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Entretien avec Matthieu Ricard : plaidoyer pour les animaux

Posté par cercletibetverite le 30 octobre 2014

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/entretien-avec-matthieu-ricard-158755

 

Entretien avec Matthieu Ricard : plaidoyer pour les animaux

par Daniel Salvatore Schiffer (son site)
jeudi 30 octobre 2014

 

Matthieu Ricard, moine bouddhiste proche du Dalaï Lama, est l’auteur de nombreux best-sellers, dont Plaidoyer pour l’altruisme*. Son nouveau livre, Plaidoyer pour les animaux (Vers une bienveillance pour tous)**, est d’autant plus appréciable qu’il fait écho à l’amendement, voté le 14 avril 2014, du code civil français, pour lequel les animaux sont considérés, non plus comme des « biens meubles », mais comme des « êtres vivants doués de sensibilité ».

 

Daniel Salvatore Schiffer : Vous écrivez, dès l’introduction de votre « Plaidoyer pour les animaux », que « ce livre est une suite logique et nécessaire à « Plaidoyer pour l’altruisme ». Vous y précisez qu’ « il a pour but de mettre en évidence les raisons et l’impératif moral qui justifient d’étendre l’altruisme à tous les êtres sensibles, sans limitation d’ordre quantitatif ni qualitatif. » Pouvez-vous développer cette idée ?

 

Entretien avec Matthieu Ricard : plaidoyer pour les animaux dans Matthieu Ricard matthieu-ricard-photo-raphaele-demandre-53d13

 

Matthieu Ricard : La souffrance humaine, sur terre, est immense. J’ai passé une grande partie de ma vie, et aujourd’hui encore avec l’organisation humanitaire que j’ai fondée, « Karuna-Shechen », au Népal, en Inde et au Tibet, à tenter, pour ma modeste part, de la soulager. Ce type d’humanisme ne doit pas nous empêcher, toutefois, de nous préoccuper aussi du sort des 1,6 million d’autres espèces qui peuplent notre planète. Au nom de quel critère devrions-nous choisir, en les excluant l’un par rapport à l’autre ? Toute souffrance mérite d’être soulagée. Nous vivons dans un monde interdépendant, où le sort de chaque être, quel qu’il soit, est intimement lié à celui des autres. Il ne s’agit donc pas de nous occuper que des animaux bien entendu, mais aussi des animaux, qui méritent notre respect et notre attention.

 

HUMANISME, ALTRUISME ET BIENVEILLANCE POUR TOUS

D.S.S. : D’où cette nuance, capitale pour bien comprendre votre démarche, que vous introduisez, au sein de votre raisonnement, afin d’éviter, animé par une sage prudence, tout anthropomorphisme et, comme tel, aussi réducteur que « dénaturé » lorsqu’il se voit appliqué au règne animal . Ainsi, écrivez-vous dans l’introduction de ce même « Plaidoyer pour les animaux : « Il ne s’agit pas non plus d’humaniser les animaux ou d’animaliser l’homme, mais d’étendre aux deux notre bienveillance » !

M.R. : Exact ! L’extension de cette notion de « bienveillance », éminemment morale, s’avère plus une question d’attitude responsable envers ce qui nous entoure que d’allocation des ressources, par ailleurs limitées, dont nous disposons pour agir sur le monde. Je pense que le temps est enfin venu, et c’est même une urgence aujourd’hui, de considérer les animaux non plus comme des êtres inférieurs, mais comme nos « concitoyens » sur cette terre. Comme disait très justement le poète romantique français Alphonse de Lamartine, « On n’a pas deux cœurs, un pour les animaux et un pour les humains. On a un cœur ou on n’en a pas. » !

D.S.S. : Cette superbe et généreuse pensée de Lamartine, vous l’avez mise en exergue de votre « Plaidoyer pour les animaux », tout comme une autre magnifique phrase du grand dramaturge irlandais George Bernard Shaw, célèbre végétarien : « Les animaux sont mes amis… et je ne mange pas mes amis.  » !

M.R. : Oui ! Nous perpétrons aujourd’hui un massacre d’animaux à une échelle qui, hélas, n’a pas d’égale dans l’histoire de l’humanité. Nous tuons chaque année, pour notre seule consommation, 60 milliards d’animaux terrestres et 1000 milliards d’animaux marins. Cette tuerie, en masse, pose un défi éthique majeur ! Mais il nuit aussi à nos sociétés : cette surconsommation, mauvaise pour notre santé, aggrave, paradoxalement, la faim dans le monde (750 de tonnes de céréales sont exportées des pays pauvres pour l’industrie de la viande dans les pays riches), tout en provoquant, de surcroît, une série de déséquilibres écologiques sans précédent. Je suis donc, moi-même, végétarien, sans que jamais je n’impose pour autant, respectueux de mes semblables, mes vues à autrui : chacun est libre de vivre comme il l’entend !

 

PRISE DE CONSCIENCE

D.S.S. : Vous invitez donc, sans jamais verser toutefois en une quelconque forme de prosélytisme, à une prise de conscience de ce malheureux et dangereux état de fait !

M.R. : Absolument ! La production industrielle de viande et la surpêche des océans constituent, en soi, un grave problème. Mais, plus généralement, le non-respect des animaux, de leur sensibilité et de leur dignité, amène à tuer, et à faire souffrir horriblement, un grand nombre d’entre eux lorsqu’ils se voient utilisés, pour le trafic d’animaux sauvages (l’ivoire des cornes de rhinocéros ou des défenses d’éléphants, le cuir des crocodiles, la chair des ailerons des requins, la peau des félins, la chasse à la baleine, la fourrure des bébés phoques, etc.), pour la corrida, le cirque, le zoo, la pêche sportive et autres formes d’instrumentalisation ou de divertissement. Ces comportements, déjà très répréhensibles en soi, sont en outre induits, le plus souvent, pour de simples et pures raisons « artistiques » ou vénales.

D.S.S. : A cette hécatombe s’ajoutent ses conséquences, non moins dommageables, sur la biosphère !

M.R. L’impact de ce style de vie sur la biosphère est considérable : au rythme actuel, d’ici 2050, 30% de toutes les espèces animales auront disparu, anéanties, de la surface du globe. Cela s’avérera donc également, si nous n’y prêtons pas garde, avec toute l’attention que pareille menace mérite, une catastrophe, y compris sur le plan environnemental, pour l’espèce humaine elle-même .

DS.S. : Vous vous opposez donc résolument là à la très contestable théorie de l’animal-machine, privé de toute sensibilité et conscience, dont se prévalaient, par le passé, certains philosophes et hommes de science, tels Aristote, Descartes, La Mettrie, Malebranche et même Kant !

M.R. : Effectivement ! Cette théorie de l’animal-machine est, de toute évidence, une absurdité. C’est une insulte au bon sens. Il suffit, pour s’en convaincre, d’observer, tout simplement, la vie des animaux, leurs réactions face à la douleur, leurs comportements face à leurs émotions, comme le plaisir, la joie, la tristesse, la peur. Les études qui jalonnent mon livre, Plaidoyer pour les animaux, jettent une nouvelle lumière, je pense, sur la richesse tout autant que la complexité des capacités intellectuelles et affectives d’innombrables espèces animales et sur leurs cultures si différentes des nôtres, trop souvent ignorées par l’homme. Elles mettent également l’accent sur le continuum reliant l’ensemble des espèces animales jusqu’à l’Homo Sapiens, et permettent ainsi de retracer l’histoire évolutive, par une longue série d’étapes et de changement parfois minimes, des espèces qui peuplent notre planète.

 

DROITS DE L’ANIMAL ET DEVOIRS DE L’HOMME

D.S.S. : Vous parlez également, dans ce « Plaidoyer » et en accord avec le récent amendement (voté le 14 avril 2014) du code civil français, selon lequel les animaux sont considérés désormais comme des « êtres vivants doués de sensibilité » et non plus comme des « biens meubles », des « droits de l’animal » et des « devoirs de l’homme » ! Qu’est-ce à dire ?

M.R. : Cet amendement au code civil français, voté le 14 avril dernier, a été précédé, deux mois auparavant, en février 2014, d’un colloque, à Paris, au Sénat, auquel j’ai moi-même participé avec d’autres, afin de favoriser cet important vote, qui est un progrès notoire, même si encore insuffisant (car encore faudrait-il l’appliquer de manière plus large). Mon dernier livre, Plaidoyer pour les animaux, est une exhortation à changer notre rapport aux animaux. Elle ne se veut pas, toutefois, faire figure de blâme ou de diktat. Qui suis-je, d’ailleurs, pour prétendre à pareille prérogative ? Non, les enseignements de mon livre se fondent, tout d’abord, sur les travaux et recherches d’évolutionnistes, d’éthologues, de penseurs et de spécialistes de l’environnement mondialement reconnus, respectés dans leur domaine cognitif et sphère de compétence. Je suis convaincu – l’expérience quotidienne le démontre sans ambages – que les animaux sont capables de jugement. Ils sont dotés, chacun à leur niveau et selon leur espèce, de sensibilité et d’intelligence. Il y a un continuum, dans la chaîne de la vie, entre le règne animal et les humains. Les animaux ont donc des droits naturels, celui de rester en vie pour commencer, comme nous avons envers eux le devoir de ne pas leur infliger des souffrances inutiles.

D.S.S. : Quel est, selon vous, le point le plus essentiel, au sein de ce continuum, entre l’homme et l’animal ?

M.R. : Le point commun le plus frappant entre l’homme et l’animal est la capacité de ressentir la souffrance. Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur cette réalité. La plus grande partie des souffrances, incommensurables, que nous leur infligeons ne sont ni nécessaires ni inévitables. Il n’y a aucune justification morale au fait d’imposer la souffrance et la mort à qui que ce soit. Mon Plaidoyer pour les animaux se présente donc aussi comme une invitation à agrandir le cercle de notre bienveillance et à y inclure les animaux. Restreindre notre bienveillance à nos semblables, c’est déjà la dégrader. En aimant ces autres êtres sensibles que sont les animaux, nous n’aimons pas moins les humains ; au contraire, nous les aimerons mieux, car notre bienveillance y gagnera en qualité et en profondeur !

 

*Publié chez Nil.

**Allary Éditions.

Publié dans Matthieu Ricard | Pas de Commentaire »

Chow Yun-Fat à son tour censuré en Chine

Posté par cercletibetverite le 29 octobre 2014

http://www.lefigaro.fr/culture/2014/10/29/03004-20141029ARTFIG00348-chow-yun-fat-a-son-tour-censure-en-chine.php

Chow Yun-Fat à son tour censuré en Chine

Par Cyril Coantiec

    • Publié le 29/10/2014 à 18:38
De gauche à droite: l'acteur Chow Yun-Fat, l'écrivain Tsering Woeser et l'artiste Ai Weiwei.

 

Depuis sa prise de position en faveur des manifestants de Hongkong, l’acteur a été écarté de certains tournages. Son nom vient s’ajouter à la liste des artistes chinois, reconnus internationalement mais bannis dans leur pays.

Chow Yun-Fat à son tour censuré en Chine dans Chine

Quand politique et culture ne font pas bon ménage. Pour ses prises de position en faveur du mouvement pacifique des citoyens hongkongais, l’acteur Chow-Yun Fat est blacklisté par le gouvernement chinois. Il a avoué, dans une récente interview, qu’il «tournait moins de films qu’avant», à cause de son engagement. Il avait notamment critiqué l’usage des gaz lacrymogènes par les forces de l’ordre. Le comédien a néanmoins affirmé avec le sourire qu’il avait «assez d’argent à donner et à partager».

Il n’est pas le seul artiste à subir les foudres du gouvernement chinois. Récemment, le saxophoniste Kenny G, qui avait posé en photo avec des manifestants de la révolution des parapluies, à Hongkong, a été censuré. Le chanteur hongkongais Anthony Wong a vu deux de ses concerts repoussés par les organisateurs à cause de son engagement en faveur du mouvement indépendantiste.

Dans ce côté, le réalisateur du film Touch of Sin, Jia Zhang-Ke, a également été banni des cinémas chinois en 2013. La raison? «Une violence extrême jugée trop incendiaire à l’écran». Le long métrage n’a pas été officiellement présenté en Chine et n’y a jamais été projeté. L’œuvre a pourtant reçu de multiples récompenses dans des festivals étrangers, notamment le prix du scénario au festival de Cannes en 2013 et le prix du meilleur film étranger du Syndicat français de la Critique en 2014.

L’artiste chinois Ai Weiwei, qui a été détenu en prison pendant 81 jours, est dans l’interdiction de quitter le territoire chinois. Dans l’exposition qui lui est actuellement consacrée dans l’ancienne prison d’Alcatraz, au large de San Franscico, plusieurs pièces font référence à la lutte des indépendantistes tibétains. Les droits de l’homme et la liberté d’expression en sont d’ailleurs les thématiques récurrentes. Des prises de position qui déplaisent fortement au gouvernement chinois, mais qui n’empêchent pas le monde entier de reconnaître le talent de cet artiste. Ai Weiwei est membre de l’académie des Arts de Berlin, depuis 2011, et a été désigné, cette même année, par le magazine britannique Art Review comme la figure la plus puissante de l’art contemporain.

Une des œuvres de l'artiste Ai Weiwei, exposée à Alcatraz.

 

L’artiste chinois Zhang Hongtu a également fait parler de lui avec son Bird’s Nest. L’œuvre représente le stade national de Pékin. Sur sa toile, le peintre a inscrit les mots «Tibet» et «Human Right» («droit de l’homme»). Des expressions qualifiées d’«inacceptables» par la douane chinoise, qui ont saisi et confisqué l’œuvre en juillet 2008. Bird’s Nest était censé refléter les valeurs d’union de tous les peuples à travers les Jeux olympiques de Pékin, en 2008.

La littérature est également touchée par la censure. En septembre 2003, Tsering Woeser, écrivain et poétesse tibétaine, a vu son livre Notes sur le Tibet interdit par le gouvernement chinois, pour ses prises de position en faveur de l’indépendance du Tibet. Pour son combat, elle a reçu de nombreux prix dont celui de l’association des écrivains de Norvège pour la liberté d’expression en 2007 et le Courage in Journalism Award de la fondation internationale des femmes dans les médias en 2010.

Publié dans Chine | Pas de Commentaire »

Chine: religion interdite pour les mineurs du Xinjiang

Posté par cercletibetverite le 29 octobre 2014

http://www.lapresse.ca/international/asie-oceanie/201410/29/01-4813850-chine-religion-interdite-pour-les-mineurs-du-xinjiang.php

Publié le 29 octobre 2014 à 11h55 | Mis à jour à 11h55

Chine: religion interdite pour les mineurs du Xinjiang

Une élève d'une école du xian d'Akqi, district... (PHOTO ARCHIVES REUTERS/STRINGER)

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Une élève d’une école du xian d’Akqi, district du Xinjiang, regarde l’objectif alors que ses camarades font la sieste, en juin 2012.

PHOTO ARCHIVES REUTERS/STRINGER

Agence France-Presse
PÉKIN

Les écoles au Xinjiang, une région chinoise de tradition musulmane en proie à une agitation meurtrière depuis des mois, vont s’employer à décourager la pratique religieuse dans les foyers, a annoncé mercredi la presse officielle.

Les chefs d’établissement de plus de 2000 jardins d’enfants, écoles primaires et secondaires de Kashgar, aux confins ouest de la Chine, ont été réunis par les autorités qui leur ont fait signer un engagement à «défendre l’école contre l’infiltration de la religion», selon le quotidien anglophone Global Times, proche du Parti communiste chinois (PCC).

Les membres du PCC, les enseignants et les mineurs de moins de 18 ans, «ne doivent pas pratiquer la religion, que ce soit à l’école ou chez eux», ajoute le journal sans évoquer explicitement l’islam et citant une responsable du Bureau de l’éducation de Kashgar, deuxième ville du Xinjiang après la capitale Urumqi.

Le Xinjiang abrite plus d’une dizaine de millions de musulmans, la grande majorité appartenant à l’ethnie turcophone des Ouïghours, dont une frange radicalisée, d’inspiration islamiste et indépendantiste, s’oppose violemment à la tutelle chinoise.

Attentats et ripostes des forces de sécurité chinoises ont fait plusieurs centaines de morts depuis l’an dernier.

Les mineurs sont interdits d’accès dans les mosquées de la région.

Pékin attribue l’origine des violences «terroristes» et «séparatistes» à la propagande religieuse diffusée depuis l’étranger par la mouvance djihadiste. Les organisations de défense des droits de l’homme et le Congrès mondial ouïghour, organisation d’exilés, accusent les autorités communistes de fouler du pied les droits et la culture des minorités dans la région, tout en pratiquant une répression à grande échelle.

Le Bureau de l’éducation de Kashgar entend combattre l’extrémisme en réglementant aussi la tenue vestimentaire des écoliers, selon le responsable cité par le journal. Il s’inquiète également des écoliers qui ne montrent aucun signe religieux distinctif à l’école, mais étudieraient la religion chez eux sous la direction de leurs parents.

La constitution chinoise garantit en principe la liberté de religion. Mais un récent rapport officiel de Washington sur les libertés religieuses en Chine a souligné que «les autorités souvent ne font pas la distinction entre une pratique religieuse pacifique et des activités criminelles ou terroristes».

Publié dans Chine | Pas de Commentaire »

Dhondup Wangchen reçoit le Prix Václav Havel 2014 pour la Dissidence créative

Posté par cercletibetverite le 29 octobre 2014

http://www.tibet-info.net/www/Dhondup-Wangchen-recoit-le-Prix.html#.VFCOqVdG07U

Dhondup Wangchen reçoit le Prix Václav Havel 2014 pour la Dissidence créative

mardi 28 octobre 2014 par Monique Dorizon , Rédaction

Mercredi 22 octobre 2014, le Forum d’Oslo sur la liberté, rassemblement réunissant quelques-unes des grandes personnalités mondiales pour honorer les survivants de l’oppression politique et de la persécution, a attribué [1] à Dhondup Wangchen le Prix international Václav Havel 2014 pour la Dissidence créative.
Lhamo Tso, épouse de Dhondup Wangchen, a reçu le prix au nom de celui-ci.
Elle a exhorté la Chine à permettre à son mari de sortir du Tibet et retrouver les membres de sa famille en Amérique, qui leur a accordé l’asile politique.

Recevant le prix, Lhamo Tso a dit que le prix reçu démontre que les sacrifices consentis par Dhondup Wangchen et ses amis se trouvent honorés et non oubliés.
« Nous ne l’avons pas vu les sept dernières années et il y a beaucoup d’autres familles de prisonniers politiques qui sont dans le même cas, et je prie toujours pour leur réunion« , a-t-elle ajouté.

Dhondup Wangchen (né en 1974 à Bayen, province du Qinghai) a été condamné à six ans de prison le 28 décembre 2009 pour le tournage en secret de son film documentaire « Leaving Fear Behind » (« Surmonter la peur” – “Jigdrel” en tibétain) [2] qui jette la lumière sur les conditions de vie des Tibétains en Chine dans la perspective des Jeux olympiques de 2008 à Pékin. Il a été libéré le 5 juin 2014, mais reste bloqué en Chine.

Le film présentait une série d’entretiens avec des Tibétains s’exprimant sur la façon dont la Chine a détruit la culture tibétaine, atteint à la liberté religieuse et sur leur respect éternel pour le chef en exil Sa Sainteté le Dalaï Lama.

Les lauréats du Prix Václav Havel reçoivent une représentation d’un artiste de la « déesse de la démocratie«  [3], et se partagent un prix de 350 000 couronnes norvégiennes (42 000 euros environ).

Le Prix international Václav Havel pour la Dissidence créative, institué en 2012, célèbre ceux qui, avec courage et ingéniosité, démasquent le mensonge de la dictature en vivant dans la vérité. Václav Havel était président de la Fondation pour les Droits humains de 2009 jusqu’à sa mort en décembre 2011.

Dhondup Wangchen a fait l’objet d’une action de Tibet Lib [4] en septembre 2008.
En 2012, il avait obtenu le Prix international de la liberté de la presse [5].

Source : Phayul, 25 octobre 2014.

Publié dans Tibet | Pas de Commentaire »

Comment le président Xi Jinping et son parapluie jaune sont devenus un “mème” pro-démocratique à Hong Kong

Posté par cercletibetverite le 28 octobre 2014

http://fr.globalvoicesonline.org/2014/10/27/176840/

Comment le président Xi Jinping et son parapluie jaune sont devenus un “mème” pro-démocratique à Hong Kong

Traduction publiée le 27 Octobre 2014 14:06 GMT

Xi s'oppose à la police anti-émeute à Mongkok. Image via Arm Channel sur Facebook.

Le président chinois Xi Jinping photoshoppé dans une scène de manifestants s’opposant à la police anti-émeute à Mongkok. Image via Arm Channel sur Facebook.

Des images retouchées du président chinois Xi Jinping tenant un parapluie dans plusieurs manifestations pro-démocratiques à Hong Kong sont les derniers “mèmes” politiques devenus viraux sur les réseaux sociaux.

Tout a commencé avec l’annonce officielle du gouvernement qu’une photo de Xi visitant la province d’Hubei avait remporté le premier prix de photojournalisme du pays. Il tenait un parapluie et était en train de discuter avec des ingénieurs sous la pluie. Le bas de son pantalon était relevé afin d’éviter d’être mouillé.

La photo du Président Xi Jinping visitant la province d’Hubei a remporté le premier prix de photojournalisme de Chine

La photo, qui rentre dans la lignée de la propagande politique chinoise en montrant ses leaders parmi le peuple, a rapidement attiré l’attention des internautes hongkongais. Ils ont retouché l’image, en plaçant Xi et son parapluie jaune dans des scènes de manifestations à Hong Kong, où des gens se sont rassemblés pour demander un système ouvert de nomination des candidats au poste de chef de l’exécutif au lieu du comité à grande majorité pro-Pékin.

President Xi rejoint la révolution des parapluies à Hong Kong. Image créée par Andy Sum.

Le Président Xi fait la une du Time magazine. Image créée par Andy Sum.

Différents organes de presse chinois accusent les manifestations récentes, nommées Occupy Central par les média locaux ou encore “révolution des parapluies” par la presse étrangère, de chercher à nuire à l’autorité du gouvernement central, une accusation grave. Les “memes” politiques de Xi tenant un parapluie – le symbole de la manifestation – ont été une source d’apaisement teintée d’humour dans cette atmosphère politique tendue.

Une image retouchée par Photoshop de la une du magazine américain Time’s montrant Xi avec un parapluie au milieu des gaz lacrymogènes a a été republiée par 100most (cantonais), un magazine culturel populaire sur Facebook, a remporté plus de 10 000 “j’aime” et a été partagée plus de 800 fois. Ivan Wong commente avec sarcasme :

Le président Xi est comme un leader paternel : il a prouvé aux 689 [référence au chef de l'exécutif honkongais Leung Chun-ying qui a remporté seulement 689 des 1.200 voix lors de l'élection des membres du comité en 2012] comment se mêler aux communautés locales et écouter l’opinion du peuple avec “un parapluie, un regard à l’apparence sincère et un pantalon retroussé”.

Le “mème” ci-dessous représente Xi au milieu d’une scène à Admiralty, le lieu clé d’Occupy Central, au centre de Hong Kong :

Xi sur le site de la manifestation à Admiralty. Image source: Leung Pak Kin via Facebook 100most.

Le président Xi sur le site de la manifestation à Admiralty. Source image : Leung Pak Kin via Facebook 100most.

C’est avec surprise que Patrick Li rapporte que (cantonais) le “mème” a pour l’instant survécu plus de 24h sur WeChat, l’application de messages et d’appels populaire en Chine, sans être censuré.

Le “mème” de Xi et son parapluie s’opposant à la police anti-émeute sur le site de manifestation de Mongkok est peut-être le plus dramatique, car Mongkok est généralement bondé, c’est un quartier commercial où diverses classes laborieuses se côtoient, et il a été le foyer de violents affrontements (anglais) presque tous les jours depuis le 28 septembre, début des hostilités entre les manifestants et la police, ainsi qu’entre les groupes pro-Pékin et les contestataires pro-démocratiques.

Malgré plusieurs essais de la police d’évacuer la zone, des protestataires dissidents ont conquis les rues (anglais) de Mongkok pacifiquement. Le site de Mongkok est généralement rempli d’une foule allant de la classe moyenne inférieure aux étudiants, professeurs et professionnels qui fréquentent Admiralty.

L’internaute Stephanie Lai pense (cantonais) que si les leaders chinois voulaient vraiment poser parmi le peuple, telle l’image de Xi à Mongkok, les Hongkongais seraient favorables à la réunification avec la Chine.

Xi au somment du Rocher du lion. Via le Facebook de Tang Earthquake

Xi au somment du Rocher du Lion. Via le Facebook de Tang Earthquake

La dernière version du “mème” montre Xi au sommet du Rocher du Lion à Hong Kong. Le Rocher du Lion est un symbole de l’esprit travailleur du peuple suite à une série TV populaire dans les années 1970.

Dans une interview récente avec le magazine New York Times, le chef de l’exécutif hongkongais Leung Chun Ying argumente que (anglais) le gouvernement n’acceptera jamais l’idée d’une nomination citoyenne des candidats car les classes populaires et ouvrières domineraient les élections. En réponse, le 23 octobre, un groupe de randonneurs ont décidé d’occuper le Rocher du Lion en y accrochant une grande bannière avec pour slogan “je veux un vrai suffrage universel”.

Non seulement les “mèmes” politiques aident à promouvoir le symbole de la révolution des parapluies, mais ils servent aussi à rappeler le rôle que la Chine devra jouer dans l’avenir de Hong Kong. Le Président Xi ne cesse d’exprimer sa préoccupation pour le peuple. Cette préoccupation s’étend-elle aux souhaits démocratiques des Hongkongais ?

Publié dans Hong Kong | Pas de Commentaire »

Les Tibétains de Conflans, par Olivier Favier.

Posté par cercletibetverite le 26 octobre 2014

http://dormirajamais.org/tibetains/

Dormira jamais

 » Tout est près. Les pires conditions matérielles sont excellentes. Les bois sont blancs ou noirs. On ne dormira jamais. » André Breton, Manifeste du surréalisme, 1924.

Les Tibétains de Conflans, par Olivier Favier.

« Les Tibétains, c’est une population qui attire la sympathie », m’avait dit Hugues Fresnau au téléphone, le directeur du « Bateau je sers ». Pas assez toutefois pour que l’état s’en inquiète outre mesure. Dans les Yvelines aussi(1), la préfecture a cessé de prendre en charge les hôtels. Les logements en CADA [Centre d'accueil de demandeurs d'asile] sont insuffisants et les réfugiés qui affluent à la « paroisse des bateliers », en bord de Seine, dépassent amplement désormais les capacités d’accueil de la modeste péniche. Des Tibétains, il en vient ici depuis 3 ans. Une soixantaine est prise en charge par l’association, une quarantaine ailleurs en hébergement d’urgence. Une autre soixantaine dort dans des tentes en plein vent, rangées dans les niches d’un pont voisin destiné aux cyclistes, ou dans les infrastructures du pont routier qui passe juste au-dessus.

Sous le pont, dans l'un des rares endroits où l'on peut tenir debout, un réfugié écoute un membre du groupe interrogé par RFI.  Octobre 2014. Photo: Olivier Favier.

Sous le pont, dans l’un des rares endroits où l’on peut tenir debout, un réfugié écoute un membre du groupe interrogé par RFI. Octobre 2014. Photo: Olivier Favier.

Tseten Wangmo, leur interprète, les a prévenus du passage de journalistes accompagnés par France Terre d’asile. En ce jeudi matin de la mi-octobre, nous avançons sur le pont à leur rencontre et découvrons avec stupeur que près de soixante-dix personnes nous attendent à l’autre bout, en demi-cercle. Lorsque nous nous arrêtons devant eux, un peu gênés, des applaudissements éclatent. Il faut dire qu’à l’exception du passage en juin d’une journaliste du Parisien, et d’une équipe de France 3 Ile-de-France en septembre, la situation dramatique de ces demandeurs d’asile n’a guère attiré l’attention de la presse.

Sans doute sont-il trop près et trop loin de Paris à la fois. Le pont se trouve à 200 mètres de la gare de Conflans-Fin-d’Oise, autrement dit à 30 minutes de Chatelet, sur le RER A. Je fais une photographie du groupe, qui soudain ressemble à une bande d’étudiants en voyage, accompagnés de quelques professeurs. Puis je cherche quelqu’un qui parle anglais. Une jeune femme s’approche. Elle est arrivée depuis 3 jours. Elle m’explique qu’elle a traversé l’Himalaya à pied, qu’elle a appris l’anglais au Népal mais a choisi de venir en France car, dit-elle, « c’est le pays de la liberté ». À Paris, elle a erré un peu avant de savoir que d’autres Tibétains se rassemblaient ici. Elle regarde autour d’elle, des larmes coulent sur son visage. Elle ne pouvait s’attendre à pareil abandon.

D’autres Tibétains m’invitent à les suivre. J’escalade tant bien que mal le soubassement du pont, fait quelques pas peu assurés sur une canalisation qui court entre deux parapets de béton où sont amoncelées des valises, puis grimpe à une échelle de fortune avant de me glisser de biais entre des parois visqueuses, le long d’un couloir d’un demi-mètre de large. Nous débouchons finalement dans un semblant de pièce qui doit faire tout au plus un mètre cinquante de hauteur. Nous progressons à tâtons, guidé par la lointaine lumière du jour et celle d’une lampe de poche qu’un réfugié prévenant a pointé sur mes pas. À l’autre extrémité, une longue ouverture surplombe le chemin de halage et le fleuve. C’est dans cette intimité toute relative que la journaliste de RFI qui nous accompagne s’est installée pour faire ses entretiens. Assis sur un matelas, j’écoute le récit d’un jeune homme, et je fixe une bougie vacillante qui lutte symboliquement contre l’obscurité. Dans la pénombre, je devine les visages attentifs de l’auditoire, tout au discours de celui qui s’est fait leur porte-parole, durant quelques minutes. J’entends ces mots, traduits par l’interprète, dont je ne sais quoi penser : « Je suis heureux ici. Parce qu’au moins je suis libre. »

Après plusieurs mois passés sous le pont, ce groupe a enfin eu accès à un logement vacant, qui pour l'instant n'a ni chauffage ni serrure. Octobre 2014. Photo: Olivier Favier.

Après plusieurs mois passés sous le pont, une dizaine de Tibétains ont enfin eu accès à un logement vacant, qui pour l’instant n’a ni chauffage ni serrure. Octobre 2014. Photo: Olivier Favier.

Au téléphone, Hugues Fresnau a évoqué le cas d’un couple de Tibétains arrivés en Hongrie. La jeune femme y a fait une fausse couche, elle est arrivée en France avec des côtes brisées. Elle a été battue, torturée. Son mari vient nous parler, leur dossier à la main. Un autre nous dit avoir passé trois mois dans une prison à Budapest. Déjà enregistrés, tout trois relèvent, selon la convention de Dublin 2, de la seule Hongrie pour leur demande d’asile. Ils n’ont aucun droit à rester dans un autre pays européen. Ils peuvent ainsi faire l’objet d’une OQTF [Obligation de quitter le territoire français] pour une destination qui, désormais, ne leur inspire que la terreur. Ici aussi, ils ont trouvé de quoi peser sur le tragique de leur situation. D’une part l’Europe ne parvient pas à harmoniser les politiques des états-membres pour la répartition des nouveaux venus. De l’autre, elle continue d’appliquer un règlement qui peut nuire au rapprochement familial -et donc ôter une chance d’autonomie rapide pour les réfugiés- et les met parfois ouvertement en danger. Malgré cela, chacun fait mine d’ignorer que le respect des droits fondamentaux, déjà bien théorique dans le meilleur des cas, peut être littéralement bafoué dans d’autres.

Le mercredi suivant, je reviens seul. À la cantine de la péniche, je parle avec un Sénégalais qui a vécu en Italie. On m’indique un couple venu du Moyen-Orient -arménien, me dit-on, après quelques hésitations. Je vois encore des isolés, dont deux Françaises qui ont quitté leur domicile le soir-même pour des raisons familiales. Pour le reste, l’écrasante majorité des convives est originaire du Tibet. Le repas s’ouvre sur une prière que tous ont appris par cœur et qui me laisse interdit. À table, les pères assomptionnistes me disent leurs difficultés à établir de véritables liens avec une population trop nombreuse et mouvante pour leurs maigres possibilités. Le déroulé du repas est géré par les migrants. Je reconnais la jeune femme qui parle anglais parmi ceux qui font le service. Le dîner prend fin lorsqu’un des pères fait tinter son couteau contre un verre avant de procéder à une nouvelle distribution des tâches.

Ce soir-là, une maison vient d’être libérée dans la commune voisine d’Andrézy. Nous nous y rendons pour rétablir l’électricité. Une douzaine d’hommes, choisis parmi ceux qui dorment dehors depuis plusieurs mois, viennent de trouver un toit. Même sans chauffage, il fait ici beaucoup moins froid qu’au bord de l’eau. Leur sourire en est la meilleure preuve.

Au retour, je retrouve la jeune femme occupée à sa lessive devant l’unique point d’eau au bord du quai. Un ami se rince les pieds sous le jet d’eau glacé. D’autres jeunes passent qui s’assoient près de nous. Je sens l’humidité transpercer mon gros pull en laine. Certains plaisantent avec moi, usant des quelques mots de français ou d’anglais à leur disposition, puis ils disparaissent dans la nuit, par petits groupes. La lessive achevée, je raccompagne la jeune femme et son ami : il a vingt-six ans, elle vingt-huit. Dans la péniche, me dit-elle, il y a aussi une femme de soixante ans. Nous avançons sur le pont jusqu’à sa tente, lui dort dans les soubassements. Je leur demande un peu bêtement ce qui est le moins inconfortable. « C’est pareil » répond la jeune femme, avec un sourire résigné. Le jeune homme m’indique deux tentes posées sur l’herbe, au bord du fleuve. Ce sont des nouveaux venus. Il n’y avait plus de place ailleurs.

Sur le pont de Conflans, devant les tentes où cette jeune Tibétaine dort depuis une dizaine de jours.  D'autres sont là depuis plusieurs mois. Octobre 2014. Photo: Olivier Favier.

Sur le pont de Conflans, devant les tentes où cette jeune Tibétaine dort depuis une dizaine de jours. L’année dernière, certains ont passé l’hiver sous le pont. Octobre 2014. Photo: Olivier Favier.

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CHINE Pékin fait tout pour museler la société civile

Posté par cercletibetverite le 26 octobre 2014

http://www.courrierinternational.com/article/2014/10/25/pekin-fait-tout-pour-museler-la-societe-civile?page=all

CHINE Pékin fait tout pour museler la société civile

Depuis son arrivée au pouvoir il y a deux ans, le président chinois Xi jinping a fait arrêter de nombreux militants des droits de l’homme, avocats, journalistes et artistes. Jusqu’où le pouvoir chinois va-t-il aller pour contrôler sa population ?
  • 25 octobre 2014
Dessin de Falco, Cuba. Dessin de Falco, Cuba.

A la sortie de l’école jeudi dernier [le 16 octobre], Huang Qiufeng, une petite fille enjouée de 12 ans, fille de travailleurs migrants, s’arrête à la bibliothèque de Picun, village miséreux de la banlieue de Pékin, comme elle a l’habitude de le faire de temps à autre. Mais la bibliothèque a fermé, et a été remplacée par une épicerie. Les caractères du mot « livre », peints en couleurs vives sur le mur, disparaissent derrière des rayonnages remplis de nouilles instantanées.

« Les gens étaient très gentils ici, et j’aimais bien cette bibliothèque, s’attriste Qiufeng. Mais maintenant, c’est fermé. »

Tout comme dix autres bibliothèques disséminées dans tout le pays que gérait Li Ren, une organisation caritative œuvrant dans le domaine de l’éducation. Des bibliothèques victimes, parmi d’autres, de cette grande campagne de retour à l’orthodoxie élaborée par le président Xi Jinping, qui poursuit la consolidation de son régime. Alors que les opérations réprimant la liberté d’expression procèdent généralement par intermittence en Chine, ce nouveau tour de vis est plus généralisé, touchant jusqu’à des personnalités en vue et modérées.

« Plus personne ne sait où se trouve la ligne rouge »

Au cours des derniers mois, des chercheurs ont vu leurs livres frappés d’interdiction parce qu’ils avaient exprimé leur sympathie pour les manifestants prodémocratie à Hong Kong, des artistes indépendants d’esprit ont été réduits au silence, des avocats de prisonniers politiques ont été placés derrière les verrous et des défenseurs des droits de l’homme et des militants de la société civile ont été arrêtés par centaines.

« Plus personne ne sait où se trouve la ligne rouge, plus personne ne sait ce qui peut valoir des ennuis », résume Li Fangping, qui fait partie des rares avocats des droits de l’homme qui font parler d’eux à ne pas avoir été arrêtés. « Les règles s’appliquent de façon totalement sélective. »

Résultat, comme le déclare le directeur d’une ONG étrangère dont les partenaires chinois sont de plus en plus nerveux et réticents : « Tout le monde vit dans la peur, sans pouvoir déterminer ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. »

He Feihui, le jeune homme qui dirigeait les bibliothèques de l’association Li Ren, n’aurait jamais imaginé s’attirer les foudres des autorités. Mais il croit savoir ce qui a attiré l’attention de l’Etat : « Nous mettons l’accent, dans notre conception de l’éducation, sur les valeurs individuelles. » « Li Ren » signifie d’ailleurs « devenir quelqu’un ».

Les bénévoles de l’association encourageaient les enfants à s’impliquer dans du travail volontaire et des missions en équipe et à élire leurs chefs d’équipe, autant de choses qui stimulent le développement d’une conscience civique, et que le Parti considère aujourd’hui comme des pratiques subversives.

« Une forme grave d’opposition politique »

Le Comité central du Parti le disait il y a dix-huit mois dans un communiqué sur « l’état actuel de la sphère idéologique », mettant en garde contre les « militants de la société civile [qui] entendent priver le Parti de son autorité, tant et si bien que leur action est en train de devenir une forme grave d’opposition politique ».

Les cadres du PCC ont également été prévenus d’autres dangers, telles la démocratie constitutionnelle, les « valeurs universelles » comme la démocratie et les droits de l’homme, la théorie économique néolibérale et la conception occidentale de la liberté de la presse. Ce communiqué, plus connu sous le nom de « document n° 9″, n’a pas été rendu public : Gao Yu, une journaliste chinoise expérimentée soupçonnée d’avoir transmis le document à un site Internet étranger, a été arrêtée et est aujourd’hui poursuivie pour révélations de secrets d’Etat.

Reste que la répression inhabituellement sévère qu’a lancée le gouvernement de Xi Jinping apparaît comme une application directe des directives du « document n° 9″.

Au cours des six derniers mois, quelque 300 défenseurs des droits de l’homme et militants des libertés civiles ont été arrêtés, estime Teng Biao, avocat spécialisé dans les droits de l’homme qui mène actuellement des recherches à l’université Harvard. Parmi les personnes arrêtées, des modérés qui se sont toujours efforcés de travailler dans les limites du système et ont toujours préconisé le dialogue avec le gouvernement.

« Tout cela est absurde »

Le mois dernier, l’économiste ouïgour Ilham Tohti, connu pour sa modération, a été condamné à la perpétuité. L’avocat Pu Zhiqiang est en détention depuis le mois de juin, accusé d’avoir « cherché querelle » et « semé le désordre ». Xu Zhiyong, à la tête d’un mouvement populaire contre la corruption, a été condamné à quatre ans d’emprisonnement en mars.

Il y a aussi des personnalités moins en vue, tel Chang Boyang, lui aussi attaché, selon ses proches, à travailler dans le cadre légal. Le cas de cet avocat spécialisé dans le droit de l’intérêt public, qui défend de nombreux malades atteints d’une hépatite dans des affaires de discrimination, est édifiant. Il a été arrêté en mai, dans sa ville de Zhengzhou, après avoir tenté en vain de rencontrer trois de ses clients, détenus au poste de police pour avoir participé à une commémoration privée en hommage aux victimes de la répression du mouvement de la place Tian’anmen, en 1989.

« Je n’arrive pas à croire qu’ils ont arrêté mon père, déplore Chang Ruoyu, sa fille. C’est une personne si douce, et qui se concentre sur les questions de droit. Il n’a rien d’un radical, il a des amis au gouvernement. Il a toujours été très discret. Tout cela est absurde. »

« Ce qui est arrivé à Chang Boyang montre que les partenaires modérés, s’ils ne sont pas sous la férule du Parti, ne sont pas tolérés », analyse William Nee, chercheur pour Amnesty International à Hong Kong.

Politique d’ »élimination de la société civile »

Sous la présidence de Hu Jintao, prédécesseur de Xi Jinping, le gouvernement mettait l’accent, dans sa volonté de tenir la société civile, sur une stratégie de « maintien de la stabilité ». Depuis son arrivée au pouvoir il y a deux ans, Xi Jinping met en œuvre, lui, ce que l’avocat Teng Biao appelle une politique d’ »élimination de la société civile ».

« Le gouvernement considère la société civile comme une menace contre son pouvoir, et estime que s’il ne maîtrise pas sa montée en puissance elle deviendra un puissant moteur de changement politique, précise-t-il. C’est pourquoi les autorités ont le sentiment de devoir arrêter sans cesse plus de gens afin d’assurer la pérennité du système. »

Cette stratégie pourrait fonctionner à court terme, analyse Teng Biao, car la répression a un effet « dissuasif », par exemple sur les avocats qui hésitent à se charger d’une affaire politiquement délicate, ou sur des défenseurs de l’environnement qui envisageraient d’organiser un séminaire sur la construction de barrages – mais aussi sur les bénévoles de la bibliothèque Li Ren, ici, à Picun, trop effrayés pour accepter de parler à un journaliste étranger.

« Il est extrêmement difficile de contrôler toute la vie politique et la bonne assimilation de l’idéologie par chacun, juge pour sa part William Nee. Je crains que cela soit impossible, d’où cette répression constante à laquelle on assiste – et dont on ne voit pas la fin. »

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Parapluie contre matraque : les manifs de Hong Kong en jeu vidéo

Posté par cercletibetverite le 25 octobre 2014

Parapluie contre matraque : les manifs de Hong Kong en jeu vidéo

Le principe : les manifestants équipés de lunettes et de masques chirurgicaux font face aux policiers qui marchent sur eux en agitant matraques et vaporisateurs de poivre.

Yellow Umbrella est un jeu vid&eacute;o militant, con&ccedil;u pour les smartphones&nbsp;en soutien aux manifestants prod&eacute;mocratie de Hong Kong.

Yellow Umbrella est un jeu vidéo militant, conçu pour les smartphones en soutien aux manifestants prodémocratie de Hong Kong. (NICOLAS ASFOURI / AFP)
Par Francetv info avec AFPMis à jour le 25/10/2014 | 08:15 , publié le 25/10/2014 | 08:15

Son graphisme rustique et ses modestes fonctionnalités laisseront sans doute les amateurs sur leur faim mais l’essentiel est ailleurs : Yellow Umbrella est un jeu vidéo militant, conçu en soutien aux manifestants prodémocratie de Hong Kong. Et ça marche. Mis en ligne le 20 octobre, il a été téléchargé plus de 40 000 fois sur la boutique Google Play.

Le principe est simple : les manifestants équipés de lunettes et de masques chirurgicaux font face aux policiers qui marchent sur eux en agitant matraques et vaporisateurs de poivre.

 

 

Image de prévisualisation YouTube

Parapluies, tartes à la crème ou durian  (un fruit asiatiques odoriférant): les manifestants ont le choix des armes mais quand un mur de policiers antiémeute menace d’enfoncer le front protestataire, le dieu de la guerre Guan Yu (Kwan Tai en contonais) passe les assaillants par la lame de son « guandao »« Les manifestants aiment Guan Yu parce qu’ils ne savent pas comment faire pour s’en sortir sans recourir à la violence. Il suffisait de demander à un dieu », explique le créateur du jeu, Fung Kam-keung.

Le jeu n’est pas disponible en Chine

A l’avant-garde, le chef de file étudiant Joshua Wong est reconnaissable à son visage juvénile, sa tignasse et ses lunettes. Le chef de l’exécutif hongkongais, Leung Chun-ying, honni des manifestants, est affublé des oreilles et de la queue d’un chien. Au-delà de la parodie, Fung Kam-keung explique qu’il voulait « exprimer [son] soutien aux étudiants » qui manifestent « pacifiquement pour demander des vraies élections ». Il est difficile de savoir si les utilisateurs l’apprécient pour ses qualités propres ou par adhésion au « mouvement des parapluies ».  Yellow Umbrella n’est pas disponible en Chine où sévit la censure, et Apple semble réticent à le vendre sur sa plateforme en raison de son caractère « sensible », affirme Fung. « Apple est plus strict. Il y a un risque que le jeu soit rejeté », avance-t-il.

Le mouvement prodémocratie de Hong Kong réclame l’instauration du suffrage universel plein et entier pour l’élection du prochain chef de l’exécutif local en 2017 mais Pékin veut garder le contrôle des candidatures. Les manifestants occupent depuis le 28 septembre plusieurs sites du centre de la mégapole financière dont ils ont depuis été partiellement délogés au terme parfois de violents heurts avec la police.

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Bouddhisme Le dalaï-lama se confie dans un entretien exclusif

Posté par cercletibetverite le 24 octobre 2014

http://www.lemondedesreligions.fr/actualite/le-dalai-lama-se-confie-dans-un-entretien-exclusif-24-10-2014-4331_118.php

Bouddhisme

Le dalaï-lama se confie dans un entretien exclusif

propos recueillis par François Gautier à New Delhi (Inde) – publié le 24/10/2014

Le dalaï-lama ne donne pratiquement plus d’interviews. Exceptionnellement, car nous le connaissons depuis fort longtemps, il a confié au Monde des Religions ses inquiétudes quant au terrorisme de l’Etat islamique, ses craintes sur la Chine et l’avenir du Tibet, sa fatigue du protocole et ses espoirs d’un XXIe siècle de dialogue interreligieux.

© Pascal Pavani / AFP

© Pascal Pavani / AFP

 

Votre Sainteté, vous organisez une remarquable conférence interreligieuse. Mais aujourd’hui, les hommes ne continuent-ils pas de s’entretuer au nom des religions ? Même des bouddhistes massacrent des musulmans du Myanmar !

C’est vrai. J’en suis extrêmement triste et j’ai fait remontrance aux bouddhistes du Myanmar… Je dis d’ailleurs toujours aux gens qu’au lieu de considérer qu’il n’y a qu’une seule vérité et une seule religion, il faudrait accepter qu’il existe plusieurs vérités et de nombreuses religions (silence)… En même temps, je ne veux pas que les gens se convertissent d’une religion à une autre : je suis bouddhiste et pour moi le dharma (chemin spirituel) du Bouddha reste une vérité éternelle et universelle ; vous êtes chrétien et vous devez le rester. Cela pourrait sembler une contradiction, mais les deux vérités se complètent.

Vous êtes prix Nobel de la Paix et votre sincérité est rarement mise en cause – hormis par les Chinois. Croyez-vous qu’il en soit de même pour les autres leaders spirituels ?

On constate aujourd’hui, il est vrai, qu’un fondamentalisme particulier s’est glissé dans certaines religions. Cependant, toutes ces traditions spirituelles existent depuis des milliers d’années et on ne peut pas les changer. Ça, c’est la réalité. Ainsi, pour cette communauté religieuse ou cette autre, leur Dieu est la seule vérité qui compte. Mais les temps changent et si vous observez l’Église catholique, le pape François est un homme tout à fait remarquable, qui lui-même a initié de nombreux dialogues interreligieux. L’Occident prend donc conscience qu’il existe d’autres traditions spirituelles dans le monde, autrefois considérées « païennes », ce qui est totalement nouveau… (silence)

On pourrait appeler cette nouvelle conscience interreligieuse une « éthique laïque », qui je crois peut apporter une certaine tranquillité d’esprit et même une paix et un bonheur intérieurs, car ces tensions interreligieuses ont provoqué de nombreuses guerres et sévissent encore aujourd’hui. (Le dalaï-lama fait une autre pause)

Prenez par exemple un singe mâle, physiquement très fort et puissant, qui règne sur le groupe et effraie les plus faibles. Ce singe est aussi un animal social et, même s’il a un sens limité de l’altruisme, sa survie dépend du reste de la communauté. De fait, biologiquement, les animaux ont eux aussi un instinct collectif qu’on pourrait presque appeler un certain amour de l’autre. Voilà ce que j’appelle « éthique ».

Chez les humains, ce sens collectif est intelligent ; au lieu de s’étendre seulement au groupe, il peut toucher l’humanité entière, et même inclure les animaux ou la nature. Cette éthique est donc universelle. Je le répète d’ailleurs très souvent : l’amour est une religion universelle – et pas seulement une philosophie. Cet amour et ce respect des autres religions devraient être promus dès le jardin d’enfant grâce à des méthodes logiques et scientifiques. Ainsi, la peur et la haine disparaîtraient-elles graduellement de l’humanité.

Que pensez vous de la décapitation des otages par les djihadistes de l’État islamique (EI) ?

Terrible (silence). C’est le plus grand danger auquel l’humanité fait face aujourd’hui.

 

[...]

 

Bouddhisme Le dalaï-lama se confie dans un entretien exclusif dans BOUDDHISME 4330_mdr68> Retrouvez l’interview exclusive du dalaï-lama en intégralité dans le numéro 68 du Monde des religions, disponible en kiosque ou sur notre boutique en ligne.

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Birmanie: un journaliste tué en prison

Posté par cercletibetverite le 24 octobre 2014

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20141024-birmanie-rangoon-journaliste-mort-prison-armee-karen/
BirmanieDroits de l’hommemédias
Publié le 24-10-2014 Modifié le 24-10-2014 à 15:11

Birmanie: un journaliste tué en prison

Par RFI
mediaLe journaliste birman aurait essayé de fuir alors qu’il était détenu depuis fin septembre après s’être rendu dans une zone sous contrôle des rebelles.Reuters/Soe Zeya Tun

L’armée birmane a annoncé, ce vendredi, qu’un journaliste avait été tué dans une zone de conflit. Il serait mort en essayant de s’échapper d’une prison où il était détenu. Ce professionnel de la presse avait disparu depuis plus de trois semaines dans le sud-est du pays, une région où les affrontements entre l’armée gouvernementale et un groupe ethnique rebelle ont repris le mois dernier. Les tensions sont de plus en plus vives dans les régions frontalières de la Birmanie et le processus de paix demeure fragile.

Avec notre correspondant à Rangoon, Rémy Favre

Aung Kyaw Naing a été tué en détention. Il avait été arrêté fin septembre après avoir visité une zone sous contrôle rebelle dans le sud-est de la Birmanie où il couvrait le conflit entre l’armée gouvernementale et un groupe rebelle Karen pour plusieurs titres de presse de Rangoon. Le journaliste indépendant de 49 ans aurait essayé de fuir en volant une arme et aurait été abattu. Son corps serait déjà enterré.

Voilà en tout cas la version donnée par l’armée ce vendredi matin dans un communiqué envoyé au conseil de presse. Une version impossible à vérifier et qui ne mentionne pas la date du décès du reporter.

En Birmanie, le gouvernement et les groupes ethniques essaient de négocier un accord de cessez-le-feu national pour mettre fin à des décennies de conflits. Mais plus les pourparlers avancent, plus les affrontements s’intensifient sur le terrain, comme dans les Etats Karen et Môn, où le journaliste a été tué.

C’est une région où le gouvernement prévoit de construire plusieurs barrages hydroélectriques. L’armée et les rebelles combattent pour le contrôle d’importantes ressources naturelles. Ils veulent sécuriser l’accès à ces ressources avant de signer tout accord.

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