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L’Italie résignée face à la vente de Pirelli à un groupe chinois

Posté par cercletibetverite le 23 mars 2015

http://www.lepoint.fr/automobile/actualites/l-italie-resignee-face-a-la-vente-de-pirelli-a-un-groupe-chinois-23-03-2015-1915173_683.php

L’Italie résignée face à la vente de Pirelli à un groupe chinois

 

Le Point – Publié le 23/03/2015 à 19:40

Le passage d’un fleuron industriel et sportif sous pavillon chinois affecte la péninsule qui n’a pas trouvé d’alternative valable à l’offre de ChemChina.

Manufacturier du sport automobile et de la moto, Pirelli va faire rouler les F1 en pneus chinois.

Manufacturier du sport automobile et de la moto, Pirelli va faire rouler les F1 en pneus chinois. © DR
AFP

Le passage annoncé dimanche sous pavillon chinois du groupe milanais Pirelli, fleuron industriel de l’Italie, est accueilli fraîchement, mais aussi avec une certaine résignation dans la péninsule, où l’on admet à demi-mot qu’il n’y avait pas vraiment d’alternative. Selon les termes de l’accord dévoilé dimanche soir par le principal actionnaire de Pirelli, la holding Camfin, le groupe chinois ChemChina va entrer via un montage complexe au capital du fabricant de pneus, qui devrait être retiré de la Bourse de Milan où il était coté depuis 1922.

Si tout se déroule comme prévu, l’actionnariat de Pirelli sera à l’avenir composé de ChemChina, majoritaire, et d’actionnaires italiens (essentiellement l’actuel PDG de Pirelli Marco Tronchetti Provera) et russe (le géant pétrolier public Rosneft), une alliance inédite en Italie. La transaction totale s’élèverait à 7,4 milliards d’euros, selon la presse italienne. ChemChina s’est engagé à laisser pour le moment les rênes du groupe à M. Tronchetti et à maintenir son siège et son centre de recherche en Italie. À terme, Pirelli sera cependant scindé en un groupe de pneus haut de gamme, qui pourra être réintroduit en bourse, et un autre dédié aux pneus industriels, qui devrait être allié à une filiale chinoise.

Il s’agit d’un « parcours de croissance qui prendra du temps, mais auquel je crois fortement et dans lequel je m’engagerai comme dirigeant et comme actionnaire », a écrit M. Tronchetti lundi matin dans un courrier interne aux employés du groupe. L’arrivée de ChemChina « nous permettra de faire avancer avec plus de vigueur notre stratégie de croissance », a-t-il assuré. Malgré ces promesses, l’accueil réservé à l’annonce italo-chinoise a été pour le moins réservée en Italie : « Hier, une des rares grandes entreprises italiennes a changé de patron », a grincé lundi matin l’ancien dirigeant de la gauche et ex-chef du gouvernement Romano Prodi.

« Aujourd’hui, la politique industrielle se fait à Pékin, et nous en sommes quand même satisfaits, car, avant, même les Chinois ne venaient pas » investir dans le pays, a-t-il souligné en appelant à « retrouver une politique industrielle ».

Pouvait-on faire autrement ?

Pour l’Italie, depuis des années en panne de croissance, cette nouvelle pilule amère arrive à peine quelques semaines après l’annonce de la cession à 100 % d’un prestigieux quartier de gratte-ciel milanais au Qatar. Et Pirelli fait depuis toujours partie du paysage industriel milanais. Fondé en 1872 dans la capitale lombarde, le groupe a commencé par fabriquer des pneus pour vélo avant de s’engager dans le secteur automobile naissant, y compris en compétition. Le groupe est actuellement fournisseur des pneus de Formule 1, mais aussi du Championnat du monde des rallyes WRC, dont il a été le manufacturier unique de 2008 à 2010, et en moto dans le Championnat du monde de superbike.

Seul membre du gouvernement italien à réagir dans l’immédiat à cette annonce politiquement délicate, le ministre de l’Emploi Giuliano Poletti s’est montré moins sévère que M. Prodi. « Il faut faire preuve de dynamisme et il faut le faire en ayant une idée : il me semble que c’est ce que Pirelli a fait, en maintenant son siège dans le pays, ainsi qu’une forte présence nationale. (…) Notre pays a besoin d’investissements internationaux », a-t-il lancé.

D’autres se sont voulus pragmatiques, comme Gian Maria Gros Pietro, président du conseil de gestion de la banque Intesa Sanpaolo, elle-même actionnaire indirecte de Pirelli via Camfin : l’accord conclu avec ChemChina « n’est pas idéal, mais où allons-nous trouver en Italie quelqu’un qui voudra disputer cette acquisition aux Chinois ? » Le quotidien La Repubblica va dans le même sens : l’opération est « le résultat de la mondialisation et de l’impossibilité pour une famille, les Tronchetti Provera, de maintenir le contrôle sur un groupe valant plus de 7 milliards d’euros malgré le soutien des principales banques du pays », note-t-il dans un éditorial lundi. « Pouvait-on faire autrement ? Il est difficile d’imaginer qu’un dirigeant arrivé au seuil des 70 ans puisse faire plus », relève le journal.

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Comment la Chine tisse sa toile en France

Posté par cercletibetverite le 23 mars 2015

http://www.latribune.fr/economie/international/comment-la-chine-tisse-sa-toile-en-france-463132.html

Comment la Chine tisse sa toile en France

Investissement Les Chinois ont racheté au moins 75 vignobles dans le bordelais depuis cinq ans.

Les Chinois ont racheté au moins 75 vignobles dans le bordelais depuis cinq ans. (Crédits : Reuters)
latribune.fr  |  23/03/2015, 16:44  -  1001  mots
Le futur partenariat entre Total et la Chine en Russie illustre la participation de plus en plus fréquente de Pékin dans le fonctionnement des entreprises françaises. Tour d’horizon des principaux investissements chinois en France.
La France est-elle devenue dépendante de la Chine ? On en est encore loin. Selon un récent rapport sur l’attractivité française, la Chine est le 8e investisseur étranger sur le territoire. La France n’attire « que » 3,7% des projets émanant du pays. Mais ce dont on peut être sûr, c’est que les partenariats en France et à l’étranger entre les deux pays sont de plus en plus nombreux. Et dans des secteurs de plus en plus variés.Dernière annonce en date : l’annonce par Total de la probable signature courant 2015 d’un accord sur un projet gazier en Russie. La France cherche à lever 10 à 15 milliards de dollars de Pékin pour le cofinancer. Le projet ne se déroulera pas sur un site français mais il souligne à nouveau la proximité entre les deux économies. Une proximité marquée notamment par des prises de participation de plus en plus fréquentes de la Chine dans les entreprises françaises. Revue de détail.

  • Dailymotion bientôt franco-chinois ?

Le Wall Street Journal affirmait lundi 16 mars que le groupe chinois PCCW était entré en négociations exclusives avec Orange en vue de racheter 49% du site internet français le plus consulté au monde. Le gouvernement français semble donc voir d’un meilleur oeil les discussions avec la Chine plutôt qu’avec les Etats-Unis. A l’époque ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg avait refusé un rapprochement de Dailymotion avec Yahoo!. A noter : le patron de PCCW Richard Li n’est autre que le fils de Li Ka-Shing… qui a racheté le groupe français Marionnaud pour 950 millions d’euros en 2005.

  • Fosun rachète le Club Med

Le conglomérat chinois Fosun et un groupe d’investisseurs français et brésiliens ont remporté en janvier dernier une offre publique d’achat amicale sur le Club Méditerranée. Fosun était actionnaire du groupe de vacances depuis 2010. Après dix-huit mois de bataille boursière, les Chinois ont proposé 24,6 euros par action (939 millions d’euros) et sont devenus propriétaires de la célèbre enseigne de loisirs. Un rachat qui a visiblement donné des idées aux Chinois dans le secteur du tourisme. Le 6 mars dernier, Fosun annonçait avoir racheté 5% (127,1 millions d’euros) du plus ancien groupe de tourisme au monde, Thomas Cook. Espérant doubler sa mise rapidement.

  • Deux Chinois et un canadien s’offrent 49,9% de l’Aéroport Toulouse-Blagnac

Deux investisseurs chinois ainsi que le fonds canadien SNC Lavalin ont racheté près de la totalité des parts de l’État dans l’aéroport de Toulouse-Blagnac en décembre dernier. Cette opération a signé l’échec de la campagne de crowdfunding lancée pour lutter contre la privatisation de l’aéroport en novembre. En un mois, la plateforme de financement participatif Wiseed avait pourtant récolté un montant record de 14,3 millions d’euros destinés au rachat des parts de l’État. Le gouvernement français s’est toutefois empressé de rassurer les Français : les pistes et les murs de l’aéroport resteront bien français.

  • Dongfeng entre au capital de PSA Peugeot Citroën

L’entrée du constructeur chinois Dongfeng au capital de PSA en janvier 2014 a signé la première alliance entre un grand groupe automobile français et un investisseur chinois. Dongfeng a investi 800 millions d’euros dans le groupe automobile, le même montant que l’Etat français, lui aussi entré au capital à ce moment-là. Dongfeng détient alors 14% de PSA.

  • GDF Suez

En 2011, la China Investment Corporation (CIC) a racheté 30% des parts de la branche exploration-production de GDF Suez pour 3,2 milliards de dollars (2,47 milliards d’euros).

  • Les Chinois s’intéressent au lait infantile

Début février, une nouvelle usine de production de lait infantile a vu le jour à Isigny (Calvados). L’investissement total a été de 62 millions d’euros, majoritairement réalisé par la coopérative Isigny Sainte-Mère. L’actionnaire chinois Biostime – une entreprise de nutrition et de soins pour enfants en Chine - a investi le tiers de cette somme. À Carhaix (Finistère), c’est le producteur laitier chinois Synutra qui s’est engagé à son tour dans la construction d’une usine de poudre de lait. Il a investi 90 millions d’euros.

  • Taihai échoue sur son implantation dans Manoir Industries

Les branches « Petrochem & Nuclear » et « Specialties » de Manoir Industries ont été acquises en juin 2013 par l’équipementier nucléaire Yantai Taihai. A l’époque, le montant n’a pas été communiqué. Les difficultés sont cependant arrivées très vite pour le fondeur chinois. En février, la Forge de Custines se déclarait en cessation de paiements après avoir accumulé 6 millions d’euros de pertes. Une période d’observation de six mois a été ouverte.

  • Au moins 75 vignobles du bordelais rachetés

Fin novembre 2012, un industriel chinois s’est offert le château de Bellefont-Belcier dans le vignoble bordelais. C’est la première fois qu’un ressortissant de ce pays s’offrait un grand cru classé de Saint-Emilion. Les Chinois sont devenus férus de vignobles français. Selon Challenges, au moins 75 propriétés ont été rachetées en cinq ans.

  • Kai Yuan Holdings rachète l’hôtel Marriot

Le fonds d’investissement de Hong Kong a déboursé 344,5 millions d’euros en juin dernier pour s’offrir l’hôtel de luxe sité sur les Champs-Elysées à Paris. Le but : transformer ce palace parisien de 18.000 mètres carrés en référence pour les touristes chinois fortunés.

  • Chaussures de luxe et prêt à porter

Le fond chinois Fung Capital a acquis 90% de la marque de chaussure de luxe Robert Clergerie pour environ environ 10 millions d’euros en 2011. L’année suivante, c’est la griffe Sonia Rykiel qui passait sous l’escarcelle de Fung Capital. La holding a racheté 80% des parts de la marque, encore indépendante, à la famille fondatrice.

  • Bientôt une ville franco-chinoise

Un énorme projet devrait voir le jour fin 2016 à Illange, petit village de 2.000 habitants en Moselle. La construction d’un méga centre d’affaires franco-chinois qui devrait accueillir 2.500 petites et moyennes entreprises chinoises. Lancé en 2012, le projet semblait s’enliser, notamment sous des contraintes juridiques. Mais il vient d’être relancé.

 

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Lobsang Kalsang a manifesté seul dans les rues de Ngaba avant d’être arrêté par la police

Posté par cercletibetverite le 23 mars 2015

http://www.tibet-info.net/www/Lobsang-Kalsang-a-manifeste-seul.html#.VRBQ3OFBRfA

Lobsang Kalsang a manifesté seul dans les rues de Ngaba avant d’être arrêté par la police

lundi 23 mars 2015 par Monique Dorizon , Rédaction

Lobsang Kalsang, jeune moine de 19 ans du monastère de Kirti, Comté de Ngaba [1], a été arrêté le 17 mars 2015 vers 15h40 (heure locale) à la suite d’une manifestation dans Ngaba.
Seul, pendant quelques minutes, il a arpenté les rues en criant des slogans tels que « Liberté pour le Tibet !« . Il tenait un portrait du Dalaï Lama dans sa main gauche et lançait des lungtas [2] de l’autre.
Peu de temps après sont arrivées les forces de police qui l’ont emmené vers un lieu inconnu.

Lobsang Kalsang est originaire du village de Chukle Gupma, Charuwa Yultso, Comté de Ngaba. Il est entré très jeune au monastère de Kirti pour y suivre des études bouddhiques.

Sources : The Tibet Post International et Radio Free Asia, 17 mars 2015.

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[1] Ngaba est à la fois une Préfecture (Aba ou 阿坝藏族羌族自治州 en chinois) de la région tibétaine de l’Amdo (actuelle province chinoise du Sichuan) et un district de cette Préfecture (Ngawa ou Ngaba, རྔ་བ་རྫོང་ , en tibétain, Aba ou 阿坝县en chinois)
Localiser Ngaba (« Aba ») au centre de cette carte.
Le monastère de Kirti est situé au nord-ouest de Ngaba, sur la carte ci-dessous.

[2] Lungta ou »chevaux de vent », drapeau coloré imprimé de mantras ou de prières que le vent propage.
Lungtas, les "chevaux du vent"

 

 

Monk protesting for a “free Tibet” arrested and abducted in Ngaba

Tuesday, 17 March 2015 20:10 Oliver Arnoldi, Tibet Post International
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Tibet-Lobsangkalsang-2015Undated photo of Lobsang Kalsang. Photo: TPI

Dharamshala – Chinese authorities in Ngaba County in north-eastern Tibet detained a Tibetan Buddhist monk earlier today for staging a peaceful solo protest while shouting slogans including: « free Tibet ». »Lobsang Kalsang – a 19-year-old monk from Kirti Monastery – was arrested while staging a solo protest in the streets of Ngaba shouting slogans protesting against Chinese rule in Tibet, » Ven Kanyak and Lobsang Yeshi – from Kirti Monastery in Dharamsala – told the Tibet Post International (TPI) this afternoon.

« Kalsang walked around for several minutes [at approximately 3.40pm local time] while carrying a portrait of His Holiness the Dalai Lama in his left hand and distributing windhorse prayer flags, » Kanyak and Yeshi added, citing contacts in Tibet.

« Chinese security personnel arrived at the site of the protest shortly after, » they said, adding that « his current condition and whereabouts remain unknown. »

Kalsang is a native of Chukle Gupma village, Charuwa Yultso, Ngaba County in the Amdho region of north-eastern Tibet (Ch: Aba County, Ngawa Tibetan and Qiang Autonomous Prefecture in the north-west of Sichuan province). He joined Kirti Monastery at a young age to become a monk where he trained in Buddhist studies.

His father’s name is Tsering and his mother’s name is Dechen. They have three children; Kalsang is the middle child.

The disappearance of Kalsang follows the abduction of Gedhun Phuntsok – another monk from Kirti Monastery – on March 8.

A large number of armed Chinese security forces and police have been deployed in the streets of Ngaga and the surrounding area during the past few weeks. Sources say that the Chinese government has imposed tighter control over the movement of local Tibetans, including monks at Kirti Monastery.

The heightened security presence appeared to be aimed at preventing protests on Tibetan National Uprising Day on March 10, which commemorated the 1959 Tibetan revolt against Chinese rule.

The Chinese regime has also recently imposed severe restrictions on internet and phone connections throughout Tibet in a greater attempt to prevent information reaching the outside world.

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Retour sur le conflit entre tibétains en exil lors de la commémoration du 10 mars à New-York

Posté par cercletibetverite le 23 mars 2015

23/03/15 | 15 h 45 min   

Retour sur le conflit entre tibétains en exil lors de la commémoration du 10 mars à New-York

Capture d’écran 2015-03-23 à 13.56.21

source : huffingtonpost 

Traduction France-Tibet

Chaque année le 10 mars les Tibétains en exil commémorent le soulèvement du peuple tibétain de 1959 contre l’occupation brutale et illégale par les communistes chinois. L’échec de la rébellion armée a finalement abouti à une répression violente des Tibétains, et la fuite du Dalaï Lama en exil. Après plus de six décennies sous occupation, sans aucun signe d’un changement dans les relations diplomatique avec le Chine, de nombreux exilés tibétains et des groupes de soutient occidentaux se sont réunis à New-York le 10 mars dernier pour montrer leur solidarité avec les Tibétains au Tibet.

Malheureusement, les tensions entre les tibétains militant ont conduit à un accrochage publique, qui a été filmé et posté sur les médias sociaux. La vidéo montre les militants Rangzen (pour l’indépendance) et les partisans de la Middle-Way (voie du milieu) en conflit verbal à propos de marcher ensemble et du libellé présent sur les bannières qu’ils tenaient. Un policier américain est intervenu pour faire la médiation et préciser que chacun avait le droit à la liberté d’expression en vertu du Premier Amendement.

 

Image de prévisualisation YouTube

Cet incident révèle les divergences qu’il y a entre les militants tibétains, les uns accusant d’immobilisme du gouvernement tibétain en exil et les autre d’une approche trop agressive et radicale.

Certains militants tibétains de longues date ont été rempli de tristesse en regardant ce triste incident qui sera considéré comme «se tirer une balle dans le pied». Heureusement ces débordements n’ont pas été répété dans la marche européenne organisé quelques jours après à Paris le 14 mars, au cours de laquelle des milliers de personnes, dont le chef tibétain en exil, le Premier Ministre Lobsang Sangay ont assisté.

D’un certain point du vue, un tel conflit pourrait être considéré comme politique, d’un autre, il est symptomatique d’une tension sous-jacente entre la jeunesse exilé « éduqués » (qui on suivit de grandes études, droit international, politique…) et la vieille génération des Tibétains. En particulier ceux qui se sont installés en Amérique du Nord. Tsering Shakya a récemment écrit à propos de cet écart entre ces deux générations ‘Twice Removed « .

Depuis une trentaine d’années afin de lutter contre les inégalités racial, une grande partie des américains issue du milieu universitaire, est tombé à la merci d’une idéologie de gauche politiquement correct qui divise les gens au nom du post-colonialisme et du relativisme culturel. Par conséquence, beaucoup de tibétains et pro-tibétains aux États-Unis deviennent partisans d’un mouvement pseudo-intellectualiste, Occidentalise et marqué par un hyper-nationalisme et une politique identitaire forte. Souvent prétendant comprendre et parler au nom des Tibétains du Tibet (même si pour la plupart ils n’ont jamais été sur place) et suggérant indirectement que les Tibétains au Tibet sont en désaccord avec la politique de la Middle-Way du Dalaï Lama et de leurs dirigeants démocratiquement élus.

Il est d’ailleurs assez ironique de constater que certains des militants tibétains les plus engagés sur les droits humains et la liberté d’expression ont supprimé des commentaires sur certains réseaux sociaux ou ont répondu avec sexisme et une violence gratuite quand les gens étaient en désaccord avec eux…

Cette tendance à l’hyper-nationalisme culturel dans les mouvement tibétain en exil, pousse une minorité de tibétain a rejeter le soutient des « sauveurs blanc ». Ces petits groupes de Tibétains – dont la plupart ne parlent pas un mot de tibétain et ont passé la majeure partie, sinon la totalité de leur vie en Amérique du Nord ou en Europe – tentent maintenant de convaincre les Tibétains au Tibet et ceux en exil que la source de leurs problèmes n’est pas le partie communiste chinois, mais bien les blanc, les Occidentaux. Ce qui arrange bien le gouvernement chinois qui se frotte les mains de tout cela.

Cependant ce que cette minorité, qui développe une forme de racisme du blanc, oubli c’est que la majorité des fonds de l’étranger, les passeports, les visas, et le soutien pour les Tibétains en exil, les écoles, les projets d’éducation et ainsi de suite proviennent toujours de l’Europe, de l’Amérique du Nord et de l’Australie. À l’exception de l’Inde, qui est la terre d’accueil des tibétains, les riches pays asiatiques tels que le Japon, la Malaisie, Singapour et les Philippines n’ont pas fournit les mêmes niveaux de soutien politique, moral et financier. L’expression «ne pas mordre la main qui vous nourrit» toute désagréable à entendre est néanmoins pertinente ici. L’ironie de l’incident à New York, en dehors de l’évidence qu’un groupe essayait apparemment de restreindre la liberté d’expression d’un autre, est que les tibétains de l’exil s’empressent à obtenir des passeports américains et de l’éducation et c’est peut être la chose même qui divise et ternit le mouvement.

D’une part, certains Tibétains , comme Samdup Tenzin, ont fait valoir qu’un tel conflit est un symbole des tibétains de l’exil conservateur qui par leur mode d’opération cherchent à museler ces braves Tibétains qui parlent contre le statu quo et l’homogénéité politique. D’autre part, certains prétendent que le mouvement Rangzen (pour l’indépendance) manque de vision à long terme et qu’il menace même de mettre en péril la pérennité de la liberté pour les Tibétains au Tibet. L’ancien leader tibétain en exil, Samdhong Rinpoche a déclaré que ces Tibétains sont même plus dangereux pour le Tibet que les Shougdèn et les Chinois. Des mots forts, mais non sans raison. Si l’on passe au delà des émotions et des injures, il y a des choses malgrés toute intéressante dans les deux mouvements qui s’affronte actuellement

Retour sur le conflit entre tibétains en exil lors de la commémoration du 10 mars à New-York dans Tibet

 

 

 

Ces désaccords ne justifient ni la censure, ni la liberté d’expression, ni la diffamation et la calomnie de quiconque. Mais c’est aussi une liberté de parole que d’exprimer son souhait de ne pas être associé avec des gens qui ont une idéologie différente. Tout comme durant le mouvement des droits civique des noirs-américains au États unis tous n’étaient pas rangé derrière Malcom X. Une seule personne de couleur ne peut pas prétendre parler au nom de toutes et c’est leur droit fondamental que de se distancer de ceux qui n’ont pas les mêmes opinion. Pour la majorité des tibétains exilés , il n’y a pas de doute que le point de vue du Dalaï Lama sur cette question est la plus sage, beaucoup plus que celle de tout bien intentionnés que ce soit étudiant américain ou aspirant intellectuelle. Comme le dit le chercheur, Robbie Barnett :

Pendant ce temps, la jeunesse tibétaine en exil est face à un défi urgent: L’écart qui se creuse entre eux et les 97 % des Tibétains qui restent à l’intérieur du pays. Il est probable que l’avenir de la question tibétaine sera décidé par les Tibétains de l’intérieur – estimé à 6 millions de personnes. Ils lisent et écrivent dans leur langue maternelle avec plus d’aisance que leurs homologues en exil. Beaucoup d’entre eux parlent aussi couramment le chinois, la langue dominante du commerce, du gouvernement et de l’éducation au Tibet …. Après le décès du Dalaï Lama, ceux qui sont au Tibet risque de voir venir la génération en exil comme ayant des intérêts différents des leurs ou comme manquant de compétences et de connaissances nécessaires pour diriger l’effort de régler le différend avec la Chine.

Un moyen de sortir de la fracture est, comme l’a fait savoir à Londres Tsamtruk Passang, d’unifier les force autour d’une obtention à l’autodétermination du Tibet. Jusque-là, pour les Tibétains au Tibet, un tel conflit n’aide personne mais au contraire profite au gouvernement chinois et peut être un signe que les jeunes Tibétains en exil deviennent de plus en plus hors sujet. C’est une véritable tragédie qui ne sera pas facilement à résoudre sans, la discussion, un respect mutuel et une démarche plus ouverte.

Le parlement tibétain qui tenait le 17 mars sa 9 ème session à condamné ce « triste incident » de New York, appelant publiquement à un maintient de l’unité et faire respecter les principes démocratique. L’événement de New York met pour la première fois au jour les désaccord dans l’idéologie et la mis en oeuvre entre les différentes associations et ONG pro-tibétaines.

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Blessures, asphyxie, risques chimiques: des centaines de produits « Made in China » sont retirés des rayons des magasins chaque année

Posté par cercletibetverite le 23 mars 2015

http://www.rtl.be/info/monde/international/blessures-asphyxie-risques-chimiques-des-centaines-de-produits-made-in-china-sont-retires-des-rayons-des-magasins-chaque-annee-710340.aspx

Blessures, asphyxie, risques chimiques: des centaines de produits « Made in China » sont retirés des rayons des magasins chaque année

Publié le 23 mars 2015 à 18h22
Blessures, asphyxie, risques chimiques: des centaines de produits

Près de 2.500 produits dangereux ont été retiré du marché en Europe en 2014. La Chine reste le pays d’origine de la plupart des produits dangereux.

Des matières allergènes dans les chaussures aux jouets dont les pièces peuvent être ingérées: près de 2.500 produits dangereux ont été retirés du marché l’an dernier en Europe. C’est ce qui ressort lundi du rapport annuel de Rapex, le système européen rapide d’échange d’informations. Deux produits dangereux sur trois venaient de Chine.

Produits interceptés puis retirés des rayons

Les autorités des 28 Etats membres, de la Norvège, de l’Islande et du Liechtenstein se tiennent informées, via Rapex, des produits dangereux qu’elles ont interceptés à leurs frontières ou qu’elles ont retiré des rayons. On peut ainsi prendre immédiatement des actions dans toute l’Europe contre les biens concernés.
Principalement des jouets

En 2014, Rapex a reçu 2.435 signalements, une augmentation de trois pour cent par rapport à 2013. Les jouets (28%), les vêtements et articles de mode (23%), les appareils électriques (9%) et les voitures (8%) sont les catégories de produits ayant subi le plus de signalements. Les risques les plus souvent signalés sont les blessures, les risques chimiques et le risque d’asphyxie. Malgré une coopération en matière de sécurité des produits, la Chine reste le pays d’origine de la plupart des produits dangereux. Plus de 64% des signalements concernaient l’an dernier des produits de Chine. La plupart des signalements ont été émis en Hongrie (12%), Allemagne (11%) et Espagne (11%).

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Tibet : péril, exil et asile

Posté par cercletibetverite le 23 mars 2015

http://bondyblog.liberation.fr/201503230001/tibet-peril-exil-asile/#.VQ-qdeFBRfA

Tibet : péril, exil et asile

AMBIANCE lundi 23 mars 2015

Par Louis Gohin

Tibet : péril, exil et asile dans Tibet IMG_20141101_154808-640x320

À Conflans-Sainte-Honorine (78), des dizaines d’exilés politiques tibétains subsistent grâce aux habitants et aux associations. Mais la levée de la trêve hivernale approche : accueillis provisoirement par des structures publiques, ils recherchent dans l’urgence une solution d’hébergement pour les prochains mois. 

«Nous savons bien qu’en dormant ici, il y a le risque de se noyer. Nous sommes suspendus au-dessus de l’eau.» Conflans-fin-d’Oise, confluent inattendu. En novembre dernier, des tentes étaient encore encore perchées sur les balcons d’une passerelle pour piétons enjambant la Seine. D’autres, plantées sur la rive, étaient occupées par un groupe de femmes. Et à quelques mètres, un campement masculin était installé sur le béton, sous la nationale 184, juste au-dessus de la bretelle.

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Depuis quatre ans, des exilés politiques d’origine tibétaine sont accueillis par l’association catholique “La Pierre Blanche”, installée sur la péniche “Je Sers” à Conflans-Sainte-Honorine (78). Les quelques membres actifs, en lien avec des habitants et avec d’autres associations, suppléent tant bien que mal aux besoins élémentaires de ces réfugiés.

« Nous arrivons ici et nous sommes secourus, dit un homme arrivé depuis quelques mois. J’ai un toit, de la nourriture et des vêtements. Et nous avons une visibilité vis-à-vis des autres associations, qui nous aident pour tous les autres besoins. Nous pouvons nous exprimer, nous former et aller de l’avant ». Ancien berger, il risquait la mort chez lui parce qu’il acceptait de donner du lait à des fugitifs dans les montagnes.

Plusieurs exilés m’expliquent qu’ils sont venus parce que la France a la réputation de respecter les Droits de l’Homme. Une femme, qui a dû abandonner ses six enfants pour fuir, explique que les Tibétains viennent en France parce qu’ils espèrent pouvoir y vivre tranquillement, pratiquer leur langue et leur religion sans être inquiétés (voire abattus). Ils sont en nombre relativement faible, comparés à d’autres populations de demandeurs d’asile. À Conflans, ils sont une soixantaine, et une trentaine ont été accueillis à Andrésy (95).

« Nous sommes vraiment reconnaissants envers le gouvernement français», entend-on à plusieurs reprises. «En fait, ils mettent sur le compte de l’État jusqu’à l’aide qu’ils reçoivent des associations », explique une médiatrice bénévole. «Et en réalité, s’ils semblent enthousiastes, c’est parce que culturellement les Tibétains ne se plaignent pas.» La situation reste en effet très précaire. Tous n’ont pas trouvé d’hébergement. Cet automne encore, le froid, la vermine, la pollution sonore de la route, l’isolement de groupes de femmes alors vécu comme une insécurité extrême, annonçaient un hiver particulièrement éprouvant.

«Ne restez pas sous le pont»

«Les forces de police sont venues deux ou trois fois, raconte un homme. Ils nous ont dit “Ne restez pas sous le pont”. Dans ce cas c’est très difficile, où devons-nous aller ?» La mobilisation de solidarité a finalement porté ses fruits : les Tibétains ont pu se réfugier avant les grands froids dans une salle mise à disposition par la mairie, ou bien chez l’habitant. Les femmes ont pour la plupart été accueillies par l’hôpital des Mureaux.

Malgré ces solutions de court terme, beaucoup peinent à se loger. Un homme, arrivé il y a un an et demi, dort de temps en temps dans le logement Adoma d’un compatriote. Mais lui, n’a pas encore le sien. « C’est très difficile et ça prend beaucoup de temps. » Et lorsqu’il n’était pas accueilli, il partageait le pont avec ceux qui n’avaient pas sa chance. Comme eux, il arrivait parfois à se loger grâce au numéro 115. Lorsqu’il y avait de la place. IMG_20141101_114655

Encore faut-il franchir la barrière de la langue pour prendre son téléphone, acquis grâce aux aides sociales. Certains parlent anglais ; beaucoup essayent d’apprendre le français sur la péniche ou avec l’aide de Maisons de quartiers, comme à Sartrouville (78). Le RER n’est pas loin. «Je viens du Tibet, et toi, de quelle zone Navigo ?»

À l’heure actuelle, le printemps approche et la trêve hivernale touche à sa fin. Les associations s’activent dans l’urgence pour trouver une solution. Le petit mouvement d’opinion accompagnant la manifestation de solidarité pour le Tibet du 14 mars dernier peut aussi aider la mobilisation de Conflans. La nécessité est pressante, de trouver des hébergements sur le long terme. « Le 115 va réduire la voilure, s’inquiète le directeur de l’association “La Pierre Blanche”. Les hébergements d’urgence vont fermer au début du mois d’avril.»

Il y a deux ans, une initiative collective a été lancée : des habitants ont hébergé des réfugiés quelques semaines. Et la plupart ont accepté de prolonger l’expérience sur plusieurs mois. «Des liens forts se sont créés », raconte la membre d’une autre association. «L’expérience a été reconduite les années suivantes.»

Mais le mouvement demande à être amplifié. Les tentes s’alignent encore sous le pont une bonne partie de l’année et de nouveaux exilés continuent d’arriver. Les rapports avec les immigrés tibétains se passent au mieux, selon cette bénévole. Ils sont d’autant plus appréciés que la discrétion est profondément ancrée dans leur culture. «Ils ne posent pas de problème. Il n’y a pas eu d’événements ennuyeux, de n’importe quel type, impliquant des Tibétains».

«Ils sont capables de vivre à plusieurs sans créer de heurts.» Plusieurs s’impliquent même dans les associations (contribution à la cuisine, à l’entretien des lieux), sans parler de ceux qui ont trouvé du travail. «Ils sont capables de s’impliquer dans une vie collective. Les réfugiés ont vraiment besoin d’un hébergement. » À bon entendeur, salut.

 

 

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Des initiatives existent également pour permettre aux exilés de se procurer du travail. Un membre de l’association « La Pierre Blanche » lance ainsi un appel aux entreprises qui accepteraient de former des Tibétains dans les domaines de la vente, de l’accueil et des services à la personne. Un lycée des Yvelines les recevra en apprentissage dès la rentrée 2015, s’ils trouvent un employeur potentiel.

La plupart des exilés, confrontés à des problèmes de survie (hygiène, alimentation, hébergement, langue, travail), semblent moins immédiatement préoccupés au quotidien par l’asile politique. Or, c’est à titre de réfugiés qu’ils peuvent obtenir un permis de séjour. Et pour certains, l’obtention est longue et incertaine. La précarité est d’autant plus pesante lorsque la menace d’une expulsion se précise au fil des mois.

Aujourd’hui, sur le pont de la péniche, un homme et une femme attendent. Depuis sept mois.

Je me revois un jour de novembre traverser la passerelle sur la Seine. De l’autre côté, des exilés vont et viennent sur le quai. On s’affaire à l’entrée de la péniche. On fait entrer des caisses d’objets et de vivres, on échange avec des habitants venus prêter assistance. À l’intérieur, une salle haute de plafond où l’on prépare des tables pour le déjeuner. Je suis présenté à un homme qui accepte de m’accompagner avec sa femme. Comme tous les autres, ils ont traversé des milliers de kilomètres au péril de leur vie. Dans chaque regard fuyant se reflète la tragédie d’une odyssée sans retour.

Au fond de la péniche, une chapelle que nous traversons. Tout au bout, nous entrons dans la sacristie, servant aussi de bureau. Là, se règle la charité faite aux naufragés de la terre, tout au fond de cette coque de fer flottant au confluent de la misère et de l’espoir. Dans ce recueillement commence le récit des horribles malheurs d’un couple en exil.

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Avant même que commence l’échange, la femme fond en pleurs. Elle est pâle, tousse souvent et souffre des côtes. Le mari prend la parole. Lui, opposant politique, a fui la Chine à pied. Il rencontre sa femme au Népal. Ils parviennent jusqu’en Hongrie avec l’aide d’un passeur. « Capturés par la police », leurs empreintes digitales sont «prélevées de force». « Obligés » à entamer une démarche d’asile, ils ne reçoivent pourtant aucun document. La police hongroise refuse de leur restituer les pièces du dossier prouvant leur identité, apportées du Tibet.

Le récit du mari est ponctué par les pleurs de sa femme. Dans l’intimité de la petite cabine, les murs de bois amortissent le son feutré de leur voix. Il évoque les douloureux attouchements qu’elle a subis. Comment, battue, elle eut une côté cassée. Comment elle fit une fausse couche le premier soir. Sans assistance médicale.

Il dit que la visite à un médecin accordée à sa femme le lendemain, qu’il n’a pu accompagner, n’a produit aucune amélioration de santé. Que les quatre jours passés en camp d’accueil ont aggravé ses problèmes respiratoires. Il décrit les conditions d’internement comme sales, surpeuplées et indignes. Il explique qu’il est finalement parvenu à s’échapper avec sa femme et à se réfugier en France, où elle a pu être prise en charge à l’hôpital grâce aux associations. Ils sont d’anciens agriculteurs, et ils aimeraient travailler. Or, contrairement à beaucoup de leurs semblables, ils n’ont toujours pas réussi à obtenir l’asile, ni une autorisation provisoire de séjour. Puisqu’ils n’ont même pas pu entamer leur procédure. À cause, précisément, de leur passage en Hongrie.

Droit d’asile

La législation française, reprenant un règlement européen dit «procédure de Dublin III», prévoit quel État européen doit prendre en charge chaque demande d’asile. Il s’agit, en principe, du premier pays de l’Union par lequel passent les exilés. Le couple n’a pas pu solliciter l’asile à leur arrivée en France parce qu’une demande avait déjà été enregistrée auparavant, en Hongrie.

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Puis, les autorités ont décidé de les renvoyer en Hongrie (arrêté de la préfecture). Sans l’aide juridique et logistique des bénévoles, ils y seraient peut-être déjà. Aidés par deux avocates françaises et par l’association «La Pierre blanche», l’homme et la femme ont déposé un recours devant le tribunal administratif assorti d’un référé (demande en urgence) contre cette décision. Le référé n’a pas été rejeté. Le juge a sursis à statuer : on doit attendre que le tribunal administratif examine le dossier.

En effet, il est théoriquement impossible, même dans le cadre de l’application du règlement de Dublin III, de renvoyer les gens dans un autre pays européen s’ils risquent d’y être traités de manière inhumaine. C’est ce que le Conseil d’État a clairement dit dans un arrêt de 2013, dans un cas similaire : « compte tenu des conditions dans lesquelles le requérant avait été traité au cours de son incarcération en Hongrie, (…) le refus d’admettre le requérant au séjour en France au titre de l’asile devait être regardé comme portant une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de solliciter le statut de réfugié. »

Il faut espérer que le tribunal administratif, statuant au fond, fera application de cette jurisprudence, et que le couple admis sur le territoire pourra présenter une demande d’asile. Ce qui ne signifie pas que l’Office français des réfugiés et apatrides (OFPRA) l’acceptera. Ni qu’en cas de rejet par l’OFPRA, la Commission nationale du Droit d’asile (CNDA) fera mieux. Car chacune de ces épreuves est très aléatoire.

Ce couple a eu la chance d’être accompagné dans ses démarches. Mais beaucoup de demandeurs se trouvent démunis pour toutes sortes de raisons face au système administratif, et en premier lieu à la barrière de la langue. Ce qui est la faute des autorités, car elles ne fournissent pas aux demandeurs d’asile le concours d’un interprète, pour préparer leur dossier et dialoguer avec un avocat.

S’agissant de la «procédure Dublin», les autorités doivent faire en sorte que les demandeurs d’asile aient bien les moyens de comprendre ce qui se dit et ce qui se fait à leur propos, et de savoir comment sont utilisées les informations qui les concernent. Ce qui implique, entre autres, de mettre à leur disposition un traducteur approprié. Concernant notre couple, c’est un ami tibétain qui les a accompagnés dans leurs démarches. En d’autres termes, non seulement les procédures sont trop compliquées, mais leur mise en application ne respecte pas, en pratique, le droit à l’information.

«Il faut faire connaître à la communauté européenne le fait que beaucoup de réfugiés sont très mal accueillis», dit un religieux. Le problème est que le règlement Dublin a pour origine une initiative de l’Union européenne. Il est heureux que, dans son rapport pour le Conseil de l’Europe, Niels Muiznieks ait préconisé de «ne pas procéder à l’adoption ou à la mise en œuvre de mesures législatives ou autres visant à accélérer encore plus les procédures d’asile avant la résolution des problèmes structurels des instances nationales d’asile». Le Conseil de l’Europe précise : «Le durcissement et la complexification des règles en matière d’asile et d’immigration posent de sérieuses questions de compatibilité avec les engagements internationaux de la France» (lire directement le rapport).

Le temps a passé depuis l’automne, et l’homme et la femme attendent encore, taraudés par la peur de retrouver leurs geôliers. La Seine coule toujours avec la même lenteur sous leurs yeux. Ils savent que cette eau va se mêler aux larmes et au sang que déversent d’autres fleuves dans les abysses de l’histoire, bien loin, de l’autre côté de la terre.

Louis Gohin

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