité en amitié« ,si vous voulez. La plupart des livres que j’ai lus étaient en chinois. Normalement les prisonniers  n’ont pas le temps de s’asseoir et de lire des livres. Tout le monde doit travailler. Si vous avez de nombreuses « étoiles » (système de notation de la prison) pour votre travail, votre peine de prison sera réduite. Mais j’ai continué à écrire aux autorités de la prison, en disant que je n’avais pas commis de crime et que je ne pouvais pas travailler. Heureusement, le directeur de notre prison, par rapport aux chefs d’autres prisons, n’était pas insensible aux Tibétains. C’était un homme raisonnable. Il m’a permis de lire des livres. Quand j’étais en prison, j’ai dit à un de mes amis que je n’avais pas d’ennemis. Le fait que j’ai vécu en prison était dû à un choix que j’ai fait. Depuis que j’ai exercé mon propre choix, je n’ai de haine contre personne. Et je n’ai pas de regrets.

Qui est votre plus grande inspiration dans la vie ? – Ma mère. Elle ne sait ni lire ni écrire, mais c’est une femme forte et honorable. Surtout dans les moments d’adversité, elle est très forte. Elle a soutenu toutes les décisions que j’ai prises dans ma vie. Elle ne s’y oppose pas. Elle s’est toujours levée et m’a encouragé. Outre le fait qu’elle aimait son enfant, comme font toutes les mères, comme être humain elle a une vision ouverte. Pour cela, je lui suis très reconnaissant.

Il n’y a rien que vous vouliez faire ? – Je veux voyager dans toutes les régions du Tibet et décrire avec des  mots la joie et la souffrance et le plaisir et la douleur de mes compatriotes. Je veux étudier la tradition tibétaine et la langue anglaise.

Pouvez-vous revenir sur votre vie à l’université ? Quelle a été votre plus grande récompense  en tant qu’étudiant à l’université ? – J’étais étudiant à l’Université du Nord-Ouest pour les nationalités en Amdo. Pendant mon séjour à l’université, j’ai été « transformé » en prisonnier politique. D’étudiant, je suis devenu prisonnier. C’était en quelque sorte ma récompense. En outre, comme étudiant d’université, j’ai eu l’occasion de réfléchir sur tout, émettre des doutes et débattre de toutes sortes d’idées. J’étais heureux d’avoir trouvé un tel environnement académique particulier.

Votre livre Trag Yig (« Lettres de sang« ) est bien reçu par les lecteurs au Tibet. Quelle est votre appréciation de ce travail ? – Trag Yig est mon premier livre. Il a été bien accueilli par les lecteurs. Le livre a raconté l’époque terrible que nous avons eu à traverser. Je crois qu’un écrivain doit être capable de se lever et d’exprimer son point de vue sur ce qu’il vit. J’ai eu à composer Trag Yig à la hâte. J’ai été obligé de l’écrire après avoir assisté à l’effusion de sang des Tibétains des trois provinces ; j’avais à le faire, parce que les voix d’autres écrivains tibétains ont été muselées. Le livre témoigne de la vérité.

Qu’est-ce que la poésie pour vous ? Allez-vous continuer à écrire et à publier ? – Je vais continuer à écrire. Dans le passé, j’ai essayé d’écrire des essais et des poèmes. Maintenant, je veux me concentrer uniquement sur la poésie. Malgré les difficultés de la prison, c’est la poésie qui m’a sauvé. Écrire des poèmes m’a donné le courage et la perception. Les poèmes m’ont apporté soutien et réconfort. Dans le passé, j’aimais la poésie. Maintenant la poésie est ma foi, ma religion. Je ne pourrai jamais renoncer à cette foi. Je peux apparaître comme celui qui poursuit une entreprise commerciale (avec mon salon de thé), mais c’est juste un besoin temporaire. Ce n’est pas ma foi. Il semble qu’un ou deux de mes collègues poètes soient déçus par le fait que j’ai ouvert un salon de thé. C’est parce qu’ils ont placé trop d’espoir sur moi. Je crois que, peu importe quel travail on fasse, on ne devrait pas abandonner sa foi et son rêve. Si j’avais renoncé à la poésie après l’ouverture d’un salon de thé, alors mes amis poètes et lecteurs devraient être déçus. Mais ce n’est pas le cas. J’ai foi dans la poésie. À l’avenir, je vais exprimer mes sentiments en mots et les transformer en textes.

Source : TCHRD, 31 mars 2015

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