• Album : FREE TIBET
      <b>FREE TIBET</b> <br />
  • novembre 2014
    L Ma Me J V S D
    « oct   déc »
     12
    3456789
    10111213141516
    17181920212223
    24252627282930
  • Archives

  • Visiteurs

    Il y a 1 visiteur en ligne
  • Sondage

    Désolé il n'y a aucun sondage disponible actuellement.
  • Accueil
  • > Archives pour le Jeudi 13 novembre 2014

Tibet : la répression de Pékin s’intensifie

Posté par cercletibetverite le 13 novembre 2014

http://www.fait-religieux.com/monde/asie-pacifique/2014/11/13/tibet-la-repression-de-pekin-s-intensifie-

Tibet : la répression de Pékin s’intensifie

LA RÉDACTION | LE 13.11.2014 À 16:24

 

Le tribunal de la préfecture de Ngaba (Aba en chinois), dans la province chinoise du Sichuan, a condamné le 3 novembre dernier huit Tibétains pour leur « participation au meurtre » de Konchok Tséten, qui s’est immolé par le feu en décembre 2013. Konchok Tséten, âgé de 30 ans et père de deux enfants, est décédé de ses blessures le 3 décembre 2013, après son auto-immolation à Meruma, dans la préfecture de Ngaba, région où se sont produites la plupart des immolations par le feu en protestation à l’occupation du Tibet par la Chine.Comme ses prédécesseurs, le jeune Tibétain avait crié des slogans anti-Pékin et appelé au retour du dalaï-lama, avant de mettre le feu à ses vêtements imbibés d’essence. Le corps en flammes, il avait réussi à courir quelques mètres le long de la rue principale avant de s’effondrer. Les habitants avaient alors affrontés la police chinoise pour tenter, en vain, de récupérer le corps calciné de Konchok Tséten. La confiscation du corps des suicidés par le feu a été instaurée par Pékin afin de dissuader les candidats à l’immolation, en privant leur dépouille des rituels funéraires qui traditionnellement doivent être effectués par les familles.

Tibet : la répression de Pékin s'intensifie dans Tibet dolma_tso

Dolma Tso, condamnée à 3 ans de prison (photo D.R.).

C’est une association d’anciens prisonniers politiques tibétains, Gu-Chu-Sum, qui a révélé cette information lors d’une conférence de presse donnée le 5 novembre à Dharamsala, siège du gouvernement tibétain en exil en Inde, par le frère de l’une des condamnées, Dolma Tso, mère d’une fille de 12 ans. « Ma soeur a été condamnée à une peine de 3 ans pour implication indirecte dans l’auto-immolation de Konchok Tséten », a déclaré son frère Kungyam. « Dolma Tso a essayé d’aider à placer le corps carbonisé de Tséten dans un véhicule, et c’est pour cet acte de compassion que la police chinoise l’a arrêtée », a-t-il poursuivi, ajoutant que sa soeur avait été « battue et torturée sévèrement » durant sa détention de 11 mois afin de lui faire « avouer sa participation à un acte de rébellion contre la Chine ».

Toujours selon le groupe Gu-Chu-Sum, deux autres personnes, Konme et Gephel, ont été condamnées respectivement à 3 et 2 ans de prison. Cinq autres Tibétains, dont l’identité pour le moment reste non confirmée, ont été jugés pour les mêmes faits et emprisonnés pour 5 ans.

Au total, depuis le 3 décembre 2013, une vingtaine de Tibétains auraient été arrêtés en représailles à l’auto-immolation de Konchog Tséten. Les autorités chinoises tentent d’enrayer la vague des immolations en opposition à Pékin, en arrêtant toute personne soupçonnée « d’implication dans les suicides » et en encourageant la délation.

Deux moines du monastère de Kirti, toujours dans la préfecture de Ngaba, ont été par ailleurs condamnés à 2 et 3 ans de prison pour « activités séparatistes et complot contre la nation », a rapporté le 10 novembre le site Phayul, tenu par le gouvernement tibétain en exil.

La « rébellion tibétaine » ne montrant pas de signe d’affaiblissement, Pékin vient de donner de nouvelles consignes aux responsables des régions dites « sensibles », mesures à l’encontre des fonctionnaires locaux et des membres du Parti communiste chinois (PCC) cette fois-ci.

Avec Eglises d’Asie (EDA)

Publié dans Tibet | Pas de Commentaire »

Moscou passe par la Chine pour contourner les sanctions occidentales

Posté par cercletibetverite le 13 novembre 2014

http://www.france24.com/fr/20141113-crise-ukraine-chine-russie-argent-gaz-contrat-finance-guerre-onu/Economie

Moscou passe par la Chine pour contourner les sanctions occidentales 

Moscou passe par la Chine pour contourner les sanctions occidentales  dans Chine 131114-poutine-chine-ukraine-m

© Grec Baker, AFP | Vladimir Poutine et Xi Jinping, deux amis de circonstances au sommet de l’APEC

Texte par Sébastian SEIBT 

Dernière modification : 13/11/2014

Pris à la gorge par les sanctions occidentales, Moscou se tourne vers la Chine pour continuer à exporter ses matières premières et financer sa politique interventionniste dans l’est de l’Ukraine. Une aubaine pour Pékin.

Après deux mois de trève fragile dans l’est de l’Ukraine, Moscou semble reparti sur le chemin du conflit armé. L’ONU a, d’ailleurs, déclaré que le risque de “guerre totale” était réel. Comment expliquer un tel changement d’attidude de la Russie ? Depuis leur mise en place au printemps 2014, les sanctions occidentales semblent avoir porté leur fruit : l’économie russe tourne au ralenti, une croissance d’à peine 2 % est attendue cette année, et l’établissement de listes noires d’oligarques, devenus persona non grata, a irrité les milieux d’affaires moscovites. Vladimir Poutine eut beau bombé le torse face à cette pression économique, il dût néanmoins mettre de l’eau dans son vin expansionniste.

Pékin n’est peut-être pas étranger à ce sursaut russe. Cette nouvelle escalade entre Moscou et les Occidentaux intervient quelques jours après la signature, le 9 novembre, de 17 contrats de coopération économique et militaire entre la Chine et la Russie. Gazprom a notamment conclu un accord avec le géant chinois de l’énergie CNPC pour qu’une partie du gaz qui passe par le gazoduc Altaï soit livrée aux Chinois. Ce nouveau partenariat devrait, d’après le PDG de Gazprom Alexeï Miller, permettre à la Chine de devenir le premier importateur de gaz russe devant l’Europe.

Pluie d’accords sino-russes

Ce n’est d’ailleurs pas premier accord financièrement juteux pour Moscou signé ces derniers mois avec Pékin. Depuis les premières sanctions économiques occidentales, ils se sont en fait multipliés. En mai dernier, les deux pays ont conclu un pacte historique dans le secteur gazier, d’une valeur de 321 milliards d’euros sur 30 ans. Plusieurs consortium publics chinois ont, en outre, investi, ces dernières semaines, dans des entreprises russes.

À tel point que le site américain d’information “The Daily Beast” a affirmé, mercredi 12 novembre, que “la Chine finance la politique d’agression de Poutine”. De l’argent frais qui arrive à point nommé pour Moscou. Jean-François Dufour, expert de l’économie chinoise et président du cabinet de conseil China DCA-Analyse, est d’accord sur le constat. “La Russie a réussi à substituer un client, l’Europe, par un autre, la Chine”, reconnaît-il. Selon lui, cette multiplication des contrats sino-russes a permis à Moscou “d’avoir accès à des fonds qui auraient pu lui manquer en raison des sanctions occidentales” pour financer sa coûteuse politique militaire.

Front anti-américain ou opportunisme économique ?

La consécration d’un front Pékin-Moscou anti-occidental, façon nouvelle guerre froide ? Jean-François Dufour n’y croit pas. “Pékin n’a aucun intérêt à ce que la situation s’embrase en Ukraine, bien au contraire”, affirme-t-il. Ce spécialiste rappelle que la Chine est avant tout une économie exportatrice qui a besoin d’un environnement international serein pour pouvoir commercer en paix. Une reprise des combats et une escalade diplomatique entre Russes et Occidentaux iraient à l’encontre de la volonté du régime chinois.

Pourquoi alors offrir une bouffée d’air financière à la Russie ? Par pur opportunisme, juge Jean-François Dufour. “Même si on ne connaît pas les détails des accords conclus, je parie que le prix négocié est à l’avantage de la Chine car la Russie est en position de faiblesse à cause des sanctions occidentales”, estime-t-il. Ainsi les négociations autour de la livraison de gaz par le gazoduc Altaï “achoppaient depuis des mois à cause de désaccords autour du prix”, rappelle Jean-François Dufour. Ce blocage a disparu au moment où la Russie était économiquement acculée.

Les accords sino-russes sont, peut-être, très avantageux à court terme pour Moscou puisqu’ils lui fournissent un accès rapide à des fonds. Mais sur le moyen et long terme, c’est Pékin “qui profite le plus de la brouille entre la Russie et les Occidentaux, car cela lui a permis de négocier au bon moment une nouvelle source d’approvisionnement en énergie”, note Jean-François Dufour. La crise ukrainienne a offert à Pékin l’opportunité idéale de s’assurer que ce ne sont pas seulement les États-Unis et ses alliés dans le Golfe fixeront la facture énergétique de la croissance chinoise.
Première publication : 13/11/2014

Publié dans Chine | Pas de Commentaire »

« Faire des enfants à Hong Kong, c’est impossible ! »

Posté par cercletibetverite le 13 novembre 2014

http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Faire-des-enfants-a-Hong-Kong-c-est-impossible-!-2014-11-13-1263576

« Faire des enfants à Hong Kong, c’est impossible ! »

Prix de l’immobilierqui flambent, salaires qui stagnent… la jeune génération hongkongaise ne peut plus fonder de famille.Le ressentiment à l’égard des Chinois continentaux qui « envahissent » Hong Kong nourrit aussi la colère des manifestants, au-delà des revendications démocratiques.

 13/11/14 – 15 H 00
Une jeune maman et son bébé dans le quartier de la finance. Hong Kong a un des taux de natalité l...

Susan Lim/EyePress News

Une jeune maman et son bébé dans le quartier de la finance. Hong Kong a un des taux de natalité les plus bas du monde.

« C’est ma maison depuis plus d’un mois », sourit Zoé Lee en montrant sa tente bleue plantée à quelques mètres des barricades du quartier de Mongkok. Il est deux heures du matin en cette nuit de fin octobre. Il fait frais. « La nuit sera calme ». Petites lunettes noires, une petite frange de cheveux noirs sur le front, Zoé paraît avoir à peine 20 ans et on pourrait la prendre pour une étudiante.

« Oh non, j’ai 35 ans et je suis assistante de direction dans une société immobilière » rougit-elle. Solidaire de la désobéissance civile depuis septembre, elle « travaille le jour, et vient ici le soir et les week-ends ». Les rumeurs d’actions policières pour dégager le blocus sont persistantes.« On ne sait pas comment tout ça va se terminer, mais on aura envoyé un message clair au gouvernement », se rassure Zoé.

Pour la jeune génération de Zoé Lee, le suffrage universel, la démocratie ou la liberté d’expression doivent être défendus, mais derrière cet engagement politique s’exprime également un profond malaise social. « Je suis là aussi avec mes amis pour défendre un niveau de vie qui s’effondre », s’énerve-t-elle en montrant le petit groupe solidaire d’une dizaine d’autres jeunes qui s’est créé.

PROFONDES INÉGALITÉS

« On vient de faire connaissance et on partage ce sentiment de profondes inégalités aujourd’hui entre les plus riches et les plus pauvres. On parle entre nous comme jamais auparavant » s’étonne-t-elle, consciente de l’égoïsme et du matérialisme qui dominait la société de Hong Kong.

« C’est incroyable ce qui se passe, on sent une solidarité et surtout un profond malaise. On ne peut plus vivre aussi bien que nos parents, tout est devenu trop cher ». Ses voisins, un jeune couple, acquiescent. Lui a 27 ans et se trouvait en première ligne le 28 septembre lorsque la police a chargé. Il s’en est remis. Sa copine, 28 ans, représentante en prothèses dentaires, est toujours « traumatisée ».

Assis dans le sous-sol d’un Mac-Donald ouvert 24/24 près des barricades, le jeune couple pose clairement la réalité : « Nous sommes ensemble depuis plus de quatre ans, mais nous vivons chacun chez nos parents ! Et pourtant nous travaillons tous les deux, mais nous n’avons pas les moyens de payer un loyer et encore moins d’acheter un appartement. Inaccessibles pour nous car nos parents ne sont pas riches ».

LES LOYERS EXPLOSENT

Il a fait des demandes de en entrant à l’université il y a des années, « mais aujourd’hui nous gagnons trop pour obtenir un HLM…».

Cette petite classe moyenne ne peut suivre l’augmentation des prix de l’immobilier, ce qui a des conséquences sociales dévastatrices pour ceux qui rêvent de fonder une famille. Une voisine, Tracy Lau, 40 ans, qui a un copain mais n’est pas mariée, se désole. « Le gouvernement ne nous écoute pas, les loyers explosent, les jeunes couples vivent séparément chacun chez leurs parents, même mariés certains ne peuvent vivre ensemble… car leurs parents ne peuvent même pas les loger ».

Alors lorsqu’on leur pose la question d’avoir un bébé, Tracy comme Zoé lèvent les bras au ciel, horrifiées : « Même pas en rêve, c’est impossible, Hong Kong n’arrivera même pas à renouveler sa population et nous serons tous envahis par les Chinois continentaux qui prennent déjà nos places dans les universités, écoles, hôpitaux, crèches et logements ! » On sent à la fois une colère sourde et un fatalisme désolant dans leur voix.

À 35 ans et 40 ans, on lit dans leurs yeux l’urgence de faire quelque chose mais aussi l’impasse dans laquelle elles se trouvent. Hong Kong a un des taux de natalité les plus bas au monde. En dépit d’une situation qu’elle qualifie « d’insoluble », Zoé garde le sourire et rêve de rencontrer un gentil garçon. « Peut-être sur les barricades deMongkok… »

…….

LA NATALITÉ À HONG KONG

La natalité à Hong Kong est pratiquement la plus faible du monde,avec un taux de descendance finale (nombre moyen d’enfants par femme) de 1,03 selon les Nations-Unies. Il est plus bas encore à Macao (0,94), et reste très faible en Corée du Sud (1,23), à Singapour (1,26), et au Japon (1,34).

Dans le monde, le taux moyen de descendance finale s’élève à 2,53. Il est de 2 en France, de 1,3 en Allemagne, et de 1,58 dans l’Union Européenne.

Dorian Malovic

Publié dans Hong Kong | Pas de Commentaire »

Paris Photo expose la censure en Chine

Posté par cercletibetverite le 13 novembre 2014

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20141113-paris-photo-censure-chine-ai-weiwei-chi-peng-gao-brothers/
CHINE PHOTOGRAPHIE
Publié le 13-11-2014 Modifié le 13-11-2014 à 14:17

Paris Photo expose la censure en Chine

media« Now-ing » (2012), photographie de Chi Peng, artiste exposé à Paris Photo à la galerie Paris-Beijing.Chi Peng / Courtesy Galerie Paris–Beijing.

Le plus prestigieux salon d’art photographique au monde ouvre ce jeudi 13 novembre ses portes au Grand Palais de Paris. Et pour une foire qui cherche surtout à vendre des tirages dont les prix atteignent parfois le million d’euros, l’édition 2014 de Paris Photo s’annonce étonnement politique. De la chute du Mur jusqu’aux régions de crise et de guerre actuelles comme l’Ukraine ou Israël. La galerie Paris-Beijing expose le travail de dix artistes chinois censurés en Chine. Entretien avec Romain Degoul qui avait fondé la galerie à Beijing en 2006.

Est-ce difficile de monter et de montrer une exposition sur des œuvres censurées en Chine en étant une galerie installée à Beijing ?

Non, pas vraiment. C’est vrai, on a été confronté au phénomène de la censure. Comme je le montre dans cette exposition, cette censure n’est pas quelque chose de violent, mais quelque chose qui peut arriver quand on sait que les artistes s’attaquent à différents sujets qui sont d’ailleurs listés dans des lois très précises. Pour Paris Photo, on a décidé de faire ce travail de recensement d’une dizaine d’artistes que la censure a souvent touché de près et de montrer une trentaine d’œuvres qui ont été censurées en Chine.

À l’entrée de votre stand nous accueille un drapeau rouge, In front of the Party’s flag, une œuvre de Liu Bolin de 2006, censurée en juin 2009  dans votre galerie à Beijing, situé dans le 798, quartier qui regroupe un grand nombre d’artistes. Vous décrivez « la censeure de 798 » comme une « étrange femme, mondaine, d’âge mûr et plutôt excentrique ».

Liu Bolin est un artiste qui se camoufle dans son environnement jusqu’à en devenir presque invisible. Cela évoque l’annihilation de l’être humain par la société, par la pression politico-culturelle, sociale ou environnementale. Là, Liu Bolin a décidé de se mettre en scène devant le drapeau chinois. Mais en Chine, les symboles et les emblèmes nationaux ne peuvent pas être pris dans les œuvres d’art. On n’a pas le droit de toucher aux symboles nationaux, ni de les réinterpréter. Pour cette raison, la censure est venue un jour dans notre galerie et nous a demandé de décrocher l’œuvre.

Est-ce que c’est reproduit depuis ou l’autocensure fonctionne-t-elle aussi très fort côté galeristes ?

Cela arrive assez régulièrement. Les dix artistes montrés sur le stand ont été censurés dans différents événements, dans des foires contemporaines ou dans des expositions ou ils s’autocensurent eux-mêmes, parce qu’ils savent dès le départ que les œuvres ne peuvent pas être exposées en Chine. À partir de là, c’est important pour nous de faire le relais, parce qu’une œuvre, quoi qu’elle soit, a besoin d’être montrée.

L’exposition s’appelle The Red Line. En Chine, quelle est la ligne rouge à ne pas franchir pour un artiste ?

 

Paris Photo expose la censure en Chine dans Chine Zhang%20Dali_0« In front of the Party’s flag » (2006), de Liu Bolin.Liu Bolin / ARTISTE / Courtesy Galerie Paris–Beijing

L’expression « La ligne rouge » vient du professeur Si Han qui a écrit un très grand texte sur la censure en Chine [The Invisible Red Linendlr] et qui développe trois biais distincts : il y a des raisons esthétiques, des raisons morales et des raisons politiques, notamment les emblèmes nationaux. La morale est plutôt liée à l’érotisme et la pornographie. L’esthétique cela peut toucher beaucoup de choses. C’est un peu la case fourre-tout.

Il y a une œuvre d’Ai Weiwei sur votre stand, Study of perspective (1995-2003), qui montre l’artiste, majeur érigé, face à des lieux du pouvoir, de la Place Tiananmen jusqu’à la Maison Blanche. Une photo censurée en 2000 lors de l’exposition « Fuck off » à Shanghai. Ai Weiwei, est-ce l’artiste le plus censuré, le plus connu, le plus médiatisé en Chine ?

C’est un peu le chef de file de la contestation ou de la protestation en Chine. Il n’est même pas censuré, il est aujourd’hui assigné à résidence, toutes ses œuvres sont suivies, mais on voit qu’il continue à exposer partout dans le monde des œuvres majeures, de plus en plus grandes et de plus en plus symboliques. Comme il le dit, le rôle des artistes aujourd’hui, c’est le combat politique. Ai Weiwei est un peu le chef de file, mais les autres artistes que j’expose ici à Paris Photo ne sont pas ses élèves. Liu Bolin, par exemple, ne prétend pas d’être un artiste protestataire. Il a juste un discours et se sert de différents éléments. Et si ces éléments ne rentrent pas dans les lignes, il assume les responsabilités.

En attendant, l’histoire de la censure continue, par exemple avec l’Interview des Gao Brothers, une œuvre que vous avez ramenée vous-même de Chine dans l’avion, dissimulée dans un tube comme un souvenir.

Les Gao Brothers ont été un peu dans la même situation qu’Ai Weiwei, mais pas aussi médiatisés. Dans les années 2007/2008, ils n’ont pas été assignés à résidence, mais il y avait toujours deux gendarmes qui surveillaient leur atelier, parce qu’ils avaient créé quelques œuvres très sensibles qui ne plaisaient pas au gouvernement. Ils ont toujours eu un rapport très tendu avec la censure en Chine. Là, on avait envie de montrer Interview(2006), une pièce très importante et très étonnante où tous les dictateurs du 20e siècle sont réunis autour d’un meeting.

Quel est le plus récent cas de censure artistique dont vous êtes au courant ?

Je ne connais certainement pas le dernier, mais c’était peut-être la semaine dernière, d’autant plus que, en ce moment, les choses se resserrent un petit peu avec le nouveau président. Le dernier cas qu’on montre ici à Paris Photo, c’est une œuvre de Chi Peng qui est aujourd’hui professeur au Central Academy of Fine Art de Pékin, une sommité. Son œuvre, qui montre un énorme singe sur le point d’envahir et de détruire le cœur politique de Pékin, a été censurée, il y a deux ans, à la foire d’art contemporain à Shanghai.

Quelle est la fourchette de prix pour les œuvres censurées exposées à Paris Photo ?

Cela va de 1 000 euros pour les œuvres de Ren Hang que nous montrons pour la première fois ici à Paris Photo, jusqu’à 80 000 euros pour l’œuvre d’Ai Weiwei.

Qui sont les gens qui achètent ces œuvres censurées ? Il y en a aussi des Chinois ?

Non, je ne crois pas. L’argument dans la vente de l’image n’est pas qu’elle soit censurée en Chine. À Paris Photo, j’ai voulu répondre à cette question de la censure qu’on me pose depuis huit ans : pourquoi ? Comment ? Quoi ? Quand ? Mais cette question n’intervient pas dans le processus de vente. On va plutôt reconnaitre Ai Weiwei ou d’autres artistes internationaux comme Liu Bolin ou Zhang Dali qui sont des artistes de très haut niveau, collectionnés par des plus grandes institutions mondiales. C’est plutôt cela que les acheteurs vont venir rechercher.

Ils sont achetés partout, sauf en Chine ?

Ils sont achetés partout et commencent à être – si ce n’est pas achetés – aussi être connus en Chine. Mais acheté, cela va être plutôt à Hongkong, à Taiwan, dans des parties de la Chine qui sont déjà un peu plus ouvertes par rapport à l’art contemporain actuel.

À Paris Photo, autour de votre stand, avez-vous déjà vu une petite dame étrange, mondaine, d’âge mûr prenant des notes ?

C’est bien possible [rires]. Il me semble de l’avoir vue, mais je ne sais pas.

 

Hei%20Yue_0 dans Chine« Beijing » (2005), de Hei Yue.Hei Yue / Courtesy Galerie Paris–Beijing

Publié dans Chine | Pas de Commentaire »

 

Nina |
Le blog de Choune |
Coordination pour la Défens... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | vrankennathalie
| Algérie, monde arabe
| Bienvenue à SAINT-CYR-SUR-M...