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Les Tibétains de Conflans, par Olivier Favier.

Posté par cercletibetverite le 26 octobre 2014

http://dormirajamais.org/tibetains/

Dormira jamais

 » Tout est près. Les pires conditions matérielles sont excellentes. Les bois sont blancs ou noirs. On ne dormira jamais. » André Breton, Manifeste du surréalisme, 1924.

Les Tibétains de Conflans, par Olivier Favier.

« Les Tibétains, c’est une population qui attire la sympathie », m’avait dit Hugues Fresnau au téléphone, le directeur du « Bateau je sers ». Pas assez toutefois pour que l’état s’en inquiète outre mesure. Dans les Yvelines aussi(1), la préfecture a cessé de prendre en charge les hôtels. Les logements en CADA [Centre d'accueil de demandeurs d'asile] sont insuffisants et les réfugiés qui affluent à la « paroisse des bateliers », en bord de Seine, dépassent amplement désormais les capacités d’accueil de la modeste péniche. Des Tibétains, il en vient ici depuis 3 ans. Une soixantaine est prise en charge par l’association, une quarantaine ailleurs en hébergement d’urgence. Une autre soixantaine dort dans des tentes en plein vent, rangées dans les niches d’un pont voisin destiné aux cyclistes, ou dans les infrastructures du pont routier qui passe juste au-dessus.

Sous le pont, dans l'un des rares endroits où l'on peut tenir debout, un réfugié écoute un membre du groupe interrogé par RFI.  Octobre 2014. Photo: Olivier Favier.

Sous le pont, dans l’un des rares endroits où l’on peut tenir debout, un réfugié écoute un membre du groupe interrogé par RFI. Octobre 2014. Photo: Olivier Favier.

Tseten Wangmo, leur interprète, les a prévenus du passage de journalistes accompagnés par France Terre d’asile. En ce jeudi matin de la mi-octobre, nous avançons sur le pont à leur rencontre et découvrons avec stupeur que près de soixante-dix personnes nous attendent à l’autre bout, en demi-cercle. Lorsque nous nous arrêtons devant eux, un peu gênés, des applaudissements éclatent. Il faut dire qu’à l’exception du passage en juin d’une journaliste du Parisien, et d’une équipe de France 3 Ile-de-France en septembre, la situation dramatique de ces demandeurs d’asile n’a guère attiré l’attention de la presse.

Sans doute sont-il trop près et trop loin de Paris à la fois. Le pont se trouve à 200 mètres de la gare de Conflans-Fin-d’Oise, autrement dit à 30 minutes de Chatelet, sur le RER A. Je fais une photographie du groupe, qui soudain ressemble à une bande d’étudiants en voyage, accompagnés de quelques professeurs. Puis je cherche quelqu’un qui parle anglais. Une jeune femme s’approche. Elle est arrivée depuis 3 jours. Elle m’explique qu’elle a traversé l’Himalaya à pied, qu’elle a appris l’anglais au Népal mais a choisi de venir en France car, dit-elle, « c’est le pays de la liberté ». À Paris, elle a erré un peu avant de savoir que d’autres Tibétains se rassemblaient ici. Elle regarde autour d’elle, des larmes coulent sur son visage. Elle ne pouvait s’attendre à pareil abandon.

D’autres Tibétains m’invitent à les suivre. J’escalade tant bien que mal le soubassement du pont, fait quelques pas peu assurés sur une canalisation qui court entre deux parapets de béton où sont amoncelées des valises, puis grimpe à une échelle de fortune avant de me glisser de biais entre des parois visqueuses, le long d’un couloir d’un demi-mètre de large. Nous débouchons finalement dans un semblant de pièce qui doit faire tout au plus un mètre cinquante de hauteur. Nous progressons à tâtons, guidé par la lointaine lumière du jour et celle d’une lampe de poche qu’un réfugié prévenant a pointé sur mes pas. À l’autre extrémité, une longue ouverture surplombe le chemin de halage et le fleuve. C’est dans cette intimité toute relative que la journaliste de RFI qui nous accompagne s’est installée pour faire ses entretiens. Assis sur un matelas, j’écoute le récit d’un jeune homme, et je fixe une bougie vacillante qui lutte symboliquement contre l’obscurité. Dans la pénombre, je devine les visages attentifs de l’auditoire, tout au discours de celui qui s’est fait leur porte-parole, durant quelques minutes. J’entends ces mots, traduits par l’interprète, dont je ne sais quoi penser : « Je suis heureux ici. Parce qu’au moins je suis libre. »

Après plusieurs mois passés sous le pont, ce groupe a enfin eu accès à un logement vacant, qui pour l'instant n'a ni chauffage ni serrure. Octobre 2014. Photo: Olivier Favier.

Après plusieurs mois passés sous le pont, une dizaine de Tibétains ont enfin eu accès à un logement vacant, qui pour l’instant n’a ni chauffage ni serrure. Octobre 2014. Photo: Olivier Favier.

Au téléphone, Hugues Fresnau a évoqué le cas d’un couple de Tibétains arrivés en Hongrie. La jeune femme y a fait une fausse couche, elle est arrivée en France avec des côtes brisées. Elle a été battue, torturée. Son mari vient nous parler, leur dossier à la main. Un autre nous dit avoir passé trois mois dans une prison à Budapest. Déjà enregistrés, tout trois relèvent, selon la convention de Dublin 2, de la seule Hongrie pour leur demande d’asile. Ils n’ont aucun droit à rester dans un autre pays européen. Ils peuvent ainsi faire l’objet d’une OQTF [Obligation de quitter le territoire français] pour une destination qui, désormais, ne leur inspire que la terreur. Ici aussi, ils ont trouvé de quoi peser sur le tragique de leur situation. D’une part l’Europe ne parvient pas à harmoniser les politiques des états-membres pour la répartition des nouveaux venus. De l’autre, elle continue d’appliquer un règlement qui peut nuire au rapprochement familial -et donc ôter une chance d’autonomie rapide pour les réfugiés- et les met parfois ouvertement en danger. Malgré cela, chacun fait mine d’ignorer que le respect des droits fondamentaux, déjà bien théorique dans le meilleur des cas, peut être littéralement bafoué dans d’autres.

Le mercredi suivant, je reviens seul. À la cantine de la péniche, je parle avec un Sénégalais qui a vécu en Italie. On m’indique un couple venu du Moyen-Orient -arménien, me dit-on, après quelques hésitations. Je vois encore des isolés, dont deux Françaises qui ont quitté leur domicile le soir-même pour des raisons familiales. Pour le reste, l’écrasante majorité des convives est originaire du Tibet. Le repas s’ouvre sur une prière que tous ont appris par cœur et qui me laisse interdit. À table, les pères assomptionnistes me disent leurs difficultés à établir de véritables liens avec une population trop nombreuse et mouvante pour leurs maigres possibilités. Le déroulé du repas est géré par les migrants. Je reconnais la jeune femme qui parle anglais parmi ceux qui font le service. Le dîner prend fin lorsqu’un des pères fait tinter son couteau contre un verre avant de procéder à une nouvelle distribution des tâches.

Ce soir-là, une maison vient d’être libérée dans la commune voisine d’Andrézy. Nous nous y rendons pour rétablir l’électricité. Une douzaine d’hommes, choisis parmi ceux qui dorment dehors depuis plusieurs mois, viennent de trouver un toit. Même sans chauffage, il fait ici beaucoup moins froid qu’au bord de l’eau. Leur sourire en est la meilleure preuve.

Au retour, je retrouve la jeune femme occupée à sa lessive devant l’unique point d’eau au bord du quai. Un ami se rince les pieds sous le jet d’eau glacé. D’autres jeunes passent qui s’assoient près de nous. Je sens l’humidité transpercer mon gros pull en laine. Certains plaisantent avec moi, usant des quelques mots de français ou d’anglais à leur disposition, puis ils disparaissent dans la nuit, par petits groupes. La lessive achevée, je raccompagne la jeune femme et son ami : il a vingt-six ans, elle vingt-huit. Dans la péniche, me dit-elle, il y a aussi une femme de soixante ans. Nous avançons sur le pont jusqu’à sa tente, lui dort dans les soubassements. Je leur demande un peu bêtement ce qui est le moins inconfortable. « C’est pareil » répond la jeune femme, avec un sourire résigné. Le jeune homme m’indique deux tentes posées sur l’herbe, au bord du fleuve. Ce sont des nouveaux venus. Il n’y avait plus de place ailleurs.

Sur le pont de Conflans, devant les tentes où cette jeune Tibétaine dort depuis une dizaine de jours.  D'autres sont là depuis plusieurs mois. Octobre 2014. Photo: Olivier Favier.

Sur le pont de Conflans, devant les tentes où cette jeune Tibétaine dort depuis une dizaine de jours. L’année dernière, certains ont passé l’hiver sous le pont. Octobre 2014. Photo: Olivier Favier.

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CHINE Pékin fait tout pour museler la société civile

Posté par cercletibetverite le 26 octobre 2014

http://www.courrierinternational.com/article/2014/10/25/pekin-fait-tout-pour-museler-la-societe-civile?page=all

CHINE Pékin fait tout pour museler la société civile

Depuis son arrivée au pouvoir il y a deux ans, le président chinois Xi jinping a fait arrêter de nombreux militants des droits de l’homme, avocats, journalistes et artistes. Jusqu’où le pouvoir chinois va-t-il aller pour contrôler sa population ?
  • 25 octobre 2014
Dessin de Falco, Cuba. Dessin de Falco, Cuba.

A la sortie de l’école jeudi dernier [le 16 octobre], Huang Qiufeng, une petite fille enjouée de 12 ans, fille de travailleurs migrants, s’arrête à la bibliothèque de Picun, village miséreux de la banlieue de Pékin, comme elle a l’habitude de le faire de temps à autre. Mais la bibliothèque a fermé, et a été remplacée par une épicerie. Les caractères du mot « livre », peints en couleurs vives sur le mur, disparaissent derrière des rayonnages remplis de nouilles instantanées.

« Les gens étaient très gentils ici, et j’aimais bien cette bibliothèque, s’attriste Qiufeng. Mais maintenant, c’est fermé. »

Tout comme dix autres bibliothèques disséminées dans tout le pays que gérait Li Ren, une organisation caritative œuvrant dans le domaine de l’éducation. Des bibliothèques victimes, parmi d’autres, de cette grande campagne de retour à l’orthodoxie élaborée par le président Xi Jinping, qui poursuit la consolidation de son régime. Alors que les opérations réprimant la liberté d’expression procèdent généralement par intermittence en Chine, ce nouveau tour de vis est plus généralisé, touchant jusqu’à des personnalités en vue et modérées.

« Plus personne ne sait où se trouve la ligne rouge »

Au cours des derniers mois, des chercheurs ont vu leurs livres frappés d’interdiction parce qu’ils avaient exprimé leur sympathie pour les manifestants prodémocratie à Hong Kong, des artistes indépendants d’esprit ont été réduits au silence, des avocats de prisonniers politiques ont été placés derrière les verrous et des défenseurs des droits de l’homme et des militants de la société civile ont été arrêtés par centaines.

« Plus personne ne sait où se trouve la ligne rouge, plus personne ne sait ce qui peut valoir des ennuis », résume Li Fangping, qui fait partie des rares avocats des droits de l’homme qui font parler d’eux à ne pas avoir été arrêtés. « Les règles s’appliquent de façon totalement sélective. »

Résultat, comme le déclare le directeur d’une ONG étrangère dont les partenaires chinois sont de plus en plus nerveux et réticents : « Tout le monde vit dans la peur, sans pouvoir déterminer ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. »

He Feihui, le jeune homme qui dirigeait les bibliothèques de l’association Li Ren, n’aurait jamais imaginé s’attirer les foudres des autorités. Mais il croit savoir ce qui a attiré l’attention de l’Etat : « Nous mettons l’accent, dans notre conception de l’éducation, sur les valeurs individuelles. » « Li Ren » signifie d’ailleurs « devenir quelqu’un ».

Les bénévoles de l’association encourageaient les enfants à s’impliquer dans du travail volontaire et des missions en équipe et à élire leurs chefs d’équipe, autant de choses qui stimulent le développement d’une conscience civique, et que le Parti considère aujourd’hui comme des pratiques subversives.

« Une forme grave d’opposition politique »

Le Comité central du Parti le disait il y a dix-huit mois dans un communiqué sur « l’état actuel de la sphère idéologique », mettant en garde contre les « militants de la société civile [qui] entendent priver le Parti de son autorité, tant et si bien que leur action est en train de devenir une forme grave d’opposition politique ».

Les cadres du PCC ont également été prévenus d’autres dangers, telles la démocratie constitutionnelle, les « valeurs universelles » comme la démocratie et les droits de l’homme, la théorie économique néolibérale et la conception occidentale de la liberté de la presse. Ce communiqué, plus connu sous le nom de « document n° 9″, n’a pas été rendu public : Gao Yu, une journaliste chinoise expérimentée soupçonnée d’avoir transmis le document à un site Internet étranger, a été arrêtée et est aujourd’hui poursuivie pour révélations de secrets d’Etat.

Reste que la répression inhabituellement sévère qu’a lancée le gouvernement de Xi Jinping apparaît comme une application directe des directives du « document n° 9″.

Au cours des six derniers mois, quelque 300 défenseurs des droits de l’homme et militants des libertés civiles ont été arrêtés, estime Teng Biao, avocat spécialisé dans les droits de l’homme qui mène actuellement des recherches à l’université Harvard. Parmi les personnes arrêtées, des modérés qui se sont toujours efforcés de travailler dans les limites du système et ont toujours préconisé le dialogue avec le gouvernement.

« Tout cela est absurde »

Le mois dernier, l’économiste ouïgour Ilham Tohti, connu pour sa modération, a été condamné à la perpétuité. L’avocat Pu Zhiqiang est en détention depuis le mois de juin, accusé d’avoir « cherché querelle » et « semé le désordre ». Xu Zhiyong, à la tête d’un mouvement populaire contre la corruption, a été condamné à quatre ans d’emprisonnement en mars.

Il y a aussi des personnalités moins en vue, tel Chang Boyang, lui aussi attaché, selon ses proches, à travailler dans le cadre légal. Le cas de cet avocat spécialisé dans le droit de l’intérêt public, qui défend de nombreux malades atteints d’une hépatite dans des affaires de discrimination, est édifiant. Il a été arrêté en mai, dans sa ville de Zhengzhou, après avoir tenté en vain de rencontrer trois de ses clients, détenus au poste de police pour avoir participé à une commémoration privée en hommage aux victimes de la répression du mouvement de la place Tian’anmen, en 1989.

« Je n’arrive pas à croire qu’ils ont arrêté mon père, déplore Chang Ruoyu, sa fille. C’est une personne si douce, et qui se concentre sur les questions de droit. Il n’a rien d’un radical, il a des amis au gouvernement. Il a toujours été très discret. Tout cela est absurde. »

« Ce qui est arrivé à Chang Boyang montre que les partenaires modérés, s’ils ne sont pas sous la férule du Parti, ne sont pas tolérés », analyse William Nee, chercheur pour Amnesty International à Hong Kong.

Politique d’ »élimination de la société civile »

Sous la présidence de Hu Jintao, prédécesseur de Xi Jinping, le gouvernement mettait l’accent, dans sa volonté de tenir la société civile, sur une stratégie de « maintien de la stabilité ». Depuis son arrivée au pouvoir il y a deux ans, Xi Jinping met en œuvre, lui, ce que l’avocat Teng Biao appelle une politique d’ »élimination de la société civile ».

« Le gouvernement considère la société civile comme une menace contre son pouvoir, et estime que s’il ne maîtrise pas sa montée en puissance elle deviendra un puissant moteur de changement politique, précise-t-il. C’est pourquoi les autorités ont le sentiment de devoir arrêter sans cesse plus de gens afin d’assurer la pérennité du système. »

Cette stratégie pourrait fonctionner à court terme, analyse Teng Biao, car la répression a un effet « dissuasif », par exemple sur les avocats qui hésitent à se charger d’une affaire politiquement délicate, ou sur des défenseurs de l’environnement qui envisageraient d’organiser un séminaire sur la construction de barrages – mais aussi sur les bénévoles de la bibliothèque Li Ren, ici, à Picun, trop effrayés pour accepter de parler à un journaliste étranger.

« Il est extrêmement difficile de contrôler toute la vie politique et la bonne assimilation de l’idéologie par chacun, juge pour sa part William Nee. Je crains que cela soit impossible, d’où cette répression constante à laquelle on assiste – et dont on ne voit pas la fin. »

Publié dans Chine | Pas de Commentaire »

 

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