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En Chine, la révolution écologique ou l’asphyxie

Posté par cercletibetverite le 19 novembre 2014

http://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0203937674389-en-chine-la-revolution-ecologique-ou-lasphyxie-1065301.php#

En Chine, la révolution écologique ou l’asphyxie

GABRIEL GRESILLON / CORRESPONDANT À PÉKIN | LE 18/11 À 06:00, MIS À JOUR À 10:11
  • Le « smog » devenu fléau numéro Chine. 495 500 grandes villes pays respectent normes l'Organisation mondiale santé qualité l'air. Une pollution s'étend terres cultivables affecte qualité l'eau.
    Le « smog » est devenu le fléau numéro un en Chine. 495 des 500 plus grandes villes du pays ne respectent pas les normes de l’Organisation mondiale de la santé sur la qualité de l’air. Une pollution qui s’étend désormais aux terres cultivables et qui affecte la qualité de l’eau. - Photo 31257103_1_kyodowc1/Newscom/Sipa

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Le monde entier a applaudi l’accord sur le climat annoncé par Pékin et Washington. Mais derrière ce signal fort, la « guerre » contre la pollution s’annonce longue et difficile à mettre en œuvre au plan local.

Tout un symbole : la Chine qui annonce, main dans la main avec les Etats-Unis, un engagement de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre. Le scénario, que beaucoup auraient cru impensable, s’est pourtant déroulé, la semaine dernière, à Pékin, au lendemain de la clôture du Forum de coopération Asie-Pacifique (Apec). Le monde entier a applaudi ce geste politique fort, par lequel les deux principaux pollueurs du monde, connus pour avoir souvent refusé toute forme de contrainte externe en matière d’engagements climatiques, ont voulu démontrer leur bonne volonté. Washington promet de diminuer de 26 % à 28 % ses émissions d’ici à 2025, par rapport à leur niveau de 2005. Et Pékin, pour la première fois, fixe une échéance à son pic d’émission : celui-ci devra être atteint, au plus tard, « autour de 2030 ».

La formule est délibérément floue et les spécialistes des questions environnementales savent bien que les objectifs de la Chine ne sont probablement pas suffisants. Malgré tout, Pékin a envoyé un signal fort : longtemps considérée comme un passager clandestin de la mondialisation, la Chine se dit prête à prendre sa part de responsabilité dans les grands enjeux planétaires, au premier rang desquels figure le réchauffement climatique. De quoi accréditer la thèse selon laquelle Pékin va enfin s’attaquer à la crise écologique qui secoue le pays. Ce forum de l’Apec aura décidément bien servi l’image de la Chine : non seulement elle s’est posée en rassembleur de toute la région, alors qu’on avait jusqu’alors remarqué, avant tout, son agressivité nouvelle en matière territoriale, mais même sur le plan environnemental, la voilà subitement en passe de devenir crédible. Et les chefs d’Etat ont effectivement pu voir Pékin sous un air à peu près pur.

La deuxième économie mondiale, qui est aussi le premier pollueur au monde, émettant désormais plus de gaz à effet de serre par habitant que l’Union européenne, malgré un stade de développement très inférieur, est-elle réellement en train de s’attaquer au cancer écologique qui la ronge ? Par les paradoxes qui l’ont accompagné, le forum de l’Apec apporte un bon résumé de la réponse. Car si les Pékinois ont loué le « bleu Apec » du ciel pendant cette dizaine de jours, c’est à la faveur de mesures draconiennes prises par les autorités. Un trafic automobile divisé par presque deux, des administrations et des écoles fermées, et une activité sur les chantiers et dans les industries réduite à néant, dans la capitale mais aussi dans une partie des provinces environnantes. Le sommet de l’Etat n’avait qu’un objectif en tête : ne pas perdre la face en accueillant les grands de ce monde dans un smog désormais aussi solidement associé à Pékin, dans l’imaginaire collectif mondial, que le sont le canard laqué ou la Cité interdite.

Comme toujours lorsqu’il y va de son image, le pouvoir central chinois a atteint l’objectif qu’il s’était fixé. Mais à quel prix ? Durant les semaines qui ont précédé les festivités, les usines de la région ont mis les bouchées doubles pour atteindre leurs objectifs de production. Octobre fut un mois asphyxiant, où les journées grises se succédaient sans presque aucun répit. Le marathon, couru dans une atmosphère franchement irrespirable, en fut l’humiliante illustration pour la capitale.

Toute la difficulté de la révolution écologique que doit accomplir la Chine se trouve ainsi illustrée : une volonté de fer au sommet de l’Etat, mais une pollution endémique au niveau local. L’Apec a démontré que le seul moyen immédiatement atteignable pour stopper la pollution consiste tout simplement… à arrêter l’économie.

Malgré tout, il ne fait plus l’ombre d’un doute que le pouvoir central a identifié la nécessité d’agir en profondeur. Le fléau est majeur : non seulement la qualité de l’air n’est pas aux normes de l’Organisation mondiale de la santé dans 495 des 500 plus grandes villes chinoises, mais il faut y ajouter une dégradation des sols inquiétante. Un cinquième des terres cultivables sont polluées, selon un chiffre officiel longtemps caché par l’Etat, et très probablement sous-évalué. Quant à la qualité de l’eau, elle est aussi très mauvaise, avec près d’un tiers des rivières sondées par le ministère de l’Environnement contenant des eaux considérées comme dangereuses pour le simple contact avec la peau.

Population exaspérée

L’image du pays est en jeu, mais il y a plus grave encore pour le pouvoir : l’exaspération de la population est également devenue palpable. Selon certaines sources, les problèmes écologiques seraient devenus le premier motif des innombrables soulèvements populaires qui secouent le pays localement. Li Keqiang, le Premier ministre, a donc officiellement déclaré la « guerre » à ce fléau. Il sait aussi, en bon connaisseur de la théorie économique, que l’appareil industriel chinois doit à tout prix monter en gamme et que la contrainte écologique représente, dans cette perspective, une réelle opportunité pour casser les résistances devant cet inéluctable processus.

Pour la première fois, il semble donc que le pouvoir cherche à se donner les moyens d’agir. Une nouvelle loi de protection de l’environnement va entrer en vigueur en 2015. Elle prévoit notamment ce que les experts souhaitent depuis longtemps : des amendes quotidiennes, et nettement plus dissuasives qu’auparavant, pour les pollueurs. Déjà, le ministère de l’Environnement communique abondamment sur les inspections qu’il effectue pour vérifier les émissions de polluants des usines. Les industriels étrangers opérant sur place sont unanimes : longtemps inexistantes, les normes de pollution deviennent un vrai enjeu.

Pour Ma Jun, l’un des rares spécialistes du sujet à être indépendants dans le pays, il y a enfin « une incontestable opportunité pour progresser, car non seulement la loi donne au pouvoir les moyens d’agir, mais elle prévoit également une meilleure implication de la population, via des mécanismes de surveillance ». Déjà, se réjouit l’expert, 180 sociétés, souvent de grands groupes d’Etat, se sont vu intimer l’ordre de publier, au quotidien, leurs niveaux d’émission de polluants. Du jamais-vu en Chine. A ses yeux, cela ne fait pas de doute : c’est parce qu’il existe désormais, en Chine, une volonté au plus haut niveau de l’Etat d’éradiquer la pollution que l’annonce conjointe de la Chine et des Etats-Unis a été possible. Pour la première fois, certaines provinces chinoises historiquement associées au charbon doivent notamment commencer à revoir à la baisse leur consommation. Tout ne serait donc plus qu’une question de temps ? Le temps qu’il faut pour remettre à niveau des industries trop polluantes, tandis qu’on ferme les plus obsolètes ? Hélas, le scénario est peut-être un peu trop optimiste. Car, s’empresse d’ajouter Ma Jun, « nous avons encore besoin de transformer notre gouvernance sur les questions environnementales. Nos vieilles méthodes ne peuvent plus fonctionner et continueront de buter sur la faiblesse des mécanismes d’application de la loi ».

Pour comprendre ce contexte, mettons le cap vers le sud du pays, dans la province du Guangdong, premier cœur industriel de la Chine. A une dizaine de mètres du sol, dans la bourgade de Xintang, trône un gigantesque panneau souhaitant la bienvenue dans le « parc industriel écologique de Xinzhou ». Pourtant, au cœur de ce complexe traversé par d’imposantes tuyauteries manifestement vétustes, l’odeur qui saute à la gorge est effroyable. Les ouvriers qui s’activent dans les teintureries environnantes ne la perçoivent même plus. « Quelle odeur ? » répondent-ils quand on les interroge. Dans les ruelles, on aperçoit des détritus s’entassant sur des dizaines de mètres, des bidons de permanganate de potassium éventrés, d’inquiétants bassins où flotte, presque solidifié, un mystérieux liquide noir. De la rouille, aussi. Le portail d’une usine approchée d’un peu trop près se ferme, sur cette consigne : « Ne restez pas là. »

Ecologique, le parc de Xinzhou ? La sympathique sexagénaire qui tente de gagner sa vie en vendant quelques légumes, à même le sol, juste au-dessous du grand panneau d’entrée, pouffe de rire à l’évocation de ce mot. « Ils peuvent bien écrire ce qu’ils veulent », lâche-t-elle. « Ils », ce sont les fonctionnaires locaux, petits roitelets intouchables. Ce sont « eux » qui, il y a longtemps, ont exproprié les habitants du quartier pour une bouchée de pain afin de faire construire cette zone d’activité, dont, forcément, ils tirent de substantiels revenus. Mais les ­consignes du gouvernement central, alors ? La lutte contre la corruption, la priorité accordée à l’environnement ? « Le gouvernement central peut dire ce qu’il veut. Ici, si on se plaint, on se fera juste casser les jambes », résume cette femme, qui connaît les méthodes musclées des potentats du secteur. Assise à côté d’une rivière, elle ajoute que « toutes les usines déversent leurs polluants dans ces eaux, il ne faut pas s’étonner ensuite de voir le nombre de cancers exploser ».

Faire appliquer la loi

Le cas de Xintang n’est qu’un exemple parmi des milliers. Pour Ma Jun, derrière les 180 sociétés qui publient désormais leur pollution en temps réel, « la grande majorité continuent à ne pas le faire ». Elles bénéficient forcément, d’une manière ou d’une autre, d’une forme d’impunité locale. On comprend mieux pourquoi les autorités centrales chinoises ont organisé, en octobre, un grand plénum autour de la question de la loi. Elles ont identifié que, en matière environnementale comme pour la plupart des problèmes de fond sur lesquels bute la Chine aujourd’hui, l’enjeu est de trouver un moyen de faire appliquer la loi sur le terrain. Car, quelle que soit la vertu prônée par Pékin, à ce stade, les juges n’ont aucun pouvoir sur des officiels locaux dont ils dépendent administrativement.

La solution, avec un point de vue occidental, serait évidente : l’indépendance de la justice permettrait enfin de faire sanctionner ceux qui le méritent. Mais, dans le ­contexte chinois, la simple évocation du concept relève de la pure provocation. Dans ses conclusions, le plénum du Parti a réitéré, au contraire, le principe de la soumission de la justice au Parti. Rien, en Chine, pas même l’armée, ne doit échapper à cette sujétion. Pékin a donc préféré annoncer un projet de réorganisation de la pyramide hiérarchique judiciaire afin de distendre les liens entre officiels et juges de la même entité territoriale. Le remède, encore flou, est-il à la hauteur du mal ? Dans la capitale chinoise, désormais, on redoute que les usines de la région se remettent à polluer abondamment pour rattraper le temps perdu pendant le Forum Asie-Pacifique.

Gabriel Grésillon, Les Echos

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0203937674389-en-chine-la-revolution-ecologique-ou-lasphyxie-1065301.php?3iei28sUL5XP22UR.99

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