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DRIRU (TIBET), 16 novembre 2014 : 26 étudiantes expulsées d’un couvent, la Chine continue son attaque contre les religieux tibétains

Posté par cercletibetverite le 18 novembre 2014

http://www.tibet.fr/site/index.php?itemid=23535

DRIRU (TIBET), 16 novembre 2014 : 26 étudiantes expulsées d’un couvent, la Chine continue son attaque contre les religieux tibétains

Category: General
Posté par : RFT
Date : 17/11
26 nonnes expulsées de leur monastère par les autorités chinoises

Phayul,
Lien original ici

Dharamsala, le 16 Novembre:
Le 15 novembre les autorités gouvernementales chinoises du comté de Driru ont expulsé 26 religieuses du couvent de femmes du village de Jhada Bhenkar.

Depuis septembre, une équipe de fonctionnaires chinois séjourne dans le couvent pour mener à bien la rééducation patriotique. Plusieurs religieuses, non mentionnées comme religieuse dans les documents officiels, ont dû fuir dans les montagnes pour échapper à l’expulsion.
L’informateur a indiqué que lors de cette campagne de rééducation patriotique, les religieuses ont été contraintes de dénoncer le Dalaï Lama, leur leader tibétain en exil. Les religieuses, selon la source, ont refusé de le dénoncer, un refus qui conduisit les autorités chinoises a vérifié le registre du couvent, ce qui a permis de trouver 26 religieuses non officiellement répertoriées.

Ces 26 religieuses ont plaidé auprès des fonctionnaires qu’ils les laissent poursuivre leurs études bouddhistes mais ellesont finalement essuyé un refus.

Les étudiantes du couvent viennent de Bhenkar, Trido, Gyalton et Sog.
Jhada Gon Palden Khachoe Ling a été construit en 1488. Il a été détruit pendant la Révolution culturelle en 1984 puis rénové. Le mois dernier, les Tibétains avaient reçu l’ordre de rappeler chez eux leurs parents inscrits dans les monastères et couvents du comté de Jomda dans la préfecture de Chamdo, région autonome du Tibet.
Les Tibétains ont également été menacés d’une suspension de leurs aides gouvernementales, entre autres sanctions, s’ils n’accédaient pas aux volontés du gouvernement.

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13 novembre 2014, TIBET, ses rivières, leurs poisons

Posté par cercletibetverite le 18 novembre 2014

http://www.tibet.fr/site/pollution.php?itemid=23524

13 novembre 2014, TIBET, ses rivières, leurs poisons

Category: General
Posté par : RFT
Date : 15/11
L’empoisonnement des rivières tibétaines : pas si naturel que le dit le gouvernement

Par Tempa Gyaltsen Zamlha
Tibet : Environnement et Développement
lien original ici
Thursday, 13 November 2014

« Dans le passé, nos rivières étaient propres et limpides, les montagnes et les vallées étaient reconnues pour leur beauté naturelle. Désormais les rivières sont polluées par les déchets empoisonnés des mines, » déclara à RFA un riverain. Il espérait ainsi que la publication de ces informations inciterait au moins à faire pression sur les autorités locales pour qu’elles agissent comme gouvernant pour le peuple et non pour les compagnies minières. En raison de la profanation de leurs montagnes et l’empoisonnement de leurs rivières par les pratiques minières destructrices, ces dernières années ces doléances ont été nombreuses et se sont largement répandues au sein de la population tibétaine.

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Fig1. La Rivière empoisonnée de la vallée de Gyama

Le 23 Septembre 2014, plus d’un millier de Tibétains des villages de Dokar et Zibuk (dans le voisinage de Lhassa) ont protesté contre l’empoisonnement de leurs rivières par la mine de Gyama Copper Poly-metallic. La mine se situe à proximité d’un bras de rivière utilisé par les riverains pour leur consommation personnelle, l’irrigation et leurs animaux. Mais comme toujours, les autorités locales ont déclaré, avec commodité, que la pollution était causée non par la mine mais par des facteurs naturels.

Une déclaration officielle similaire avait été énoncée en 2013 quand 83 mineurs avaient été tués lors d’un glissement de terrain causé par une mauvaise gestion des déchets miniers et par l’empilement de ces déchets à même sur la roche dans une vallée abrupte en V. La déclaration officielle avait été docilement reprise par l’agence de presse officielle Xinhua News sans le moindre soupçon d’objectivité malgré le nombre dramatique de morts. Cette approche systématique sans aucune transparence judiciaire et sans remords de la part du gouvernement local est devenue une dangereuse habitude ainsi qu’un étrange scénario.

La mine de Gyama est gérée par Huatailong Mining Development, une branche de China National Gold Group Corporation, célébrée par Pékin, comble de l’ironie, comme une mine modèle et bio-responsable. Si tels sont les critères de qualification d’une mine modèle, alors le fardeau du peuple et l’état de l’environnement sont sérieusement mis en danger. La falsification délibérée et systématique du gouvernement local quant aux causes du glissement de terrain de la mine de Gyama et de l’empoisonnement des rivières ne pourrait être expliquer que par ce gouvernement.

Mais en 2010, un article titrait : « Impact environnemental de l’activité minière sur la qualité des eaux de surfaces du Tibet : la vallée de Gyama » par Xiang et al.. Il affirmait qu’une « grave contamination au métaux lourds est attestée dans la Gyamaxung-chu (chu signifiant rivière) ainsi que dans les stations d’épuration de la vallée de Gyala. » L’article certifie également que « le risque environnemental dans la région de la source de la Gyamaxung-chu, où les mesures correspondant principalement au sous-sol géochimique, était égal à zéro. Toutefois, il existait un très haut risque en amont et au milieu de la rivière et il apparaît que si le risque est naturel, il est augmenté par les activités minières extensives. Les niveaux de métaux (tels que le plomb, le cuivre, le cadmium et le zinc) représentent des hauts risques pour l’environnement, incluant les populations riveraines et leur bétail. »

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Fig2. Le Village de Dokar

L’article va plus loin en disant que « la grande inquiétude environnementale réside dans l’important nombre de mines et de déchets miniers amoncelés, contenant grandes quantités de métaux lourds tels que le plomb, le cuivre, le zinc, le manganèse, etc. Ces amoncellements sont voués à relarguer leurs poisons par écoulement ou via les particules issues de l’érosion, et constituent donc un futur risque pour l’environnement local et une menace potentielle quant à la qualité de l’eau en aval. »

Gyamaxung-chu est une rivière nourrie par les eaux de surfaces, la pluie et la fonte des neiges avec un débit constant tout au long de l’année. Elle permet ainsi la vie aux nombreux villages le long de ses rives avant de confluer avec la rivière Lhassa qui elle même rejoint le Yarlung Tsangpo ou Brahmapoutre.
Un rapport similaire du Bureau de l’Environnement et du Développement de l’Administration Centrale du Tibet (CTA) a été publié en 2013 à la suite du glissement de terrain de la mine de Gyama. Ce rapport présente des preuves clefs qui mettent en évidence le lien entre le glissement de terrain et la mauvaise gestion des déchets miniers.
En considérant les preuves, pourquoi les autorités compétentes refusent d’ouvrir les yeux et nient la justice à son propre peuple ? Qui a donné tant de pouvoir aux compagnies minières au point qu’elles puissent être blanchies alors qu’elles sont responsables de la mort de leurs propres mineurs et de l’empoisonnement des rivières dont dépendent les communautés alentour ? D’après les Tibétains de cette région, la seule conclusion a tiré est qu’il existe une franche camaraderie sans complexe entre les compagnies minières et les autorités locales. Le pouvoir de cette relation prédomine tout le reste : les droits culturels des ethnies, l’intérêt de la communauté locale, les lois et procédures environnementales encadrant l’extraction des ressources minières. Ils pourraient même manipuler les médias officiels et les experts pour que ces derniers absolvent les crimes commis à l’encontre du peuple et de l’environnement.

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La récente protestation contre l’empoisonnement de la rivière est une tentative désespérée après presque 5 années de relance de plaintes déposées auprès des autorités chinoises de Lhassa. Le soi-disant gouvernement du peuple menace et intimide son propre peuple parce qu’il soulève ces problèmes d’intérêt public. Ces Tibétains n’ont plus d’autres choix que de chercher de l’aide à l’extérieur en avertissant les médias internationaux, espérant que Pékin s’en émeuve et que le gouvernement central vienne à leur secours. Je suis certain que Pékin s’inquiète du bien-être de son peuple. D’après un reportage du China Daily datant du 23 janvier 2013, les centres urbains de Pékin sont protégés par 300 stations de surveillance de la qualité de l’eau. Combien de telles stations existent-elles dans les zones d’habitations des Tibétains et pourquoi les habitants de la vallée de Gyama se voient nier de tels droits ? L’empoisonnement des rivières tibétaines aura des conséquences catastrophiques pour la Chine et le Monde. En effet, le Tibet héberge pour l’Asie les plus grandes réserves en eau potable et les sources des 6 grands fleuves (Yangtze, Fleuve Jaune, Mékong, Salouène, Indus et Brahmapoutre), irriguant les nations les plus peuplées du monde : Pakistan, Inde, Bangladesh, Birmanie, Thaïlande, Laos, Cambodge, Vietnam et la Chine.

Les Tibétains retirent une grande fierté de la pureté de leurs rivières et polluer leurs eaux est tout simplement contre leurs principes de vie. Au XIème siècle, quand le grand lettré bouddhiste indien Atisha Dipamkara visita le Tibet, il fut tant émerveillé par la fraîcheur et la pureté des rivières tibétaines qu’il recommanda que les eaux du Tibet soient la plus grande des offrandes en direction de Buddha. Depuis, la culture tibétaine de l’offrande de l’eau est visible dans chaque maison et monastère. Mais qu’offrira le peuple de la vallée de Gyama à ses déités, quand la simple et nécessaire eau potable est polluée ?

Tempa Gyaltsen Zamlha est Membre de la Recherche Environnementale à L’Institut de la Politique Tibétaine

Traduction France Tibet

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Poisoning Tibetan Rivers: Why is it not so natural?
Thursday, 13 November 2014
Tibet, Environnement et Développement,
lien original ici

“In the past, our rivers were crisp and clean, the mountains and valleys were known for their natural beauty. But now the rivers are polluted with poisonous waste from the mines,” is what a local resident said to Radio Free Asia hoping that letting the news out to the world would at least raise pressure on local authorities to act as the people’s government, rather than of the mining companies. Such grievances are numerous and wide spread among the Tibetan population in recent years due to the desecration of their mountains and poisoning of their rivers by destructive mining practices followed in Tibetan areas under Chinese occupation.

Fig1. River Poisoned by Gyama Mine
On September 23, 2014, more than 1000 local Tibetans of Dokar and Zibuk villages near Tibetan capital city Lhasa protested against poisoning of their rivers by Gyama Copper Poly-metallic Mine. The mine is located close to a stream that locals use for drinking, irrigation and animal feeding. But as always, the local officials conveniently declared that the water pollution in the rivers was caused by natural factors and not by the mine.

A similar official statement was issued back in 2013, when 83 mine workers of the same mine were killed in a mine induced landslide due to mismanagement of mine waste or over-piling of mine waste rocks on a steep V-shaped valley. The official statement was obediently published by Xinhua News without the slightest hint of journalistic objectivity despite the loss of so many lives. This systematic approach without any legal transparency and with no sense of compunction by the local Chinese government in Tibetan areas has become a dangerous trend and bizarre scenario.

The Gyama Mine is operated by Huatailong Mining Development, a subsidy of the China National Gold Group Corporation, and ironically is praised as eco-friendly and a model mine by China. If the standard and qualification for a model mine is of such, then the plight of the people and state of the environment is seriously in danger. The deliberate and systematic falsification of causes behind the Gyama mine landslide and river water poisoning by Chinese local government could only be explained by themselves.

But a 2010 article titled “Environmental impact of mining activity on the surface water quality in Tibet: Gyama valley,” by Xiang et al., firmly ascertains that “a localized severe heavy metal contamination is documented in the stream water of Gyamaxung-chu (chu means river) and wastewater treatment facilities in the Gyama valley.” It also states that “the environmental risk at the Gyamaxung-chu source area, where the measured contents correspond mainly to geochemical background was zero. However, there was a very high risk at the upper and middle parts of the stream and it appears to be both natural and accelerated by the extensive mining activities. The levels of metals (such as lead, copper, cadmium and zinc) represent the high risk for the environment, including local human populations and their livestock.”
Fig2. Dokar Village where the poisoned river flow through

The article further goes on to say that “ the great environmental concern are the many mining and processing deposits in the valley, containing large amount of heavy metals, such as lead, copper, zinc and manganese etc. These deposits are prone to leak its contaminants through seepage water and erosion of particulates, and pose therefore a future risk for the local environment and a potential threat to the downstream water quality.”
Gyamaxung-chu is a mountain spring fed by groundwater, rain and melting snow with continuous flow throughout the year providing life for the many villages situated on its path before draining into the Lhasa river and finally into the Yarlung Tsangpo or Brahmaputra.
A similar Assessment Report by Environment and Development Desk of Central Tibetan Administration back in 2013 after the Gyama mine landslide clearly produced strong evidence to link the landslide with the mismanagement of mine waste.
Considering the evidences, why do the relevant authorities refuse to see the truth and deny justice for its own people? Who granted mining companies so much power that they could get away with killing its own workers and poisoning community rivers? The only conclusion according to the local Tibetans is that there is an absolute cozy camaraderie between mining companies and local officials. The power of this nexus overrides everything else: ethnic cultural rights, local community interests, mineral resource extraction procedures and environmental laws. They could even manipulate official media and experts to validate outright crimes against its own people and the environment.

Fig3. Dokar Village with Gyama Mine Site seen in the background
The recent protest against river water poisoning is a desperate attempt after almost five years of continuous pleas to the Chinese authorities in Lhasa. The so called people’s government threatens and intimidates its own people for raising such issues of public interest. The people are left with no choice but to seek help from the outside world by appealing to international media, hoping Beijing would take notice and the central government would come to their rescue. I am sure Beijing cares about the welfare of its people. According to a report in China Daily (23-01-2013) the central urban areas of Beijing city alone have 300 water quality monitoring stations. How many such stations are there in the Tibetan areas and why are the people of Gyama valley denied of such rights?
The poisoning of Tibetan rivers will have catastrophic consequences to both China and the world, as Tibet is home to the largest store of accessible fresh water and source of Asia’s six greatest rivers (Yangtze, Yellow, Mekong, Salween, Indus and Brahmaputra), feeding some of the world’s most populated nations like Pakistan, India, Bangladesh, Burma, Thailand, Laos, Cambodia, Vietnam and China.

Tibetans take great pride in the purity of their rivers and causing river water pollution is simply against their way of life. In the 11th century when Indian Buddhist scholar, Atisha Dipamkara visited Tibet, he was overjoyed by the freshness and purity of Tibetan rivers so much that he recommended the waters of Tibet be served as the greatest offering to Lord Buddha. Since then the unmistakable Tibetan culture of water offering is prominently visible in every home and monastery. But what will the people of Gyama valley would offer to the Gods, when the very basic necessity of drinking water for the community is poisoned?

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Tempa Gyaltsen Zamlha is an Environment Research Fellow at the Tibet Policy Institute

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Au Tibet, sous l’œil de Pékin

Posté par cercletibetverite le 18 novembre 2014

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/00f11480-6c2c-11e4-869e-7e370c0bf9b8%7C2

ASIE Samedi 15 novembre 2014

Au Tibet, sous l’œil de Pékin

Une caméra de sécurité sous le Palais du Potala à Lhassa, la capitale du Tibet. (Keystone)

Une caméra de sécurité sous le Palais du Potala à Lhassa, la capitale du Tibet. (Keystone)

Le Tibet est interdit aux journalistes. En de très rares occasions, les autorités chinoises invitent un petit groupe de journalistes pour montrer la modernisation de la région autonome et faire pièce au discours du dalaï-lama. Fin septembre, «Le Temps» était de la partie pour un mini-périple de cinq jours sous bonne escorte. Reportage

  • Dans les avenues de Lhassa règne une agréable douceur de vivre. C’est vert, c’est calme. Est-ce parce que les motocycles sont tous électriques? C’est propre, c’est ordré. Est-ce pour cela que, année après année, Lhassa est désignée comme «la ville la plus heureuse» du pays par la télévision centrale chinoise? Les enseignes de luxe, vides, côtoient les pharmacies, les échoppes touristiques les bâtiments administratifs. A 3600 mètres d’altitude, sous le ciel bleu qui couve le chef-lieu de la région autonome du Tibet (RAT), tout est résolument tranquille.

«La dernière immolation remonte à plus d’un an, indique un commerçant. C’était devant le temple du Jokhang, un moine venu d’Inde.» Mais depuis, plus rien. «Même une bagarre est impossible, poursuit l’homme débarqué de Xi’an, au nord du pays, après qu’un copain lui a dit qu’on gagnait mieux sa vie ici. C’est la ville la plus sûre du monde.» Et si c’est le cas, ajoute-t-il, c’est parce qu’elle est la plus armée: «Vous ne les voyez pas, les soldats sont dans leurs casernes. Mais il y a plus de militaires que d’habitants.»

Le 14 mars 2008, Lhassa était le théâtre d’affrontements entre la police et des manifestants tibétains dénonçant l’emprise grandissante de Pékin. Des échoppes tenues par des Chinois avaient alors été incendiées et le bilan officiel fait état de 19 morts, tués par les émeutiers. De sources tibétaines, on évoque un nombre de victimes tibétaines bien plus élevé, tuées par la police. Depuis 2009, les territoires tibétains connaissent par ailleurs une vague d’immolations. Ceux qui ont laissé un message affirment agir pour la liberté ou demandent le retour du dalaï-lama, le chef spirituel des Tibétains réfugié en Inde depuis 1959.

Dans les avenues de Lhassa, en observant un peu plus attentivement, on aperçoit des caméras de surveillance à tous les carrefours. Certaines rues, dans la vieille ville rénovée, sont ponctuées à chacune de leurs extrémités par des guérites de police. Les lieux de rassemblement touristique sont filtrés par des détecteurs de métaux. Les temples ont chacun leur petit poste de police intégré. Autour du Jokhang, haut lieu du bouddhisme, des hommes en civil coiffés d’un chapeau de feutre scrutent depuis les toits la circumambulation de la foule.

Bien que ce ne soit pas indiqué sur les plans, une partie des casernes militaires de Lhassa est située côté sud de la rue Jiangsu, en bordure de la rivière Kyi, un affluent du Brahmapoutre. Dans son prolongement, rue de la Perle d’or, il y a le siège des autorités de la RAT. C’est là que reçoit Bianba Zhaxi, le vice-président du gouvernement. «A Lhassa, vous pouvez apprécier l’atmosphère d’harmonie et de liberté», explique-t-il à l’adresse des quatre journalistes suisses et autrichiens alignés pour l’occasion. En face, sur de grands fauteuils, une douzaine d’officiels prennent des notes.

Bianba Zhaxi, un Tibétain qui se présente comme fils de paysan, formule trois «recommandations», «pour bien comprendre ce qu’est le Tibet d’aujourd’hui». La RAT, dit-il, a réalisé en cinquante ans, ce qui a nécessité mille ans en Europe, à savoir le passage d’une «société féodale et esclavagiste» à un monde moderne; cette transformation n’a été rendue possible que par «la force des directives éclairées du grandiose système communiste»; le développement du Tibet, enfin, profite à l’ensemble des Tibétains, des Chinois, et de l’humanité. «Notez. J’ai confiance, soyez objectifs.» Au terme de ce monologue, le vice-président constate qu’il n’est plus en mesure de prendre des questions: «C’est l’heure de passer à table.»

Le Tibet n’est pas ouvert aux journalistes, sauf sur invitations, en petit groupe. Elles sont très rares. Alors quand l’ambassade de Chine nous contacte pour participer cet automne à un périple de cinq jours, il n’y a pas d’hésitation à avoir, même si le programme ne sera livré qu’à la veille du départ. A Berne, un diplomate prévient: il ne faudra pas prêter oreille aux «rumeurs» et aucune interview ne devra être entreprise en dehors du programme. A Lhassa, les officiels répéteront qu’il n’y a «aucune entrave» à notre travail et que nous sommes libres de sortir de l’hôtel. Pour autant que le programme le permette.

De Lhassa à Shigatse, en passant par Gyatse et des cols à 5000 mètres d’altitude, un constat s’impose: partout, les routes sont désormais presque aussi belles qu’en Suisse. Les pylônes électriques envahissent le paysage jusqu’aux vallées reculées, l’eau courante abreuve la plupart des ménages urbains. Et puis il y a cette nouvelle ligne de chemin de fer qui serpente, entre ponts et tunnels, à plus de 4000 mètres, le long du Brahmapoutre de Lhassa et Shigatse. C’est le dernier exploit des ingénieurs du rail chinois. Bientôt le train ira jusqu’à la frontière népalaise.

Ce Tibet ressemble aux affiches de propagande des années 1950 qui promettaient une Chine nouvelle, électrifiée, traversée d’ou­vrages d’art spectaculaires, de trains, d’avions et de camions. On y est. Pour ceux qui ont connu les chemins de terre du Tibet des années 1980, lors de cette courte période d’ouverture et de détente, le contraste est saisissant.

A Lhassa, les autorités donnent à voir la nouvelle université, «la plus haute du monde», comprenant 14 facultés, dont une de droit, et 10 000 étudiants dont 70% de Tibétains, ainsi que le Musée du Tibet – un Tibet qui se limite à la région autonome, à l’exclusion des autres territoires tibétains rattachés à d’autres provinces chinoises.

A Gyatse, la visite se poursuit par la demeure d’un aristocrate de l’«ancien Tibet», proche du dalaï-lama, ayant fui en Inde et qui mourra en Suisse. Sa collection de montres suisses – un goût que partagent les cadres du Parti communiste aujourd’hui – met en évidence sa débauche de luxure, explique un guide, alors que ses serfs croupissaient dans des cellules de 2 m2. Dans cette même ville, aussi calme que Lhassa, le secrétaire du parti fait visiter un projet pilote d’agriculture: à 4000 mètres d’altitude, sous serres, on cultive des fleurs, des champignons et des légumes grâce à des systèmes d’irrigation importés des Pays-Bas et financés par la ville de Shanghai.

A Shigatse, le chef de la cellule du Parti communiste du temple Tashilhunpo, accompagné d’un moine, supervise la visite du siège du panchen-lama, numéro deux de la hiérarchie du lamaïsme dont la dernière réincarnation fait l’objet d’une dispute entre Pékin et le gouvernement tibétain en exil. Manque de chance, le saint homme donnait un prêche public une heure avant notre arrivée. Il ne sera pas possible de le rencontrer. «Il est très occupé», note le moine. «Il se repose», précise le responsable du parti. S’ensuit la visite d’une communauté urbaine modèle ainsi que d’une famille modèle productrice d’alcool à 56 degrés s’étant vu attribuer le titre de «Famille des cinq bonnes civilités» – ce qui doit se comprendre comme la marque d’un attachement particulier à l’unité nationale.

Sur la route du retour vers Lhassa, enfin, la petite troupe fait un détour par une zone de protection écologique qui consiste en un vaste projet de reboisement financé par plusieurs villes chinoises. Le Tibet est l’une des régions les plus exposées aux effets du réchauffement climatique. En chemin, on observe l’avancée du désert avec des dunes grignotant le flanc des montagnes à 5000 mètres. Pour stopper les tempêtes de sable, on plante des peupliers.

Ce Tibet-là est résolument tourné vers l’avenir, ancré dans une Chine modernisatrice. Mais qu’en pensent les Tibétains? A l’Université de Lhassa, un professeur tibétain, flanqué du vice-recteur, un Chinois, explique que les thèses «séparatistes» du dalaï-lama ne sont pas les bienvenues parmi la population. «Promenez-vous et demandez aux gens.» Exercice difficile qui demande de ne pas parler en public. Plusieurs tentatives avorteront à l’apparition d’un homme vêtu d’un blouson de cuir dans tel temple alors que l’on s’entretient avec un moine ou d’un officiel qui s’interpose quand on esquisse une conversation avec un paysan.

Le passeport à croix blanche aide pourtant à délier les langues.

Les Tibétains connaissent la Suisse: «J’ai un cousin à Zurich»; «J’ai un oncle dans la région de Lausanne»; «Il y a beaucoup de Tibétains en Suisse»; «Le dalaï-lama va souvent en Suisse.» Lorsqu’on évoque le dalaï-lama, ces interlocuteurs hors circuit officiel mettent la main sur le cœur et ajoutent: «99% des Tibétains pensent comme moi.» Un jeune homme explique que, sous le calme apparent, les tensions sont toujours vives. Il voudrait quitter la Chine, mais les autorités ne délivrent plus de passeport et l’Inde, après le Népal, a bouclé sa frontière.

A Pékin, la conclusion de cette visite s’organise autour d’un repas offert par le chef du 7e bureau du Département de l’information du Conseil d’Etat, Lu Guangjing. C’est la voix du gouvernement central sur le Tibet et les droits de l’homme. «Les médias occidentaux sont trop influencés par l’opinion du dalaï-lama. Nous espérons qu’ils pourront à l’avenir rendre compte objectivement de la situation du Tibet, y compris en Suisse.» Voilà, enfin, l’explication de ce voyage. L’évocation d’une reprise du dialogue entre Pékin et le dalaï-lama de même que l’éventualité d’une visite de ce dernier en Chine débouchent sur une diatribe contre le chef spirituel des Tibétains accusé de vouloir diviser le pays quand bien même celui-ci parle depuis vingt-cinq ans d’une autonomie renforcée et non plus d’indépendance. «C’est un homme dangereux. Je n’arriverai peut-être pas à vous convaincre, constate l’officiel, mais soyez certain que vous ne me ferez pas changer d’avis.»

Une dernière question: pourquoi ne pas laisser les journalistes faire leur travail librement au Tibet comme dans le reste de la Chine? «Nous avons essayé dans le passé, soupire Lu Guangjing. Le résultat a été désespérant. Le Tibet, c’est très compliqué.»

Cette même semaine, Lhamo Tashi, 22 ans, étudiant originaire du village de Drukdo, s’immolait devant le poste de police de Hezuo, gros bourg de la province du Gansu. «Il l’a fait pour la liberté du Tibet», a indiqué sous couvert d’anonymat un Tibétain à une radio américaine. Il est le 138e Tibétain à se suicider par le feu.

 

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Hong Kong libère son « rêve démocratique »

Posté par cercletibetverite le 18 novembre 2014

http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Hong-Kong-libere-son-reve-democratique-2014-11-18-1265819

Hong Kong libère son « rêve démocratique »

Le « Street Art » sous toutes ses formes s’épanouit dans les rues occupées de la capitale financière asiatique, et révèle une créativité sans limites. Inattendue.

18/11/14 – 08 H 47

Au coeur du quartier politique d’ Admiralty, le « Lennon Wall », un immense mur tapissé de millie...

Au coeur du quartier politique d’ Admiralty, le « Lennon Wall », un immense mur tapissé de milliers de post-it multicolores où chacun peut exprimer ses désirs et ses rêves pour le futur de Hong Kong.

/Dorian Malovic

Hong Kong libère son « rêve démocratique » dans Hong Kong fleche_gris_precSuivant

Comment évoquer les vagues d’émotion qui submergent Hong Kong depuis près de deux mois ? Comment traduire en mots l’intensité de ce mouvement de « désobéissance civile » si singulier dans l’histoire de ce petit territoire de sept millions d’habitants ?

Enfin, comment décrire les états d’âme qui secouent les cœurs de ces milliers de jeunes qui protestent pour une démocratie complète, plantant leur tente dans trois sites symboliques de cette ancienne colonie britannique retournée à la Chine populaire en 1997 ?

Ce qui se vit à Hong Kong depuis plusieurs semaines, et qui risque de s’achever sans véritable victoire politique, a eu une traduction « Hong Kong style » unique, que les Hong­kon­gais eux-mêmes n’auraient jamais imaginé possible.

2 500 TENTES RONDES EN FORME D’IGLOOS

Imaginez seulement près de 2 500 tentes rondes en forme d’igloos, multicolores, posées sur le macadam de voies express et d’avenues d’ordinaire embouteillées qui sinuent entre les gratte-ciel de verre et d’acier, de centre commerciaux ou d’immeubles un peu décrépis datant des années 1970 !

> Revoir  : Hong Kong, un statut particulier depuis 1842

Élaboré depuis des mois, le mouvement « Occupy Central with love and peace » (« Occupez le centre avec amour et paix ») s’est implanté sur trois sites hautement symboliques de la cité financière asiatique.

D’abord sur l’île de Hong Kong : des centaines de tentes y encerclent le quartier d’Admiralty, où siège le gouvernement de la Région administrative spéciale (RAS) de Hong Kong en Chine, qui jouxte le Parlement local dont l’entrée est également bloquée.

« CONSCIENTISER » LA SOCIÉTÉ DE CONSOMMATION HONGKONGAISE

Ironie, la caserne qui abrite une garnison de l’Armée populaire de libération (APL) depuis le 1er juillet 1997, date de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, a une vue plongeante sur cette occupation.

« Nous voulons nous faire entendre par les gouvernements de Hong Kong et de Pékin »,explique simplement Benny Tai, professeur de droit à l’université de Hong Kong et un des leaders du mouvement « Occupy central », assis sur une estrade où se déroulent tous les jours les interventions officielles des différents leaders du mouvement.

> Relire  : Les grandes figures de la contestation à Hong Kong

À deux stations de métro vers l’est, toujours sur l’île, un petit segment de route d’à peine 200 mètres est bloqué par un petit essaim de tentes, au cœur de Causeway Bay, temple du shopping de Hong Kong. Il s’agit de « conscientiser » la société de consommation hongkongaise, réputée matérialiste et supposée non politisée.

UN « RÊVE DÉMOCRATIQUE » POUR TOUS.

Enfin, sur la péninsule continentale, le quartier de Mongkok (qui signifie le « Carrefour de la prospérité ») accueille des centaines d’autres tentes sur près d’un kilomètre, bloquant un des lieux à la plus grande densité de population au monde.

Le décor ainsi planté, des milliers d’acteurs, bien au-delà des seuls étudiants, vivent nuit et jour dans ce qui est peu à peu devenu un ensemble de petits villages. Des communautés se sont formées et soudées autour d’un « rêve démocratique » pour tous.

Des lieux de vie, d’échange, de partage, de dialogue. « Je n’ai jamais autant parlé avec d’autres gens que depuis que je vis ici », s’étonne Carmen KeiKei, 26 ans, éducatrice « installée » à Mongkok depuis le début du mouvement. « Je viens tous les soirs à Admiralty écouter les discours et les classes de démocratie », témoigne Eva, collégienne dans une école catholique, pour qui « la démocratie est essentielle dans une société ».

 « TOUT EST GRATUIT »

Chaque matin à Mongkok, Zoé Lee, 35 ans, se réveille et sort de sa tente pour rejoindre la grande tente bleue, l’« épicerie ». « On vient s’approvisionner en eau, biscuits, bonbons, nourriture, généreusement offerts par des gens, épiciers, parents d’étudiants et même restaurants du quartier… Tout est gratuit », s’exclame la jeune femme, qui n’en revient pas, dans la cité de l’argent.

> Chronologie  : Histoire du mouvement pour la démocratie à Hong Kong

Plus loin, elle lit les dernières nouvelles affichées sur un abribus, les vitrines d’une banque ou les murs d’une bouche de métro. Les pages des journaux y ont été collées au petit matin par le« groupe responsable média » du mouvement.

Déjà connectée à tous les réseaux sociaux sur son portable, Zoé constate que sa batterie va bientôt rendre l’âme. Elle se rend à la tente « recharge d’énergie » où un petit groupe de filles et de garçons avale une soupe de riz tout en gérant des dizaines de portables assoiffés d’électricité. « Un peu plus loin, on a un petit groupe électrogène », raconte Joyce Ma, étudiante en physique-chimie à l’université de Hong Kong.

HONG KONG INVENTE SON MODE DE PROTESTATION

« Ici on peut tout recharger et même réparer, dit-elle sur un ton très professionnel : portables, Android, tablettes, ordinateurs… et si on ne trouve pas une pièce, on contacte notre réseau ”électronique” et on nous livre dans l’heure, gratuitement. » Logistique parfaite. Efficacité assurée. Bénévolat garanti. Et les filles sont en première ligne. Une autre révolution.

« Ici, on est autonomes, on peut tenir un siège de plusieurs mois », s’extasie Zoé, qui se soucie de savoir ce que le monde extérieur pense de leur mouvement, de leur action, de leur façon de faire.

Sans tradition historique révolutionnaire, sans conflits sociaux violents ni mouvements politiques extrêmes, Hong Kong invente son mode de protestation. Pacifique et non-violent. Sincère et spontané. Presque naïf.

On pourrait se croire au milieu d’une kermesse lorsqu’on voit les différentes activités proposées aux « occupants » ou « visiteurs » : « Découpage, collage, ateliers de peinture, travaux manuels… » Il faut y voir une grande lucidité et une immense modestie.

WOODSTOCK À LA MODE NUMÉRIQUE

Tout semble si calme et policé, jusqu’aux slogans ou mots d’ordre inscrits sur les façades d’immeubles ou de ponts traversant les avenues occupées. « Peace and love », « Occupy central » est comparable à Woodstock dans les années 1960 aux États-Unis mais à la mode numérique et sans drogue ni libération sexuelle.

Faisant preuve d’une immense créativité artistique, à commencer par le symbole du « parapluie jaune » qui incarne la protestation et qui a d’abord protégé de la pluie puis des gaz lacrymogènes et des sprays au poivre à partir du 28 septembre, jour funeste où la police a chargé les manifestants.

À partir de ce jour, l’imagination n’a plus eu de limites : parapluies autocollants, images historiques détournées, tableaux mondialement célèbres de Munch, Léonard de Vinci, Michel-Ange, Van Gogh…

MUSÉE VIVANT, MÊLANT LE « STREET ART » ET « URBAN ART »

Cette ville de Hong Kong, estampillée « sans culture », s’est progressivement métamorphosée en véritable musée vivant, mêlant le « street art » et même l’« urban art » grandeur nature dont certains groupes d’intellectuels veulent préserver les œuvres en mémoire de cette page « historique » de l’histoire post-coloniale.

Pour Tracy, 40 ans, impliquée depuis le début, « le dragon pékinois nous écrase de sa puissance mais nous savons que nous avons déjà remporté une victoire en ayant pu nous exprimer ouvertement et librement sur nos revendications démocratiques. Nous savons maintenant que nous sommes capables de relancer un autre mouvement, d’une autre nature, à tout moment… tant que nous serons libres ! »

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TROIS MOUVEMENTS POUR UNE DÉSOBÉISSANCE CIVILE

Le mouvement démocratique à Hong Kong est incarné par trois grands mouvements :

« Occupy Central with love and peace », créé en janvier 2013, a été fondé dans le but de faire face aux obstacles politiques créés par Pékin dans la perspective des élections du prochain chef de l’exécutif à Hong Kong en 2017. Benny Tai, 50 ans, avocat et professeur de droit à l’université, en est le porte-parole et le dirigeant.

La Fédération des étudiants de Hong Kong, syndicat des étudiants, est le mouvement qui organise et planifie toute la stratégie des étudiants impliqués dans les rues de Hong Kong. Très organisée, active sur tous les réseaux sociaux, elle a pour leader Alex Chow, qui a fait forte impression lors du débat télévisé avec des membres du gouvernement le mois dernier.

« Scholarism », mouvement des lycéens fondé en 2012 par le jeune Joshua Wong, alors âgé de 15 ans, s’était mobilisé à l’époque contre la volonté de Pékin d’imposer des cours de « patriotisme » dans toutes les écoles de Hong Kong. Cette mobilisation, entre autres, avait fait reculer le gouvernement.

 

 

Dorian Malovic

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