Etudiant pour un Tibet libre
Étudiants pour un Tibet Libre est la branche française du réseau international Students for a Free Tibet
France Tibet
site national de l’association France Tibet
Provence.Himalaya
Depuis 2004, l’année de sa création, notre association ‘Provence.Himalaya’ s’efforce de venir en aide aux populations défavorisées de l’Himalaya et aux réfugiés tibétains en Inde et au Népal.
La Chine a accusé mercredi le dalaï lama de « chercher à pervertir l’histoire » et lui a nié tout droit de décider de mettre fin à la tradition pluriséculaire de réincarnation des chefs spirituels tibétains.
« Le titre de dalaï lama est conféré par le gouvernement central, selon une histoire séculaire », a déclaré Mme Hua Chunying, porte-parole de la diplomatie chinoise, en affirmant que ce n’était pas à l’actuel 14e dalaï lama de choisir s’il aurait, ou pas, un successeur. « Desseins cachés » « La Chine suit une politique de liberté de croyance et de culte, dans laquelle s’inscrit le respect et la protection de la transmission du bouddhisme », a poursuivi Mme Hua, en accusant le Prix Nobel de la paix de « desseins cachés » portant atteinte à cette religion. Le dalaï lama, 79 ans, a affirmé dimanche dans un entretien au journal Welt am Sonntag qu’il entendait être le dernier chef spirituel tibétain et mettre un terme à une tradition religieuse vieille de plusieurs siècles.
Interrogé sur le fait de savoir si les Tibétains ont toujours besoin d’un dalaï lama, il a répondu au journal: « L’institution du dalaï lama existe maintenant depuis près de cinq siècles. Cette tradition peut maintenant s’arrêter avec le 14e dalaï lama qui est très aimé ».
« Si un 15e dalaï lama venait et faisait honte à la fonction, l’institution du dalaï lama serait ridiculisée », a-t-il ajouté en riant, selon une transcription de l’entretien en anglais.
En mai 1995, le dalaï lama avait provoqué la colère des Chinois en annonçant la désignation de Gedün Chökyi Nyima, un garçon originaire du nord du Tibet, comme réincarnation du 10e panchen lama. Le dernier panchen lama était décédé en 1989 après avoir été un allié critique des Chinois.Pékin avait riposté en faisant disparaître le candidat du dalaï lama et en désignant à sa place Gyeltsen Norbu. De très nombreux Tibétains considèrent ce panchen lama nommé par Pékin comme un imposteur.
Pour les Chinois, c’est une “libération pacifique”, pour les Tibétains une “invasion” vécue comme un cataclysme. Le 2 janvier 1950, Mao Zedong charge Deng Xiaoping, commissaire politique de la région militaire du sud-ouest, de préparer l’entrée des troupes chinoises au Tibet. La veille, Radio Pékin a annoncé les missions de l’armée populaire de libération (APL) pour 1950: parmi elles, la “libération” du Tibet de l’”impérialisme américain et britannique”. Le jeune dalaï lama, âgé de 15 ans, s’enfuit dans le sud du Tibet, près de la frontière indienne. Il y restera jusqu’à l’accord signé en 1951 avec la Chine.
2 janvier 1950
La “libération pacifique”
Pour les Chinois, c’est une “libération pacifique”, pour les Tibétains une “invasion” vécue comme un cataclysme. Le 2 janvier 1950, Mao Zedong charge Deng Xiaoping, commissaire politique de la région militaire du sud-ouest, de préparer l’entrée des troupes chinoises au Tibet. La veille, Radio Pékin a annoncé les missions de l’armée populaire de libération (APL) pour 1950: parmi elles, la “libération” du Tibet de l’”impérialisme américain et britannique”. Le jeune dalaï lama, âgé de 15 ans, s’enfuit dans le sud du Tibet, près de la frontière indienne. Il y restera jusqu’à l’accord signé en 1951 avec la Chine.
5 novembre 1952
L’accord en 17 points
Un groupe de Tibétains se rend à Pékin pour mener des négociations. Elles sont menées, côté chinois, par le département du front uni du parti communiste et la commission des minorités nationales. Pour Pékin, il s’agit d’une affaire de politique intérieure. Les Tibétains, peu expérimentés et sans contact avec le dalaï lama, finissent par signer un accord en 17 points sur la “libération pacifique du Tibet” le 23 mai 1951. Malgré ses réticences, le chef des Tibétains finira par l’accepter l’accord et revenir à Lhassa. Le 9 septembre, l’armée populaire de libération y était entrée.
1954
Le dalaï lama rencontre Mao
Après la signature de l’accord en 17 points, une cohabitation s’installe entre l’élite tibétaine et le régime communiste. Ce dernier évite de mettre en place dans le Tibet central des réformes trop brutales. En 1954, le dalaï lama se rend à Pékin, en compagnie du panchen lama, la deuxième figure religieuse du bouddhisme tibétain. Il est reçu par Mao Zedong à plusieurs reprises. Lors de leur dernière rencontre, le nouveau chef de la Chine communiste lui dit: “Je vous comprends parfaitement bien, mais, bien sûr, la religion est un poison, elle a deux défauts majeurs: elle affaiblit la race et retarde le progrès du pays. Le Tibet et la Mongolie ont chacun été empoisonnés par elle”.
1958
Guerre en Amdo
C’est l’année du traumatisme pour les habitants de l’Amdo, le nord-est du Tibet, intégré dans les provinces chinoises du Qinghai, du Gansu et du Sichuan. Si, au Tibet central, l’accord avait permis une cohabitation entre les anciennes autorités et le régime, dans l’Amdo ou le Kham (sud-est), la politique menée dans le reste de la Chine s’applique. Formation de coopératives, confiscation des terres, dénonciations, expropriation des monastères et « rééducation » politique du reste de la population ont été retardées au Tibet central car Mao voulait appliquer une politique graduelle. Des révoltes éclatent, brutalement réprimées par l’Armée populaire de libération. En conséquence, l’afflux important de réfugiés des provinces orientales et de combattants de la résistance crée à Lhassa une situation instable précipitant les événements de mars 1959.
6 janvier 1958
La mémoire refoulée
En 2005 est paru sous le manteau Joies et malheurs de l’enfant de Naktsang, l’autobiographie d’un Tibétain de l’Amdo, Naktsang Nulo.Né en 1948, cet ancien juge y raconte ses jeunes années mais aussi 1958 – la répression de la rébellion anticommuniste et la tragique famine du Grand Bond en avant. Ce livre a eu un succès phénoménal, surtout dans l’Amdo, car il a été écrit dans le dialecte de la région, ce qui était nouveau, explique la tibétologue Françoise Robin, maître de conférences à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco).
3 septembre 1959
La fuite du dalaï lama
A Lhassa, à l’intérieur de chaque camp, les extrémistes poussent à la rupture. Dans le Kham et l’Amdo, une guerilla se poursuit contre les troupes chinoises. Le 9 mars, une rumeur sur l’enlèvement du dalaï lama par les Chinois embrase Lhassa. Le 10 mars, des violences éclatent, des barricades sont dressées dans la ville. Le dalaï lama prône la modération, Mao décide d’envoyer des renforts au Tibet central. L’oracle lui conseille de partir. Deux obus sont tirés dans le parc de sa résidence. Le dalaï lama décide de s’enfuir. Le 31 mars, il franchit la frontière indienne. A 24 ans, c’est le début d’un exil qui se poursuit aujourd’hui.
1960
Une guérilla tibétaine
Des guerilleros tibétains, la majorité en provenance du Kham, soutenus et formés par la CIA, ont pris position dans le Mustang, au Népal, à la frontière du Tibet. Les Etats-Unis les soutiendront jusqu’au début des années 1970 et le début du rapprochement entre Pékin et Washington. Fondée en 1958 dans la province méridionale du Lhoka, la guerilla était partie au Mustang en 1960
1962
Le panchen lama persécuté par Pékin
En 1962, alors qu’il assiste à Pékin à une réunion consacrée aux minorités nationales, le panchen lama adresse au premier ministre Zhou Enlai une longue “pétition” de 70 000 caractères. Le texte est nourri de sa désillusion face aux “réformes démocratiques” menées au Tibet central. La religion tibétaine et l’identité nationale sont menacées, écrit-il. Il juge aussi sévèrement la collectivisation des terres et les séances de critiques collectives humiliantes, les “thamzing”. En 1964, il en sera victime à Lhassa, accusé par les autorités d’être un “contre-révolutionnaire”. Il sera envoyé en prison pendant neuf ans et neuf mois et ne sera relâché qu’en 1975.
septembre 1965
Création de la région autonome du Tibet
Après le départ du dalaï lama, les Chinois prennent le contrôle du Tibet central. Pékin place le panchen lama à la présidence du Comité préparatoire pour la région autonome du Tibet. Les autorités procèdent à la redistribution des terres, appartenant notamment aux monastères et à l’oligarchie. Selon le tibétologue Robert Barnett, 93 000 rebelles tibétains ont été tués, blessés ou emprisonnés de 1959 à 1961. La Région autonome du Tibet est créée en septembre 1965, constituée du Tibet central et du Kham occidental (sous la juridiction directe de Lhasa avant 1959), la moitié orientale du plateau ayant été déjà intégrée dans les provinces chinoises du Qinghai, Gansu, Yunnan et Sichuan.
mai 1980
Reprise du dialogue
Après la période noire de la Révolution culturelle, le régime, dirigé par Deng Xiaoping, lance une politique de réformes et d’ouverture. Le Tibet connaî alors un certain assouplissement: en 1979, le frère du dalaï lama, Gyalo Thondup, se rend en Chine et rencontre Deng, suivi quelques mois plus tard d’une délégation dirigée par un autre frère du chef spirituel tibétain, Lobsang Samten. Elle obtient l’autorisation de se rendre au Tibet, où elle reçoit un accueil triomphal de la part de la population. En mai 1980, Hu Yaobang, le secrétaire général du parti communiste chinois partisan, s’y rend également et promet une plus grande autonomie pour le Tibet et le respect de la culture, religion. Il s’excuse même pour ce qui s’est passé.
1987 — décembre 1989
Manifestations à Lhassa
L’espoir de réforme prend fin à la fin des années 1980. De 1987 à 1989, des manifestations pacifiques à Lhassa ont, à chaque fois, dégénéré après une répression violente de la part des forces de maintien de l’ordre. En mars 1989, dans la capitale de la région autonome du Tibet, les émeutes ont duré trois jours, amenant l’établissement de la loi martiale par le numéro un du parti communiste de la région de l’époque, Hu Jintao, qui sera entre 2002 et 2012 le numéro un chinois. Les autorités chinoises dénoncent l’oeuvre délibérée d’une “poignée de séparatistes” à l’instigation de la “clique du dalaï lama”. Une vidéo, filmée par les policiers chinois en 1988, a été diffusée par la suite par le Tibet Information Network.
15 juin 1988
Le plan de paix du dalaï lama
Lors d’une visite, le 15 juin 1988, au parlement européen à Strasbourg, le dalaï lama soumet un document pour “résoudre le problème du Tibet”. Il propose que le Tibet devienne une “entité politique autonome et démocratique” en association avec la République populaire de Chine. En échange, il renonce à toute volonté d’indépendance. Le gouvernement de cette entité “devrait être constitué d’un chef de l’exécutif élu, d’un pouvoir législatif bicaméral et d’un système judiciaire indépendant”, dont le siège serait à Lhassa. Il serait responsable des affaires intérieures, la politique étrangère restant du ressort de Pékin. La Chine dénonce une “indépendance cachée”.
28 janvier 1989
Mort du 10e panchen lama
Le 10e panchen lama, deuxième figure religieuse du bouddhisme tibétain resté en Chine et persécuté pendant les années 1960 et 1970, décède en janvier à l’âge de 50 ans. C’est un coup dur pour le dialogue avec les Tibétains en exil, car il jouait un rôle modérateur. Peu avant sa mort, s’il attaquait les “séparatistes”, il mettait en garde contre le chauvinisme chinois.
5 octobre 1989
Le Nobel de la paix pour le dalaï lama
C’est l’année où Lhassa se révolte de nouveau. Les Chinois imposent la loi martiale en mars. En octobre, le dalaï lama se voit décerner le prix Nobel de la paix , le Comité soulignant le refus de la violence du chef spirituel des Tibétains. “Il a au contraire plaidé pour des solutions basées sur la tolérance et le respect mutuel afin de préserver l’héritage historique et culturel de son peuple”. Pékin fulmine.
14 mai 1995
Pékin désigne son panchen lama
Un combat s’engage autour de la désignation du nouveau panchen lama. Le dalaï lama prend de court Pékin en confirmant avoir trouvé la réincarnation du panchen lama, le 11e: un jeune garçon de six ans, Gedhun Choekyi Nyima. Mais ce dernier est enlevé en mai par les autorités chinoises qui le remplacent par un autre garçon de leur choix, Gyaltsen Norbu, une décision dénoncée par les Tibétains en exil.
27 avril 1998
Première immolation par le feu
Pour la première fois, un Tibétain en exil, Thupten Ngodup, un ancien moine du monastère de Tashilhunpo âge de 60 ans, s’immole par le feu. Il s’apprêtait à participer à une grève de la faim lancée par le Congrès de la jeunesse tibétaine, mais la police indienne avait interrompu le mouvement en déplaçant de force les six premiers grévistes de la faim au 49e jour de leur mouvement. Hospitalisé, il reçoit la visite du dalaï lama , qui juge que son geste “a créé une prise de conscience sans précédent pour la cause tibétaine”. Cependant, il marque son désaccord avec les grèves de la faim et les immolations par le feu, car il se dit “opposé à toute forme de violence”.
5 janvier 2000
Fuite du XVIIe Karmapa
En janvier 2000, après avoir fui la Chine, le XVIIe karmapa, une figure religieuse du bouddhisme tibétain, rejoint le dalaï lama en Inde.
2002
Dialogue renoué
Les Chinois et les Tibétains en exil reprennent contact. Entre 2002 et 2010, neuf séances de discussions se dérouleront entre les envoyés du dalaï lama et les émissaires de Pékin sans aucun résultat.
juillet 2006
Le chemin de fer relie Pékin à Lhassa
La Chine inaugure en juillet la ligne de chemin de fer qui relie Lhassa au reste du pays. Présenté comme le train le plus haut du monde et un moyen efficace de désenclaver le Toit du monde, il s’intègre dans le projet de développement de l’Ouest chinois, à la traîne par rapport aux provinces côtières. Officiellement, les préoccupations environnementales ont été prises en compte, notamment pour protéger les espèces menacées comme les antilopes tibétaines. Cependant, en 2009, le journaliste américain Abraham Lustgarten a affirmé que l’impact du réchauffement climatique et de l’activité humaine sur la stabilité des sols gelés qui supportent l’ouvrage sur les hauts plateaux pourrait avoir été sous-évalué.
2008
Résistance pacifique
Depuis la répression du mouvement de protestion de 2008, la résistance pacifique des Tibétains a pris plusieurs formes: refus de célébrer le nouvel an tibétain (losar), avec dans certains cas l’arrestation de ceux qui avaient lancé des appels en ce sens pour diffusion de “rumeurs” et boycott des travaux agricoles. Cela passe également par le champ culturel avec une revendication de la culture tibétaine. Le mercredi a été rebaptisé “Lhakar” (mercredi blanc): les Tibétains sont appelés à parler tibétain, manger tibétain et porter des vêtements tibétains. Des rassemblements sont même organisés. Des chanteurs évoquent la nécessité de défendre la langue tibétaine, comme Ngawang Tenzin dans sa chanson “Parlez Tibétain”
14 mars 2008
Les Tibétains se soulèvent
Quelques mois avant les jeux Olympiques de Pékin, des manifestations ont lieu au Tibet central et dans les régions tibétaines voisines pour protester contre les conditions de vie, la discrimination, les coups portés contre la religion, l’afflux de Chinois han facilité par la ligne de chemin de fer inauguré deux ans auparavant, le déplacement forcé des pasteurs nomades et des agriculteurs dans les “nouveaux villages socialistes”, un programme mené dans la région autonome du Tibet, etc. Si le mouvement est dans l’ensemble pacifique, à Lhassa, des violences éclatent le 14 mars. La répression sera implacable.
2009
“Torture sans trace”
En 2009, le disque Torture sans trace du chanteur de l’Amdo Tashi Dondrup a été très populaire avant d’être interdit : l’une de ses chansons s’appelle « 1958-2008″, évoquant les massacres dans l’Amdo : « Eh ! L’année 1958 est celle où l’ennemi noir est entré au Tibet, les lamas ont été mis en prison, cette époque était terrifiante. « Eh ! L’année 1958 est celle où les héros tibétains ont été mis en prison, où des Tibétains innocents ont été mis en prison, cette époque était terrifiante ».
27 février 2009
Début des immolations en Chine
Le 27 février 2009, un jeune moine d’une vingtaine d’années, Tapay, s’immole par le feu pour protester contre la suspension par les autorités des cérémonies de prière dans son monastère de Kirti, situé dans la province du Sichuan. Depuis, selon le bilan établi par les associations de défense des Tibétains, plus d’une centaine de Tibétains ont eu recours à cette forme extrême de protestation, en République populaire de Chine, pour dénoncer le joug chinois. Le rythme des immolations s’est accéléré depuis 2011
10 mars 2011
Le dalaï lama prend sa retraite politique
Le dalaï-lama annonce sa retraite politique le 10 mars, dix jours avant que les Tibétains en exil ne soient appelés à voter pour leur chef de gouvernement (Kalön Tripa). Entre trois candidats laïcs, ils choisiront Lobsang Sangay, diplômé de Harvard quadragénaire. Le dalaï-lama transfère “son autorité au dirigeant élu” Lobsang Sangay. Il reste cependant conseiller et chargé de rencontrer les chefs d’Etat.
2013
Plus de cent immolations par le feu
Le rythme des immolations se poursuit. Le chiffre de 100 a été dépassé au début de l’année. Interrogé en février par Le Monde, le premier ministre tibétain en exil, Lobsang Sangay, a rejeté la responsabilité sur les Chinois, dénonçant leur “ligne dure”. Le dalaï lama a choisi, lui, le silence, montrant ainsi son embarras.
La Chine a accusé, mercredi 10 septembre, le dalaï-lama de « chercher à pervertir l’histoire » et lui a nié tout droit de décider de mettre fin à la tradition pluriséculaire de réincarnation des chefs spirituels tibétains.
Tenzin Gyatso, 79 ans, avait affirmé dimanche dans un entretien au journal allemand Die Welt am Sonntag qu’il entendait être le dernier chef spirituel tibétain et mettre un terme à une tradition religieuse vieille de plusieurs siècles.
Interrogé sur le fait de savoir si les Tibétains avaient toujours besoin d’un dalaï-lama, il avait répondu au journal : « L’institution du dalaï-lama existe maintenant depuis près de cinq siècles. Cette tradition peut maintenant s’arrêter avec le 14e dalaï-lama qui est très aimé. »« Si un 15e dalaï-lama venait et faisait honte à la fonction, l’institution du dalaï-lama serait ridiculisée », avait-il ajouté en riant, selon une transcription de l’entretien en anglais.
« LE TITRE EST CONFÉRÉ PAR LE GOUVERNEMENT CENTRAL »
« Le titre de dalaï-lama est conféré par le gouvernement central, selon une histoire séculaire », a déclaré Hua Chunying, porte-parole de la diplomatie chinoise, en affirmant que ce n’était pas à l’actuel 14e dalaï-lama de choisir s’il aurait, ou pas, un successeur. « La Chine suit une politique de liberté de croyance et de culte, dans laquelle s’inscrit le respect et la protection de la transmission du bouddhisme », a poursuivi Mme Hua, en accusant le Prix Nobel de la paix de « desseins cachés » portant atteinte à cette religion.
En mai 1995, le dalaï-lama avait provoqué la colère des Chinois en annonçant la désignation de Gedün Chökyi Nyima, un garçon originaire du nord du Tibet, comme réincarnation du 10e panchen-lama, le deuxième plus haut titre dans le bouddhisme tibétain. Ce dernier mourut en 1989 après avoir été un allié critique des Chinois. Pékin avait riposté en faisant disparaître le candidat du dalaï-lama et en désignant à sa place Gyeltsen Norbu. De très nombreux Tibétains considèrent ce panchen-lama nommé par Pékin comme un imposteur.