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Ma Jian : «Je voulais décrire un corps construisant une nouvelle vie»

Posté par cercletibetverite le 21 octobre 2014

http://www.magazine-litteraire.com/actualite/entretien/ma-jian-je-voulais-decrire-corps-construisant-nouvelle-vie-21-10-2014-131984
Ma Jian

Ma Jian : «Je voulais décrire un corps construisant une nouvelle vie»

Entretien – 21/10/2014 par Propos recueillis par Maialen Berasategui (1188 mots)

Entretien. Installé à Londres depuis la fin des années 1990, Ma Jian est l’une des grandes voix dissidentes de la littérature chinoise contemporaine. Rencontre à l’occasion de la parution de La Route sombre, un texte tout de violence et d’espoir sur les ravages de la politique de l’enfant unique.

Interdit de publication dans son pays natal depuis la parution de La Mendiante de Shigatze, un recueil de nouvelles consacré au Tibet, Ma Jian n’a eu de cesse de voyager à travers la Chine pour dénoncer les conséquences de la politique totalitaire du gouvernement et la souffrance de la population. Son avant-dernier roman, Beijing coma, primé à plusieurs reprises, mettait en scène un homme blessé à Tiananmen qui, comateux mais conscient, assiste impuissant à l’oubli de ses contemporains. Il lui a valu le bannissement. Avec La Route sombre, Ma Jian livre un texte tout de violence et d’espoir sur les ravages de la politique de l’enfant unique. Pressée par son mari qui désire un fils, Meili fuit son village et les limitations du planning familial. Père, mère et fille entament alors un long périple le long du Yangzi Jiang, où vivent bien d’autres familles aspirant davantage à assurer leur survie qu’à mener une révolution à laquelle bien peu de gens semblent croire. Ma Jian décrit sans concession les avortements forcés, les infanticides, les stérilisations auxquelles sont soumises les femmes, mais aussi les ravages économiques et écologiques de l’industrialisation. Entre 2009 et 2010, il a lui-même descendu le fleuve à la rencontre de ses habitants, et ses souvenirs aussi insoutenables que certaines des photos qu’il nous a transmises. Certaines montrent la vie quotidienne des habitants sur des rives parfois très polluées, les instructions gouvernementales placardées dans les villages, les sourires des enfants. Beaucoup n’ont pas d’état-civil, leurs parents n’ayant pas payé d’amende : s’ils sont scolarisés, c’est dans des écoles clandestines. Mais d’autres clichés montrent une réalité beaucoup plus dramatique, tel ces cadavres – fœtus ou nouveau-nés, difficile à dire – photographiés pour l’un dans un monceau d’immondices, pour l’autre… cuisiné en soupe. La Route sombre est un roman dur comme la réalité qui l’inspire, mais Ma Jian la transcende grâce à une héroïne de moins en moins résignée sur son sort.

 

Dans La Mendiante de Shigatze, l’un de vos personnages était une femme morte en couches. Dans La Route sombre, vous abordez la grossesse de façon très différente…
Ma Jian. Cela m’étonne presque que la venue au monde ne soit pas le sujet de tous les romans. J’ai été très ému par Lumière d’août, de Faulkner. J’ai été si frappé par sa description du destin d’une femme enceinte partie à la recherche du père de son enfant que dans ce livre, j’ai voulu poursuivre cette expérience de manière plus profonde. Je souhaitais décrire la grossesse et la naissance d’une façon presque cellulaire, corporelle, viscérale. Je pense que c’est un moyen de comprendre notre place dans le monde.
Meili est opprimée à la fois par la tradition confucéenne et le planning familial. Vous parlez beaucoup du vide mémoriel en Chine, mais à vous lire, la tradition semble encore y avoir une place très forte…
La destruction des traditions est l’un des plus gros problèmes de la Chine contemporaine. L’harmonie entre l’homme et la nature, la quête d’un salut spirituel, tout cela a été écarté, et ce qu’on a retenu du passé confucéen de la Chine est la soumission à l’autorité et au patriarcat. En vérité, chaque oppression en entraîne une autre : le gouvernement oppresse les hommes, les hommes oppressent les femmes, les femmes oppressent leurs enfants. La hiérarchie confucéenne est encore bien en place, chacun joue son rôle mais tous sont unis par une oppression destructrice dont ils sont les victimes.
Peu à peu, pourtant, Meili cesse d’être une victime. Au cours du roman, vous évoquez Les Misérables, auxquels on pense tout naturellement en vous lisant. Meili est-elle un nouveau genre de Fantine ?
Je ne pense même pas qu’une personnalité comme Fantine pourrait émerger dans la Chine actuelle, et encore moins survivre. Meili est une paysanne illettrée issue d’un tout petit village, et sa quête éperdue d’un endroit où elle pourrait faire quelque chose de sa vie, se réaliser socialement, est celle de bien des Chinoises ces quinze ou vingt dernières années. Bien sûr, elles rencontrent des obstacles… Ça ne peut pas être un parcours sans faute. Pour moi, Meili est comme une fleur qui pousse tant bien que mal dans la boue et finit par s’épanouir. Elle traverse la crasse et la fange, mais elle devient plus pure qu’on n’aurait jamais pu l’imaginer.
Dans Beijing coma, le narrateur était prisonnier de son propre corps. Dans La Route sombre, c’est l’esprit de l’enfant à naître qui réfléchit sur la situation familiale. Tous deux sont à la fois constamment menacés de mort et protégés du monde extérieur. C’est une condition sine qua non pour réfléchir avec lucidité sur la Chine d’aujourd’hui ?
Quand j’étais en train d’écrire Beijing coma, je pensais déjà à La Route sombre. Dans Beijing coma, je décris une vie piégée dans un corps mort. Dans ce livre, je voulais faire le contraire : je voulais décrire un corps construisant une nouvelle vie, une vie émergeant d’un autre corps. En littérature, je suis toujours attiré par ce que le réel ne peut pas offrir. Peut-être n’y a-t-il qu’une chance infime pour Meili de mener à bien sa révolte et de donner toute son ampleur à sa quête de liberté, mais c’est exactement pour cette raison que j’écris.
De quelle manière votre dernier voyage en Chine a-t-il influencé le roman ?
En écrivant ce livre, j’ai parcouru des contrées très isolées. J’étais sous étroite surveillance : la police m’invitait à aller boire un thé et me recommandait alors de m’occuper de mes affaires, de ne surtout pas chercher à rencontrer des dissidents, comme Liu Xiaobo. Durant mon voyage, j’ai dû me faire passer entre autres pour un journaliste au service du gouvernement et un chercheur en matière de planning familial. J’ai passé du temps à guetter un visage qui pourrait être celui de mon personnage. Je ne l’ai jamais trouvé. Il n’y avait rien de la joie, de la fierté ou du soupçon de transcendance que je recherchais. C’est cette sacralité que j’ai du créer. Lorsqu’une villageoise est contrainte d’aller subir un examen interne tous les mois, qu’on lui pose des questions intimes sur sa sexualité, qu’on lui demande si elle porte un stérilet ou la date de ses dernières règles, elle voit sa dignité et son estime d’elle-même anéanties. On sentait une chape de plomb sur le visage de ces femmes.
Dernière question : quels livres recommanderiez-vous à des lecteurs français désireux de découvrir la littérature chinoise ?
La liste est sans fin, des classiques qu’on lit probablement trop peu – Le Rêve dans le pavillon rouge, Les Trois royaumes, La Pérégrination vers l’Ouest – à Lu Xun. Quand on s’intéresse à ce que l’histoire chinoise nous a laissé, on s’aperçoit que même si la société semble différente, en tout cas en surface, le peuple, lui, n’a pas changé. Les Chinois sont toujours victimes de l’oppression de l’État et vivent dans la peur.

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2.400 condamnés à mort exécutés en Chine en 2013

Posté par cercletibetverite le 21 octobre 2014

2.400 condamnés à mort exécutés en Chine en 2013

Par Direct Matin, publié le 21 Octobre 2014 à 16:58
2.400 condamnés à mort exécutés en Chine en 2013 dans Chine
Avec 2.400 exécutions en 2013, la Chine est le pays qui exécute le plus de prisonniers au monde. [CC / Brokensphere/Wikipedia]

La Chine est le pays qui exécute le plus de personnes au monde. L’ONG Dui Hua a estimé le nombre d’exécutions à 2.400 personnes pour l’année 2013, dans un rapport publié le 21 octobre.

 

D’après la Fondation Dui Hua, la peine capitale aurait été appliquée à 2.400 condamnés en 2013, soit une chute de 20% par rapport à l’année précédente (ndlr, 3.000 exécutions auraient eu lieu en 2012).

Des chiffres en très nette baisse lorsqu’on les compare à ceux de l’année 2002 : à l’époque, 12.000 prisonniers auraient été exécutés.

Le nombre d’exécutions est classé secret d’état en Chine.

Aucune statistique n’étant publiée par les autorités chinoises, les chiffres estimés par l’organisation Dui Hua, dont le siège est basé aux États-Unis, viendraient d’informations recueillies auprès d’un fonctionnaire des services judicaires et du journal Southern Weekly, basé à Guangzhou en Chine.

 

Des « procès inéquitables »

Selon l’ONG Amnesty International, les exécutions ont souvent lieu « à l’issue de procès inéquitables, pour des crimes n’ayant pas entraîné la mort, comme le trafic de drogues et les infractions économiques ».

L’ONG déplore que les condamnées à mort soient « privés du droit à un avocat« , les organisations d’assistance judicaire chinoises n’étant pas obligées de répondre à la demande de ces derniers.

Lors de la session de mars 2014 du Conseil des droits de l’homme, le gouvernement chinois s’était engagé à apporter une réponse aux recommandations du conseil : à « poursuivre les réformes visant à abolir la peine de mort, publier les chiffres concernant les condamnations à mort et les exécutions ; réduire le nombre de crimes passibles de la peine de mort ; et instaurer un moratoire sur les exécutions », comme le rapporte Amnesty International.

 

Le pays qui exécute le plus de condamnés au monde

D’après Amnesty International, le nombre de condamnés à mort en Chine serait supérieur à celui de tous les pays réunis au monde.

La Chine figure ainsi parmi les principaux pays exécuteurs aux côtés des États-Unis, de l’Iran, de l’Irak et de l’Arabie Saoudite (ndlr, ces trois derniers pays sont responsables de 95% des exécutions au Moyen-Orient et en Afrique du Nord).

 

 

 

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La collaboration interdite et inédite de deux musiciens tibétains via Internet

Posté par cercletibetverite le 21 octobre 2014

http://fr.globalvoicesonline.org/2014/10/19/176133/

La collaboration interdite et inédite de deux musiciens tibétains via Internet

Traduction publiée le 19 Octobre 2014 18:41 GMT

Techung Woeser Lam La Che.jpg

[Sauf mention contraire, tout les liens de cet articles mènent vers des sites en anglais]

Après cinq années de gestation et uniquement par communication en ligne, une collaboration musicale entre un musicien tibétain en exil et une poètesse tibétaine dans le pays est sortie à l’international en juillet 2013.

Première collaboration de ce genre, la chanson Lam La Che est un exemple de la façon dont Internet permet aux Tibétains en exil et à ceux dans le pays de dépasser les frontières pour non seulement communiquer mais aussi collaborer.

Les musiciens faisant de l’art pro-tibétain à l’intérieur du pays risquent censure et emprisonnement pour leur travail. Les musiciens de la diaspora peuvent créer librement mais savent que leur travail peut ne pas atteindre les Tibétains vivant sous le contrôle chinois.

En communiquant par Internet, le musicien tibétain en exil Techung et la blogueuse de l’intérieur Woeser ont pu créer une chanson qui dépasse les frontières tout en attirant l’attention sur eux. Cet article étudie en profondeur la chanson Lam La Che, et l’histoire de Techung et Woeser.

Inspiration pour la collaboration

Quand l’auteure, poétesse et blogueuse tibétaine Tsering Woeser (aussi connue sous le nom Woeser [chinois] ) a vu les photos et séquences vidéos en ligne du musicien de la diaspora tibétaine Techung (Tashi Sharzur), jouant au Tibet Freedom Concert (le concert pour la liberté du Tibet) à Taipei en décembre 2008, elle a été profondément touchée. 2008 a été une année troublée pour le Tibet – une révolte de grande envergure a débuté le 10 mars contre l’autorité chinoise et s’est répandue dans tout le pays. Les mesures de répressions militaires qui ont suivi ont mis le Tibet sous strict contrôle pour le restant de l’année, et Woeser, vivant à Pékin, a utilisé son blog pour documenter ce qui se tramait. Le concert a poussé Woeser à entrer en contact avec Techung et lui proposer une collaboration entre ce qu’elle appelle le Tibet « interne » et « externe ».

Le concert coïncidait avec le 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et la voix de Techung s’est présentée comme véhicule d’espoir et de paix. Dans un post de 2008, Woeser écrivait : « les Tibétains, qu’ils se trouvent à l’intérieur ou à l’extérieur du pays, pouvaient entendre des voix venues du cœur – les Tibétains vivent ensemble dans le bonheur et et la peine. »

book.jpg

Une collaboration entre un Tibétain « interne » et un « externe » avait le potentiel de franchir symboliquement des frontières séparant les Tibétains de leur famille éloignée.

« J’ai écrit plusieurs chansons, l’une étant “On The Road,” que j’ai écrit il y a plusieurs année à Lhasa, et qui exprime l’attente de sa Saintenté le Dalaï-Lama. » avait écrit Woeser lors d’une interview par e-mail. « J’ai pensé que si Techung pouvait y ajouter de la musique et les interpréter, cela serait le meilleur hommage. »

Censure créative et restriction de voyage

Techung et Woeser ne pouvaient pas se voir en personne, ce qui a apporté quelques complications à leur projet. Les Tibétains politiquement actifs en exil comme Techung voient souvent leur demande de visa chinois être refusé pour visiter le Tibet. Parce qu’elle est blogueuse activiste, le gouvernement chinois a souvent refusé de lui fournir un passeport. En mars 2013, Woeser a été gratifiée d’une récompense du département d’Etat américain lors de la journée internationale de la femme, mais, selon un article d’AP, elle « n’a pas pu s’y rendre parce que sa demande de passeport de l’année dernière lui a été refusée par la police – et on lui a expliqué qu’elle était perçue comme une menace à la sécurité de l’Etat, probablement à cause de son activisme. »

Les artistes, musiciens et bloguers qui soutiennent le nationalisme tibétain font face à de grands risques. La musique peut être retirée de la distribution, et les musiciens se retrouver en prison pour plusieurs années. Les chanteurs tibétains Lolo, Tenzin et Gebey ont été emprisonnés pour avoir célébré le Tibet en musique. La musique d’artistes en exil comme Techung est fréquemment censurée quand elle arrive au Tibet.

Après avoir sorti un premier album ouvertement politique qui a été banni au Tibet, Techung a essayé de changer son langage, en imitant l’auto-censure que s’imposent les artistes tibétains de l’intérieur pour augmenter leur chance de faire entendre leur musique au Tibet. Par exemple, au lieu d’utiliser le terme politiquement connoté « Bod » pour Tibet, les chanteurs chantent « Kangjong » (Le Pays des Neiges).

Woeser de son côté a été censurée plusieurs fois. Son écriture lui a coûté son travail, et ses blogs ont été fermés tant de fois qu’aujourd’hui elle ne peut tenir le sien qu’à partir de serveurs étrangers.

« Ça n’était jamais arrivé de collaborer avec un Tibétain du Tibet ou de Chine » explique Techung.

« Dans un sens, Techung est un symbole du Tibet en exil… » écrit Woeser. « Comme je l’ai écrit par le passé, la musique est comme les ailes d’un oiseau qui vole au dessus des frontières humaines. Je voulais travailler avec Techung pour briser des obstacles historiques et pratiques. »

Travailler ensemble en ligne

« C’était une surprise et un grand honneur quand Woeser nous a contacté » a dit Techung lors d’une interview via Skype depuis les USA. On trouvera ci-dessous des captures d’écran de leurs conversations :

Techung Woeser Chat 2.png

Cher Techung-la, j’aime votre musique, j’aime toutes vos chansons. J’ai écrit les paroles. Si un jour vous voulez chanter ma chanson, cela serait un grand honneur pour moi ! J’espère que l’on gardera le contact. Merci pour vos souhaits. Woeser.

Techung Woeser Chat 3.png

Chère Woeser-la, bonjour depuis l’aéroport de Taipei. J’apprécie d’avoir de vos nouvelles. Merci d’avoir écouté ma musique. Je ne pense pas que mes chansons soient si bonnes mais je suis flatté que vous les aimiez. Ce serait un honneur de chanter vos chansons. Je vous souhaite le meilleur. Techung.

Techung Woeser Chat 4.png

Cher Techunn-la, Très heureuse ! Merci ! L’artiste Losang Gyatso-la a dit : « J’espère que les artistes, écrivains, réalisateurs et penseurs tibétains de tous horizons collaboreront dans le futur et créeront une synergie entre différents médiums et pensées. Je pense que cela sera très valorisant et productif. » Je me réjouis [que] les paroles de mes chansons [soient] avec vous, [de] les montrer aux Tibétains de l’intérieur et de l’extérieur.
Vous savez que mes paroles sont écrites en chinois. Toutefois, j’ai demandé à un ami de traduire, il est un très bon tibétain !
Mon anglais est traduit par google, s’il manque quelque chose, veuillez m’excuser.
Tashi Delek ! Woeser.

Née et élevée au Tibet et en Chine, Woeser n’écrit qu’en chinois. Techung, né et élevé en Inde et vivant aux USA, se sent plus à l’aise avec l’anglais. Tout d’eux ont entendu parler de l’autre mais ils ne s’était jamais contacté jusqu’à ce que Woeser écrive à Techung sur Facebook, en utilisant Google Translate pour traduire ses messages du chinois vers l’anglais.

« Il y avait une grande barrière de langue, » expliquait Woeser. « Il n’y avait pas tant de contact que ça entre nous. »

Techung Woeser Chat 5.png

Chère Woeser-la, J’ai essayé Google traduction sur votre texte ci-dessus. J’ai pu en saisir la majorité. Merci. Quand vous lirez le poème, si vous pouvez essayez d’écouter la musique que nous avons envoyé et ressentez-la. Mais dans l’enregistrement nous avons uniquement besoin de votre voix. Nous n’utiliseraons peut-être pas tout le poème mais des parties.

« La collaboration est quelque chose de nouveau pour tous les artistes et musiciens tibétains, qu’ils soient à l’intérieur ou en exil » explique Techung. « Nous ne savons pas encore trop comment ces choses fonctionnent. Woeser a écrit les paroles en chinois et quelqu’un d’autre les a traduit en tibétain. Elle m’a envoyé deux ou trois de ses poèmes à arranger en musique et nous avons finalement choisi “Lam La Che.” Je lui ai envoyé quelques modifications des paroles en tibétain… Nous avons correspondu plusieurs fois avec diverses suggestions… Nous ne nous sommes jamais parlé en personne – tout s’est fait en ligne. »

Les paroles de Woeser :

Sur la route
Ah, sur la route
Mes yeux se remplissent de larmes
J’empoigne une fleur qui n’est pas de ce monde
Me dépêchant avant qu’elle ne meure, cherchant dans toutes les directions
Pour la présenter à un vieil homme en robe rouge sombre
Il est notre Yeshe Norbu
Il est notre Kundun
Notre Gongsachog
Notre Gyalwa Rinpoche
Sur la route
Ah, sur la route
Mes yeux se remplissent de larmes
J’empoigne un bouquet des plus belles fleurs
Pour lui offrir, pour lui offrir
Un semblant de sourire
Celles-ci lient étroitement les générations

« La chanson elle-même était si poétique qu’écrire la musique s’est fait très facilement et spontanément, comme si cela ne pouvait être autrement » a ajouté Techung.

Bien que Techung ait été le premier Tibétain exilé avec qui Woeser a collaboré d’une façon aussi directe, elle avait déjà travaillé avec des Tibétains en exil auparavant. High Peaks Pure Earth [un site de nouvelles et de traduction de posts de blog sur le Tibet et la Chine] avait traduit ses posts en anglais, et Tsering Shakya, un intellectuel tibétain en exil, avait écrit la préface d’un des livres de Woeser. Woeser a écrit un jour un essai [chinois] inspiré par la séries de tableaux Signs From Tibet (Signes du Tibet) du peintre en exil Losang Gyatso, que le peintre lui-même avait récité lors du vernissage de son exposition.

Tant que l’accès à internet n’est pas censuré, Woeser exprime sa volonté de continuer à collaborer.

D’autre Tibétains utilisent aussi internet pour franchir le fossé géographique

Avec les progrès de la technologie, les Tibétains à l’intérieur et à l’extérieur du Tibet trouvent de nouvelles façons de communiquer et de collaborer. Le projet d’enregistrement et de film du projet Shining Spirit du Tara Café, lancé en 2006, est une des premières collaborations musicales entre membres d’une famille séparée, les uns vivant dans l’Amdo au Tibet et d’autres, en exil au Canada. Le court-métrage montre, à travers des enregistrements et internet, comment la famille a pu enregistrer sa propre version de la chanson tibétaine traditionnelle « Aku Pema. »

De nos jours, les Tibétains à l’intérieur et à l’extérieur du pays s’écrivent même mutuellement des chansons. Le jeune rappeur tibétain « Shapaley » (Karma Norbu) en Suisse a sorti un clip en 2011 appelé « Made in Tibet » ayant pour paroles, « Frères et sœurs, nous ne savons pas si vous nous entendez, mais nous espérons que vous recevrez ce message, ne vous inquiétez pas, nous allons tous bien, [...] Bien que nous soyons très loin de vous, nos pensées vont vers vous. »

Bantsang Lobsang, un musicien vivant à l’intérieur du Tibet, a ajouté un message pour tous les Tibétains dans son plus récent album. Il s’est adressé directement à la caméra pour dire « Je souhaite aux Tibétains du Pays de la Neige, à la maison ou à l’étranger, d’être réunis. »

 

 

 

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Garder le contact avec les Tibétains dans le monde

Malgré la séparation géographique et politique, les Tibétains en exil gardent le contact grâce aux œuvres de Tibétains à l’intérieur du pays, et vice versa.

Des fans ont approché Techung à plusieurs reprises pour lui dire que des musiciens à l’intérieur du pays suivaient la scène musicale de la diaspora et étaient inspirés par la musique faite par les exilés.

De son côté, Techung admire la ténacité des Tibétains de l’intérieur, « les musiciens tibétains dans le pays sont bien en avance sur ceux d’entre nous en exil ! J’apprécie leur poésie. Ils utilisent la forme artistique pour transmettre des messages et garder la culture vivante – le peuple les admire. D’un autre côté, ils prennent tellement de risques qu’ils doivent être prudents. »

Techung est un admirateur des musiciens tibétains « intérieurs » Tsewang Lhamo et Yadong. « Par eux, un grand sens de notre culture et identité est véhiculé ; c’est tellement important. Mon message adressé à eux est juste de continuer ce travail qu’ils font et nous allons faire ce que nous pouvons de notre côté. Un jour avec de la chance nous n’aurons plus à nous inquiéter des problèmes politiques et des risques, et les musiciens et artistes tibétains, dont Woeser, profiteront de la liberté de voyager et nous pourrons nous rencontrer en personne et collaborer en musique. »

Les chanteurs exilés préférés de Woeser sont Techung, Shapaley, Phurbu T Namgyal et Kelsang Chukie Tethong. Son message aux musiciens exilés fait écho à celui de Techung quand elle écrit « j’aime beaucoup la musique des musiciens en exil et j’ai écrit des articles sur eux. J’espère qu’un jour les Tibétains à l’intérieur et à l’extérieur du pays seront capables de travailler ensemble et d’exprimer notre intérêt pour le futur du Tibet. »

Vous pouvez soutenir le nouvel album de Techung ici, s’y trouve incluse une reprise d’une chanson par le jeune chanteur Lolo, qui a été emprisonné pour sa musique.

Cet article est une commande de Freemuse, le leader de la défense des musiciens à travers le monde, et par Global Voices pour Artsfreedom.org. Cet article peut être republié par des médias non-commerciaux, en créditant son auteure Dechen Pemba, Freemuse et Global Voices et en ajoutant un lien vers l’article original.

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CHINE Médias : l’hypocrisie d’un combat anticorruption

Posté par cercletibetverite le 21 octobre 2014

http://www.courrierinternational.com/article/2014/10/20/medias-l-hypocrisie-d-un-combat-anticorruption

CHINE Médias : l’hypocrisie d’un combat anticorruption

Un quotidien économique de qualité est frappé par l’arrestation de ses dirigeants, accusés de corruption. Ce ne sont pas les personnes mais l’environnement qui est à blâmer, explique un journaliste chinois en poste aux Etats-Unis.
  • 20 octobre 2014
  •  Dessin de Cost. Dessin de Cost.
Au début du mois de septembre, huit personnes travaillant pour le site chinois d’actualités économiques 21 Shiji Wang étaient arrêtées et accusées d’avoir reçu des pots-de-vin de la part de sociétés en difficulté, en échange de reportages flatteurs. Le scandale a pris de l’ampleur avec l’arrestation à la fin du mois du rédacteur en chef et du directeur général du 21 Shiji Jingji Daobao (21st Century Business Herald), le journal associé au site (à la mi-octobre, 25 personnes en tout avaient été placées en détention criminelle). Selon les médias officiels chinois, les dirigeants du site avaient passé des accords secrets avec plus de cent sociétés et reçu plusieurs centaines de millions de yuans (plusieurs dizaines de millions d’euros).Les médias d’Etat se sont empressés de qualifier les intéressés de brebis galeuses et de les accuser de salir la réputation de toute la profession. Pour CCTV, la télévision publique, il s’agit de « moutons noirs qui mettent en péril tout le troupeau ».Journalisme de l’enveloppe rouge

Le fait de payer pour obtenir une couverture médiatique ou étouffer certaines informations se répand en Chine, comme d’autres formes de corruption. Ce procédé, appelé journalisme de l’enveloppe rouge [dans lesquelles de l'argent est offert], continuera à se propager tant que les autorités ne se décideront pas à le traiter comme le symptôme d’une infection qui touche toute la société.

Ce phénomène a ses racines dans le changement rapide du paysage médiatique chinois. Avant 1978, tous les médias étaient la propriété du gouvernement, qui les finançait. Pour faire carrière, il fallait avant tout avoir un parcours politiquement solide. Presque tous les journalistes travaillaient sous la supervision et souvent en fonction des indications explicites des bureaux de la propagande – comme les rédacteurs de l’agence Xinhua et des autres médias devenus officiels. En échange, ils jouissaient de la sécurité d’un emploi de fonctionnaire.

Plus libres, mais plus précaires

Au début des années 1990, la libéralisation a provoqué une explosion des médias. On a parlé de plus grande liberté de la presse, du moins de forme, mais le changement le plus concret s’est produit avec la réforme du recrutement. Le Parti communiste n’avait plus les moyens de gérer les organes d’information comme auparavant. On a donc commencé à recruter les journalistes sur la base de contrats, sans garanties ou presque.

Depuis quelques années, les organes de presse, à part ceux du Parti communiste comme le Renmin Ribao, ne peuvent survivre que s’ils attirent les annonceurs, car le gouvernement ne les subventionne plus.

La multiplication des médias sociaux a encore intensifié la concurrence. La censure, omniprésente bien qu’irrégulière, fait que les organes de presse peuvent difficilement miser sur ce qu’ils publient pour l’emporter.

Cette libération asymétrique – économique mais pas idéologique – a rendu les journalistes plus sensibles aux sirènes de la corruption. En 2002, deux journalistes de l’agence Xinhua ont accepté des fortunes pour dissimuler des accidents survenus dans des mines de charbon. En 2009, dix journalistes ont été accusés d’avoir touché plus de 250 000 euros pour ne pas parler d’un accident minier qui avait fait des dizaines de morts.

Besoins pressants de financement

Un journal d’information travaillait, il y a quarante ans, main dans la main avec le bureau de la propagande du parti, qui était son principal bienfaiteur. Aujourd’hui, il  ne fait pas de distinction entre l’aspect éditorial et l’aspect économique de son activité. Le journalisme est d’abord le moyen de servir les objectifs de celui qui le finance, plus que le vecteur d’informations fiables.

Certains médias ont reconnu avoir eu des cas de corruption mais aucun n’a osé en parler comme d’un phénomène culturel. Aucun n’a réalisé de grandes enquêtes sur ce qui passait dans les autres publications.

La supervision est en général plus laxiste dans les publications financières que dans les publications politiques. Le site 21 Shiji Wang opère depuis 2010 sous l’égide du 21 Shiji Jingji Daobao, un quotidien du groupe Nanfang Canton [qui malgré ses orientations plutôt libérales dépend du Comité du Parti provincial]. Il était en bonne position pour éviter les risques et profiter des occasions. Il était mollement supervisé et avait un besoin pressant de récolter de la publicité. Il a donc repéré, avec l’aide de cabinets de conseil en communication, des sociétés soucieuses de leur image qui étaient sur le point d’entrer en Bourse et leur a offert d’enterrer les informations défavorables à leur égard, moyennant l’achat de contrats publicitaires.

Il est pratiquement inévitable que les exigences du marché associées à une déontologie déficiente entraînent ce genre d’arrangement. Dans sa course à la croissance, la Chine a détruit le filet de sécurité qui garantissait une certaine sécurité à la profession.

A cet égard, le scandale de 21 Shiji Wang n’est pas seulement le fait de certains journalistes, ni même uniquement du journalisme. Le journalisme de l’enveloppe rouge a évolué en symbiose avec un gouvernement dont la légitimité dépend en partie de l’exercice d’un contrôle dont il n’a plus les moyens.

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