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L’autocensure au Japon, la question ouïgoure en Chine

Posté par cercletibetverite le 9 janvier 2015

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/3bd908d0-97c6-11e4-a324-342caa6c994c/Lautocensure_au_Japon_la_question_ou%C3%AFgoure_en_Chine

L’autocensure au Japon, la question ouïgoure en Chine

Gabriel Grésillon Yann Rousseau/Les Echos

Dans un pays obsédé par le consensus, la culture de la satire est ainsi très mal comprise. (AFP Photo)

Dans un pays obsédé par le consensus, la culture de la satire est ainsi très mal comprise. (AFP Photo)

Après l’attentat de Charlie Hebdo, l’opinion publique nippone peine à percevoir la dimension plus symbolique du massacre de mercredi et notamment l’atteinte à la liberté d’expression tandis qu’en Chine la menace ouïgoure est évoquée. En Chine, la question ouïgoure, en filigrane

Comme la plupart des dirigeants de la planète, Shinzo Abe, le premier ministre japonais, a fait parvenir, hier, un message de soutien aux autorités françaises et condamné «l’acte terroriste» perpétré à Paris. Tous les grands médias ont évoqué factuellement ces deux derniers jours l’attaque de la rédaction de Charlie Hebdo puis la traque des assassins. Pourtant, l’opinion publique nippone peine encore à percevoir la dimension plus symbolique du massacre de mercredi et notamment l’atteinte à la liberté d’expression qui connaît des frontières différentes dans l’Archipel. Dans un pays obsédé par le consensus, la culture de la satire est ainsi très mal comprise. Les médias les plus irrévérencieux se permettent dans l’Archipel au maximum des caricatures grossissant les traits physiques d’un personnage public ou s’amusent parfois à l’affubler d’un costume décalé mais jamais ils n’oseront jamais risquer d’offusquer ou de peiner une personne ou une communauté.

S’imposant une forte dose d’autocensure pour ne pas risquer de fragiliser l’homogénéité ou l’harmonie de la société, ils s’interdisent d’aborder avec humour nombre de sujets jugés tabous. Ainsi, la catastrophe de Fukushima et le drame des habitants de la région ne pourra jamais faire l’objet d’un trait décalé. En 2012 puis en 2013, les médias nippons et le gouvernement s’étaient d’ailleurs publiquement offusqués des caricatures diffusées en France à ce sujet par Le Canard Enchaîné et France 2. Ils n’avaient ainsi pas goûté un photomontage diffusé dans une émission de Laurent Ruquier, montrant le gardien de but de l’équipe japonaise de football affublé de quatre bras, grâce, selon les mots de l’animateur, à «l’effet Fukushima». Ne s’attardant pas sur cette défense de la liberté d’expression, certains médias nippons préféraient, ce matin, expliquer que l’attentat de Charlie Hebdo pointait surtout certaines failles du modèle français. Selon le Nikkei, le drame serait lié à la forte densité d’immigrés dans le pays et à l’incapacité de la nation à les intégrer économiquement du fait de la montée rapide des inégalités. En s’attardant sur ces enjeux, les médias cherchent à pointer en creux le succès du modèle conservateur japonais, qui a lui refusé l’immigration, réussi le plein emploi et privilégié une grande homogénéité des revenus entre les différentes classes sociales.

En Chine, la question ouïgoure, en filigrane

Dans leur majorité, les grands médias chinois, tout en couvrant la tragédie qui a frappé la France, se sont gardés de mettre l’accent sur la thématique de la liberté d’expression, forcément épineuse dans le contexte local. Ils ont été nombreux, en revanche, à évoquer la menace que représente l’extrémisme islamiste. De façon plutôt générale, certes, et sans mettre explicitement le doigt sur le risque qu’il fait peser sur la Chine. Depuis un an, cet enjeu est pourtant devenu majeur pour le pays: des violences d’un type nouveau ont été perpétrées sur le territoire. Fin octobre 2013, premier choc: au cœur même du pouvoir chinois, sur la place Tiananmen, un véhicule fonce dans la foule, et explose à quelques dizaines de mètres du portrait de Mao. Le drame fait 5 morts, dont les 3 occupants de la voiture. Puis, début mars 2014, c’est la gare de Kunming, dans le sud du pays, qui est prise pour cible par huit hommes armés de couteaux. Ils frappent au hasard dans la foule, tuent 31 personnes et en blessent 141. Le pays est traumatisé par cette barbarie.

Dans les deux cas, c’est la minorité ouïgoure, de confession musulmane, qui est montrée du doigt. De façon de plus en plus évidente, celle-ci semble gagnée par la tentation radicale. La province du Xinjiang où résident les Ouïgours, à l’ouest, est elle-même sujette à des troubles de plus en plus violents, dont la nature exacte est largement passée sous silence par les médias. En mai 2014, un véhicule fonce notamment dans un marché de la capitale du Xinjiang, Urumqi, et tue 39 personnes dans sa course folle suivie d’une explosion.

La retenue des grands journaux chinois sur ce thème dans leurs éditions d’hier démontre à quel point Pékin entend minimiser le problème ouïgour. Celui-ci est pourtant devenu, de toute évidence, l’un des plus graves qu’ait à gérer le pouvoir central, car de même que la question tibétaine, il est un défi pour l’unité du territoire national, qui constitue le plus intouchable des sujets dans la hiérarchie de la censure chinoise. A ce stade, Pékin répond au séparatisme ouïgour par une stratégie de répression totale. Pour la plupart des analystes étrangers, celle-ci ne fait qu’alimenter la colère des musulmans de l’ouest. Dans un stade, 55 personnes soupçonnées d’activités terroristes sont jugées en public, selon un procédé qui rappelle les heures sombres du maoïsme. Trois seront condamnées à mort. Puis, à l’automne, la communauté internationale peine à croire le verdict d’un tribunal: Ilham Tohti, un professeur d’économie d’origine ouïgour, qui animait un site internet visant à informer sur la réalité du Xinjiang et de ses troubles, mais n’appelait nullement au séparatisme, est condamné à la réclusion à perpétuité. Figure modérée, il écope d’une peine rare, qui démontre à quel point Pékin refuse toute forme de souplesse dans ce dossier. Ce qui rend d’autant plus critiquable l’éditorial du Global Times de mercredi. Le journal nationaliste fustigeait la liberté d’expression sans retenue, y voyant un motif d’humiliation pour la communauté musulmane d’Europe. Mais il se gardait bien de s’interroger sur l’efficacité de la stratégie ultra-répressive menée par le pouvoir chinois sur son propre sol…

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